NU DEVANT LA PLUIE BATTANTE


ODILON REDON

NU DEVANT LA PLUIE BATTANTE

Tu viens de quitter la fonderie de l’état caniculaire et ses cloches conduisant au glas. Il pleut pour de vrai, L’agapanthe blessée au bord des marches a eu un mouvement des doigts qui lui restent. A ton maillot trempé tes seins collent des demains qui vont au bord de la rivière par le passage entre les deux vallons.

Le cheval a couru au gué faire des ricochets.

Cette voie d’eau conduit aux pores pour l’escale des Fêtes de la Mère

Je me lave sans restriction sous la pomme du ciel

Quel bon jour !

Niala-Loisobleu -8 Septembre 2022

Z’AILES DEPLOYEES


Z’AILES DEPLOYEES

Les yeux se coupent quelques fleurs dans ce coin épargné par les brûlures

un rêve comme une voix sortant d’une laryngite du chant clos

Aux nuages porteurs d’eau que le vent transporte les collines bondissent du décolleté

ne parlons pas de l’herbe rasée par la canicule qui se déculotte pour avaler sans interdiction

Des cantonniers avisés nettoient sous peine de réaction d’insoumis, les avaloirs stratégiques d’égouts, obstrués de saloperies

Dans le gâchis à venir la crue prendrait la place du feu, histoire d’éteindre ce qu’on a pas besoin, que ça n’étonnerait qu’un porte-paroles de la vision actuelle.

Niala-Loisobleu – 17 Août 2022

D

Si je venais vers toi fidèle – Marc Ogeret


ODILON REDON

Si je venais vers toi fidèle – Marc Ogeret

Si je venais vers toi sans yeux,
Sans te retrouver blonde ou brune,
Voudrais-tu de ma nuit sans lune ?
Voudrais-tu bien de ce fardeau,
Des mains aveugles sur ta peau,
Si je venais vers toi sans yeux,
Comme d’autres sont revenus de la guerre,
M’aimerais-tu ?
M’aimerais-tu, mon immortelle,
Si je venais vers toi fidèle, 
Mais sans regard…
M’aimerais-tu ?

Si je venais vers toi sans mains,
Sans pouvoir effleurer encore,
Les monts, les vallées de ton corps,
Voudrais-tu de mes bras en deuil,
De ces branches sans fleurs, sans feuilles
Si je venais vers toi sans mains,
Comme d’autres sont revenus de la guerre,
M’aimerais-tu ?
M’aimerais-tu, mon immortelle,
Si je venais vers toi fidèle,
Mais sans toucher…
M’aimerais-tu ?

Si je venais vers toi sans pieds,
Traînant mes deux genoux à terre,
Comme les mendiants de naguère,
Voudrais-tu de mes promenades,
Sans courses, sans jeux, sans baignades,
Si je venais vers toi sans pieds,
Comme d’autres sont revenus de la guerre,
M’aimerais-tu ?
M’aimerais-tu, mon immortelle,
Si je venais vers toi fidèle,
Mais sans marcher…
M’aimerais-tu ?

Si je reviens vers toi sans cœur,
A force de l’avoir fait taire,
Là où je suis, c’est la misère,
Voudras-tu de mes jours sans rires,
De mon passé sans souvenirs,
Si je reviens vers toi sans cœur,
Comme d’autres sont revenus de leur guerre,
M’en voudras-tu ?
M’en voudras-tu, mon immortelle,
Si je reviens vers toi fidèle,
Mais sans âme…
M’aimeras-tu ?

Marc Ogeret

GERMINATION


GERMINATION – ODILON REDON

GERMINATION

De l’abus usé sans scrupules le désastre est de taille entre l’émoi et le toit

L’expert qui vient d’être nommé juge que tout est à refaire en ce qui concerne la couverture

Pour l’émoi il n’y a pas de service de justice, faut faire à partir de soi

De voir confirmer par voie officielle que l’arnaque vous a suivi durant des années est un éveil d’énergie d’où l’effet boomerang est parti aujourd’hui

Qui à la rage le serpent n’est pas protégé

Elle va mordre par l’aqueux son auteur

Je germine Odilon, avec ton appui…

Niala-Loisobleu – 20 Juillet 2022

TENIR A L’ARBRE ATTACHE


ODILON REDON

TENIR A L’ARBRE ATTACHE

Le feu dans les yeux je ne vois plus qu’à peine

je m’attache à l’arbre comme on s’amarre à ce qui vous tient debout quand plus rien n’est clair

