La langue à la vitre


La langue à la vitre

Le vent qui cogne la pluie sur le balcon me tient derrière la vitre la langue à retrouver le soleil

passé le contact froid le goût en revenant transpose ce qui bouge dans l’herbe humide

amenant le ventre à ouvrir un matin bleu en plein après-midi en décroisant la cuisse et voir le haut du bas de la femme qui dans l’atelier parle à l’abeille tenant la fleur sous son parapluie

La vie trébuche en rencontres opposables

la dernière se balance comme la règnée à sa toile, tisserande genre Bayeux

plus accrochée qu’un humanisme volatile en se rusant du ménage arracheur de pages employé à la surface, le fond symbolique de la poésie cultivé en dehors du désert

A l’entrée du jardin l’obélisque face au grand bassin garde son mystère dans la pérennité du hiéroglyphe. tuilerie en chauffe à côté du théâtre de verdure, qui l’a peinte plus verte qu’un bronze de Maillol, le cerceau double le bateau de papier en l’envoyant rejoindre le rire des enfants à Guignol

Le matin perce…

Niala-Loisobleu – 8 Avril 2022

DANS LE FROID DES CHALEURS A LA TRAÎNE


DANS LE FROID DES CHALEURS A LA TRAÎNE

L’observation humaine note le changement de réglage de la hausse de l’arme constructive. En baissant son oeil en marchant, l’homme a fini par ne plus voir que le bout de ses pieds et à force d’araser à ne laisser qu’un marécage inhabitable autour de lui

La lumière humaniste disparue c’est le moi soumis à ses divagations les plus erronées qui prend les manivelles

J’en ai rien à secouer de savoir que tu existes, je dois trouver ce qui me donne que jouir à vivre, point barre

La nature a été la première à en subir le choc

Elle marche plus que sur la tête et encore

Les grandes embuscades du Moyen-Âge qui rendaient parait-il la traversée des forêts hasardeuse, ont-t-elles chassé l’Esprit durant cette période de l’histoire ?

Non l’être primitif a respecté le pacte qu’il avait avec la racine-mère. Les dernières tribus sauvages qui restent aujourd’hui sont en voie de disparition par la contamination du monde évolué, pas par leur précarité existentielle. Ils vivent dans la forêt, savent les arbres à médecine, le pouvoir des pigments mis en peinture sur le corps, la sagesse des pierres, le bon passage des eaux en fonction de leur position dans la carte du ciel, ils parlent toutes les langues fauves dans l’intelligence du sauvage de l’animal. Ils savent la nécessité d’avoir un ordre, de faire l’apprentissage de la force. L’auto-proclamation n’existe pas dans le monde où chaque minute est une confrontation avec les forces établies. Avoir un chef c’est suivre un Rite. On ne vit pas pour devenir puissant. Il n’y a pas de monnaie, que du troc. La connerie reste limitée au pourcentage d’équilibre vie-mort naturel. La vie est transmissible pour la simple raison qu’elle est incomparable et seule à gérer la beauté par la vraie poésie

Les écoles sont pas venues tout vicier avec leur système de notation qui, en devenant la règle seule à utiliser pour tracer un trait, ont mis la compétition pour seul sens de vivre

Eux ce sont des adultes, des vrais pas des fiottes, qui font leur traits à main levée toute leur vie comme l’enfant

La couleur est partout

Dans le moindre mot qu’ils prononcent, dans l’étreinte qu’ils ont sans devoir se couvrir, dans la culture du jouir au sens intrinsèque

Plus que jamais dans ce qui nous menace et pour ce qui me reste à vivre, je m’accommoderai avec ce qui se trouve, mais en discernant comme le sauvage la plante utile de la plante nuisible

Le profit est la calamité du monde.

Niala-Loisobleu – 10 Mars 2022

PONTE


PONTE

De l’idée que le crayon taquine comme un de ces matins sous le saule pleureur on se met à rire en jetant sa ligne, je me lançais embarquer

Arrivé au premier méandre, j’eus à peine le temps d’apercevoir sauter une vache dans le train de passage

Pourtant dans l’ensemble ça freine

Une gardienne de but dans un match de ligue féministe bloque l’attention en se mettant les seins nus.

Bof, dit le Chef-de-Gare, j’ai assez de mes problèmes avec les retards et accidents ferroviaires

Des jonquilles insouciantes haussent les épaules

Les gosses disent à leurs parents de trouver un endroit sans guerre pour le prochain petit-frère

Bien-sûr que le printemps approche même si ça contredit l’esprit chagrin d’un qui croix aux cimetières militaires pour ne pas démordre de sa marotte.

