INDELEBILE MARELLE (REPRISE)


1203- enfants jouant ˆ la marelle dans la rue - Paris 1960
©Photo BLONCOURT
ROBERT DOISNEAU

INDELEBILE MARELLE (REPRISE)

Trépidantes ondulations

Un plat manifeste

Des fumets sont aux barreaux de l’échelle

Coq au vain

Le saucier d’Hermès a pas de grumeaux dans les nouvelles

J’aime l’an vert

Ce dos qui boude le décor

Effronté

Comme un parvis qui demande l’entrée

A la porte basse de l’humilité

Un mauvais élève fait l’Anne aux tours

Il ne veut plus qu’on lui parle de la petite graine

Des choux des roses des papas dans la maman

L’odeur de ton pied Amour colle à mon godillot

T’es en corps en lacet aux semelles du vent

Du talon au petit orteil tu me marques la voix mieux qu’un bide ben d’homme

J’entends de loin résonner

ton coeur de Terre au Ciel

A l’indélébile craie de marelle de ton nom

Niala-Loisobleu – 30/09/18

L’ENTAME


L’ENTAME

Coin de rue qui soulève au-dessus du genou l’écartement de jambes si grand que l’horizon dépassé montre le bout encore non vu

Les couleurs sont d’origine et à la même heur au poignet le quai vient se ranger à l’affichage d’un autre départ

Ce Pont-Neuf je l’aurais toujours préféré à dans la traversée à pied (en reconnaissant que sans pigeon à l’arrivée il y aurait eu un lézard dans le triporteur.) On ne peut supprimer les difficultés de la langue-française. Les pochettes-surprise ne sauraient pas ne pas mentir. Pourtant à première vue c’est toujours pour toujours que la vie engage la durée

en ajoutant « SUIVANT LE CAS »dans l’alinéa en toutes peites lettres

L’étendue des variantes est illimitée

Me reste le même attachement au fond qui fait la base du bâtiment. Le concept de vitesse n’ayant aucun intérêt, profiler la coque pour gagner je m’en fous. Je choisis le battement du coeur au lieu de celui des jambes, c’est plus vrai

Tenir la tige entre ses doigts sans l’avoir coupée ouvre un autre ressenti que celui du débottage de bouquet pour mise la mise en vase. T’aimer sur la table entre les repas ou pendant est de l’art d’aimer sans priorité laissée à l’ornementation

Les règles de soumission privent de l’extrême approche du sens initial

Je resterai primitif avant tout

La civilisation rabote la moindre cellule qui pointe du ventre. On voit comme ça tourne mal pour la morale. Le principe et son usine à tabous interdit jusqu’à l’herbe pour marcher, n’hésitant pas à ficeler le tabernacle en parlant de bien-être

Dans une humidité qui développe ses méfaits ne voit-on pas que la sécheresse est la cause ?

Au bout de mes pinceaux , l’idée-même d’une soie de porc qui s’élève dans le lisier est incompatible avec l’enfant que je suis en train de mettre au monde

. Il lui faut le jeu de la martre pour ne pas l’isoler du rayon vers.

Niala-Loisobleu – 14 Novembre 2021

ACTES DE CRAIE


ACTES DE CRAIE

Voyant ceux qui dépassent

leur chaise

Disproportionnés

Ils tirèrent de la craie du mur pour écrire leur enfance

Cette taille qui donne à la vie le gabarit pour le passage sans racler.

