MAINS TENANT ENCORE 5(REPRISE)


MAINS TENANT ENCORE 5 (REPRISE)

Le jour n’avait pas sonné qu’il était encore cette lumière à l’intérieur

déjà..

Dans l’enveloppe du gland, de la faîne, la poche du rein,

la prescience du minéral battant la roche,

la pierre à feu souffrant le bout de l’allumette,

pourquoi pas

le tabernacle

eh oui, si tu veux

le choix est,

le choix sera-t-il ?

Le secret du vote se fout de l’urne, tu le connais dans le coeur

Il n’existe pas ici-bas d’endroit plus haut

Le tremblement bleu-argent, olive dans les branches de ses veines

artères tordues, doigts à l’incision d’où jaillit la sève du vouloir contrer l’impossible

cette puissance qui alimente le néant à perte de vue

partout présente dans nos matins jusqu’au soir

Nous y sommes confrontés

Alors la promesse va devoir défier sans rien d’autre

De partout les bêtes lance-flammes déploient leurs ailes

la ville passe à l’ombre

les rues tombent au fond des souterrains d’un avaloir quotidien

Ne sommes-nous pas sortis de la pire des conditions pour avoir  dit oui à la croisade ?

Le graal c’est l’entité initiatique

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Mains Tenant 5 – 2015 – Niala – Acrylique sur panneau 65×50 – Collection Privée

L’amertume déverse le verre fielleux en pleine pulpe

la coupe de fruits se taille au bazooka au verger d’un incendie de faux rais

le vitrier et le rémouleur sont en plein film d’épouvante

qu’est-ce que ça plombe la chasse au bon heur

Jusqu’aux os

jusqu’au par-dessus la tête

Et dans tout ça vous étiez vous à quel endroit ?

Au fond de la tranchée devant le sifflet de l’officier ordonnant l’assaut

tous les nids de guêpes des mitrailleuses en batterie dans l’axe

Et la mine ?

Anti-perso pour t’arracher les jambes des fois que t’aurais encore des couilles

Et l’à venir ?

Le trou-noir

Ben dis-dont

c’est quoi ce plan ?

L’espoir mon P’tit-Gars

ça qui fait le pigment de mon bleu

qui te propulse à poil pour sortir ta ruche du mauvais oeil

qui porte quand la rafale lâche ses vagues scélérates

qui rend visible

ce pour quoi tu avais décidé d’un nouveau départ

et qui te relève quand t’es au plus bas, attrapé par la ficelle du cerf-volant

Mains tenant…

Niala-Loisobleu.

30 Septembre 2015

L’Atlantide que la sécheresse sort de taire 3


Niala – Etat en cours ce 27 Juillet 2022

L’Atlantide que la sécheresse sort de taire 3

Fraîcheur persistante

au moment où la main est passée sous les draps

un frisson a même dit bonjour

Le jardin se déboutonne en éclosions florales successives

Des temples de l’Atlantide surgissent des mots glissés dans l’oreille

sur la dalle s’égosillent les derniers migrants

au grand écart

le chien est venu boire

le Peintre autan le dire

se lève à la voile d’un temps cathare

L’oiseau a choisi la bordure naturiste de la Côte Sauvage où les boeufs passent à la nage

De face une tête de graine imaginaire

se plante comme symbole de l’alliance du corps et de l’esprit.

Niala-Loisobleu.

27 Juillet 2022

CAUSALITE


ALBIN BURNOVSKY

CAUSALITE

Des morceaux échoués

des cris sur le sable

un projet de château espagnol en fausse-couche

ah quand les méduses racolent au rivage

la plage fait le trottoir…

Niala-Loisobleu – 26 Juillet 2022

NOEUD-COULANT


NOEUD-COULANT

Un bouillon de moules dans l’assiette en buvant un vain blanc moelleux, serait censé rallumer les mines

la boucle est bouclée, plus rien va, faites vos je

le haut de la pyramide n’offre plus rien à voir

Sisyphe reste lové sous ta pierre le temps qu’on trouve Figaro.

Niala-Loisobleu – 6 Juillet 2022

LA BOÎTE A L’ÊTRE 21 (REPRISE)


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 21 (REPRISE)

LES CONTES DE L’INVISIBLE

Il y a une fois

qu’il était

un point suspendu se balançait

cerf-volant croisant dans son paradis Bleu

S’il s’interrogea des fois, mit long  à comprendre qu’à vouloir trouver réponse à tout on s’éloigne du Centre, droit dans le mur du Triangle des Bermudes

Bien sûr il y a

les parents

les frères

les soeurs

le mari ou l’épouse

les enfants

le patron

l’épicier

la voiture

les godasses à changer

et l’abscons qui répond toujours pas au téléfon

Mais mon dos

il me fait bien moins mal

quand j’écoute mon coeur à vélo hâler

et que je marche dans le sens de mon âme à bois

en sortant mon oeil de l’herpès pour gratter le besoin de Lumière

J’ai toujours le même âge

dans l’état civil

mais

la vérité

c’est qu’à devoir traverser

mieux vaut garder son tablier et ses culottes courtes

en déchirant tous ses papiers

puisque mourir pour mourir

vaut mieux vivre

Elle est là grande ouverte

a pas bougé

au bord de l’Amour

Ma qu’Aime

large

baie entre

regardant de la bonne moitié de la bouteille

tendue comme un promontoire

pour que j’habite chez Elle

Rut de la Plume d’Encre.

