« INTERIORITE » (Le Peintre 5) – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/CONTRECOLLE S/ VERRE 40X50


NIALA

« INTERIORITE »

(Le Peintre 5)

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/CONTRECOLLE

S/VERRE 40X50

DE PORTE EN PORTE EMPORTER L’UNIVERS INFINI

Votre porte claque –
Vous êtes à l’extérieur :
Vous y êtes enfermés

Vous êtes à l’intérieur :
Pas de dommage…

La clef est votre chance
Mais de l’intérieur :
Nul besoin d’elle…

Ainsi les courants d’air
Appellent de l’extérieur : la clef
Il faut être prudent
Avec eux

Mais de l’intérieur : vous ouvrez..
Et c’est l’accueil ou
Avec la clef…
Vous sortez
Vers…Le grand monde

Il est une porte qui semble
Vous interdire les deux…
C’est celle de
La prison
Or le grand monde
Peut être dans
Les songes…
Nul besoin de clef…
Ainsi échappe-t-on à l’univers clos :
De l’intérieur des âmes
Par la porte des
Songes…

Qui prétend en découvrir la clef
Sans être à l’intérieur
S’en voit refuser
L’entrée
Il s’agit là d’ouvrir son désir
De toucher un fil dans un
Courant d’air…
Écrire cette fulgurance
Pour ouvrir un
Horizon

Et qui a déjà rêvé à la porte de l’horizon
Où la mer se confond avec le ciel
Où la mer est allée avec
Le soleil couchant –
Peut s’abandonner à un grand
Air fugace

Mais…Ah ! Passer les portes et les murs
Sans chercher à les ouvrir…
On ne le peut que
Comme Alice ou
Marcel Aymé
En inventant – réinventant
Un monde merveilleux
Qui est derrière
La clôture

La liberté va jusque dans les portes des villes…
Si elles sont ouvertes
On peut rentrer et
Accueillir ce
Qui pointe à
L’horizon…
Le jour pointe ou la nuit tombe
On entre au jour par
Des points d’azur
Rougeoyants ou
Par les nuées
On entre dans la nuit
Par l’horizon étoilé
Par les phares
Les réverbères ou les enseignes
Au bout d’une avenue

Mais – en aucun cas – on ne saurait ouvrir
Les portes du monde sans en faire
De même avec nos songes et
Sans nous donner
Un horizon

Et si le passé nous est fermé
Il faut entendre battre
Le cœur de
La mémoire avec nos désirs
Illimités…
Cela vaut pour toutes les portes
Si nous voulons les ouvrir
A nos amis et à
L’amour
Sinon nous les fermons
A tout partage et à
Toute fidélité

Et toujours s’enquérir des bruits et
Des voix du monde – implique
Qu’on se les remémore
Sinon on se lie
Aux chaînes
De l’oubli
De l’oubli
Sinon ce n’est que le travail
Pour lequel s’il ne
Nous plaît pas
On aimerait peut-être mieux
Rêver et désirer
Quitte à se calfeutrer chez soi
Comme en un cocon dont
On attendrait des
Métamorphoses

Ouvrir – fermer des portes
C’est encore le courant d’air des désirs
Qu’il faut peut-être
Laisser entrer
Dans l’instant d’une décision
Pour lâcher prise à
Notre plaisir…
La tristesse et l’angoisse nous guette
Et nous ne pensons plus
Ni à l’ouverture ni
A la fermeture ?…
Or la renaissance de nos êtres
Se fait dans le soin
Que nous accordons à l’accueil
Et au partage dans ce
Monde global
D’empires et de communautés fermées

Notre intériorité nous pousserait
A tout fermer que nous
Ne nous nous y
Reconnaîtrions plus
Sauf à lâcher prise
A tous courants
D’air
Vivifiants et salvateurs
Y passant au travers
Ainsi claquer
La porte au monde nous transforme
Nous-mêmes en
Courants d’air devant
L’univers infini !…

Alain Minod

AU HASARD D’ORAGE PAR ALAIN MINOD


PABLO PICASSO

AU HASARD D’ORAGE PAR ALAIN MINOD

Capharnaüm d’orage outrepassant clameurs
Giclades de rage sur cet auvent qui claque
Voile sur le ventre du boulevard qui pleure…
Boire aux voix dans l’entre bloquant pluie qui s’y plaque

Puis tout dans le hasard hors « feria » en TV
– L’orage qui la barre – on veille pour rêver
Au monde et s’y serrer après ces bruts éclairs
Pour marquer un arrêt et voir venir le clair.