Niala-Loisobleu -7 Mars 2022

FORTIFICATIONS DU SENTIMENT


FORTIFICATIONS DU SENTIMENT

La résurgence des croisades carnassières étale sa scélératesse en une vague à faire peur au premier bruit du coeur

On ne sait plus ce que l’arraisonnement du plus fort pourrait encore avoir en considération, l’épargne a du naître durant la préhistoire vu comme elle rapporte que dalle au bout du compte

Les soucis d’héritage à part une occase électorale n’étant pas le souci majeur émergeant de cette gabegie on voit tout ce qui pourrait relever du sentiment disparaître au point qu’on continue d’éjaculer avec l’utérus sans connecter aux conséquences du bébé. C’est si désespérant mais en voie d’expansion que ça me fait penser que ça explique l’horreur du tatouage. Il fut retenu pour la plus sinistre des mémoires par Adolf, montrant comme il est diabolique

Aussi, bien que fort peu je le sais en verrons le rapport, ai-je décidé de fortifier mon jardin avec les derniers signes en corps en vie

Réputé innocent dans le mauvais sens, je saurais trouver ceux qui n’ont pas d’attaches venimeuses

J’ai commencé par drainer du galet pour rendre le coin non carrossable et placé les premiers bacs anti-chars avec de l’herboristerie à oignon pour la magie et du blanc à bouquets en signe de ralliement.

Niala-Loisobleu – 22 Février 2022

JASMIN, LUPINS ET L’AUTRE ROSE-BLEU D’UNE FENÊTRE SUR LE NOIR


JASMIN, LUPINS ET L’AUTRE ROSE-BLEU D’UNE FENÊTRE SUR LE NOIR

Pauvre cul roide que le froid bâillonne à l’entrée de la sortie

le chat tuile les visiteurs, ce maux de passe, fait rougir la lanterne de l’apporte pute

Clandé de richards

Marthe, toi, parle-moi

tes fleurs sur le grand-pavois du jardin avec ta main dans mes cheveux et ton cerfeuil dans mes tomettes

je monterai le courrier aux locataires tout à l’heure avant que le 51 soit mis en co-propriété

Puis j’irai voir les dames des Tuileries qui font un piedestal aux moineaux , une opérette au Jardin de Verdure en croisant les cuisses pour nourrir les pigeons

Le grand-bassin de parturiente tient à flot les enfants

tant qui reste de l’aube pour la communion

L’âne les promènera dans sa petite-charrette jusqu’à Guignol

C’est transparent dedans de lait qui croque son goûter de rire sous les marronniers chauves du moment qui retiennent les feuilles de leurs marrons-dinde à picots

L’atelier répond aux questions qui ne se posent plus depuis l’indifférence

Ma sur le tapis-volant dans ma tenue préférée d’herbe aromatique, comme tapant du point soulevé au départ de construire affinité

J’allume le brasero pour la châtaigne en prenant la main de la chanson de rue d’un parolier venu de la lune par la marée

La mer est à portée, son sel dans mon sac d’utopie, que le fade ne s’en prenne pas à mes couleurs

Chante que ça gêne les sécheresses utérines.de l’abstinence.

Niala-Loisobleu – 26 Novembre 2021

LEO FERRE – LOVE


LEO FERRE – LOVE

Cette parole
Que j’attendais sans te connaître
Que j’accrochais à ma fenêtre
Qui traînait pas dans les affaires
Des gens qui me faisaient la guerre
Cette parole
Qui met dans mon vocabulaire
De quoi t’apprendre les manières
Cette parole

Love… Love… Love… Love

Cette parole
Qui traîne au nez des catastrophes
Qui vaut bien cent dix mille strophes
Qui te suffit quand je la chante
Qui coule en toi quand je t’enchante
Cette parole
Qui fait du vice la vertu
Qui met le pouvoir dans la rue
Cette parole

Love… Love… Love… Love

Cette parole
Que tu syllabes après la fête
Qui met la fête dans ta tête
Et puis ta tête dans la mienne
Et puis ma tête dans la tienne
Cette parole
Qui s’est barrée du dictionnaire
Où elle n’avait plus rien à faire
Cette parole

Love… Love… Love

{Parlé :}
Cette parole
Qui peuple notre solitude
Qui meurt au seuil de l’habitude
Qui se fait avant de se dire
Qu’on dit quand y a plus rien à dire
Cette parole
Qui fait les hommes fraternels
Qui sort les filles du bordel
Cette parole

Love… Love… Love… Love… Love… Love

Cette parole
Comme une arme contre l’offense
Comme un sourire du silence
Comme un passeur de l’autre monde
Comme un destin qui fait sa ronde
Cette parole
Comme la raison qui pâlit
Comme le prix de la folie
Cette parole

