ROUE A AUBE


PIERRE BONNARD

ROUE A AUBE

La campagne traversée d’un vol, l’oeuf fait ni une ni deux et ovalise la table du couvert de l’aile

les rides des vieilles chaises se retendent au souvenir des fesses qui s’y sont assises

comme les herbes quand le pas est allé remplir plus loin son saut

la vigueur de l’appétit suit le fumet de la cuisine

Au troisième bouton tu laissais voir un sillon assez profond pour lancer l’élan au papillon

le chien dresse la tête, les oreilles jusqu’au groin dans le sillage de ce qui répond à l’attente

entre la couleur des fruits de l’amour mûr et les fleurs qui viendront poursuivre de leurs fossettes

cette fenêtre reste ouverte sur le côté jardin

chapeau de paille et bretelles aux ailes du moulin bord à bord aux meules.

Niala-Loisobleu.

22 Janvier 2023

LA MAIN RETOURNANTE


LA MAIN RETOURNANTE

Tenant le pinceau comme la clef des armoires, la main tire de quoi vivre du fond des tiroirs

comme au moment où au cinéma un filet d’air chaud s’engouffre sous la jupe de Marylin

Couleurs du temps accrochées au temps qui rit, qui pleure

du râteau le bruit du cheval fouille (si on trouve c’est déjà ça de gagné pour la hauteur de l’herbe)

au rappel des tiges pendant qu’on change l’eau du vase, fouiller sous la mousse, jusqu’aux doigts dans la terre

Passe un train de péniches tiré par un remorqueur amarré à un vol d’oies sauvages

l’endroit aussi difficile à reconnaître qu’il soit, vole vers les îles lointaines où seul le troc est permis

Les femmes la poitrine à l’étal, des enfants dans les paniers et des chiens-fous suivant la prophétie traversent en dehors des clous

Cette main-gauche qu’un matin sortit du 51 pour Les Tuileries est grimpée dans toutes sortes d’arbres toujours en compagnie de l’Oiseau Bleu

ferroviaire

amphibie

à écailles

la plume ailleurs que dans le cul

à la recherche de l’Homme sans autre histoire que la sienne

Les cités disparaissent des civilisations les plus anciennes en s’amenuisant au fil du temps tout en laissant croire qu’elles avancent.

Niala-Loisobleu.

11 Janvier 2023

Passé la ligne…


Passé la ligne…

Barbara

s’annonce comme ce qu’il faut savoir et surtout distinguer entre le fond et l’apparence

Me voici visible à l’Ecluse

mis à niveau pour le passage

Ce monde à plusieurs faces est un épouvantail redoutant l’oiseau par-dessus tout

aussi il affute son hypocrisie pour le tromper

Par la voie du silence les jours sont baladés en émettant leurs fumées

ruses d’indiens égarant de la seule destination

La poussée du volet libérant la lumière individuelle

Celle d’un Grindel, m’est parvenue au début de l’adolescence

Le matin en quittant la ruche Verneuil, mes pas allaient à sa poésie sans retenue

Visionnaire il m’initia au Surréalisme

Seule ouverture sans limite sur la Muse

Découverte de l’Absolu

De quoi ôter au voeu son machiavélique usage

Et ouvrir sans rien vouloir dénaturer, au mystique dans toute la force de la vérité

L’amour intègre passe par l’inévitable corruption du quotidien

Je peins pour dire autrement

Elle m’entend

Barbara a toujours su la racine

le dernier tableau lui est entièrement dédié

Je lui donne en bonne année comme pour lui dire, je suis là, je tiens sans me retenir autrement qu’au chevalet, La Chaume fertile, la couleur poétique, cet enfant silencieux là, ce sein de sel, plus loin que l’infinité du chien noir, l’Autre-Monde bien réel à la plume de ses vers.

Regarde-le, Barbara, je vis dans son tissage.

Niala-Loisobleu.

