INSPIRATION


INSPIRATION

La noria des narines puise dans l’âne le chemin circulaire en son Centre autour de sa figue

Allo est-ce ?

Par le portail de l’hacienda la planche courbe balance plus de fruits que de saisons emportent

Le chien voit des tomates dans son sommeil de bas de portes

Moi je trempe ma main gauche dans le bac du jardin posé en marmite sur l’herbe folle

-Hallucinai-je ?

-Non

L’âne a bien vu la carotte parmi le céleri et les poireaux

il renifle deux fois plus vite, je déborde, inondant le taire d’un coup de bleu au couteau…

Niala-Loisobleu – 23 Mars 2022

Grès rouges


Grès rouges

Sur la ligne en corps frissonnante, chaudes apparences verticales, l’amour incise son pétroglyphe

conclusion érotique d’un voyage dans l’ocre rouge transversale

Le burin a des cris de femme qui s’offre à la fente de la main d’homme

Sur le sec de roche la rivière installe la blancheur d’ibis de garde

Puis au coude de la veine bleue passe l’anneau brun au doigt de l’hymen

au bout de la pirogue creusée dans l’arbre, l’arc-en-ciel se couche sur la palette en pressions régulières

On n’éteint pas le trottoir tenu à l’ombre dans sa guerre

on le tourne plein soleil pour qu’il garde dans ses ongles l’image éternelle de l’arme nue clef-aire à sortir des ruines.

Niala-Loisobleu – 23 Mars 2022

TENIR LE FOND DE LA COUR EN JARDINIERE


TENIR LE FOND DE LA COUR EN JARDINIERE

Journal replié je t’ai assise de manière à ce que tu entendes mes genoux te dire tout ce qu’ils ne plient pas au premier signe

Ta gueule de fond d’atelier contient une si longue histoire que je ne passe plus par l’Observatoire pour avoir les nouvelles. La tienne du bout des pieds à la poignée des hanches c’est mes fortifs, cet endroit où je jouais au ballon en tapant dans une gamelle. La roue à aubes y tient prête son fil d’eau. J’ai toujours appris dehors ce qui manque à l’école en matière d’humanité. Alors que j’étais au bord de la Seine, les Tuileries cuisaient cette sorte d’argile dont on commence par voir du sauvage sortir du Cabinet de Curiosités des coins non habités Très précoce j’ai atteint l’orée par où on sort. J’ai jamais refusé d’être instruit par l’odeur que le mystère propose à ceux qui ne posent pas de questions à côté. Le premier nichon qui m’ait sauté dessus , loin de me faire peur, m’a rassuré. Ce qui fait que j’ai la certitude d’avoir jamais été sevré. La musique porte plus loin que la voix, tais-toi et lève un bras après l’autre que je colle mon oreille aux conques d’aisselles. Je trouve que les hordes qui en dévalent emmènent autrement plus haut que la promesse d’une vente au Diable. Je garde pour preuve de passage tout ce que je ne laisserai pas à mes enfants faute d’avoir donné sans attendre de retour aux vents bien aspectés. Les autres c’est le pourboire obligé. J’ai commencé à peindre ce fond de cour qui garde en lisière son fond d’avant le feu quand l’eau a tenté de mettre en place la vérité sans y parvenir. C’est sensuel plus qu’un bout de corne de rhinocéros, mais ça tient du fauve.

Niala-Loisobleu – 7 Mars 2022

APHRODITE SE MONTRE


APHRODITE SE MONTRE

Dans l’air pesant de sens étouffés, l’entrée du chemin d’aimer ne peut rester obstruée

Ouvrant la grange à deux battants, Aphrodite sort le char à banc avant qu’il ne brûle

Il est attelé à la marée montante

La mer jaillit dans une vague de poitrine qui passe toutes les digues

Le cosaque risque de se faire sabrer au cours de l’assaut du cortège qui renverse l’interdit

Non au droit de cuissage auto-proclamé

Niet à l’abstinence libérale !

On déblaie les décombres de la suite nuptiale, la tentative d’encerclement est contre-nature

Niet à l’abstinence libérale !

