« MAGIQUE CHAUME » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE 61X50


« MAGIQUE CHAUME »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 61X50

Du bout des doigts

l’oeil

a remonté la jupe du temps

entre les cuisses de la colline

toujours à la ligne de flottaison des bas

où les jarretelles tiennent la chair haletante

au Nord scandinave

pour que le lac

abreuve le cheval sorti du troupeau

entre les tâches des bouleaux

Rondin de cabane

pointé

à la gîte de la forêt dense

La mer attend au pertuis le jeté d’ancre

A border tes seins et les nicher sur ma baume solaire

le quai est en gare

le convoi s’arrête au tampon de tes reins

défais ta valise

bois une blonde au contoir

Te voilà

à la sensuelle veillée sur la Carte du Tendre

comme qui débute.

.

Niala-Loisobleu.

28 Janvier 2023

TE VOILA JARDIN


NIALA 2015

TE VOILA JARDIN

Décamouflée de tes propres mains

Blancia

te voilà accrochée

Haute et ronde la pierre s’est mise en socle

L’oiseau va d’une branche à l’autre

quérir le sauvage constructible

Isolante ta peau garde l’odeur des ruts animaux

mélange de poils et musc pétri au mortier des corps

Au moment où j’atteignais ton estuaire

un coq sorti de la bruyère a ouvert tes genoux au creuset de l’airain

Soulevés par l’atmosphère tes seins décollent

au-dessus de la montagne sans voix pour crier

Je distingue chaque pore de tes escales

à n’avoir nul besoin de m’endormir au laurier

Niala-Loisobleu.

27 Janvier 2023

AUTAN QUE TU PEUX, ALAIN FINIS CE QUE TU AS VOULU ENTREPRENDRE


Niala

AUTAN QUE TU PEUX

ALAIN

FINIS CE QUE TU AS VOULU ENTREPRENDRE

Ôté de mer

le bon versant

à flan de chaîne

ici où là

une maison fera fête au bon endroit

ventre rond

du jardin

et cornes debout de la moelle

nul autre endroit plus vert

que ton herbe

à me lever ou à m’endormir

passe sur les pierres en ronde avec les lucioles

un seul caillou en paume

Sur son cheval

le Peintre

regarde le bout de son pavé

au coeur sa dernière volonté

acte

de son oeuvre d’homme

finir ce qu’il a commencé

L’accord a été conclu dans l’après-midi

L’Oeuvre de Niala

vivra Ville de Cognac

Bientôt

une

grande exposition

officialisera la donation

à Cognac

Niala-Loisobleu.

23 Janvier 2023

La Quête – Nicole Croisille/Jacques Brel


Niala – @nialaloisobleu – Qu’un porte sa quatre vingt dixième..

La Quête

Nicole Croisille/Jacques Brel

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d’une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu’à la déchirure
Aimer, même trop, même mal
Tenter, sans force et sans armure
D’atteindre l’inaccessible étoile

Telle est ma quête
Suivre l’étoile
Peu m’importent mes chances
Peu m’importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l’or d’un mot d’amour

Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s’éclabousseraient de bleu
Parce qu’un malheureux

Brûle encore, bien qu’ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s’en écarteler
Pour atteindre l’inaccessible étoile

ENTRE LAC ET MER JE FLOTTE


ENTRE LAC ET MER JE FLOTTE

A peine écartée d’une heure par rapport à la dernière, l’image du fenestron n’a fait que s’enfoncer plus loin dans sa laiteuse confusion. L’atelier se croise les bras d’une épaule à l’autre. Comme si on voyait mieux ce qu’on a pas et qui manque sur la table à dessein, le rêve double un transport trop lent qui bouche la route. C’est glissant ? Crois-tu que là où le réalisme domine ça ne dérape pas ? Fais pas la gueule. Comme la neige bouffe le moindre bruit je n’ai pas de réponse. Et ça fait l’affaire de l’ambigüe de circonstance

J’ai fait mes premiers pas sur la poussière millénaire sous l’ombre grandiose des ruines sacrées.

J’ai joué dans le stade antique, sur la terre foulée par les dieux et les héros.

J’ai entendu les pierres raconter au vent les mythes et les légendes.

