SORTI DES EGLISES


Photo Niala

SORTI DES EGLISES

Prière toujours la même

et le rase-campagne d’un sein qui mythe un ciel dans sa tâche bleu-pâle

Les monts se cherchent émerveille

Putain ce que la vie peut être belle au trottoir de l’hôte tel

du rêve ajouté dans le virage retable

son aube accrochée au presbytère

entre l’écorce et l’arbre où l’oiseau-agnostique nidifie

sur la paille d’assise

le mi-sel qu’il détient ferme en dehors de l’image d’une poupée de porcelaine-vierge

Niala-Loisobleu – 24 Octobre 2024

Photo Niala

Photo Niala
Photo Niala –  » VU DE TOURS DE BREIZH »

LEO FERRE – LOVE


LEO FERRE – LOVE

Cette parole
Que j’attendais sans te connaître
Que j’accrochais à ma fenêtre
Qui traînait pas dans les affaires
Des gens qui me faisaient la guerre
Cette parole
Qui met dans mon vocabulaire
De quoi t’apprendre les manières
Cette parole

Love… Love… Love… Love

Cette parole
Qui traîne au nez des catastrophes
Qui vaut bien cent dix mille strophes
Qui te suffit quand je la chante
Qui coule en toi quand je t’enchante
Cette parole
Qui fait du vice la vertu
Qui met le pouvoir dans la rue
Cette parole

Love… Love… Love… Love

Cette parole
Que tu syllabes après la fête
Qui met la fête dans ta tête
Et puis ta tête dans la mienne
Et puis ma tête dans la tienne
Cette parole
Qui s’est barrée du dictionnaire
Où elle n’avait plus rien à faire
Cette parole

Love… Love… Love

{Parlé :}
Cette parole
Qui peuple notre solitude
Qui meurt au seuil de l’habitude
Qui se fait avant de se dire
Qu’on dit quand y a plus rien à dire
Cette parole
Qui fait les hommes fraternels
Qui sort les filles du bordel
Cette parole

Love… Love… Love… Love… Love… Love

Cette parole
Comme une arme contre l’offense
Comme un sourire du silence
Comme un passeur de l’autre monde
Comme un destin qui fait sa ronde
Cette parole
Comme la raison qui pâlit
Comme le prix de la folie
Cette parole

Love… Love… Love… Love… Love… Love

Cette parole
Comme une porte sur le large
Comme mon texte dans ta marge
Comme tes yeux dans mon ramage
Comme moi dans ton fuselage
Cette parole
Comme le salaire du rêve
Et comme le pavé qui lève
Cette parole

Love… Love… Love… Love… Love

« FLORALE » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/VERRE 40X50


« FLORALE »

NIALA

2021 –

ACRYLIQUE S/VERRE 40X50

Froissements de soie

Derrière quoi as-tu enfermé ton corps ?

Je tâtonne aux murs

L’oreille à la porte qui se tient quelque part dans le trompe-l’oeil

Le chien s’éveille

Je dis bonjour et enfile sa truffe pour tout vêtement

Puis pars au marché aux fleurs cueillir l’anémone du matin

Niala-Loisobleu – 23 Octobre 2021

L’OPERA DU PAUVRE – LEO FERRE


L’OPERA DU PAUVRE

LEO FERRE

« — Écoutez, Maître, je ne prise pas beaucoup vos apartés poétiques…
— Mais tout n’est qu’aparté ! Le reste ? Triste réalité ! »

Textes & musiques : Léo Ferré
Sauf musique : Tomás Luis de Victoria (O vos omnes)

Orchestre symphonique de la RAI-Milan
Giuseppe Magnani, violon solo
Léo Ferré, piano

Orchestrations & direction musicale : Léo Ferré
Prise de son & réalisation : Paolo Bocchi
Production & réalisation artistique : Léo Ferré
Crédits visuels : Marina Marcantonio

Enregistré du 10 au 20 avril et le 10 juillet 1983 au Studio Regson, Milan (Italie).
Publié en octobre 1983 par RCA.


En 1956 Léo Ferré écrit et compose le ballet lyrique La Nuit à l’instigation du chorégraphe Roland Petit, croisé lors d’un dîner mondain chez Louise de Vilmorin, grande admiratrice de Ferré. Il crée une impertinente fantaisie animalière et semble vouloir jouer le jeu du jazz. La danseuse-chanteuse Zizi Jeanmaire tient le rôle-titre et Michel Legrand est à la baguette. Les choses se montent hélas dans la précipitation et le résultat scénique est approximatif. La presse a la dent dure, qui n’y comprend goutte. Petit lâche Ferré en déprogrammant tout. Un four.

