LE CABINET DE TOILE ÊTRE


PIERRE BONNARD « Auto-portrait dans la glace du cabinet de toilette »

LE CABINET DE TOILE ÊTRE

Aux crins des brosses un parfum tête baissée qui passe

la glace pour mémoire donne la seule image d’un reste à faire face

Du lin à carreaux en page d’écriture j’en ai bordé des marges dans les spirales d’efluves

plus nu qu’émoi tu meurs

notait mon pinceau sans mentir

que la question se retourne et fugue la réponse

A quoi ça sert Pierre après Pierre d’atteindre à la célébrité pour se retrouver seul ?

Je sais que la brasse-papillon finit par toucher à la pratique de la coulée à la rive du dernier échelon comme la gueuse est faite pour hâler au fond

C’est comme le cheval qui tombe sa crinière pleine de taire, hors des bras de la charrue diserte

Voilà ce qui s’appelle un sans constat d’adultère, ricane la glace envahie elle-même par la buée – n’empêche que c’est dur à se reconnaître cocu ?

Non il s’agit pas de ça

juste d’une question de place, je ne peux m’arrêter de peindre qu’en touchant l’autre rive.

Niala-Loisobleu.

13 Janvier 2023

A LA BUTEE DU COULOIR


A LA BUTEE DU COULOIR

Issues de l’étau, les limailles chutent des limes d’un début de fin de saison

sur le parquet l’oreille bouchée s’accroche au chant d’un rossignol

Là où la maie dans le chemin des ronces pétrie l’altération

L’animal en se frottant aux caresses ajournées lève un soleil embué des boîtes où les cris du loup sont rangés

Fut un tant où les cimetières ne retenaient que les feux-follets pour jouer sur les échafaudages de pierres

Passe toujours un enfant dans la lumière temporelle

sur le morceau d’étagère où on accroche l’égouttoir et les torchons au-dessus de l’évier

Se tenir les mains sur les cannes des pattes à modeler, déplace mieux du bord à l’autre

qu’un défaut d’arc-en-ciel de la pluie qui tombe en arrosage sur les fleurs-artificielles

Du bleu qui reste un oiseau reste à l’arbre

en refusant de se faire accrocher sur un mur comme un coucou.

Niala-Loisobleu.

13 Janvier 2023

A LA CROISEE DES IAMBES


A LA CROISEE DES IAMBES

Au nouage des fils se trame le ressenti en commun du point d’orgue

dans la fusion du mélange pour une seule couleur

l’émoi sous le burnous

franchit la porte d’un croisement de je nous

Quant la photo d’un voyage est passée, la comparaison n’a pas dépassée l’imagination

aux traits des traces sur le sable du feu restait visible dans l’éclat battant de la nature profonde

Présomption de l’éclatRougerie, 1981 (Prix Louis Guillaume)

C’était déjà le temps où tu étais blessé à l’être. Nos chairs nous aimaient, je me souviens. Nous menions chaque jour nos exercices de joie plus haut que la dureté des pierres et en guise d’hallali sur ton flanc paissait la rose mûre à naître, le fruit agenouillé du jour. Nous entendions croître les hallebardes du soleil, la moisson des roseaux advenue sur la mer, et celle-ci chaque fois se soulevait dans l’or en flammes parallèles.
Pour étendard encore, nous étendrons nos mains sur cet amour
.

Gabrielle Althen

Au plus profond de son fauteuil ce pouls bat dans sa forge naturelle

Etonnement une pluie l’attise comme une voix naturelle

dans laquelle je mesure la symbiose du rapport en accord avec le symbole de la couleur.

Niala-Loisobleu.

13 Janvier 2023

PAPOTAGES


PAPOTAGES

Là le jour traîne, les lapins sont à l’abri, ici une marguerite s’effeuille dans mon ventre

j’écope la pluie à la main

du fond du lit du long fleuve

Quand l’arbre se fera visible j’irai dedans choisir une cabane

d’où je toucherai la mer des yeux

et le bout des routes allant nulle part en fin de semaine

puis derrière le paravent j’irai voir si la barque n’est pas trop lourde avant d’aller au débarcadère déverser le premier vol en migration.

Niala-Loisobleu.

13 Janvier 2023