Alain Minod

MES MAINS EFFLEURENT TON SOURIRE


MES MAINS EFFLEURENT TON SOURIRE

Aux jonctions de l’herbe sauvage
Et du « forget-me-not »
Se tient une promesse
A conquérir …

J’applique le savoir de mon amour
Laissant vivre la fleur –
Secouant l’arbre
Pour ramasser
Ses fruits
Que j’ajouterai aux tiens

Les mains rougies par leur suc
Je les laverai sur
Tes lèvres …

C’est toi sur ce chemin
Toi dans la jachère
Et je ne t’oublie
Même si je ne
Te cueille pas

Au loin la lune prépare les étoiles
Sur la cime de mon
Orgueil
C’est toi la chair de la promesse
Qui les accueille

Pour toi la rougeur du soir
En une double maraude :
Celle sur le seuil
D’une montagne
Avec celle
Sur le seuil de ton pays !

Jusqu’au-delà de la mer :
C’est toi ma cime
D’orgueil

Sur tes lèvres :
L’herbe folle des oasis
Où tu siffles la source
Délicate …

Mais je n’achèverai pas ton nom
Avec les rutilances
D’un poème
Mes mots traîneront sur
Ta peau solaire …

Peut-être glisseront-ils
De tes yeux d’océan
A ton ventre pétri
D’écume de
Sable

Et la paume sensible de tes mains
Recueillerait la respiration
De mon sourire
Et
Tu la porterais à ton cœur
Comme pour ta
Nouvelle
Jeunesse

Tous les fruits se confondront
Dans la corbeille de fleurs
Que le « Forget-me-not »
Rehaussera sur
Ta tête
Comme au royaume de tes pensées

Mais je ne t’épuiserai pas …
Si ton hasard de reine
Rejoint celui de
Tant de mes bénédictions pour toi

Délicatesse de ta patience
Qui ouvre à une bienveillance
Pour celui qui veut poser
Ses genoux à
Tes pieds asséchés
Au sel du
Désert …

J’entends et je vois sur tes pas
La danse du travail et
Des jours
Que les enfants suivent
En battant le rythme
De ta voix
Qui les baigne d’Humanité

La bienveillance grandit la délicatesse
A la fenêtre d’où s’exhalent
Les parfums de ton grand
Monde généreux

Délicate ! Est-ce ta beauté
En ton grand jardin
Laissant affleurer
Ces fruits de
La nouveauté ?
Je m’y confie
Pour surpasser tout champ d’herbes folles
Et y dégager un sens
Au monde

Au creux de ton pays :
Ton chemin où se croisent
Tant de richesses –
Borde les secrets
D’un continent
Tu les prends
Et les garde
Loin de toute finitude –
Là avec la si délicate énigme
Où tu ranges ton histoire
Si fidèle au souvenir
Où ta liberté
A depuis longtemps
Posé sa trace.

Alain Minod

LA FORME ET LE MÊME – ALAIN MINOD


LA FORME ET LE MÊME – ALAIN MINOD

Le 27-06-2014
Repris le 19-11-2020

LA FORME ET LE MÊME

Rien n’est vraiment le même sauf ce que l’on sème
Écrire est à l’art ce qu’aimer est au hasard
L’on retrouve le même aux accents d’un « je t’aime »
Et le poème a part au désir qui démarre

Contre trop de fumée on tend à fulminer
Face aux rideaux l’on peste – qu’est-ce qu’il en reste ?
Oui ! Le poids des années qui nous ont malmenés
On le prend – on le teste – on ne change sa veste !!