Sous la lumière pâle et reposante du soleil couchant ou dans l’éclat du soleil de l’été,

Mes yeux innocents considéraient comme naturelle la beauté indicible des statues et des monuments

Naturel comme le mouvement de la mer et l’odeur des pins

La flamme sacrée s’est allumée et l’humanité s’est couverte de lumière.

Et la voie qui mène à l’humanisation de l’homme s’est ouverte… (Je suis né à Olympie)

Georges Séféris

Maintenant son ombre immense dépasse celle des pierres et des oliviers. Dans la poésie de Séféris les dieux marchent à pas de colombes et parlent à mi-voix pour ne point effrayer les hommes. Car ils sont au milieu d’eux. Il en est le messager.

De ses mots monte la lumière. Simple comme une lumière d’octobre sur la mer.

Des odyssées passent de rivage en rivage, de cargos en cargos, de port en port, pour chercher la vie « au-delà des statues ». L’horizon de ses mots ouvre sur une autre mer et des vagues étranges y respirent. Mais aussi la terre et toute la sève des arbres. Lui qui apprend aux enfants à épeler les arbres. Il est celui qui n’a rien oublié des rêves des statues.

Aux hommes la solidarité :

« Dans notre monde aux dimensions réduites progressivement, tout le monde a besoin de tous les autres. Nous devons regarder de l’homme partout où nous pouvons le trouver. Lorsque sur le chemin de Thèbes Œdipe rencontre le Sphinx, sa réponse à l’énigme fut : « Homme ». Ce simple mot a détruit le monstre. Nous avons beaucoup de monstres encore à détruire. Pensons à la réponse de l’Œdipe. » (Discours de réception du prix Nobel)

Entre la buée de la mémoire et la pluie du monde, Georges Séféris aura chanté simplement, et ses poèmes pourraient tenir dans notre paume, tant ils sont proches de nous. (Esprit Nomade)

Mes mains courent remettre à la chambre amputée les seins que les murs n’ont pas refusés. La fleur d’iris épanouie éclaire le triangle d’herbe où laisser la langue s’exprimer. Quand la bretelle glisse le couloir laisse résonner sa canne. La cérémonie s’ouvre en haut des marches.

Nous n’étions que quelques uns à gravir la montagne à pied

Vouloir compter combien il en reste relève d’un jour de vote socialiste clamant la dualité du gagnant, ou bien encore la différence réelle entre le syndical et le gouvernement, quelque soit le facteur sur lequel la question repose

Pourquoi mon pouls bat-t-il sans regarder le tant qu’il fait dehors ? Je crois que c’est parce qu’il est surréaliste d’un bout à l’autre. Qu’il n’a jamais mal à la tête dans son envie de faire l’amour. Qu’il entend la musique des pierres. Qu’il habite partout et nulle part un enfant hors d’âge. De quoi se demander ce qui vraiment existe au sens commun ?

Niala-Loisobleu.

20 Janvier 2023

SORTIR DU LAS POUR ENTRER DANS LE LA


SORTIR DU LAS

POUR ENTRER DANS LE LA

Comme la poutre mise au cou de la vache pour la tenir dans la clôture, voici une année lourde et plus confinée que dans le virus qui vient de passer. Jamais vu autant le troupeau de moutons s’engager au précipice. C’est inimaginable de se laisser couler sans réagir de la sorte…

Les amours trompés et la nature escroquée, l’imposture politique, une économie de vie jouée à la roulette russe, la grande illusion remise entre les mains les plus malhonnêtes, cette nullité boostée par le camelotage du trottoir à putes, la défense du con sommateur

Non mais ce n’est pas possible

Où va-t-on ?

Je me serais laissé couler, dans l’à quoi bon, à mon âge

Mais je ne suis pas de ce grain à mettre au moulin, l’ART EST UNE ARME, qui veut vivre en guère, doit la trouver en opposition qui tient la route

L’abus qui est fait rejoint l’ignorance qu’on apprend aujourd’hui dans les écoles aux enfants

N’avoir de gueule que pour refuser de travailler plus longtemps, montre vraiment le pitoyable de sa conscience

Ah oui les vacances payées voilà qui ferait l’avenir de la société syndicale

A la tienne et à la vôtre…

Je déplace ma politique de maintenance

j’ai changé le chevalet de place, faut que ça déménage, mais d’abord chez moi, sans compter sur un autre pour le faire

Je peindrai en corps mon dernier baiser, comme sur la bouche de Marthe, me passant du silence de mes enfants

C’est le plus dangereusement vil que je connaisse mais chacun est libre de son choix

A toi tout seul, Alain de te tenir vivant en l’absence de prétextes – y compris ceux de l’âge – gardes-toi, loin du tout fout l’camp

Continue à dire que c’est beau la vie dans la peinture dans ton atelier de pro qui n’a rien confondu du savoir-faire et du bricolage…

Niala-Loisobleu.