Niala-Loisobleu – 5 Mars 2022

MES MAINS EFFLEURENT TON SOURIRE


MES MAINS EFFLEURENT TON SOURIRE

Aux jonctions de l’herbe sauvage
Et du « forget-me-not »
Se tient une promesse
A conquérir …

J’applique le savoir de mon amour
Laissant vivre la fleur –
Secouant l’arbre
Pour ramasser
Ses fruits
Que j’ajouterai aux tiens

Les mains rougies par leur suc
Je les laverai sur
Tes lèvres …

C’est toi sur ce chemin
Toi dans la jachère
Et je ne t’oublie
Même si je ne
Te cueille pas

Au loin la lune prépare les étoiles
Sur la cime de mon
Orgueil
C’est toi la chair de la promesse
Qui les accueille

Pour toi la rougeur du soir
En une double maraude :
Celle sur le seuil
D’une montagne
Avec celle
Sur le seuil de ton pays !

Jusqu’au-delà de la mer :
C’est toi ma cime
D’orgueil

Sur tes lèvres :
L’herbe folle des oasis
Où tu siffles la source
Délicate …

Mais je n’achèverai pas ton nom
Avec les rutilances
D’un poème
Mes mots traîneront sur
Ta peau solaire …

Peut-être glisseront-ils
De tes yeux d’océan
A ton ventre pétri
D’écume de
Sable

Et la paume sensible de tes mains
Recueillerait la respiration
De mon sourire
Et
Tu la porterais à ton cœur
Comme pour ta
Nouvelle
Jeunesse

Tous les fruits se confondront
Dans la corbeille de fleurs
Que le « Forget-me-not »
Rehaussera sur
Ta tête
Comme au royaume de tes pensées

Mais je ne t’épuiserai pas …
Si ton hasard de reine
Rejoint celui de
Tant de mes bénédictions pour toi

Délicatesse de ta patience
Qui ouvre à une bienveillance
Pour celui qui veut poser
Ses genoux à
Tes pieds asséchés
Au sel du
Désert …

J’entends et je vois sur tes pas
La danse du travail et
Des jours
Que les enfants suivent
En battant le rythme
De ta voix
Qui les baigne d’Humanité

La bienveillance grandit la délicatesse
A la fenêtre d’où s’exhalent
Les parfums de ton grand
Monde généreux

Délicate ! Est-ce ta beauté
En ton grand jardin
Laissant affleurer
Ces fruits de
La nouveauté ?
Je m’y confie
Pour surpasser tout champ d’herbes folles
Et y dégager un sens
Au monde

Au creux de ton pays :
Ton chemin où se croisent
Tant de richesses –
Borde les secrets
D’un continent
Tu les prends
Et les garde
Loin de toute finitude –
Là avec la si délicate énigme
Où tu ranges ton histoire
Si fidèle au souvenir
Où ta liberté
A depuis longtemps
Posé sa trace.

Alain Minod

LAISSE VENIR L’EPINE A LA ROSE


LAISSE VENIR L’EPINE A LA ROSE

Par la tige qui mène au pastel , à l’écart des ténèbres déversés au hasard de la haine, laisse la rime métaphysique se frayer le contraire de l’infondée désolation

Rien n’a autant de ressemblance avec la fausse-identité que la fable du loup allant à la fontaine abuser la grand-mère

Je vois si bien la cruauté de la réalité au travers de la fumée des bombes que mes plaies ouvertes se désinfectent et se pansent de poésie

Chercher au trèfle la quatrième feuille chanceuse, n’a rien de l’effet que produit la ruine redressée en point d’appui pour le sniper

De l’au-delà d’une guerre civile la mémoire de brigade internationale fait phénix

Le filet odorant que tu as fait passer ce matin montre au point de croire que l’amour trempe toujours sa flamme dans son huile.

De là à voir Stalingrad revenir au pouls des soldats russes il se pourrait qu’un Poutine puisse y trouver châtiment.

Niala-Loisobleu – 3 Mars 2022

Michèle Bernard


Michèle Bernard

« Ma fragile, ma fragile, ma copine »

Comment écrire simplement quelques mots sur Michèle Bernard, quand on l’aime autant, et qu’on la sait si fragile.
Quand on a reçu le choc consolateur parmi les forêts pluvieuses des jours, de ces « petits cailloux verts de la Durance », chanson élémentaire de tout le désarroi et de la tendresse du monde, on ose à peine parler de cette grande sœur si proche de nous.

Et puis la grande présence de son absence, les quelques nouvelles éparses jusqu’à la lumineuse invite « Quand vous me rendrez visite ». Auteur, compositeur, interprète et accordéoniste, Michèle Bernard est aussi comédienne. Chanteuse depuis 1978 elle a humblement tenté de remplir les nuits noires avec plein de monde.