Niala-Loisobleu 10 Novembre 2021

Les cris d’écoliers dans les cours (Lucien Massion / Philippe Bizais) Jacques Bertin


Les cris d’écoliers dans les cours 

(Lucien Massion / Philippe Bizais) 

Jacques Bertin


 

Les cris d’écoliers dans les cours
La pierre blanche au carrefour
Ce signe tracé dans le sable
L’étoile posée sur la table
Ce regard dans la foule hostile
Ce jardin doux des trèfles tendres
Ce printemps du mois de novembre
Cet été dans l’hiver civil
Femme inconnue aux cent visages
Mystérieux livre d’image
Le vol au loin des grands oiseaux
Le chant glissant sur les roseaux
La nuit toute mouillée de roses
La soie des matins vénéneux
Ces îles blanches dans mes yeux
Et ce printemps des ecchymoses
Le soleil dans les rues barrées
Et la rhapsodie des marées
Ma part de pain ma part de rêve
Ce point d’aube au bord de ma lèvre
Femme inconnue aux cent visages
Mystérieux livre d’image
Le vol au loin des grands oiseaux
Le chant glissant sur les roseaux

EN BROUILLON


EN BROUILLON

Romancero Gitano

des dents blanches de cet enfant surgit le contenu des vols à la tire

En frappant le sol de sa canne la cérémonie intensifie la différence

au vif des mains calleuses sortent les côtelés du velours de la caresse

en une pierre comme en sang

Entre la glace et le creux de la paume gigote un frisson jeté à la corbeille

Lorca me tient cloué par six cordes par l’accent d’une balle au mur.

Niala-Loisobleu – 8 Novembre 2021

GARE DES PARTS


GARE DES PARTS

Entre deux chaises

le ciel fourni par la Suisse reste neutre

pas question de troubler l’orgue établi

On a gardé les enfants de choeur à l’office

pour éplucher la soupe populaire

l’homme porte le chapeau

comme ça le symbole reste sauf

Aucune femme proteste en affichant ses seins

l’inégal reste planqué quelque part.

Niala-Loisobleu –

7 Novembre 2021

FOUCADE


FOUCADE

Cette heure où l’herbe debout depuis longtemps, se dresse pour ne rien rater de l’aire du tant

en corps chiffonnée des traces laissées

Le sable est ondulé

comme les planches aux reins de mon étrave

Mon bateau de papier

avoir des teintures d’iode

est vert orangeraies, rouge citronnades, cassis dos d’âne

Aux joints des goudrons les fumées toussent des asphaltes

ongles jaunis au bout du mégot d’enfance où je rallume la prochaine

les emplois du temps perdu

sales d’attentes

Mes mains bretellent ta poitrine ô bon jour sans besoin de connaître l’heure

un marchand de peaux de lapins au milieu des ruts

a pris les terres incultes pour jouir sa semence dedans

Laissant aux cordes des amarres la clef du large

Au bout de l’île

les phoques claquent des dents en morse

une chanson de marins pour les dauphins

A mi-jambes

ta robe blanche flux et reflux cette traversée bleue de tous ses embruns

dans les jardins suspendus des cerfs-volants

où migrent les cigognes cheminées par l’évent d’Est

cap à l’Ouest, soleil touchant

Jonas à la barre. en quête de Gare du Nord

Niala-Loisobleu –

6 Novembre 2021

Les cris d’écoliers dans les cours (Lucien Massion / Philippe Bizais)- Jacques Bertin


Photo de Robert Doisneau

Les cris d’écoliers dans les cours (Lucien Massion / Philippe Bizais)- Jacques Bertin

Les cris d’écoliers dans les cours
La pierre blanche au carrefour
Ce signe tracé dans le sable
L’étoile posée sur la table

Ce regard dans la foule hostile
Ce jardin doux des trèfles tendres
Ce printemps du mois de novembre
Cet été dans l’hiver civil

Femme inconnue aux cent visages
Mystérieux livre d’image
Le vol au loin des grands oiseaux
Le chant glissant sur les roseaux

La nuit toute mouillée de roses
La soie des matins vénéneux
Ces îles blanches dans mes yeux
Et ce printemps des ecchymoses

Le soleil dans les rues barrées
Et la rhapsodie des marées
Ma part de pain ma part de rêve
Ce point d’aube au bord de ma lèvre