Niala-Loisobleu – 9 Janvier 2013

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FORAGE


FORAGE

Sous mes yeux l’encrier se débouchonne, tu as trempé ton porte-plume dans l’encre bleue

Ce n’est pas cet étouffement qui jaillit mais un ressenti qui fait lever les bras dans un départ d’oiseau d’entre les pierres sèches

Puisatière qui court la plaine en tenant l’ombrelle de ton arbre à soie (Autre rose de bibliothèque, mature à souhait) en laissant aux dingos de Kho-Lanta les pompes réglementaires à faire. L’exploit-chasseur ne va pas plus loin qu’une législative, trois fois hélas

L’oiseau t’emmène derrière l’église pour te lire à même les menthes

là où les marguerites grimpent le chemin de croire, le bénitier dévissé du dogme pour se tremper le fondement

Il s’avère que la croissance du dérèglement porte à des écarts de langage qui peuvent se retourner quand on les passe sous le robinet dans l’écumoire

Je me rafraîchis les lentilles en écartant les graviers de la chaussure au profit des spartiates.

Laisser à nu montre l’aspect du réel du soleil filtré dans l’épaisseur végétale.

Niala-Loisobleu – 16 Juin 2022

DERRIERE L’ATTENTE DU BRUIT DE L’EAU


DERRIERE L’ATTENTE DU BRUIT DE L’EAU

Ces pierres alignées entre la course de la truite et l’attente de la libellule se racontent des choses après que le gué soit passé

Sans mots de propagande, derrière l’oreille quand le cou se tait

L’aube tourne

le bief est patient

On ne refait rien, on continue à promener la baguette et le sourcier à l’amble

Lève ta planche et sors les boeufs par le carreau du marais à la corne du paludier l’herbe se mimétise.

Niala-Loisobleu – 15 Juin 2022

L’ENFANT, UN BATEAU EN DESSEIN


L

L’ENFANT, UN BATEAU EN DESSEIN

Dans le court instant de fraîcheur de l’aube

l’enfant tire son oiseau des pierres du nid pour descendre sur la plage avec l’âne

C’est l’étale

entre deux flux

c’est le moment idéal pour rêver construire ce qui pourrait rendre aux jambes la vue cachée

Il se rappelle la construction navale

l’épine dorsale bardée de traverses vertébrales que l’herminette taille comme un crayon de papier

et il sort l’arbre du bassin de flottage où son père l’avait mis

Un grand chêne d’union

simple mais résolu

qui a pris le temps de comprendre qu’on ne badine pas avec l’amour.

Niala-Loisobleu – 15 Juin 2022

RETINE AU PASSAGE


RETINE AU PASSAGE

Au passage le genou s’arrête pour écouter sonner la cloche de la bouée du chenal. Ramenant du fond de sa mémoire le nombre d’oiseaux qui faisaient halte là avant d’atteindre l’île. Les pêcheurs partis les premiers revenant à la criée déposer leur butin. En fin de semaine ils croisaient des petits-baigneurs sur un premier bain matinal de décrassage. Sur le lieu de vieilles batailles navales des épaves parfois lâchaient des bulles quand un poulpe ouvraient la malle au trésor. Je me rappelle un carré d’artichauts à côté de plants d’oignons où j’avais installé mon camp d’été à la pointe du Château. C’était l’amour fou qui fait partir loin avec rien pour ne pas être retenu. En plus elle était pucelle…..imagine…

Jamais mangé autant de berniques, et le camping sauvage était naturellement toléré. Oui j’ai été Robinson en Bretagne au temps où la sardine était encore mise en boîte par des ouvrières en coiffe. Le Dimanche elles ne manquaient pas un pardon pour tenir leur corps en bonne santé. Sitôt le curé rentré, la lande devenait le plus grand bobinard de confesse. La nature sans sermon donnait le meilleur rendement.

En passant par le vieux-pont qui mène au port j’ai rencontré mon Capitaine. Il est comme une fenêtre pour moi.

On s’est d’abord assis sur un tas de filets pour vérifier la trémaille. Le gosse avait pas changé. Au point que je me suis dit que la mort l’avait pas vieilli. J’ai pensé qu’elle use plus les vivants qui la vivent que les morts entrés dedans.

Je lui ai raconté les fuites de l’existence depuis qu’il est parti en lui disant Petit-Frère, je m’en tire parce que je continue de naviguer avec toi. La vie est une pêche plus miraculeuse qu’avant, mais faut entretenir ses lignes car le matériel d’aujoud’hui vaut plus rien.

Niala-Loisobleu – 14 Juin 2022

EN MONTEE DU VALLON


EN MONTEE DU VALLON

Le virage débusque à partir du pied le derrière du genou en étape avant l’enchantement

comme la pente à se laisser glisser conduit au 7ème ciel

Enfoui dans ta fleur tutélaire mon subconscient allait trottinant, le voilà qui ouvre l’oeil

avec un mot pour chaque pierre sortant de l’herbe son air d’autan

cet ocre queue-de-vache venu de la mère en témoignage d’appellation

La tourterelle en écart des lèvres s’envole du trou de la haie qui me fait penser au claquement jubilatoire du travail bien fait

ce qui me rappelle la note que j’avais mis sur Julie fut un tant

Soudain tout ce qui demeure inchangé se met à éclore du vide à rendre le chien fou.. Il renifle les toiles jusqu’à la trame du bleu, appâté par la cerise des tomates

Des vélos me sortant des jambes me grimpent le pinceau en danseuse. J’ai le rire innocent d’enfant dans la palette.

Niala-Loisobleu – 24 Mai 2022