Parfois le découragement aussi et ses longs silences (depuis 1992 !), et nous étions orphelins de ses douces révoltes de cette envie inconnue. Puis en mars 1997, au café de la Danse, un nouveau spectacle soutenu par Anne Sylvestre est venu comme une pluie heureuse nous rappeler l’étrange douceur, l’étrange réalité de sa voix d’absinthe.
Maintenant l’on sait qu’il existe une boule de tendresse et de houle nommée Michèle Bernard. Son écriture est comme elle pugnace et profonde.
 » Dans une année, je n’écris peut-être que quelques semaines. Mais j’y pense tous les jours. Comme un hamster, je stocke ce qui m’émeut. Je note tout sur un carnet et, au moment d’écrire, toutes ces impressions, toutes ces anecdotes ressurgissent. « 
Belles sont les provisions de Michèle.

Funambule entre le léger et le grave, entre le réaliste et le rêve fou, Michèle Bernard nous revient de façon inespérée, plus belle encore que dans nos souvenirs. Avec son accordéon, ses mots gris-gris elle « revient de si loin derrière son visage », dans le sang de ses mots et toute l’angoisse de l’avoir perdue s’évapore.
Quand « il devient trop étroit de vivre » il faut écouter Michèle Bernard. Drapeau qui bat et qui claque encore au vent des espérances. Mots de rage, mots de velours Michèle trace avec son accordéon un chemin d’humanité.

 » Rien qu’une chanson qui t’fait du bien/Mais tout entière, couplet refrain… « 

Michèle Bernard chante encore et la fête viendra. Elle et son piano du pauvre, son accordéon comme une offense au goût des riches, elle semble cette chanteuse populaire qui chantait dans nos cours. Et quelque monnaie tombait parfois de fenêtres vite refermées.
Bien sûr elle sait encore le goût aigre du monde décalé, où tout se déglingue lentement, où l’on rate son train, où l’amour est en retard. Mais même si chacun est dans son désert, Michèle Bernard par la beauté de ses chansons (des « rêves réverbères »!) apporte de l’espoir à la volée, de la rosée sur les trous de la terre.

Elle a pour voisins de palier tous les opprimés de la Terre, surtout sa chère Louise Michel celle qui est L’oiseau noir du champ fauve. Elle chante les chansons que Louise n’a pas eu le temps de nous dire, fauchée non pas par la mitraille, mais par le bagne infâme de la Nouvelle-Calédonie, et par la maladie enfin à Paris.
 » Dans une époque désemparée et désenchantée, j’ai eu envie de réécouter la petite musique de ce personnage austère et fascinant qui a « jeté son cœur à la Révolution » alors qu’elle se rêvait poète et musicienne. »

La vierge rouge reprenait ses airs grâce à un tout petit bout de femme, qui est mille barricades contre la bêtise à elle seule. Quand Michèle Bernard s’avance sur scène c’est toutes les femmes libres et combattantes qui l’accompagnent. Tous les visages anonymes, ceux des petites vies des ouvriers sont sous ses fenêtres. Elle les aime et elle les chante avec sa tendresse solidaire, son ironie douce. Du haut de ses trois pommes qui font sa taille elle porte loin très loin. Son visage d’enfant soit en colère et rage, soit entre tendresse et larmes est illumination.

Elle a « au cœur une plaie ouverte », et demeure pourtant une messagère d’utopie et d’espérance.
Petit bout de femme obstinée, ouvrière des mots quotidiens, elle est joie simple dans les clairs-obscurs. Elle est aussi la voix de la colère qui monte des faubourgs du monde contre les nantis repus. Elle reprend haut et fort les cris de la  » Vierge rouge, la Bonne Louise »
Douce et sauvage, femme et lumière, voilà plus de vingt ans que Michèle Bernard a le dur désir de durer. Sa voix vibrante s’appuie sur la poésie des rues et des brins d’herbe, des amis trop lointains et des douleurs trop proches.

Michèle Bernard croit à la puissance de la vie, à la fraternité des rencontres. Ces mots si justes, tendres ou amers frappent en plein cœur en donnant du sens à nos journées. Le « Temps des cerises » reviendra avant le dernier soupir de ton accordéon. Tes amis tous les opprimés le chantonnent derrière toi. Ils nous disent de nous rappeler ce temps si proche où tant n’étaient que « chair à pavé, chair à travail, chair à patron, chair à trottoir, chair à prison, chair à scalpel pour les savants, chair à fusils pour tous les va-t-en-guerre. »

