PAR LA PORTE DU SQUARE


ODILON REDON

PAR LA PORTE DU SQUARE

Au bout du banc, dans le bac à sable un rire d’enfant à pelle et ratisse de sauts successifs ses châteaux d’une main qui caresse sans briser

Quelques marronniers sur le papier, peints d’un marron d’Inde coiffé d’épines passent en fendant leur coquille pour lâcher la dent de laid

Pendant qu’un bruit de sabots accompagne la concertiste à sa loge pour plancher

Du bassin ouvert à la mer pour le week-end le gardien tire du sel du bras qui lui reste d’un temps de guerre quasi inévitable quand l’été approche

tous barbecues et planchas mis en batteries sur les rides du front de mère

Une opinion égarée parle bouche-close pour ne pas interrompre la consigne de vote et le mime des ramblas dans son statuaire numéro de Gaudi yole embarqué pour Cythère

Aux branches mortes du calvaire les oranges prient pour qu’on cesse de vanter les marchands de bonheur comme une nécessité et que toute croyance puisse redonner un sens.

NEUF MOI DE GROSSESSE POUR PERDRE LES ZOOS AH OUI

Des accordéons mis en bandoulières aux seins gonflés comme des ballons quittent le projet de gagner Mars en se disant que sur terre on a assez de guerre sans avoir besoin d’aller habiter chez son dieu

Niala-Loisobleu – 15 MAI 2022

« LIS DES CHAMPS » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« LIS DES CHAMPS »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

et si tout cela devenait vrai

un jour

possible le hamac tressé des mains

le pas dans le pas du chemin qui l’a précédé

une langue à se dire le nom des espèces

inconnues

le don du lis

l’attente nue l’égal respect

d’un égal amour

J’irais doucement coucher

dans la brouette triste de la saison

plantée sur sa fourche

l’ambivalente nuit

qui pousse en plein jour sur les fleurs

désabusées

déchirer tous les brouillons pressés

et leurs baies d’ombres

qui barbouillent tout ce qui sent bon

dans la tendre maison

de ta bouche où éclate la pensée

de mille oiseaux

et la plus pure des clartés

Barbara Auzou.

12 Avril 2022

AVANT-SEINE


AVANT-SEINE

Les cages qui ne pendent pas aux arbres laissent les branches disponibles

ce qui ouvre la porte aux fleurs et aux feuilles sur lesquelles écrire à la plume

ça donne un sens au vol

Un remorqueur a soulevé une vague allant vers chaque rive, les canards ont ondulés sans que les sondages interviennent

En passant sous le pont j’ai vu sur la voûte se dessiner des couleurs bavardes de soleil, il pleuvait mais ça n’a pas duré, les prévisions étaient fausses

En rentrant le vélo par la fenêtre j’ai pu tirer le rideau sur le reste du parcours, dans le coin où les outils s’appuient le cheval chantonnait comme ce qui tire du do de quoi passer la courbature

nous n’avons rien eu à jeter.

Niala-Loisobleu – 30 Mars 2022

DESSUS DU PANIER


DESSUS DU PANIER

Sur l’avant-dernière goutte de l’embrun, au point d’atteindre la sphère visée

la vague bande l’arbalète pour décocher la case en attente

Un son mécanique entendu possède les crocs du grappin pour l’abordage

jeté, bord à bord

La peau sort de l’attirail des jarretelles , grand pas de plus pour sentir la viscère sous ses bretelles

Au bout de sa course d’un arbre de la forêt à l’île flottante l’oiseau pose son oeuf à couver

Sachant qu’en ce que ce monde détourne, maquille, désespère, en restant attaché dans son vide de défenestré lâchement potentiel, il reste sous la peau de la chair vivante que le désirable pousse au large des promesses qui ne seront jamais tenues, on dépasse l’osé pour vivre sans que la peur décide

Tes osiers souples tressent ces vanneries pour ce qui s’écrit en se trempant dans la pulpe.

Niala-Loisobleu – 28 Mars 2022

MANUEL


MANUEL

Que la terre racle à enfouir la racine

en prenant soin de ne pas se tromper d’herbe

Et monte du bas de la plante tout le long de la jambe en s’arrêtant à l’arrière du genou

avant de choisir la face d’escalade

Mais en corps ce n’est pas renier de changer de côté, c’est inclus en traversée

J’avais une nette préférence pour la Rive Gauche qui ne m’a pas quitté dans mes fouilles à droite de l’emplacement des Halles

Si je constate qu’en politique la gauche et la droite c’est loin d’être le cas, je crois que là où je mets le bulletin l’urne n’a pas variée en anatomie

Cette main là c’est en quoi retourne le tri guttural…

Niala-Loisobleu – 27 Mars 2022

Peindre à tour de chant


Peindre à tour de chant

D’un premier réflexe, ouvrir la fenêtre, voici revenu le temps des oiseaux

les arbres en manèges en tournent les trilles

L’étendue est si vaste, qu’au moment où les arbres passent dans le ciel, le grand lac de vert courant à la mer remplit ses bateaux

