LES PIERRES CHAUDES


PABLO PICASSO

LES PIERRES CHAUDES

Sous le linteau d’un ciel sans pardon, impitoyable, la porte grince déjà avant midi

femme ouverte donne-toi à boire

aux seins de ta fente

Je suis tapi dans l’ultime fraîcheur d’une forêt plus vierge qu’une pucelle d’histoire sainte

Sur le granit où l’embrun de son ongle découpe, passe la fermeture éclair du bain pulmonaire

Qu’un signe échappé des bretelles franchisse ne serait-ce que d’un poil du long de l’aine au plus loin du tunnel et agite son fanal.

Niala-Loisobleu – 1er Août 2022

VUE SUR COUR


PABLO PICASSO

VUE SUR COUR

Accrochée au treillis du lierre elle tient écartée l’abstinence de vivre des règles conformistes

Les pigeons du Maître ne ressemblent pas aux ramasseurs de miettes des jardins publics

ils courent d’une jardinière à l’autre dans l’embrasure des cuisses d’un autre jour

Sur le toit de zinc un plombier prend son café à côté de la Tour Eiffel que Chagall dresse en perspective de parcours de santé

La Seine garde ses mouches à quai près du Louvre

J’ai rêvé que je portais les phrases creuses des jours sans aux objets trouvés

Le chat ronronne sur le tapis pour s’envoler à bord de la respiration poitrinaire de ce matin funiculaire au Tertre.

Niala-Loisobleu – 10 Juin 2022

AU BOUT QU’ON SE TEND


LE BAISER – PABLO PICASSO

AU BOUT QU’ON SE TEND

Dans le cintré de l’apporte, une main, ton cambré, mes pensées tout autour

qu’importe le jour c’est férié dans l’image qui sort de nos yeux fermés

de plain-pied aux rais chaussés de nos langues.

Niala-Loisobleu – 3 Juin 2022

TRANSE PORES


PABLO PICASSO

TRANSE PORES

Île était une foi aux croisements des chemins des mues tant peu ordinaires qu’ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants à échanger la glèbe du jardin pour la petite graine.

Niala-Loisobleu – 29 Mai 2022

PRIMITIVISME


LES DEMOISELLES PICASSO ET LE PRIMITIVISME

PRIMITIVISME

Aux parois pariétales de ta caverne combien d’échos se renouvellent en mes doigts quand je les écoutent vibrer et les suis mufle collé à leur piste

il y a là, tout au point de départ ce qui manquera toujours au naïf

De la fourrure autour des lèvres de la gueule animale à la sécrétion fluviale où le corail vit pour nourrir les battements de l’anémone

Création du Monde, gigantesque humilité

Attaché du nombril resté je monte à l’élastique sans jamais en descencendre comme les abrutis du vide qui croient impressionner sans une goutte d’ancre

Et dans l’ELLE la nourrice des seins traverse sans obliger à faire le plein

La bouche ouverte aujourd’hui boire à même le ciel quelle régalade !!!

Niala-Loisobleu – 23 Mai 2022

Jeanne Moreau – La Peau Léon


PABLO PICASSO

Jeanne Moreau – La Peau Léon

J’aime ton odeur, ta saveur Léon
T’es pas beau Léon
T’as les cheveux longs
Mais je t’ai dans la peau
Mais je t’ai dans la peau
Mais je t’ai dans la peau, Léon

Je ne suis pas jolie, jolie
Nous ne sommes pas beaux, beaux, beaux
Mais contre toi, moi je grille
Tu me fous le feu à la peau
T’as p’t-êt’ pas des bras d’athlète
T’as p’t-êt’ pas l’torse velu
Mais j’adore tes mirettes, qui se brouillent
Quand tu m’dis
Qu’tu m’as dans la peau Léon
Qu’tu m’as dans la peau Léon
Qu’tu m’as dans la peau Léon
Léon, Léon, Léon, Léon

Mais voilà, mais voilà
Qu’un soir au cinérama
Au ciné en longueur
Sur l’écran exhibiteur
Une femme un serpent
Une chatte mollement
Etendue plus que nue
T’a ému
Cette femme plus que nature