Michèle Bernard s’est trouvé un territoire dans le chant et une tanière dans la géographie dans un petit village à une heure de Lyon, un village dans le parc du Pilât au sud de Lyon, Saint-Julien-Molin-Molette.
« En pleine campagne, c’est un village d’anciennes usines. Je vis dans une ancienne fabrique textile. Pour moi qui suis très sensible à la chanson populaire, au thème du travail ouvrier et des luttes, c’est un lieu qui m’inspire. J’y ai aménagé ma tanière. « 

Campée dans la fraternité elle revient nous le dire.
Te revoilà de retour, Michèle, ton absence a été lourde pour nous, mais voici enfin « l’enfant émerveillée, la vieille conteuse ridée, la femme amoureuse, la croqueuse cruelle »

Au coin de toutes nos rues, elle chante avec son accordéon, et toutes nos rues intérieures sont plus belles. Plus sereine, plus dans le vif de la vie :
« J’ai moins peur de la douceur et du silence. Je me sens moins comme un bazooka. »

On boit à sa tendresse, on boit à sa lucidité.

Et tout sera simplement comme dans cette autre vie, tu viendras.
« Ma fragile, ma fragile, ma copine ».

Gil Pressnitzer

Textes de Michèle Bernard

Les petits cailloux

Au fond de la Durance
y a des ptits cailloux verts
tach’tès de gris
à c’qu’on dit
on n’ en trouve que là-bas
de ces p’tits cailloux vert-là.

C’est tard les chiens vont s’endormir
pleins de grognements, de soupirs
après la chasse, après la fête
des rêves de chiens pleins la tête

Et mai je suis comme une pierre
au fond du lit ma rivière
ventre en l’air je n’sens plus mon corps
j’dérive avec les poissons morts

Tu m’as dit un jour
que le ventre de ta mère
sur son lit de mort
était lisse et doux
comme un ventre de petite fille

Offert a la mort
toute douleur effacée
et pourtant tu pleures
ce ventre que la mort seule
t’a permis de découvrir

J’peux pas dormir, ça tourbillonne
maint’nant j’ai peur du téléphone
corne de brume des mal-aimés
j’voudrais pas qu’tu t’mettes à sonner

J’suis cailloux au fond d’une rivière
qu’est pas notée dans l’annuaire
j ai fait vingt-mille lieues en silence
et les mots n’ont plus d’importance

Couchée sur une civière
je suis une vieille femme qui va mourir
deux hommes m’emmènent
indifférents derrière leur sourire

Ils me soulèvent
un peu au-dessus de la terre
balancement très doux
entre la mémoire et l’oubli

je pars pour une sieste infinie
Un voisin ronfle au-d’sus de ma tête
j’écoute monter la tempête
c’est un homme très distingué
qui m’salue pas dans l’escalier

J’imagine sa main posée
en signe de propriété
sur le sein d’une femme endormie
ça m’rend morose au fond d’mon lit

Oh j’aimerais bien
que tu me balances très fort
contre la vitrine
du magasin de porcelaine
ça f’rait chanter la sirène

J’f’rais un peu d’ remue-ménage
dans les listes de mariage
ménage et vaisselle brisés
j’aim’rais bien être un pavé
dans cette mare d’médiocrité

J’entends plus mon cœur c’est la fin
non c’est l’réveil qui marche pas bien
demain j’le porte a réparer
mais ’crois bien qu’son heure a sonné

J’vais m’endormir jusqu’à demain
mais c’soir prends-moi dans l’creux d’ta main

j ’suis un p’tit caillou vert de la Durance
et je pèse mon poids d’espérance

Quand vous me rendrez visite

Quand vous me rendrez visite
Oh, n’arrivez pas trop vite
De votre pays si loin
S’il vous plait, quoiqu’il arrive
Mon ami de l’autre rive
Surtout prévenez moi bien
Annoncez votre venue
Il faut que je m’habitue
A l’idée de vous revoir
C’est si bon de reconnaître
L’écriture sur la lettre
Que l’on vient de recevoir
C’est si doux de la relire
De la respirer, de rire
En tournant dans la maison
Et s’asseoir soudain plus calme
Pour approcher de la flamme
Ses ailes de papillon
Je regarde la fenêtre
Où vous allez apparaître
J’y cogne comme un oiseau
Un bruit de pas qui approchent
Et soudain contre la cloche
Vos trois coups comme un cadeau
Tout cela que j’imagine
C’est un ruisseau qui chemine
Dans le désordre du coeur
Permettez que j’en profite
Après tout ira si vite
Quand viendront le jour et l’heure
S’il voue plaît quoi qu’il arrive
Mon ami de l’autre rive
Surtout prévenez-moi bien
Non, n’arrivez pas trop vite
Quand vous me rendrez visite
De votre pays si loin