Il se rend en la forme quand on le transforme
Et la beauté des choses rencontre la rose
On découvre printemps par tous les mauvais temps

Tumulte de l’informe … Tu nous désinformes
Il est temps que s’impose Liberté – qu’on ose
Animer tant et tant avec le bel instant

Alain Minod

ESSAI D’AUTO-ANALYSE POUR LA PAIX DU POÈMEPAR ALAIN MINOD


ESSAI D’AUTO-ANALYSE POUR LA PAIX DU POÈMEPAR ALAIN MINOD

ESSAI D’AUTO-ANALYSE POUR LA PAIX DU POÈME PAR ALAIN MINOD

Reste toute ta guerre au réquisit de toi
Elle éteint ta lumière et détruit tout ton toit
Nerfs en escarmouche où se tue la sagesse
Se mordent en ta bouche hurlements de tendresse

Or tu meurs mille fois épuisant ta pensée
Quand toujours tu aboies au grand rire qui passe
Et là se défenestre un désir où fait trace
La beauté de l’être perdu : plongée glacée

Puis te bats contre toi te traites en vrai chien
Sans collier et sans loi qu’il faudrait que tu dresses
Bassesse où poète tu perds repère en bien
Passent en ton être tous tes sens qui t’oppressent

C’est la mère éperdue qui fait entendre voix
Pour fils qui s’est rendu à son enfer sans chaînes
Et en rage espère trouver d’elle une voie
En un collier de fer : désir masqué qu’il traîne

Mais comme ta guerre contre ton propre toi
Et contre l’autre : enfer qui en tes liens aboie
Centre en son essence ta maison « vraie prison »
Aux collets de tes sens tu en perds ta raison

Si « libérer l’amour » est retrouver l’essence
Du gamin de toujours dans l’éveil de ses sens
Demeure peur de guerre en ta maison d’enfance
Pays où mère en nerfs exaspère souffrance

Pays où enfants ségrégués jouent vengeance
Te lient à l’arbre et gais te jettent des pierres
Pays où paysans sabrent seigneurs si fiers
Pays où ton père table sur loi en déhiscence

Enfant sans souvenirs d’école et sans amis
Sauf dans le devenir de frères dans les fêtes
L’on chantait « Stille Nacht » pour bercer les têtes
Mère mise en quatre nous prenait pleurs en semis

Plus tard : père pour loi te donnait bien le fouet
A chaque fois où ta voix se sentait flouée
De n’entendre réponse de notre mère en cris
Pour savoir si sa santé lui avait tout pris

Injustice flagrante as connue en collège
Où présence prégnante : un fier dominicain
Te donnait fessées et caresses qui l’allègent
D’un désir bien caché et tout à fait mesquin

Et là tenu pour fou tout enfant qu’il était
Père et autorités du collège en question :
Tu avais regard flou pour ce si fier cité
On te faisait siège pour mauvaise intention

Des psychiatres et tests formulaient bien la chose
L’enfant était bien bête et frisait la folie
Mais tous les comptes faits c’était inventer cause
A la visite de fait : myope étais et sali

Plus tard dans ton âge mère tu interroges
Espérant avis sage – elle point ne déroge
Tu ne fus pas en rage et mal t’en en a bien pris
Fou ? Cause : lunettes – c’est ce que t’as appris
La famille l’atteste : point de gènes de myopes
Âge où l’enfant se teste en voyant ne radote

Tous travaux harassants furent ta découverte
Vu larmes avec sang « Les Illuminations »
En ta treizième année dite sans attention
Mais est-ce suranné de se penser poète

Pendant ce temps d’enfance avoir écrit poèmes
Fut ton grand train d’errance : éveil jeté au vent
Des déménagements – si cela te fit peine
C’est qu’en bel amant tu t’étais fait savant

Et en soixante neuf : le surréalisme
Avec jeunes tout neufs et simples travailleurs
Rencontrés en usine où tu appris rythme heurts
Avec matière qui lime les corps dans la machine

Et la philosophie vint avec l’engagement
Tu le sus : celui qui vainc est celui qui ment
Tant que le neuf ne naît en surface des choses
Mais ce qui est inné ne remplace pas la cause

Depuis quatre-vingt-neuf toute la poésie
Et les jours passants neufs : amour de l’oiseau bleu
Philosophie somnole ? Éveil d’aile en saisie :
Elle teste idées folles du moindre des bigleux

Ton père en hôpital bien avant de mourir
N’a pas été banal et sans plus discourir
A envoyé une dame au devant de son fils
« Vous avez grande âme » puis lui vient sur la piste

Il conforte poète et plus tard gai ajoute
Pianiste en sa fête : n’oublie musique en route
Depuis : tant de combats : paix liberté justice
Fruits de tous les ébats dans l’oppression en lice

Vraie Solitude tranche en Misère où l’on flanche
Aux souvenirs qui scient – mais toute poésie
Contre le mal se penche contre ses avalanches
Qui provoquent folies – tient partage saisi.

