« MATIN » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE 13X18 S/VERRE


« MATIN »

NIALA

2021

ACRYLIQUE 13X18

S/VERRE

La vague vient goûter à la plage

Sur l’empreinte laissée par l’oiseau la barque attend le retour de la criée

pour partir

Si tu mets ta jupe accordéon, musette en bandoulière, je monterais les marches du phare pour sucer le soleil pendant que la lune l’habite encore

Les fleurs sur la table font le tour de tes mains en allant au-devant de ta voie.

Niala-Loisobleu – 27 Octobre 2021

TOUT S’EFFACE ET POURTANT… JEAN VASCA


TOUT S’EFFACE ET POURTANT…

JEAN VASCA

Aux branches où les grenades se font mûres, l’oiseau ne change rien de l’heure. Eté comme hiver il est toujours tant de se déshabiller de ce que l’on ignore

Sont venus les pointus pour dépasser la grotte des calanques de leurs non-dits. Le lamparo sur le front se passe de gynéco

Au frisson de l’anémone la main au coude d’un geste tendre poursuit l’oeuvre au-delà de l’ordinaire frisson. Mêlée à la moelle de m’articulation elle se fait sacrée secousse…

Niala-Loisobleu 26 Octobre 2021

« RESOLUTION » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 116X89


« RESOLUTION »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 116X89

Depuis quand tannes-tu l’ocre de peau, Alain ?

Ce matin se voit l’artisan de résolution

Après tant de nuits d’abat-jour

En corps assez de vigueur pour refaire la Belle

Par-dessus le mur des trépassés

Dans son regard, Don Quichotte en plaine

Fou allié

Un cheval bleu hennissant qui mal y pense

Elle regarde bien au-dessus du vide.

Niala-Loisobleu

26 Octobre 2021

LA MAISON / A CASA


« Terre ô » – Niala 2021

LA MAISON / A CASA

ANTONIO RAMOS ROSA

La maison

Un souffle apaisé dans la pénombre de bois.

La maison s’est endormie, elle vit dans une tranquille pulsation.

J’entends le martèlement léger des touches de l’ombre.

Un plat en cuivre brille vertical dans l’obscurité.

La table est ronde, claire, cercle de l’harmonie.

Sur un mur glissent de scintillantes arabesques.

Le temps secrète des syllabes d’argile et d’écume.

A casa

Um sossegado alento na penumbra de madeira.

A casa adormeceu e está viva numa tranquila pulsação.

Oiço um leve martelar de teclas de sombra.

Um prato de cobre brilha vericalmente na obscuridade.

A mesa é redonda e limpa como um circulo de harmonia.

Numa parede flutuam arabescos cintilantes.

O tempo segrega silabas de argila e espuma.

DES CAILLOUX DE MA POCHE 15


DES CAILLOUX

DE MA POCHE 15


Parvis la fumée des cierges

une ronde où l’enfant comptine pour ne pas grandir

là où on se moque de lui

La toile tisse au m’aime chant resté d’origine

Et le seoir tire l’haleine de son rouet pour que l’hiver ne l’emporte pas

J’ai dans l’idée des toiles un retour à la vérité

Pour la caresse d’un chat fauve

blé-noir des chapelles

blond-siamois à mon espoir

do rond à mes reins en ballade de la visite au bout du monde…

Niala-Loisobleu – 24 Octobre 2021

Ballade De La Visite Au Bout Du Monde – Jacques Bertin


Un soir de grande lassitude et de routes perdues
Venant de loin comme toujours et sans calcul
Parti trop tard comme toujours pour le voyage au bout du monde
Où l’on va chercher l’or improbable des sept cités
J’ai laissé l’auto tiède sur la place
Le village est une rose noire au bord de mer jetée
Par les ruelles dans la rose noire je suis monté
Jusque chez vous sans savoir si j’allais oser frapper

Une silhouette dans le carré de lumière, femme aimée
Je suis fou ! Je viens me cogner au bout du monde
– Qui est-ce à cette heure ? Les enfants sont couchés !
Répondez-moi, répondez-moi, je suis traqué !
La porte qu’on dirait depuis cent ans fermée
S’ouvre et la menace des chiens se desserre
Tu me cherches, tu interroges, je sors de l’ombre
Tu cries, tu fermes sur moi la porte, je suis sauvé

On s’installe autour de l’heure qui bat comme si rien n’était
On questionne, on fait l’inventaire, on s’étonne
Le cœur est grand offert sur la nappe cirée
On parle de rien et sans attendre de réponse
Je te demande sans pudeur : Es-tu heureuse ? et tu dis : – oui
Tu ris de la question, on est au bout du monde
On enlève à la table un éclat de soleil
Et je te dis que tu es belle et que je t’ai toujours aimée

Jacques m’emmène voir la maison nouvelle au fond du jardin
Dans la nuit noire c’est folie on ne voit rien
Mais dans la nuit la plus noire tu connais ton chemin
Chaque mur, chaque pierre, chaque ombre
La maison est plantée devant le marais et la mer
Tu es arrivé, pour toi la route ne va pas plus loin
Il faut se battre sur place, la vie n’est plus pour demain
Tu ne peux plus détourner la conversation, c’est bien

Et moi déjà je fuis sur la route qui file vers Royan
L’auto rêve, elle n’a pas besoin de son maître
Mais à peine je suis seul à nouveau, j’ai mal
Je gâche le temps et les mots, j’ai peur du bonheur et des roses
Le bonheur, est-ce que c’est vraiment si peu de choses ?
Si le rythme du cœur est si lent… que sais-je…
Pris dans cette solitude comme dans les glaces, on s’arrête,
On étouffe, on ne ni avancer ni reculer, on crève…

Je rentre dans le premier hôtel ; on me prend pour un fou
Moi aussi je connais mon chemin ! Dans le lit je me roule en boule
J’oublie tout.

LE SEMAPHORE


LE SEMAPHORE

Grand format à désemplir de vide pour que reste du soleil en partage

l’arbre court d’une branche à l’autre à saute-mouton sur le vague

Celui-ci recommence au métier pour tisser

visage tout de bleu

la laine serrée du signal vers

L’anémone à bord en console la perspective que le paysage guette du large.

Niala-Loisobleu – 23 Octobre 2021

BÂT TISSEUR


BÂT TISSEUR

La mer déferle

bien des naufrages au Cap de Bonne-Espérance

D’un outre noir rien ne me Soulages

Aux torts comme aux raisons je bois l’alligot bite au vent sans pisser dans l’haricot

Le fond de l’humanise et le goudron nicotineux d’une rancune ne m’ont jamais couché ensemble

Comprendre est souvent difficile mais tout refuser comme tout accepter est d’une facilité lamentable

Le lierre qui s’en prend au mur pour vivre m’afflige

Le jasmin qui s’agrippe en revanche montre le creuset qui est sous sa jupe

L’âne et la noria c’est dur mais en définitive ça fait monter l’eau

J’épope

je tisse

d’un amour qui sans tendre la joue s’en prend plein la gueule sans amertume, l’espoir c’est l’ortie où j’ai jeté mon aube…

Niala-Loisobleu – 23 Octobre 2021