Cet acide ressemble à la situation d’un coin des Landes coupé de la vie

D’un côté tout est prisonnier des flammes et de l’autre tout est brûlé

Torches forestières

la mer s’est sciée la branche où la vie assise baignait les vacances

Niala-Loisobleu – 17 Juillet 2022

MYTHIQUE ETREINTE


ODILON REDON

MYTHIQUE ETREINTE

L’amour saisissant son corps lui a donné rendez-vous au poste frontière du profane pour franchir la barre sans fers aux pieds

Un matin calme à portée de main en jardinière sur la fenêtre est à la place du journal pour donner seul l’information principale

L’odeur animale tourne autour de la femme amoureuse

éveillant de son crin une chevauchée céleste en brandissant son pouvoir démesuré sans s’en vanter

L’espace est sorti du banal

on entend battre le pouls de la sève au végétal

l’architecture implore le silence en canalisant ses thermes

alignement de colonnes au-dessus de la mer

le rite mène à l’ascèse

la danse du centaure ouvre le voyage

orgasme sacré qu’un art consommé accroche aux murs pour initier les passages.

Niala-Loisobleu – 16 Juillet 2022

NECESSITE – PAUL ELUARD


ODILON REDON

NECESSITE

Sans grande cérémonie à terre
Près de ceux qui gardent leur équilibre
Sur cette misère de tout repos
Tout près de la bonne voie
Dans la poussière du sérieux
J’établis des rapports entre l’homme et la femme
Entre les fontes du soleil et le sac à bourdons
Entre les grottes enchantées et l’avalanche
Entre les yeux cernés et le rire aux abois
Entre la merlette héraldique et l’étoile de l’ail
Entre le fil à plomb et le bruit du vent
Entre la fontaine aux fourmis et la culture des framboises
Entre le fer à cheval et le bout des doigts
Entre la calcédoine et l’hiver en épingles
Entre l’arbre à prunelles et le mimétisme constaté
Entre la carotide et le spectre du sel
Entre l’araucaria et la tête d’un nain
Entre les rails aux embranchements et la colombe rousse
Entre l’homme et la femme
Entre ma solitude et toi.
Paul Eluard

Araucaria ou désespoir des singes, je reverdis la tête d’un géant au promontoire des terres brûlées

par un simple passage venu de très loin

en apprenant qu’à partir de dire à un enfant à propos du cheval qu’il venait de dessiner

et qu’il craignait de devoir le peindre en brun

« le cheval est toujours de la couleur qu’on lui donne, mets la tienne sans aucune autre »

L’amour est pareil d’une couleur si sienne que rien des orages et vents contraires ne saurait lui imposer de disparaître quelque soit le motif

Son symbole est éternel.

Niala-Loisobleu – 11 Juillet 2022

ON NE VIDE PAS LES FLEURS


ODILON REDON

ON NE VIDE PAS LES FLEURS

Le soleil attisé par l’erreur de comportement inhumain se perd dans un feu d’enfer tournant autour de l’Arbre de Vie en serpent au venin létal

Si la terre est bien le seul vase qui ne coupe pas les fleurs

du calice utérin

je garderai le dernier mot du pétale dans la bataille pour le toit contre l’arnaqueur.

Niala-Loisobleu 9 Juillet 2022

SELS DE PIERRE


ODILON REDON

SELS DE PIERRE

Au fronton l’oeil poché

les colonnes s’extraient pierres et marbres des murs salpêtrés en rallumant les feux

Vénus tu as tes quatre membres

Apollon celui qui assurait la transmission

Ceinte du bleu intense que le sel marin garantit, la colline berce l’olivier jusqu’à l’amphore

pendant que poussant mon âme plus loin que moi le ton des dômes s’est accordé à celui qui transporte

la philosophie sur le blanc des temples

Ces fruits d’où les oiseaux noyautaient les lyres

étalés sur les gradins

Théâtre antique

où la voix porte une acoustique que la toge n’a pas assourdie et l’enfant la trace dans les yeux de nuits d’amour répétées

Les lions ont eu l’orgueil en tableau de chasse

un bâton de marche ses rubans d’humilité

le tout sa civilisation

que l’incurie a éborgné en isolant les femmes de la race humaine…

Là au bord du long fleuve où l’eau se rationne pendant que le feu se développe

je m’embrasse le coeur en cherchant comment je pourrais me faire un enfant moi-tout-seul qui prendrait le relais.

JARDIN VIVANT


ODILON REDON

JARDIN VIVANT

Du haut de sa branche

Odilon

tire de sa canne cette sensation de souffle

qui remplit d’iode le coin des poubelles girls

Lit d’Ô

Tes reins gondolent

et tes seins lourds papillonnent

leurs fleurs en baume

montent la voile..

Niala-Loisobleu – 5 Juillet 2022