Femme inconnue aux cent visages
Mystérieux livre d’image
Le vol au loin des grands oiseaux
Le chant glissant sur les roseaux

Septembre 2016
Prologue à Dans la vitre de l’aube, recueil de Lucien Massion
C’est beau, ce qu’il fait, Lucien…

On s’était croisés à Nantes, en 1977. Mais on s’est vraiment connus « à la Sainte-Baume », quelques années plus tard. Fondées par Pierre-Georges Farrugia, ces Rencontres de La Sainte-Baume furent pendant une dizaine d’années un extraordinaire consistoire, congrès, colloque, pot de confiture de l’amitié. Dans cet ancien monastère dominicain du Var, chaque été, 120 enthousiastes passaient dix jours à écouter, apprendre, travailler la chanson. La Chanson. Nous en fûmes tous deux ; lui, comme stagiaire ; moi, comme animateur.

C’était un Nantais. Fervent, discret, intègre. Il fut chanteur – avec Philippe Bizais, un Nantais comme lui, qui mettait ses textes en musique et l’accompagnait au piano. Il publia un disque (L’ombilic, 1987), enregistré dans un des meilleurs studios de la capitale et orchestré par Michel Devy, briscard talentueux de la profession. Il eut pour parrains quelques-uns des grands de la Chanson Française.

Puis et mais, on regretta qu’il arrêtât…

Aujourd’hui, il se décide à publier. Pas trop tôt ! C’est beau, ce qu’il fait, Lucien. Il est loin des modes de la poésie française « contemporaine » (l’officielle, que personne ne lit) ; tant mieux. Lui, c’est le vers qui chante, l’urgence des sentiments à dire, le désir de fraternité.

Voyez comme ces textes sont utilitaires : dédiés à celui-ci, à celui-là, des proches, des amis, des silhouettes dans le grand beau paysage de l’amitié… Juste de la poésie utile. De celle qu’on aime.
 
Jacques Bertin
Ce livre est disponible à la Librairie Mollat
Janvier 2012 Philippe Bizais 
Notre ami Philippe Bizais est décédé le 23 décembre 2011, à Nantes, à l’âge de 57 ans.Pianiste et compositeur (notamment de chansons avec Lucien Massion, pour le disque l’Ombilic, en 1987), il avait été l’accompagnateur de Gilles Servat, ainsi que du duo Hélène et Jean-François ; il avait participé activement jadis aux rencontres de la Sainte-Baume ; il accompagnait l’atelier d’interprétation de Jacques Bertin depuis le début, en 2005.Notre affection lui fait une bonne place dans notre mémoire
.Jacques Bertin

CE MATIN


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CE MATIN

C’est un moment à faire

en regard du bon côté

se dit Ernesto

je vais pu à l’école…

Niala-Loisobleu – 02/05/19

MI-Ô PIS


MI-Ô PIS

« Quoi de plus agréable pour les aînés que la poussée de fiers arbustes qui leur feront sur leur vieux jours un peu d’ombre ? La jeunesse est tout ce que nous fûmes, qu’elle nous affectionne ou qu’elle nous déteste. C’est bien cela, la grande randonnée ! »

René Char

(Correspondance avec Jean Ballard, 1935-1970)

De ces pas trop courts, restent à l’étendue les traces d’une suite, d’abord griffonnée de nappes en nappes des bistros où des santés se sont répétées dans l’entrechoquement des vers.

A la nôtre, à le tienne vaut mieux que courir…

Tiens je ne te touche pas que des dits doigts, ne crains que je te paume

je ne joue pas

m’aime quand je jongle avec tes seins

en équilibre sur leurs pointes

je vois clair

La couleur de la pensée en trois D…

Des deux je n’ai jamais été celui qui a ignoré l’Autre

Je les ai t’été sans relâche et sortis de ton corsage m’aime quand il dort dans sa cage.

Niala-Loisobleu – 18 Mars 2017

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