1er Octobre à 17h55


1er Octobre à 17h55

Le chemin des toiles n’a jamais conté pour moi autre chose que le tant. Combien d’étoiles ? demande un astronome lambda.

Les armoires rient. L’agenda plus terre-à-terre répond comme le canon, un certain temps.

Le soleil fut tellement seul dans l’atelier qu’il porta au fond et à sec dans l’humide inspiration.

Des fleurs, une demande en mariage et la main si chaude qu’un sanglier se permit de traverser La Chaume et d’entrer faire un tour dans mon jardin avant de repartir.

Drôle d’époque

L’homme rétrécit et le cochon à cornes augmente…

Niala-Loisobleu – 1er Octobre 2022

LE VILLAGE MARIN


NIALA – Collection de l’artiste

LE VILLAGE MARIN

Des feuilles qui quittent la route

les pinèdes demeurent seules à bord du chas de l’aiguille

A la pointe de l’embrun ton sel forme le lendemain

sous l’automne je te trouve à la main

Au moins toi

tu es herbue comme dans mon idée du jardin…

Niala-Loisobleu – 30 Septembre 2022

A L’EAU C’EST TOI ?


NIALA

A L’EAU C’EST TOI ?

-Oui c’est ça sers-toi, mais n’en abuse pas

Le vers de l’herbe d’ici comme d’ailleurs semble disparu, la terre sèche produit que des saloperies

le gazon est un mot dit

Seul le froid s’étend par delà l’horizon

J’ ai mis le denier baiser sous-cloche sur le dessus de cheminée et du bois dans l’appentis sorcier…

Niala-Loisobleu – 28 Septembre 2022

LES TROUS DU PARCOURS (REPRISE)


NIALA Collection de l’artiste

LES TROUS DU PARCOURS

Ce n’est pas éteint, loin de là, parce que dans la couche obscure d’une absence psychique, le corps donne l’impression d’avoir disparu, tant sa lumière falote porte à craindre. Chaque jour disparaissent des individus. Soudain ces gens ne donnent plus de nouvelles. Ils s’évanouissent sans préavis, sans bagages. Comme ça, comme s’ils s’étaient évaporés dans le néant.

Je sais que, pour la plupart, il s’agit de marginaux, de gens vivant de drogue, d’expédients, toujours prêts à se laisser impliquer dans tel ou tel délit, des individus faisant de constants allers-retours avec la prison. Mais il y a aussi ceux qui – drôle de minorité -, à un moment de leur vie, décident de tout quitter. Comme la mère de famille qui sort faire les courses au supermarché et ne revient plus jamais, ou le fils ou le frère qui montent dans un train sans jamais arriver à destination..

Je pense que chacun de nous à un chemin. Un chemin qui nous mène chez nous, vers nos proches, les gens à qui nous sommes les plus liés. D’habitude, c’est toujours le même chemin, on l’apprend dès l’enfance et on le suit pour la vie. Mais il arrive que ce chemin se brise, qu’il reprenne ailleurs. Ou bien, après avoir suivi un parcours sinueux, il revient au point de rupture. Ou encore, il reste comme suspendu.

Mais parfois, il se perd dans l’obscurité.

Je sais que plus de la moitié des gens qui disparaissent reviennent et racontent. une histoire. Certains n’ont rien à raconter, ils reprennent leur vie d’avant. D’autres ont moins de chance, il ne reste plus d’eux qu’un corps muet.Et puis, il y a ceux dont on ne saura jamais rien.

Parmi ceux-là, il y a toujours un enfant.

Un enfant qui un matin, qu’apparemment rien ne distinguait des autres, a tout changé sans que personne, de ses plus proches aux plus éloignés, n’ait pu et ne pourra jamais avoir la sensation véritable de son malheur personnel. Du trou au fond duquel sa vie s’installa ce jour là. Le malheur est unique, il est attaché .à cette unicité de l’être, on peut avoir mal du mal d’un autre, mais ce ne seront que des sensations répercutant une série de nouvelles peines, qui resteront étrangères à l’originale.

Je crois que si je ne cherche jamais à m’apitoyer devant pareille situation, c’est que le naturel élan qui me pousse à privilégier le bonheur, me donne des moyens de réintégrer l’être cassé, en dehors de toute fixation sur la cause.

Niala-]Loisobleu

26 Juillet 2013

Pour cause déterminée – Achille Chavée


GUGLIELMO CASTELLI

Pour cause déterminée – Achille Chavée

Fils d’un prêtre et de quelle église
Enfant de quelle mère aux ferments apaisés
Pour jouets j’ai pris les vases sacrés
Multipliant les sacrilèges
Il est mort sans déséquilibre
Tel un enfant fraîchement baptisé
Plus près de sa divinité
Que de nous et que de lui-même
Je sais le chemin du cimetière
Je sais parmi d’autres tombeaux
Son blanc tombeau de blanches pierres
Je m’y recueille sans pleurer
Mais quand l’autre sera prise
Toi ma vieille maman moi-même
Toi dans mes douleurs et dans mon cœur
Moi qui ne suis que toi libéré
Toi dont je suis la substance révoltée
Toi dont je suis le ferment levé
Toi dont ma vie est insinuée
Toi ma mère d’hérédité
Je serai près de toi dans la tombe
Pour que tu n’aies pas froid au néant
Je serai ton enfant fidèle maman
Tu me pardonneras d’avoir souffert en toi
Soufflait l’ouragan de la vie
Sifflait l’ouragan de révolte
Au berceau de ta renaissance
Et tu as joint l’inétendue
Un vertige spiralisé
Dans l’égarement de l’absolu
Masochiste de ta beauté
Ton destin fut matraqué
Au carrousel du point absurde.
Tu es l’enfant spirituel
Du rameau le plus douloureux
De la tribu occidentale
Tu es l’amant le plus charnel
En la souche voluptueuse
De la tribu orientale
Tu es le saint le plus maudit
En ascendance incestueuse
De la tribu paradoxale.