1er Janvier 2023

« POINT. PASSE A LA LIGNE ! » – NIALA 31/12/22 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« POINT. PASSE A LA LIGNE ! »

NIALA 31/12/22

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

Au bas de marée l’oiseau migre la haute à lui

du fondu d’atmosphère du raisin l’alambic a parlé aux anges

posant la clef de la vieille pendule chez le rempailleur de chaises

Il fait si sombre que la lumière refuse une foi en corps de céder place à l’ombre

Le vieux Peintre

a pris l’échelle pour monter à son grenier à toiles

meunier tu dores

à la ligne page après page

le tant a du mal à se lever

Seule la Muse

a laissé descendre ses seins à la bonne place

les voici au bord de la ceinture

On aperçoit la voie rapide prête à ouvrir au trafic

Derniers mots-peints ?

le silence répond

tout du non-dit a été dit

Niala-Loisobleu.

31 Décembre 2022

A MES MOTS-PEINTS L’ATTACHE QUI DEMEURE


Borne des Récollets, Niala et son fils Patrice, rescapé des 3+2, en ce tant là de 2016

A MES MOTS-PEINTS

L’ATTACHE QUI DEMEURE

Du monde que j’ai parcouru

mon coeur a toujours tenu un maillon de sa chaîne en valise

où que je sois

car le symbole développe le visage des pierres que l’on monte

sans que les vents destructeurs n’aient pu en ébouler la chambre d’amour

L’humain s’y concentre

Alors que le rivage actuel tire à sa fin pour une nouvelle côte et que l’érosion en développant ses méfaits laisse l’architecture raisonnée au musée, comme si la vie ne pouvait qu’habiter un cimetière

j’ai dans le pouls un éternel voeu qui bat

Les illusionnistes tiennent les vitrines allumées pour que le produit marchand tienne malgré les guerres, les égocentrismes et la cessation des liens de sang comme moyen de transport

N’empêche que devant mon chevalet je ne saurai dire au lin exposant par tout

un arbre, un oiseau, une maison, toi la Femme, deux seins, un bas de dos et un haut d’aisselles

ce nombril intact avec l’amour

sans aller à l’embarcadère souhaiter un bon voyage à la nature de l’acte sacré.

Niala-Loisobleu.

26 Décembre 2022

UNE FEMME NUE ET DEUX HOMMES


LA FORÊT EST VASTE

UNE FEMME NUE ET DEUX HOMMES

LA FORÊT EST VASTE

Partout autour du mystère épais d’une forêt mystique des chasseurs assoiffés plus souvent par un coït animal que pour nourrir de gibier sont en embuscade

L’un est proche d’elle sans la connaître et l’autre a accès à l’intimité partagée. En commençant par chercher comment le mieux sortir de la traque armée, ils échangent des tactiques sans se parler

Le premier pourrait par le fort handicap de son âge abandonner au nom du respect de sa conviction. Pourtant plus le loup hurle, mois la peur l’écarte,

ce n’est que son rêve qui l’a conduit là, et il vit son rêve comme un concept adapté sans imaginer qu’il ne pourrait s’agir d’un délire. Tout est lié aux voix d’ailleurs qui lâchent leurs ondes sans la moindre hésitation. Entre la femme et cet homme handicapé l’intuition comble les différences en tous domaines. Même celui de l’âge s’élime, tout repose sur le lien, et le matériaux les plus à reteni

. Il s’agit d’un échange certes sans interdits qui ne fait pas de projets. Il n’est qu’instants.

La nuit va devoir prendre soin de déculpabiliser l’handicapé, surtout veiller à ce qu’il ne se rhabille pas pour ne commettre d’erreur de jugement

Du fond de la grotte des sorcières monte une odeur d’assemble culinaire

Niala-Loisibleu – 26 Octobre 2022 à 11h45

D’UNE COULEUR DE LA MEMOIRE 1


PIERRE BONNARD

D’UNE COULEUR DE LA MEMOIRE 1

Assis sur la margelle à la recherche du soleil que le fond du puits refléterait entre le passage

des nuages, j’appuies mes jambes dan le vide

au guet d’un cri des oies sauvages

et du troupeau paisible paissant sous les pommiers

ah la vache où est donc le train

Planter un arbre avant la Ste-Catherine

et ne pas perdre la main

des choses qui faisaient la vie quand les lèvres se cherchaient de bas en haut sans un mot

qu’il pouvait pleuvoir dans l’arc-en-ciel pour mettre un arc dans la couleur

Et toi

à quoi tu penses de tes serrements depuis qu’on a mis l’amer au milieu des taires ?

