CONCEPTION


« CONCEPTION » – NIALA 2022 – Don à Christophe TEXIER

« CONCEPTION »

(Le Peintre 4)

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/PANNEAU S/VERRE 60X80

Le regard s’est dépossédé de l’absence en entrant ses yeux dans l’objet qu’il a fait charnel

sensation en 3 D qui rejoint les formes et les volumes de la sculpture et de son cri

que l’environnement végétal met sur un piedestal

Le chemin pris se voulait aquatique la conception ne pouvait donc qu’être utérine

Rien ne s’arrête

l’amour tient l’univers qu’il s’est choisi

défiant l’abandon destructeur par un espoir certes fou mais fidèle à son image rivée au prisme

que l’accompagnement musical des quatre éléments soude à l’éternel

Le vert des yeux vers la mer, adoubé.

Niala-Loisobleu – 20Mai 2022

SANS GRAPPIN

Passés sous la surface vide ils allaient entre deux eaux

errants en apnée

à la recherche de l’amphore où le soleil s’est réfugié

Alors que glacial un silence avait largué ses mines

la barque trouva le chenal

Sur le blanc du sable

du grand fond

des enfants apprenaient

du Peintre

le sens des mots-peints.

Niala-Loisobleu.

24 Janvier 2023

AUTAN QUE TU PEUX, ALAIN FINIS CE QUE TU AS VOULU ENTREPRENDRE


Niala

AUTAN QUE TU PEUX

ALAIN

FINIS CE QUE TU AS VOULU ENTREPRENDRE

Ôté de mer

le bon versant

à flan de chaîne

ici où là

une maison fera fête au bon endroit

ventre rond

du jardin

et cornes debout de la moelle

nul autre endroit plus vert

que ton herbe

à me lever ou à m’endormir

passe sur les pierres en ronde avec les lucioles

un seul caillou en paume

Sur son cheval

le Peintre

regarde le bout de son pavé

au coeur sa dernière volonté

acte

de son oeuvre d’homme

finir ce qu’il a commencé

L’accord a été conclu dans l’après-midi

L’Oeuvre de Niala

vivra Ville de Cognac

Bientôt

une

grande exposition

officialisera la donation

à Cognac

Niala-Loisobleu.

23 Janvier 2023

La Quête – Nicole Croisille/Jacques Brel


Niala – @nialaloisobleu – Qu’un porte sa quatre vingt dixième..

La Quête

Nicole Croisille/Jacques Brel

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d’une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu’à la déchirure
Aimer, même trop, même mal
Tenter, sans force et sans armure
D’atteindre l’inaccessible étoile

Telle est ma quête
Suivre l’étoile
Peu m’importent mes chances
Peu m’importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l’or d’un mot d’amour

Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s’éclabousseraient de bleu
Parce qu’un malheureux

Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s’en écarteler
Pour atteindre l’inaccessible étoile

OUVRAGE DE DAME DU ROI


OUVRAGE DE DAME DU ROI

Se laver la bouche pour que la laine réchauffe mon temps d’arrêt de peinture, provoque une sortie au Musée Picasso. Et voyant Olga cousant tranquillement dans l’assurance d’un dessin du Maître ça me réconforte comme vous n’imaginez pas. L’inutile qui fait fureur se désagrège de lui-même comme après lecture du message de mission impossible. C’est calme et serein au point d’apporter le truc qui vous tient sur les jambes et non sur la tête. Pas grand-chose, une bistouquette ordinaire sans le remède développeur menteur. Les yeux de taille humaine. Les mains honnêtes. Puis une foi sacrée qui se passe des évangiles. Loin mais plus près qu’on pense une pensée pour quelqu’un…

Niala- Loisobleu – 10 Décembre 2022

Je me lève


Je me lève

Je me lève dans un coin du couchant qui garde ses derniers mots

les doigts enveloppant ce corps demeuré présent

Les volets s’ouvrent aux fenêtres

sur la rue l’air soulève les pas poitrinaires pour les faire prendre vol

Dans le ventre un émoi se retourne en tous sens

le pouls prend le large sans demander l’avis à personne

Au milieu de la gelée un point dégage sa chaleur corps à corps.

Niala-Loisobleu.

10 Décembre 2022

MOBILITE PICTURALE


MOBILITE PICTURALE

Arrivé au bout et pas d’accord pour arrêter malgré la déception de l’époque où tout n’est que plus rien du tout au sens des valeurs et qu’à part le grossissement des richesses du riche et l’appauvrissement inquiétant du pauvre, il ne se passe rien chaque jour

Pinceaux, tubes, toiles augmentent, s’en munir n’a aucune compensation financière par la vente qui est sortie de mon marché

ALORS JE REPEINS LES TABLEAUX QUE J’AI SIGNE POUR SATISFAIRE MON BESOIN D’EXPRIMER QUE JE CROIS VOULOIR VIVRE

Je reste ainsi ce mouvement qui me caractérise.