Léo sauve néanmoins son livret du naufrage en le faisant paraître illico dans une version remaniée chez La Table Ronde, qui doit publier son premier recueil de poésie. Puis la cendre retombe. Ferré se replonge dans la partition au début des années 1970, mais d’autres chantiers le requièrent plus instamment. C’est seulement en 1983 qu’il prend La Nuit à bras le corps… pour en faire autre chose.

L’Opéra du pauvre, grand œuvre oraculaire à tiroirs, n’est plus disponible à la vente depuis le mitan des années 90, et croyez bien que nous le regrettons. N’hésitez pas à vous inscrire à notre lettre d’information pour être tenu informé du moment où il le sera à nouveau, dans dix mille ans ou demain matin…

Alaric Perrolier – 2017

DES CAILLOUX DE MA POCHE 13


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DES CAILLOUX

DE

MA POCHE 13

Maisons qui viennent s’épauler aux venelles

Grands boulevards

Dans le chant Elisé de la lettre

Je la vois en enfilade

Si les feuilles tombent en Automne ça ne coupe pas la racine

Ce mercredi la lumière se renfrogne alors que la lune donne des cornes. Quelle débandade en surface, sauf que le fond lui garde le soleil intact. En refaisant sa vitrine, l’influenceur (ignorant comme le veut internet) n’a pas retenu qu’elle reste toujours nue et se fout de se fendre d’une culotte. Le permis de construire c’est ça son truc. D’où venir planter sa tante pour s’héberger at home lui a paru résidentiel. A l’heure où le migrant se noie au profit du négrier, elle assure le gîte et le couvert, enfin pour le couvert c’est une façon de dire que son puits est conforme à son habillement. Mer si tu savais tu laisserais les Canaries arrêter de faire du transit clandestin vers l’Europe. Tiens je suis sûr que le volcan cesserait de faire de Palma la terre brûlée. A force d’abuser de la nature en tournante l’homme fait de la pandémie

Moi j’ai fait de l’anémone, je voulais te le dire, bien que la Chaume vente le mauvais esprit d’un jour de merde

Sûr que tu l’as senti, la bruyère s’en ait réjouit

Quand l’essence ne transite pas par Dubaï le foutre ball ne me pourrit pas la vie

Le Capitaine emmène les élèves à bord de ton bateau insubmersible, ça prive les parents de réclamer pour la mauvaise note justifiée de leur gniard

Au coton des dos où l’injustice est noire je souffle dans la trompette une pensée pour Juliette, c’est comme ça, j’ai dans la poitrine des passages d’amour plus fort que la misère de vivre

Le chat court sur les tuiles

Arrivé à la gouttière il se voit en reflet sans que la beauté de son poil le rende narcissique

Mais tout le monde n’est pas comme chat.

Niala-Loisobleu – 20 Octobre 2021

HERITAGE D’UNE REINE


Héritage d’une reine

Il y a presque 3 500 ans, sous le règne de la reine Hatchepsout, l’Égypte connut plusieurs décennies de paix et de culture florissante, à l’image de ce temple grandiose, qui ne représente en fait qu’une infime partie de l’incroyable héritage laissé par cette reine. Malheureusement, les pharaons qui lui succédèrent interdirent toute mention de son règne, s’attribuant le mérite de tout ce qu’elle avait accompli et laissant son nom tomber dans l’oubli pendant des millénaires.

Au 19ème siècle, de nombreux archéologues remarquèrent une interruption entre les règnes des différents pharaons. Grâce à leurs nombreux efforts pour décoder les hiéroglyphes, cataloguer les objets d’artisanat et enfin, révéler le grand temple d’Hatchepsout en 1906, la plus grande dame de son temps reprit de droit sa place dans les livres d’Histoire.

N’avons-nous pas de la chance que certains d’entre nous soient prêts à se salir les mains pour littéralement déterrer la vérité ? En cette Journée mondiale de l’archéologie, qui se tient tous les troisièmes samedis d’octobre, nous célébrons ceux qui résolvent les mystères de l’Histoire humaine : les archéologues du passé, du présent et du futur.

Son temple mortuaire est certainement sa plus belle réalisation. L’emplacement de ce dernier était stratégique : situé sur la rive ouest du Nil, à côté du Temple de Montouhotep II, il s’agissait du lieu idéal pour asseoir sa position parmi les pharaons. Le temple d’Hatchepsout, connu sous le nom de Djeser Djeseru, ou « le sacré des sacrés » en français, est orné de reliefs représentant le règne du pharaon. Il abritait aussi des sanctuaires en l’honneur d’Anubis, le dieu des morts ; d’Hathor, la déesse de la fertilité ; d’Amon, le roi des dieux et de , le dieu du soleil.