Alain Minod

DU SOLEIL DU SILENCE AU GALOP DES MOTS PAR MINOD ALAIN


DU SOLEIL DU SILENCE AU GALOP DES MOTS PAR MINOD ALAIN

Apprendre à fouetter les mots
Avec le soleil du silence
Pour leur lâcher la bride
Jusqu’à l’ombre
Du soi

Et…Dans la lumière de leurs galops
Tutoyer leurs éclats d’écume
Sans marchander l’amour
Qu’ils appellent
Du fond
D’un lointain habillé
Par nos songes

Au moindre tremblement des sens
A leur moindre dérive
Lancer la relève
Pour les abriter
Du battement
De l’oubli…

Là déroulés sur
Le tapis de l’accueil
Aucune trêve
Ne les abandonnera
Au chaos

Et pour les choses plaquées
Qui bruissent en notre
Cœur
Briquer notre langue
Avec la tendresse
En laissant
Soupirer
Nos pauvres nerfs

On les retrouve sans-cesse
Ces imbrications
Du sens
Avec
La trame
A chaque fois imprévue
Où se déploie
La chevauchée
Des mots

Ici : C’est à la fois
L’œil de l’astre royal
Appuyé sur le poids
De nos vies
A la fois l’écueil où se heurte
L’inconnue de nos résistances :
Le tumulte du travail :
Juste là dans
Les bris des plis
Doucement hésitants
Où s’aventure
L’avancée
Comme soufflée
Sur un chemin …

L’écueil ! Ne pas casser ses traces
Et enlacer en même temps
La plus vive des
Circulations…
Non pas celles qui courent
Dans la ville
Mais la plus fervente
Qui témoigne
A l’instant
Pour un futur
Sans-cesse inachevé…

Comme un soulèvement
Dans la marche zébrée
D’ombres pour
Des mots
Clairs
:
Celle où nous n’attendons
Que la voile quand elle
Se dresse sous
Le vent
:
La fin d’une époque transitoire
Où rugissait le futur
Sans autre brillant
Que la fuite
Du temps

Écueil ! Écueil ! C’est le temps
Qui passe dans la résistance
De l’instant
Pour
Une langue sans autre promesse
Que celle allant
Dans la grande allure
Des mots sortis de la gangue
De tout corps fixé
A des rapports
De forces
Pour
Entrer dans le jeu vif
Des chairs où vibre
La caresse du sens
Sur l’instant

Aucun galop des mots
Ne saurait usurper
La belle présence
Du silence
Rentré
Dans les veines
Et les artères
De l’humain :
Ce silence : témoin
De toutes les rumeurs
De l’amour

Alain Minod

LE TEMPS VOLE APRES LE CHANT DU MERLE – ALAIN MINOD


LE TEMPS VOLE APRES LE CHANT DU MERLE

ALAIN MINOD

A la montée de l’aube
Le merle déploie son chant
Avant ses ailes
Il se dérobe à notre vue
Mais égaye nos
Marches

Le temps vole comme lui
Dès l’horizon dégagé
De l’obscur

Nous allons ! Allons
N’ayant rien mis
Aux oubliettes
De nos désirs
Enfiévrés

L’unique étoile
Au-dessus des toits
A fait signe
A l’innocence
Et le merle l’a vue
S’évanouir entre
Chien et loup

La parole des princes
Gicle encore et encore
Dans nos têtes …
Elle n’est pas source
Mais joue au fleuve
Alors qu’il est pris
Entre les glaces
Du mépris qu’ils nous vouent
Et celles de la juste paix
Qui les ignore

La radio avait de nouveau chuinté
Sous l’ombre d’assassins
Tellement que l’amour
Semblait mort …

Combien d’assassins pour
Couvrir nos espoirs
De partage ?
Le merle enchanteur
Nous le serine :
Un monde : nous pouvons être !

Mais si l’inconnu a notre visage
Nous en ferons un paysage !
Quand serons-nous neufs
Pour l’envol ?

