DEPUIS LES JARDINS D’ESTRAN


DEPUIS LES JARDINS D’ESTRAN

Rivages réunis, la coquille est profonde

depuis les sables clairs des mers du monde et les cailloux des Anglos-Normandes

souviens-toi mon Capitaine

comme on regardait loin du haut du belvédère de Victor-Hugo

L’exil nargue la vie à l’ombre du soleil sous ses couvercles de granit

Toi tu as choisi de laisser voguer tes cendres dans le terrain de jeu des anémones

Je te fais en corps face

au bord de mon tour de rejoindre le bleu du lin éternel

et le coq que je fais chanter au chevalet depuis ce matin se fait gardien du tant qui reste

Les nuits neuves ont des étoiles en buée sur leur voûte

les chiens en lèvent plus que la patte

tellement ça les inspirent de suivre les chaleurs qui sortent des canines femelles

C’est que la vie, l’amour

Ma main gauche persiste et signe, toujours le long du trottoir.

Niala-Loisobleu.

3 Janvier 2023