Niala-Loisobleu – 8 Décembre 2022

LE SOUFFLE ET LA SEVE PAR BRUNO ODILE


LE SOUFFLE ET LA SEVE

PAR

BRUNO ODILE

Je suis dans un épanchement à la jointure du passé. Des bouffées de sève reprennent place dans l’égorgement de mes pensées où, excisées, elles s’épuisent sous la lame affûtée de l’écrasement.

Je ne me retournerai plus, c’est inutile et ça fait mal. Alors, j’oublie, doucement. Je taris les souvenirs trop encombrants comme on pipe de vulgaires fumées oisives. Et je bois aux flaques de l’averse printanière qui a laissé son empreinte sur le sol ému par sa nourrice providentielle.

J’efface toutes déceptions au profit de la grâce du jour. C’est douloureux mais l’effroi de mes renoncements n’a rien à envier aux mouvements qui peu à peu mènent l’esprit vers son propre impensé.

Le printemps revient toujours,

chassant l’hiver et balayant l’automne.

Alors je partirai.

Je m’en retournerai dans mon terrier,

dans mon lit enchevêtré de mille sommeils.

J’y gagnerai ma liberté comme l’on gagne sa vie à ne savoir qu’en faire et j’irai me promener dans le désert comme une puce sur le dos d’un chameau.

J’ai appris la douleur en apprenant à respirer. Très tôt, j’ai su que l’abandon et la résignation pouvaient être fatals. J’ai dû frotter la patience sur le long fusil de la réalité avant de pouvoir ressusciter dans la cartouche de trop.

Grave et ribaude,

la vie accompagne le délabrement des mots tendres.

Le temps est de la terre,

il la remplit d’air comme un ballon que l’on gonfle.

Partout, le leurre est persistant. Dessinant des ombres plus lentes sur les bas-côtés, il clame la rouille sous la main rêveuse.

Je ne sais pas écrire joli ni beau, c’est une défaite. Ou pas. J’ai peur de lâcher prise, je sens le vide qui rôde. Nul doute, l’effondrement viendra. Il faudra fuir les lettres stigmatisées qui fanent sur la pointe du crayon.

Il faut échapper à l’écriture qui n’est qu’un précipice.

L’écriture est comme moi,

elle marche vers l’effacement.

Elle se momifie puis cède à la poussière.

Je touche la vie et ressens la mort.

Je touche à la sève maternelle et me replie sous la trame chaude de ma peau. J’aimerais bien pour une fois percevoir le senti de l’extérieur de ma chair. Mais la contrainte de l’arrachement ne parvient pas à me soumettre au premier chiffre du jour.

Dans mon atelier d’écriture,

l’expression se maintient

à l’extérieur du monde qui m’infiltre.

Mon corps se réduit au toucher des mots,

à l’aspect tactile de la pensée.

Ma main et ma langue

puisent aux signes récurrents.

Tous les codes s’entremêlent et s’interfèrent.

Dans ce délabrement, il ne s’agit plus de faire le vide mais de l’être. Le mouvement de l’histoire est fugitif. Il braconne aux douces noces qui exauçaient nos rêves les plus intimes.

La fiction omniprésente chute dans l’illisibilité et dans une mutité forcée. Le mot n’est alors qu’un résidu défait de sa trace originelle, étouffé de son sens premier. La parole avale le bruit des gares traversées, absorbe la substance ferreuse et choit comme une popeline de soie.

Notre corps transite par la matière puis nos peaux se lavent à la fenêtre du ciel et de la mer. Seuls, nos os conservent le secret de la poudre. La poussière s’empale aux muscles de la lumière. L’air nous agite et nos frissons tombent comme des feuilles séchées. La marche du monde s’aguerrie des marches funèbres.

Je voltige à des altitudes où il n’y a plus d’air. L’apesanteur est une fausse sensation. Ce qui est lourd demeure un corset de plomb.

Les yeux, les mains et la bouche restent des enclumes et je ne sais pas dire le poids qui me plaque au sol.

Je respire les scories embourbées sous la passion et mon cœur invente d’autres allégories plus légères.

Mais rien ne se dissipe vraiment. La présence en ce monde demeure une buée que rien ne fait disparaître.

Bruno Odile

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

COMME EN SEMANT


COMME EN SEMANT

Le pied tiré du lit et le café avalé, j’ouvre le jour d’un coup de bleu sans regarder comment c’est dehors comme couleur. La seule qui conte est celle qu’on porte dans son coeur

En ces temps de récession les influences font du porte à porte pour placer leurs nanars

La nuit le tableau de la veille a cheminé dans ma cavalcade onirique, en précisant parfois un point à renforcer. L’amour aime les traits appuyés

Au froid revenu l’appétit se fait plus vif de bon matin dans l’atelier. Faire l’amour au comme en semant ça parle d’airain et j’ai toujours été du matin

Bonjour !

Niala-Loisobleu – 19 Septembre 2022