Mais nos quartiers
Sont – sol à sol
Rivés – comme au seul présent

Le poète a son dieu !
C’est à l’accueil
Qu’il se voue !
Ne lui faites pas dire – seul –
la vengeance et le glaive
De Gabriel

Il ignore – le poète –
Quel peut être
La tête avancée
De la mémoire à l’avenir !
Comme le merle –
Il voudrait
Égayer

Le silence perclus de misère
N’ouvrira à un bal
Que s’il plonge
Pleinement
Dans la paix et le soleil
Pour tous
Nul prince ne pourra usurper
Ce moment de danse et
De musique

Oui ! Le poète exilé au cœur
De ce royaume
Chante
Les paroles de
Tout exilé
Sans l’oubli de ce qui
Nous sépare tous
De la terre du
Futur !

Seuls les princes inventorient
L’histoire qui nous
Est promise …
Mais ils ne voient ni entendent
Quelque chose du chant
Et de l’envol
Qui – déjà nous sourient …

Le pays qui trempe dans leurs glaces
Pourrait rentrer dans
Des inondations
Insurmontables

Ne laissons donc pas prise
Aux charniers que
Veulent les
Assassins !
Couvrons-nous d’un même ciel
Et le soleil viendra
Sourire à
Nos espoirs comme à nos rêves
Avec d’autres marches
Tenant clairement
Notre paix qui –
De l’intérieur de nos pensées –
Deviendra générale et
Embrassera le futur
Dans la justice !

Alain Minod

L’AMANDAIE


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L’AMANDAIE

Chronos arrive au bord et sonne à larmes

du fond de la cour sans dédale

la terre cuite ocre l’aqueux taurin en falaises vient

tenir l’Epoque

en vie dans ses mains et pas sous-globe sur la cheminée

Je palpe hit

Oui la rousse automne au geai bleu

Je l’ai dit il y a très longtemps

L’AUTOMNE

fait bien pousser l’peint tant

Moire c’est moire

Jamais ne meurt

au patio le vaste champ de cette fontaine rose hibiscus grimpant par-dessus les murs

L’en faire en dragon consume le parasite du Mont

Seins, miches, ailes

Absolu

mon enfance rendue je n’aurais eu que l’âge d’aimer

Merci la Vie !

PENSER AUX BOURGEONS DE L’AMANDIER !…

Que deviennent les bourgeons de l’amandier ?

l
Poussent-ils encore dans les ruines ?
Si les surgeons de la haine
Les assassinent
Qui pourra
Les remettre sur pied
Sauvera leur scène

Et pourtant on en voit encore s’épanouir
Entre les gravats – la terre
Et la mélasse …
Si ce n’est dans les larmes qui les enlacent
Qui pourra encore leurs racines
Reconstruire ?

Une pluie de flammes – de bombes et de missiles
Ce n’est pas un drame pour les « aveugles »
Qui conspuent ces âmes
Et qui beuglent :
« Bravo ! Bravo ! » Du fond de leur île

Est-il interdit : l’amour pour cette terre ?
Qui dit qu’il faille recommencer ?
Comme si ce n’était pas assez :
Ce destin d’enfer
Qui les enterre !!

Va-t-on épuiser par le feu tout leur sol ?
Malgré le fer et le sang
Puissants ils résistent
Et viendront encore
En fleurs
Ils insistent comme les symboles
De ce qui – jamais – ne meurt …
Si donc ce n’est pas vol
C’est un viol

Or les bourgeons jouent entre eux sous la pierre
Où les édifices détruits nous laissent
Un cri qui blesse :
« Non ! Ils ne doivent payer le prix
D’un pays que l’on veut rayer
Ils sont encore sa lumière ! »

Ils sont dans l’ombre de leur étoile
Ceux qui coupent les arbres
De leur ciel
Ou leur jettent le feu et le fiel
Et ils restent de marbre
Dans leur toile
Qui s’étend
Sans que les temps ne murmurent
Contre les raides murs

Et des bourgeons on entendait souffler des femmes
Au milieu des balles qui sifflaient
Au hasard sanglant qui giflait
De sa mort les corps
Et les emportait
Sans un drame

Et maintenant où sont les mains qui implorent
Du fond de leur « Éden merveilleux »
De ne plus toucher
Aux beaux yeux
Des petits princes – de les laisser éclore ?
« Mais rentrez les armes
Rincez les larmes
Séchez-les
Et faites que les jeunes pousses
Ne se blessent plus
A leurs racines
Assassinées
Laissez ! Oui ! Laissez-les pousser
Dès qu’ils sont nés ! »

