Jean Ferrat – Chanter


Jean Ferrat – Chanter

Chanter

Jean Ferrat

Ils m’adressent leurs chansonnettes avec au cœur un fol espoir
Comme si j’avais le pouvoir de faire d’eux une vedette
De notre métier à facettes, on ne leur montre évidemment
Que le bon côté des paillettes sous les projecteurs éclatants
On se couche quand ils se lèvent, le monde est beau et souriant
Et notre vie n’est plus qu’un rêve dans leurs têtes d’adolescents
L’argent l’amour les grands voyages, la gloire acquise à bon marché
Toute la panoplie d’usage que dément la réalité

Chanter, ce n’est pas ce qu’on vous proclame
Chanter, il faut s’y jeter à tue-tête
À bras le cœur, à fendre l’âme, avec un seul point au programme
Celui de n’être sûr de rien, celui de n’être sûr de rien

Avoir une santé de fer, de la chance avec le talent
Et cette faculté de faire un sourire en serrant les dents
En écoutant claquer les portes sous votre nez à deux battants
Penser le diable les emporte, croire en hiver à son printemps
Pour une vedette miracle, j’en ai tant vu depuis dix ans
Depuis vingt ans encore qui raclent leur guitare dans les beuglants
Leur vie passe par des lueurs d’espoir et de renoncement
On les voit marcher lentement, un ver qui leur ronge le cœur

Chanter, c’est parfois comme un mélodrame
Chanter ou face à face avec soi-même
On joue sa vie à qui perd gagne, avec le temps qui vous désarme
Chanter n’est pas faire semblant, chanter n’est pas faire semblant

Mais si ces propos vous irritent dans leur sombre réalité
Vous allez les jeter bien vite et n’en faire qu’à votre idée
Si vous sentez du fond de l’âme et du ventre jusqu’à vos mains
Brûler cette petite flamme contre laquelle on ne peut rien
Dans l’allégresse et la démence, vous partirez un beau matin
En suivant le chemin d’errance des saltimbanques musiciens
Que vous soit belle la bohême, que soit clément votre destin
Il faut vivre ce que l’on aime en payant le prix qui convient

Chanter comme on dirait je t’aime
Chanter en allant au bout de soi-même
Chanter comme on lance un sésame, face au public qui vous acclame
D’avoir le monde dans ses mains, d’avoir le monde dans ses mains.

MA FLEUR DU BIEN


MA FLEUR DU BIEN

Rien ne marque un rang d’orchestre

mais la place reste la plus chère autrement qu’en argent

Que le rideau fasse aux trois coups du gendarme

rentrer le soleil pour seul phare au devant du rire de la joie

pour que le flot te porte la tête hors de l’eau

« Tiens-bon mon FIls. »

Niala-Loisobleu – 15 Février 2022

JEAN FERRAT – L’EMBELLIE


JEAN FERRAT – L’EMBELLIE

Ecris quelque chose de joli
Des vers peut-être ou de la prose
Un instant de rêve et de pause
Dans le tumulte de la vie
Ecris quelque chose de joli
Quelques mots de bleu et de rose
Un moment de métamorphose
Que tu nommerais l’embellie

L’embellie l’embellie
L’embellie l’embellie

Verse un peu de joie dans nos cœurs
Avec des riens qui vous délivrent
Un peu d’espoir et de douceur
On en a tant besoin pour vivre

Ecris quelque chose de joli
L’odeur des lilas et des roses
Chante-nous la beauté des choses
Dans les yeux de l’homme ébloui
Ecris quelque chose de joli
L’aube entre nos bras qui repose
La seconde où lèvres mi-closes
Le plaisir vient comme la pluie

L’embellie l’embellie
L’embellie l’embellie

Ces mots à peine murmurés
Dans la tendresse qu’on devine
Baigné de musique angevine
Le temps sur nous s’est refermé

Je l’aurais voulu si joli
Ce poème en bleu et en rose
Cet instant de rêve et de pause
Dans le tumulte de la vie
Je l’aurais voulu si joli
Mon amour en qui tout repose

« LOVE MATIN » – NIALA 14.O2.2022 – ACRYLIQUE S/VERRE 40X50 ENCADRE 50X70


« LOVE MATIN »

NIALA 14.O2.2022

ACRYLIQUE S/VERRE 40X50

ENCADRE 50X70

A Patrice DENEFLE

Dans sa nuit le matin pas en corps né criait déjà

par un oiseau blanc messager en repoussant la vague scélérate de son regard debout

Les rugissants s’y sont trop acharnés, écrivit le peintre de sa main gauche, pour qu’avant de sombrer je puisse passer par le Cap d’Espérance toucher ma lanterne

Alors remontant du plus profond de leurs abysses vinrent à les fidèles anémones à la rescousse, reins cambrés

Pureté, innocence, sans naïveté, toutes amertumes quelque en soit la douleur, boutées hors, l’amour relia le cordon au fils que la mer avait rompu

L’arc-en-ciel d’un seul pont reliant de ses mains le temporel à l’intemporel par les seins de la Muse pour que l’amour règne

Niala-Loisobleu – 14 Février 2022