La fête viendra

Soufflez les bougies croquez les gâteaux
La fête est finie et dans son cratère
Un volcan s’endort et dit à bientôt
Je reviens dans quelques années-lumière
Dans le ciel s’en vont cochons et chevaux
Ils ont laissé là leur trop vieux manège
Partir avec eux chausser leurs sabots
Oublier le sang tombé sur la neige
Quand revient la guerre on entend des cris
Et le long des routes on les voit qui marchent
Hommes affamés, loin du paradis
Enfants aux pieds nus, fleurs que l’on arrache
Quel espoir viendra cocher au hasard
Le calendrier près de la fenêtre
Où l’on voit des lunes et des saints bizarres
Des prénoms d’enfants qui vont bientôt naître
Soufflez les bougies croquez les gâteaux
La fête est finie et dans son cratère
Un volcan s’endort et dit à bientôt
Je reviens dans quelques années-lumière

Rêves réverbères

Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la misère
Les lend’mains qui chantent
Ont pris des coups
Dans leur vieux binious
Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la galère
Mon lit cette nuit
Un vieux carton
Une bouche d’égout
J’vends d’la lumière à la criée
Criez criez
Criez pour moi
Y’a d’ia poussière dans vos idées
Vos idéaux placés si haut
Qu’vous n’osez plus me regarder
Clodi-clodo
Marchand d’journaux
Le Père Noël est un vendu
Fait plus d’cadeaux
Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la colère
Les lend’mains qui chantent
Ont avalé Leurs bell’s dents de loup
Rêves rêves réverbères
Beaux enfant de la fourrière
Les mômes à Poulbot
Sont toujours là
Qui grattent leur poux
Je vends d’l’espoir à la volée
Volez volez
Envolez vous
Petits homm’s en trop dans l’décor
Même dehors on nous dit « dehors »
Fausses notes au milieu du Bal
Clodi clodo
Marchand d’journaux
L’av’nir ça m’fait
Un drôle d’effet
Où j’vais aller?
Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la misère
Les mômes à Poulbot
Sont toujours là
Qui grattent leur poux
Rêves rêves réverbères
Beaux enfants de la galère
Mon lit cette nuit
Un vieux carton

Une bouche d’égout

Une fois qu’on s’est tout dit

Une fois qu’on s’est tout dit
Tout crié
Qu’on pleure assis au bord du lit
Tout miné, les yeux bouffis
Le nez bouché
Comme la trompette
De Chet
Baker
Le cœur
En miettes
Qu’est-ce qu’on fait ?
On s’jette ?
Non, on va boire un verre
A la santé
De l’amour qui s’était
Un instant
Absenté

Discographie

* Le nez en l’air (2006)
* L’oiseau noir du champ fauve (2004)
* Une fois qu’on s’est tout dit (2002)
* Ses premiers vinyls (2002)
* Voler…(1999)
* Quand vous me rendrez visite 1997
* Nomade (1997)
* Des nuits noires de monde (1992 )
* « Lala et le cirque du vent », (1993) avec Anne Sylvestre
* En Public (1988 )
* Bar du grand désir (1982)
* Paroles & Musique No 14 (1980)
* Le kiosque (1978)

Source: Esprits-Nomades

SUR UNE NUIT SANS ORNEMENT PAR RENE CHAR


SUR UNE NUIT SANS ORNEMENT PAR RENE CHAR

Regarder la nuit battue à mort; continuer à nous suffire en elle.

Dans la nuit, le poète, le drame et la nature ne font qu’un, mais en montée et s’aspirant.

La nuit porte nourriture, le soleil affine la partie nourrie.

Dans la nuit se tiennent nos apprentissages en état de servir à d’autres, après nous. Fertile est la fraîcheur de cette gardienne!

L’infini attaque mais un nuage sauve.

La nuit s’affilie à n’importe quelle instance de la vie disposée à finir en printemps, à voler par tempête.

La nuit se colore de rouille quand elle consent à nous entrouvrir les grilles de ses jardins.

Au regard de la nuit vivante, le rêve n’est parfois qu’un lichen spectral.

Il ne fallait pas embraser le cœur de la nuit. Il fallait que l’obscur fui maître où se cisèle la rosée du matin.

La nuit ne succède qu’à elle. Le beffroi solaire n’est qu’une tolérance intéressée de la nuit.