Alain Minod

DU SOLEIL DU SILENCE AU GALOP DES MOTS


DU SOLEIL DU SILENCE AU GALOP DES MOTS

Apprendre à fouetter les mots
Avec le soleil du silence
Pour leur lâcher la bride
Jusqu’à l’ombre
Du soi

Et…Dans la lumière de leurs galops
Tutoyer leurs éclats d’écume
Sans marchander l’amour
Qu’ils appellent
Du fond
D’un lointain habillé
Par nos songes

Au moindre tremblement des sens
A leur moindre dérive
Lancer la relève
Pour les abriter
Du battement
De l’oubli…

Là déroulés sur
Le tapis de l’accueil
Aucune trêve
Ne les abandonnera
Au chaos

Et pour les choses plaquées
Qui bruissent en notre
Cœur
Briquer notre langue
Avec la tendresse
En laissant
Soupirer
Nos pauvres nerfs

On les retrouve sans-cesse
Ces imbrications
Du sens
Avec
La trame
A chaque fois imprévue
Où se déploie
La chevauchée
Des mots

Ici : C’est à la fois
L’œil de l’astre royal
Appuyé sur le poids
De nos vies
A la fois l’écueil où se heurte
L’inconnue de nos résistances :
Le tumulte du travail :
Juste là dans
Les bris des plis
Doucement hésitants
Où s’aventure
L’avancée
Comme soufflée
Sur un chemin …

L’écueil ! Ne pas casser ses traces
Et enlacer en même temps
La plus vive des
Circulations…
Non pas celles qui courent
Dans la ville
Mais la plus fervente
Qui témoigne
A l’instant
Pour un futur
Sans-cesse inachevé…

Comme un soulèvement
Dans la marche zébrée
D’ombres pour
Des mots
Clairs
:
Celle où nous n’attendons
Que la voile quand elle
Se dresse sous
Le vent
:
La fin d’une époque transitoire
Où rugissait le futur
Sans autre brillant
Que la fuite
Du temps

Écueil ! Écueil ! C’est le temps
Qui passe dans la résistance
De l’instant
Pour
Une langue sans autre promesse
Que celle allant
Dans la grande allure
Des mots sortis de la gangue
De tout corps fixé
A des rapports
De forces
Pour
Entrer dans le jeu vif
Des chairs où vibre
La caresse du sens
Sur l’instant

Aucun galop des mots
Ne saurait usurper
La belle présence
Du silence
Rentré
Dans les veines
Et les artères
De l’humain :
Ce silence : témoin
De toutes les rumeurs
De l’amour.

Alain Minod

LE TEMPS A BATTU SON PLEIN … LA NUIT S’EN VA


LE TEMPS A BATTU SON PLEIN … LA NUIT S’EN VA

La tête prise par mille feux qui enrubannent le boulevard ,
On se laisse porter dans la ville qui se réveille avant le jour .
Quelques fenêtres diamantent dans des hauteurs obscures ;
Elles retiennent de l’errance du regard

L’horizon , rampe de la nuit serrée par les étoiles des lampadaires ,
Se soulève en couleur mauve .

Tout un théâtre de vie veillée par la Marianne noire , est encadré
Par les enseignes qui l’ensanglantent .

Une bise glacée sous l’auvent ; elle embrasse l’éveil …

Bleu plafond de la nuit qui décline …

Les liens de moins en moins lâches des silhouettes grises
Qui courent , courent ,
S’augmentent
Des files serrées de fauves aveuglants .

Tête rentrée dans la lèvre du boulevard ,
On est pris maintenant
Par l’accélération
Du rythme de
La circulation …

Les mots sont soufflés dans le gris du jour qui vient
Et la pierre pâle , hirsute , des immeubles
Ne nous laisse plus distinguer
Les lueurs des fenêtres .

L’horizon est aux filets noirs des arbres
Fondus dans un harnachement blanc
Du ciel …

Plus d’étoiles fixes … Plus de feux roulants … Plus de files serrées de fauves aveuglants .
Quelques passants se précipitent …

La première heure du jour est là , coïncidant avec la première affluence passée, appelée
Par le travail .

Alain Minod