Love… Love… Love… Love… Love… Love

Cette parole
Comme une porte sur le large
Comme mon texte dans ta marge
Comme tes yeux dans mon ramage
Comme moi dans ton fuselage
Cette parole
Comme le salaire du rêve
Et comme le pavé qui lève
Cette parole

Love… Love… Love… Love… Love

DES CAILLOUX DE MA POCHE 11


Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img-6624.jpg

DES CAILLOUX

DE

MA POCHE 11

Les yeux à la rive tropicale se jettent à l’eau dans une tenue de minuit sans que le mail ô trouve à y redire

Quelle mangrove borde le canal où les palétuviers chantent

Bord de Seine

Acte 1

Nous entrons à la Samaritaine border le lit du fleuve qu’un bateau-mouche amène à quai

Louvre y es-tu ?

En douve

Le pont-levis hisse les bras coucou me voilà

Là où il y avait Balthazar j’hisse mon pavillon pour porter Marthe faire sa course

Puis du genou je pousse la porte du Pied-de-Cochon

Acte 2

Une pire amide s’est posé aux guichets, viens-t-en que je t’emmène à Malaquais du côté des Beaux-Arts que je te peigne, toi mon beau modèle

Acte 3

Voilà le Pont-Neuf, on peut descendre par la rue du Bac à ma chambre.

Niala-Loisobleu – 19 Octobre 2021

DES CAILLOUX DE MA POCHE 10


Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img-6624.jpg

DES CAILLOUX

DE

MA POCHE 10

Sur un départ du quai de la transhumance tu es venue à la proue en figure

Ah tite Annic est dégommée

Le genou posé à la chapelle de Camaret a publié sans rien garder afin de sortir la rumeur par la trompe d’Eustache

Qui mieux que toi pourrait savoir la vibration des cordes vocales ?

Au galop du cheval le chien a rejoint l’hennissement de la criée d’un retour de pêche

Chanter et ne plus rien faire que s’ouvrir l’aqueux qui fait le boeuf des percussions au débouché du cuivre

Bleu du blues

Sur l’élévation cathare nous avions gardé du feu autre chose que la rage destructive des comtes de Toulouse

Autan Occitan ça te dit plus que quelque chose

Disons twoo et rein d’autre

L’enfant sait lui ce que la vie donne

M’aime sans pouvoir de parole

Ainsi font les marionnettes qui s’expriment du beau avec sa ficelle et non du masque de car naval opérator

Je suis de tes voyages l’oiseau qui fait tchou-tchou.

Niala-Loisobleu

18 Octobre 2021

« Aux Murs » de Nora Gaspard


Photo Niala « La clématite Barbara »

« Aux Murs » de Nora Gaspard

Tu es là. Tu es toujours là. Je regarde par la fenêtre, et l’eau me raconte toi. Comment tu glisses sur ma peau, les nuits d’étoiles, comment tu rêves et tu oublies, comment le ciel te rend si belle quand il fait nuit.

Tu coules dans mes veines. Tu berces mes nuits. Tu es la maman, caressante au petit matin, et la putain magnifique que je piétine en tous sens, quand je glisse dans tes plis, marquant ton corps de la pointe du talon, insatiable et violente.

Et de s’étreindre sous tes yeux, indécents amants qui provoquent terre entière, entre tes artères mes soubresauts. Et tu regardes, humide, écartelée, silencieuse, ces corps enchevêtrés sous tes violons enflammés, ces élans de passion, ces jouissances écarlates sous la lune indécise. Claquent les peaux nues, entends-tu ? Claquent et rougissent, les joues, les lèvres, les sexes, parfumés de baisers volés.  Lorsque le violon de l’amant court entre mes cuisses, l’archet de chair, la note ultime, quand frappe le marteau sur le do fragile, que mes reins s’échauffent du manque, tu frissonnes aussi. Quand le plaisir approche, gronde au ras du sol, quand la louve souffle et gémit, tu trembles toi aussi. Et que l’homme approche, et que son sexe velours rampe entre mes cuisses moites, quand la vieille maison soudain fricote avec l’envie, tu respires plus vite, tu exhales la terre et mille vies.

Pourtant, tu, sais, je t’aime.  Laisse-moi couler dans tes rivières, être l’oiseau de la fontaine, le bateau infidèle, la femme qui revient toujours dans ton lit. J’aime tes reflets gris et tes gazons maudits. Ma ville, ce soir, vit l’épilepsie des soirs d’ivresse, de doigts humides en sexe d’eau.

Nora Gaspard