À sa mort en 1458 avant J.-C., Hatchepsout est enterrée dans la Vallée des rois. Alors qu’elle avait tout fait pour que le peuple égyptien se souvienne de son règne, Thoutmôsis III mena 20 ans plus tard une campagne de grande envergure pour détruire son héritage. Il a fait détruire ses statues, dégrader ses représentations et effacer sa cartouche.

Certains voient là un acte de vengeance, d’autres considèrent qu’il a agi de la sorte pour s’assurer que l’ascension de son propre fils sur le trône se déroule harmonieusement. Autre théorie, il n’aurait pas accepté que la succession des pharaons Thoutmôsis I, II et III ait été interrompue par une femme. Entre 1923 et 1931, les fragments des statues d’Hatchepsout ont été mis au jour dans des fosses creusées en face du temple. La découverte a été réalisée par le Metropolitan Museum of Art au cours de son expédition en Égypte.

Peu importent ses raisons, les efforts de Thoutmôsis III ont porté leurs fruits puisque le règne avant-gardiste d’Hatchepsout est peu à peu tombé dans l’oubli. Ce n’est qu’au début du 19e siècle, quand des universitaires sont parvenus à déchiffrer les hiéroglyphes inscrits sur son temple, que ces derniers ont pu reconstituer l’histoire d’Hatchepsout. Aujourd’hui, dans l’Égypte toute entière, ses réalisations architecturales perpétuent sa mémoire. 

Source Bing

D’UNE CHANSON BRETONNE


D’UNE

CHANSON BRETONNE

Au chalut

le vent boit au goulet de Brest

Notre-Dame de Rocamadour

debout sur le sillon de Camaret

Est-ce un coup de gris ?

Pousse la porte pour te rendre à l’intérieur du pouls

Il reste dans l’âme un feu éternel

Qui monte le bateau-de-papier à l’autre ciel outre-mer

Gardant l’épave au fil de l’eau

Par la déchirure de l’oubli

L’ex-voto des péris en mer

Image vierge de toute perte du caillou

Niala-Loisobleu – 17 Octobre 2021

TEST POSITIF


TEST POSITIF

Au rythme et dans la règle d’or

l’automne se dispose à passer l’hiver

il a battu des pieds

par une présence jumelle

ah mes petits, vivez

Le ruban est long, en mettre un bout de plus, ne peut que donner aux mots-peints cette existence qui n’attend rien de personne mais sait pouvoir compter sur elle

Alors faire l’amour en étant pas stérile ça tient compte des paramètres de base

Suis trop avisé de ce qu’il n’y a rien à attendre des rejetons qui vous ignorent pour avoir confiance dans la génération de ma main gauche

Donc puisque la prochaine aura lieu en FEVRIER 2022

je m’y colle plus qu’amoureux

L’époque s’étant tournée vers une triste restriction

lui offrir du petit-format devrait trouver une riposte au chinois

Voilà les deux jumeaux conçus

le problème d’édition rencontré en Bretagne étant résolu, on va se contenter d’un aperçu photographique groupé en attendant de faire comme à vent

J’ai le pied chant-pignon, croyez-moi

Niala-Loisobleu – 14 Octobre 2021

« LES MATINALES 1 » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/VERRE 13X18


« PETITES ANEMONES » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/VERRE 15X20

ESSAI D’AUTO-ANALYSE POUR LA PAIX DU POÈMEPAR ALAIN MINOD


ESSAI D’AUTO-ANALYSE POUR LA PAIX DU POÈMEPAR ALAIN MINOD

ESSAI D’AUTO-ANALYSE POUR LA PAIX DU POÈME PAR ALAIN MINOD

Reste toute ta guerre au réquisit de toi
Elle éteint ta lumière et détruit tout ton toit
Nerfs en escarmouche où se tue la sagesse
Se mordent en ta bouche hurlements de tendresse

Or tu meurs mille fois épuisant ta pensée
Quand toujours tu aboies au grand rire qui passe
Et là se défenestre un désir où fait trace
La beauté de l’être perdu : plongée glacée

Puis te bats contre toi te traites en vrai chien
Sans collier et sans loi qu’il faudrait que tu dresses
Bassesse où poète tu perds repère en bien
Passent en ton être tous tes sens qui t’oppressent

C’est la mère éperdue qui fait entendre voix
Pour fils qui s’est rendu à son enfer sans chaînes
Et en rage espère trouver d’elle une voie
En un collier de fer : désir masqué qu’il traîne

Mais comme ta guerre contre ton propre toi
Et contre l’autre : enfer qui en tes liens aboie
Centre en son essence ta maison « vraie prison »
Aux collets de tes sens tu en perds ta raison