La reconduction de notre mystère, c’est la nuit qui en prend soin : la toilette des élus, c’est la nuit qui l’exécute.

La nuit déniaise notre passé d’homme, incline sa psyché devant le présent, met de l’indécision dans notre avenir.

Je m’emplirai d’une terre céleste.

Nuit plénière où le rêve malgracieux ne clignote plus, garde-moi vivant ce que j’aime.

René Char

BROUILLARD D’EFFETS CONTRAIRES


BROUILLARD D’EFFETS CONTRAIRES

L’étable d’orientation rumine

la désinformation cirque cule

A la radio un français vivant à Moscou dit que la vie en Russie ne laisse pas apparaître de changement. Le problème posé par Poutine laisse d’après lui la nation indifférente. On vit comme si de rien n’était en Ukraine. Et lui il se trouve bien là-bas sans aucune envie de rentrer en France

Quelques minutes plus tard le même journaliste interroge un jeune ukrainien de 22 ans vivant à Paris

-Comment vous quittez la France, vous partez vous engagez pour vous battre sur place contre l’armée russe ?

-Oui, c’est mon devoir.

-Vous n’avez pas peur de mourir ?

-Non, j’ai seulement peur de voir mon pays perdre son indépendance…

Terrifiant brouillard dans lequel il me semble seulement voir clairement la détermination diabolique du tsar. Ce fou furieux est prêt au pire et à moins de le supprimer quelle chance reste-t-il d’éviter l’extermination totale. Les mesures prises par les opposants sont bonnes mais en dysfonctionnement avec sa manière cosaque mégalo de faire. Il ne voit pas clair, l’idée fixe de toujours soumettre à ses vues par le jeu d’une certaine réussite pouvant l’aveugler jusqu’à une forme suicidaire où il jouirait de l’idée d’avoir gagné…

La base aérienne de Cognac devenant le haut-lieu de développement du drone, je forme le souhait totalement fou qu’on y fabrique celui qui partira éliminer le danger pour l’humanité

Manière de pouvoir garder mon optimisme…

Niala-Loisobleu – 28 Février 2022

CHANTAL JOFFE


Courtesy Kate Peters – Apollo Magazine

Chantal JOFFE

Née en 1969, elle vit et travaille à Londres.

Les peintures à l’huile de Chantal Joffe représentent souvent des femmes et des enfants dans des situations banales. Ses portraits de femmes pénètrent profondément dans la psyché, créant une atmosphère chargée d’émotion et de psychologie.

Joffe peint des autoportraits, ainsi que des portraits de sa fille, de ses amis et même de femmes anonymes retrouvés dans les pages de magazines de mode, offrant la même facture qu’il s’agisse de mannequins, de mères et d’enfants, d’êtres chers ou d’héroïnes littéraires. Ses portraits aux caractéristiques nuancées, à l’économie de traits souvent nerveux et aux perspectives déformées, illustrent ses modèles en tant que personnes réelles, de corps et d’âme, et permettent de percevoir leur présence spirituelle. La tension entre l’échelle de l’œuvre et l’intimité apparente de la scène présentée met en évidence des relations, des perceptions et des représentations complexes, implicites entre l’artiste et le sujet.

Diplômée du Royal College of Art, Chantal Joffe a présenté de nombreuses expositions personnelles dans son pays d’origine, le Royaume-Uni, ainsi qu’en Europe continentale et aux États-Unis. Ses œuvres font partie de plusieurs collections importantes, telles que le Metropolitan Museum of Art de New York, le Museum of Fine Arts de Boston, la Saatchi Collection de Londres, la Tate Collection et le Royal College of Art de Londres.

Victoria Miro (London, Venice)

Cheim & Read (New York)

D’UN TROTTOIR QUI ENTRE DANS LA COUR

La rue se promène à travers champs

A l’entrée de la scène l’étalagiste fait la vitrine

Derrière le tatoueur Max-le Ferrailleur se refaçonne de quoi t’accrocher en pendentif

Un bébé pleure dans l’escalier de service des IVG à côté d’une poupée de sons sans voie

Sans savoir où on va quelque chose de poignant insiste au milieu d’une banalité désespérante

La peinture de Chantal Joffe s’assoit à la table d’orientation pour regarder l’amer sans monter à bord

C’est drôle, enfin je me comprends, c’est fou comme l’EXPRESSION REALISTE ressemble à de l’entre-guerre et nom de d’yeux ce que c’est traversant la tripe comme de l’aqueux qui bande…

Niala-Loisobleu – 26 Février 2022