Les boutiques fermées des rues de la ville m’incitent à aller voir dans la grange combien d’oeufs seront dans la paille

Je pense t’emmener sur mon porte-bagage pour que les heures te plaisent au travail que t’aime. Qui plus est, ces heures-là ramènent aux liens qui aiment le partage des envies et la confection émotive

La roche la plus dure peut ainsi être creusée pour la caverne où peindre le durable

Du feu offert par le soleil s’allume le chemin, des fleurs amortissent le bruit des pas et quelque chose de l’odeur de femme égalise les traces de l’ours

Dans le coin d’une nacelle des enfants ont laissé leur ballon

On peut leur dire de nous emporter au-dessus, le vent est de taille à passer les marécages. Laisse-ta porte ouverte le chien est de garde près des abeilles, ça tiendra les heures en dehors du temps cherché par les autres.

Niala-Loisobleu — 25 Mars 2022

INSPIRATION


INSPIRATION

La noria des narines puise dans l’âne le chemin circulaire en son Centre autour de sa figue

Allo est-ce ?

Par le portail de l’hacienda la planche courbe balance plus de fruits que de saisons emportent

Le chien voit des tomates dans son sommeil de bas de portes

Moi je trempe ma main gauche dans le bac du jardin posé en marmite sur l’herbe folle

-Hallucinai-je ?

-Non

L’âne a bien vu la carotte parmi le céleri et les poireaux

il renifle deux fois plus vite, je déborde, inondant le taire d’un coup de bleu au couteau…

Niala-Loisobleu – 23 Mars 2022

Les deux mains autour du vers


Les deux mains autour du vers

L’angle gardé, j’ouvre la fenêtre

le vers est là qui remue sa croupe et ses seins comme un fruit défendu contre tout ce qui s’apprête à le culbuter à la cosaque, tout en mots d’une douceur qui planque son S.M.T. saumâtre à couvert, genre capote en glaise

Les roues qui patinent dans la pro messe

Ah Marianne ne crois pas que ça ira, ça ira, tu déchanteras de l’élection molle qui se prend pour la plus grosse

L’amuse-gueule écrit par Paul Neuhys, j’adhère du service trois pièces, mais la comptine du marchand du Temple c’est vraiment trop cher

De République à cinq ans de monarchie on s’apprête à s’inspirer du pouvoir absolu auto-proclamé

Vive la République respectée pas catin respectueuse

Poutine tente en faim de conte

Mais si l’homme devenu trop lâche pour se rebeller contre l’abus en tous genres se soumet pire que pute, qu’il arrête de se plaindre de perdre son pouvoir d’achat, il mérite plus rien en laissant sa dignité filer à l’égout.

Niala-Loisobleu -21 Mars 2022

PEAU DE FLEUR


PEAU DE FLEUR

Ciel en trémie, le printemps pose sa valise, le quai a une couleur de sable. Je me râcle la gorge au fond de ton herbe. Du cobalt au bout des couteaux bombe la quetsche, voilà le noyau sur la langue du renouveau

L’intervalle régulier de la partie vitrée pointille le ciel

Entre les maisons passe un ruisseau de soleil

Le canard qui glisse dans la baignoire entre tes seins est bien un col vers. Dès qu’il t’a vu laisser tomber le peignoir il est sorti tout seul du placard, faisant se dresser le chien qui parlait tout seul. On va bientôt pouvoir entrer dans la mer par l’île qui s’est détachée du remonte-pente pour rejoindre ton sourire

Ce matin l’odeur des couleurs n’a pas voulu s’habiller pour aller à la messe, mais a cravaté les carreaux de la chemise du ciel. Le cheval l’attirait

Sois tranquille le cerisier montre que son tant arrive, son tronc est tendu pour faire point-d’appui aux voix du seoir.

Niala-Loisobleu – 20 Mars 2022

BARBARA, MA CLEMATITE


BARBARA, MA CLEMATITE

La confusion générale remise en ordre, les tiroirs conquis à tort se sont vus retourner à leur place. Reste alentour, on ne peut refaire le monde, le lot d’erreurs impitoyables que l’homme a en faveur lui appartient

Nous avons saisi au passage l’annexe que l’amour tient toujours en remorque et au terme d’un surf mémorable avons pu poser pied à taire les griefs dont la société raffole

Le regain de la plante montre sa force régénératrice

la Clématite est en avance au rendez-vous du Sacre

Sous l’humus qui a transpiré depuis l’automne la racine depuis son engagement montre l’ardent sous cette forme qui refuse l’abandon. Se soumettre en disant oui à tout en ignorant le non est injuste contrairement à ce qui se dit. C’est lâche un point c’est tout

L’anémone sait s’armer sous le corail pour se battre

et parvenir autour de l’écriture à peindre son serment comme le choix que rien ne contraint

Barbara, la nuit est claire à laisser la chambre montrer s’unir deux volontés.

Niala-Loisobleu – 19 Mars 2022