Niala-Loisobleu – 11 Octobre 2022

MAINS TENANT ENCORE 5(REPRISE)


MAINS TENANT ENCORE 5 (REPRISE)

Le jour n’avait pas sonné qu’il était encore cette lumière à l’intérieur

déjà..

Dans l’enveloppe du gland, de la faîne, la poche du rein,

la prescience du minéral battant la roche,

la pierre à feu souffrant le bout de l’allumette,

pourquoi pas

le tabernacle

eh oui, si tu veux

le choix est,

le choix sera-t-il ?

Le secret du vote se fout de l’urne, tu le connais dans le coeur

Il n’existe pas ici-bas d’endroit plus haut

Le tremblement bleu-argent, olive dans les branches de ses veines

artères tordues, doigts à l’incision d’où jaillit la sève du vouloir contrer l’impossible

cette puissance qui alimente le néant à perte de vue

partout présente dans nos matins jusqu’au soir

Nous y sommes confrontés

Alors la promesse va devoir défier sans rien d’autre

De partout les bêtes lance-flammes déploient leurs ailes

la ville passe à l’ombre

les rues tombent au fond des souterrains d’un avaloir quotidien

Ne sommes-nous pas sortis de la pire des conditions pour avoir  dit oui à la croisade ?

Le graal c’est l’entité initiatique

P1040758
Mains Tenant 5 – 2015 – Niala – Acrylique sur panneau 65×50 – Collection Privée

L’amertume déverse le verre fielleux en pleine pulpe

la coupe de fruits se taille au bazooka au verger d’un incendie de faux rais

le vitrier et le rémouleur sont en plein film d’épouvante

qu’est-ce que ça plombe la chasse au bon heur

Jusqu’aux os

jusqu’au par-dessus la tête

Et dans tout ça vous étiez vous à quel endroit ?

Au fond de la tranchée devant le sifflet de l’officier ordonnant l’assaut

tous les nids de guêpes des mitrailleuses en batterie dans l’axe

Et la mine ?

Anti-perso pour t’arracher les jambes des fois que t’aurais encore des couilles

Et l’à venir ?

Le trou-noir

Ben dis-dont

c’est quoi ce plan ?

L’espoir mon P’tit-Gars

ça qui fait le pigment de mon bleu

qui te propulse à poil pour sortir ta ruche du mauvais oeil

qui porte quand la rafale lâche ses vagues scélérates

qui rend visible

ce pour quoi tu avais décidé d’un nouveau départ

et qui te relève quand t’es au plus bas, attrapé par la ficelle du cerf-volant

Mains tenant…

Niala-Loisobleu.

30 Septembre 2015

L’Atlantide que la sécheresse sort de taire 3


Niala – Etat en cours ce 27 Juillet 2022

L’Atlantide que la sécheresse sort de taire 3

Fraîcheur persistante

au moment où la main est passée sous les draps

un frisson a même dit bonjour

Le jardin se déboutonne en éclosions florales successives

Des temples de l’Atlantide surgissent des mots glissés dans l’oreille

sur la dalle s’égosillent les derniers migrants

au grand écart

le chien est venu boire

le Peintre autan le dire

se lève à la voile d’un temps cathare

L’oiseau a choisi la bordure naturiste de la Côte Sauvage où les boeufs passent à la nage

De face une tête de graine imaginaire

se plante comme symbole de l’alliance du corps et de l’esprit.

Niala-Loisobleu.

27 Juillet 2022

CAUSALITE


ALBIN BURNOVSKY

CAUSALITE

Des morceaux échoués

des cris sur le sable

un projet de château espagnol en fausse-couche

ah quand les méduses racolent au rivage

la plage fait le trottoir…

Niala-Loisobleu – 26 Juillet 2022