Si « libérer l’amour » est retrouver l’essence
Du gamin de toujours dans l’éveil de ses sens
Demeure peur de guerre en ta maison d’enfance
Pays où mère en nerfs exaspère souffrance

Pays où enfants ségrégués jouent vengeance
Te lient à l’arbre et gais te jettent des pierres
Pays où paysans sabrent seigneurs si fiers
Pays où ton père table sur loi en déhiscence

Enfant sans souvenirs d’école et sans amis
Sauf dans le devenir de frères dans les fêtes
L’on chantait « Stille Nacht » pour bercer les têtes
Mère mise en quatre nous prenait pleurs en semis

Plus tard : père pour loi te donnait bien le fouet
A chaque fois où ta voix se sentait flouée
De n’entendre réponse de notre mère en cris
Pour savoir si sa santé lui avait tout pris

Injustice flagrante as connue en collège
Où présence prégnante : un fier dominicain
Te donnait fessées et caresses qui l’allègent
D’un désir bien caché et tout à fait mesquin

Et là tenu pour fou tout enfant qu’il était
Père et autorités du collège en question :
Tu avais regard flou pour ce si fier cité
On te faisait siège pour mauvaise intention

Des psychiatres et tests formulaient bien la chose
L’enfant était bien bête et frisait la folie
Mais tous les comptes faits c’était inventer cause
A la visite de fait : myope étais et sali

Plus tard dans ton âge mère tu interroges
Espérant avis sage – elle point ne déroge
Tu ne fus pas en rage et mal t’en en a bien pris
Fou ? Cause : lunettes – c’est ce que t’as appris
La famille l’atteste : point de gènes de myopes
Âge où l’enfant se teste en voyant ne radote

Tous travaux harassants furent ta découverte
Vu larmes avec sang « Les Illuminations »
En ta treizième année dite sans attention
Mais est-ce suranné de se penser poète

Pendant ce temps d’enfance avoir écrit poèmes
Fut ton grand train d’errance : éveil jeté au vent
Des déménagements – si cela te fit peine
C’est qu’en bel amant tu t’étais fait savant

Et en soixante neuf : le surréalisme
Avec jeunes tout neufs et simples travailleurs
Rencontrés en usine où tu appris rythme heurts
Avec matière qui lime les corps dans la machine

Et la philosophie vint avec l’engagement
Tu le sus : celui qui vainc est celui qui ment
Tant que le neuf ne naît en surface des choses
Mais ce qui est inné ne remplace pas la cause

Depuis quatre-vingt-neuf toute la poésie
Et les jours passants neufs : amour de l’oiseau bleu
Philosophie somnole ? Éveil d’aile en saisie :
Elle teste idées folles du moindre des bigleux

Ton père en hôpital bien avant de mourir
N’a pas été banal et sans plus discourir
A envoyé une dame au devant de son fils
« Vous avez grande âme » puis lui vient sur la piste

Il conforte poète et plus tard gai ajoute
Pianiste en sa fête : n’oublie musique en route
Depuis : tant de combats : paix liberté justice
Fruits de tous les ébats dans l’oppression en lice

Vraie Solitude tranche en Misère où l’on flanche
Aux souvenirs qui scient – mais toute poésie
Contre le mal se penche contre ses avalanches
Qui provoquent folies – tient partage saisi.

Alain Minod

DES CAILLOUX DE MA POCHE 4


DES CAILLOUX

DE

MA POCHE

4

Tirés de mon bateau de nuit par le couteau d’un rayon de lune les pièces du rêve s’approchent de la fenêtre du rivage

Les treilles du ciel détachent avec peine cette impression que le toucher des grappes amène en silhouette

Dans ma mémoire, le patio à l’endroit qu’elles lient d’un bord à l’autre des façades montre son intime recoin, la table n’a pas été débarrassée du tête-à-tête qui a prolongé la soirée et je reconnais le chapeau qui tomba en premier de ton strip-tease sur le rocking-chair en rotin

La fontaine insomniaque n’arrête jamais ce bruit de vie sans heures

Pourquoi parmi les fleurs qui passent alentour j’ai l’image des cosmos montés sur leurs tiges en échasses ? Leur finesse dans le suspendu floral déclenche un processus organique dans ma relation entre toi et la couleur. Ils impriment au tissu des murs blancs la gamme des champs

Je vais noter à l’encre de chine ce que tu ne m’as pas donné, la couleur en écartera toute espèce de manque

Comme cette maison des abeilles ruche mot à mot la peau des figues au centre du jardin…

Niala-Loisobleu – 13 Octobre 2021