Décembre 1932

Ridiculement dominicale la cité
Etire de paresse prolétarienne
La maigre grâce de sa pauvreté.
Laid grand maigre fantasque
D’une laideur intransigeante
Je flâne parmi les manuels.
Intrinsèquement je vais
Anonyme et non sans orgueil
D’aimer ainsi mes frères.
Une horreur d’église est là,
Briques deux urinoirs la flanquent,
Encensoirs de logique pure
Moi je suis l’homme d’un clan,
Un café bourgeois m’interpelle
D’outrecuidance involontaire.
O je suis infiniment triste
De je ne sais quelle pitié
De toute révolte dépouillée.

Décembre 1932

Sans doute nous faudra-t-il mounr
Sans un léger espoir
Sans avoir rien reçu
Ni vaincu ni conquis
Sans une ambition
Bêtement pur
Sans un viol sur la conscience
Que
Ton tient on ne sait d’où
Le bel orgueil
D’être seul simple lapidaire
A croire par moment
Qu’il demande être connu
Il n’est cependant pas question
Même si nous pouvions le faire
De démarquer en nous
Le vide et l’absolu.
Après tant d’amour donné
Même si rien d’autre n’est découvert
En notre cœur
Que l’approximatif et déroutant critère
De l’inquiétude innée
Dans le goût du malheur
Même si le pacte indissoluble
Qu’un jour
A dû signer notre enfance confiante
Nous le devons payer
En lourd tribut de logique dirigée
Nous resterons douloureusement fidèles
Aux destinées
Qui ont partie liée
Avec l’âme du monde.

Juin 1934

Le calme qui n’a pas d’armes blanches
Le délire qui en sait trop long
Le désert perché dans les branches
Derrière mon cœur, il y a mon cœur
Il y a d’autres sincérités
Il y a les cent pas perdus
Que je dois réhabiliter
Rivages spontanés des mers mortes
Mourir pour l’amour de l’amour
Il est trop tard pour un rachat.

Juillet 1934

Achille Chavée

« L’ENCLOS » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


NIALA

« L’ENCLOS »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

Cernée de pierres l’enfance saute la barrière sur son cheval à bascule

la chapelle dresse son autel de passe à cheval sans les morts-vivants, mors aux dents

Que de fleurs que ces seins jardinent nés nus phares

des canards de l’iris gras de Vincent à la grenouille sauteuse de Schiele

Cris qu’un silence promène, les maisons-blanches s’alignent dans les roulottes en convoi pour les guitares

J’ai blanchi aux joues des nuits noires

ce derrière d’oreille bleu pour entendre la mer depuis ton cou et nager

loge dans la vague de ton ventre

Felouque oblique tournant les cataractes autour de l’Île

des ibis blancs sur les rives jusqu’à l’cluse de ton estuaire

Femme

Voie lactée, je n’aime pas le laid, abreuve-moi de ton sacré

cuisses en chapiteau sur mes épaules, que je chante de lin à l’autre en toute nature dans l’enclos ouvert

Niala-Loisobleu.

24 Septembre 2022

ATTIRANCE


NIALA

ATTIRANCE

La vague en déferlante me pousse vers ton île

mettant mon pinceau en recherche des couleurs de tes yeux, de ta pilosité

Beauté latine à l’architecture toutes en colonnes que mes mots-peints mettent attiques au jardin suspendu

Pont pays, voilà bien les thermes qui ressuscitent l’amour de leur lave…

Niala-Loisobleu – 23 Septembre 2022

AUTOMNE


NIALA

AUTOMNE

Contre la pointe où le phare balaye

une rousseur chaude comme un ventre que l’estuaire ouvre

dépouille les hésitations de l’arbre

La terre va pourrir pour se refaire neuve d’ici là

Gros champignons comestibles, tes seins ont percé la mousse de l’ampliforme

Plus vrais de l’aréole à l’aisselle, ils tombent au creux de mes mains, pommes d’à pis.

Niala-Loisobleu – 23 Septembre 2022

JUSTE AVANT L’AUTOMNE


NIALA

JUSTE AVANT L’AUTOMNE

Quelques heures avant que le soleil déménage

il brille encore et va retrouver la bonne lumière pour l’Atelier

Douce transition

tout va se métamorphoser

J’ai peint comme entre dans le coeur l’émoi du regard tourné sur la mer

Le toit est fini de réparer

quelque senteurs de peau passent.

Niala-Loisobleu – 22 Septembre 2022

DU SURSAUT DE LA CAMPAGNE


DU SURSAUT DE LA CAMPAGNE

Restent assez de lauriers pas coupés pour renaître le cou vers

Le froid garde mieux que les grosses chaleurs qui sont étrangères aux choses du coeur

Léo en ouvrant le sien à la source a tenu l’herbe haute et touffue, grasse de vapeurs

Alpage vivifiant pour la transhumance loin des sécheresses

Fêtons-là sans puritanisme

Le beau ça ne s’habille pas d’hypocrisie, ça se montre humide, fausse-chasteté rangée dans le tiroir à culottes

Gustave, artiste jusqu’à l’os en a tiré l’origine sans raser la moelle arboricole, grâce lui soit rendue

J’y bois et trinque avec Léo.

Niala-Loisobleu – 22 Septembre 2022