En couleurs plus que pures
Cette roulure sans pelure
Qui roulait en voiture
Cette glue, ce serpent
Cette chatte mollement
S’est glissée, s’est lovée
Au creux de ta peau Léon
Tu l’as dans la peau Léon
Tu l’as dans la peau Léon
Tu l’as dans la peau Léon
Léon, Léon, Léon, Léon

Depuis tu prends des airs rêveurs, Léon
Pourquoi mon Léon ?
T’es plus mon Léon
Pour une étoile dont la peau
N’est qu’un rayon, un halo
Nébuleuse vapeur sans chaleur
J’aurai ta peau Léon
J’aurai ta peau Léon
J’aurai ta peau Léon
Léon, Léon, Léon, Léon

Ce fut voluptueusement,
Sans cri, ni geste, ni adieu
Tu basculas dans le néant
Tu n’auras pas vécu bien vieux
C’n’était qu’une p’tite écorchure
Sur la peau de ta figure
Que tu te fis au rasoir,
J’l’avais mouillée de curare
J’ai eu ta peau Léon
J’ai eu ta peau Léon
J’ai eu ta peau Léon
Léon, Léon, Léon, Léon.

LA PORTEUSE DE PEINT


Pablo Picasso

LA PORTEUSE DE PEINT

Des ailes des moulins parcourent des chants de farine , le froment tire la barbichette à l’orge, un cheval laboure sur les notes que le sable des vagues perce dans la barbarie faite orgue

Tendre et pure viennoiserie qui Danube

-Laisse hâler c’est une valse, dit le père en faisant le tour de la mère pleine de vie

Il y a comme un plus loin qui dépasse le vide dans cette peinture visionnaire du regard le plus noir du taureau le plus humain que je connaisse

C’est plus fort que l’absence le flux végétal en présence.

Niala-Loisobleu – 16 Mai 2022

AU HASARD D’ORAGE PAR ALAIN MINOD


PABLO PICASSO

AU HASARD D’ORAGE PAR ALAIN MINOD

Capharnaüm d’orage outrepassant clameurs
Giclades de rage sur cet auvent qui claque
Voile sur le ventre du boulevard qui pleure…
Boire aux voix dans l’entre bloquant pluie qui s’y plaque

Puis tout dans le hasard hors « feria » en TV
– L’orage qui la barre – on veille pour rêver
Au monde et s’y serrer après ces bruts éclairs
Pour marquer un arrêt et voir venir le clair.

Alain Minod

 Goodbye Marylou – Michel Polnareff


PABLO PICASSO

 Goodbye Marylou – Michel Polnareff

Quand l’écran s’allume je tape sur mon clavier
Tous les mots sans voix qu’on s’dit avec les doigts
Et j’envoie dans la nuit un message pour celle qui
Me répondra « OK pour un rendez-vous »
Message électrique quand elle m’électronique
Je reçois sur mon écran tout son roman
On s’approche en multi et je l’attire en duo
Après OK elle me code Marylou

[Refrain]
Goodbye Marylou
Goodbye Marylou
Goodbye Marylou
Goodbye

Quand j’ai caressé son nom sur mon écran
J’me tape Marylou sur mon clavier
Quand elle se déshabille, je lui mets avec les doigts
Message reçu OK code Marylou

[Refrain]
Goodbye Marylou
Goodbye Marylou
Goodbye Marylou
Goodbye Marylou
Goodbye Marylou
Goodbye
Marylou
Goodbye

Quand la nuit se lève et couche avec le jour
La lumière vient du clavier de Marylou
Je m’envoie son pseudo mais c’est elle qui me reçoit
Jusqu’au petit jour on se dit tout de nous

Quand l’écran s’allume je tape sur mon clavier
Tous les mots sans voix qu’on s’dit avec les doigts
Et j’envoie dans la nuit un message pour celle qui
M’a répondu « OK pour un rendez-vous »

[Refrain]
Goodbye
Marylou
Goodbye Marylou
Goodbye Marylou
Goodbye Marylou
Marylou
Goodbye
Goodbye Marylou
Goodbye