18 Janvier 2023

Le bateau Espagnol par Léo Ferre

J’étais un grand bateau descendant la Garonne
Farci de contrebande et bourré d’Espagnols
Les gens qui regardaient saluaient la Madone
Que j’avais attachée en poupe par le col
Un jour je m’en irai très loin en Amérique
Donner des tonnes d’or aux nègres du coton
Je serai le bateau pensant et prophétique
Et Bordeaux croulera sous mes vastes pontons

Qu’il est long le chemin d’Amérique
Qu’il est long le chemin de l’amour
Le bonheur ça vient toujours après la peine
T’en fais pas mon ami je reviendrai
Puisque les voyages forment la jeunesse
T’en fais pas mon ami je vieillirai

Rassasié d’or ancien ployant sous les tropiques
Un jour m’en reviendrai les voiles en avant
Porteur de blés nouveaux avec mes coups de triques
Tout seul mieux qu’un marin je violerai le vent
Harnaché d’Espagnols remontant la Garonne
Je rentrerai chez nous éclatant de lueurs
Le gens s’écarteront saluant la Madone
En poupe par le col et d’une autre couleur

Qu’il est doux le chemin de l’Espagne
Qu’il est doux le chemin du retour
Le bonheur ça vient toujours après la peine
T’en fais pas mon ami je reviendrai
Puis les voyages forment la jeunesse
Je te dirai mon ami à ton tour
A ton tour…

Léo Ferré

TRANSFORMATION DE L’ESSAI


TRANSFORMATION DE L’ESSAI

Du temps qui lasse

sans que les chaussures tiennent aux pieds

j’ai trop fatigué des jambes à courir vers un soleil qui rappelle en tous points l’Arlésienne

Alors sans rien vendre de mon âme

j’ai troqué mon genre pour celui de macareux

Il peut pleuvoir

la réserve de sel qui est sous mes yeux me tiendra bien plus loin que ce soir

j’aperçois déjà Rossinante qui m’attend au coin d’un moulin.

Niala-Loisobleu.

16 Janvier 2023

SOUS LA DICTEE DE MES MOTS-PEINTS


NIALA – Oeuvre en cours au 15.01.23

SOUS LA DICTEE DE MES MOTS-PEINTS

Il suffit d’un ciel contrarié pour que la main aille se poser au bleu d’emblée

la mer est sous les pieds d’un macareux-moine prêt à plonger

à la pêche du premier poisson-volant qui décollera de sa vague

Ces personnages qui sont attachés à l’arbre sont toujours fruitiers

comme l’herbe a le plus beau vert qu’ailleurs

Mouvements sanguins à l’écluse du coeur

que l’aine ouvre à un amour irréversible

c’est de la vie

je vais à la ligne de la terre brulée

accoster l’île sauvage

mon Amazonie

trouver mon âne

à bord équitable

La couleur parle d’elle-même

sans mentir

sans trahir

la douceur de la chambre d’amour

centre de l’âtre où le feu crépite pour assainir le sens du langage.

Niala-Loisobleu.

15 Janvier 2023

SAISIR AU PASSAGE DE L’AIR POUR L’OISEAU


Oeuvre en cours – Niala 2023

SAISIR AU PASSAGE

DE L’AIR POUR L’OISEAU

Au cognement de lune sur les carreaux, la lumière d’un soubresaut cambre les reins du tango d’un genou glissé entre les cuisses de l’obscurité figée

L’indistinct battu au jeu dans la main, mélange les cartes pour se reconnaître dans chaque couleur

Compte le coeur, arrose le trèfle, pique des deux et court au carreau mettre la fleur de sel en cônes

Un arbre s’accroche à sa racine comme les genres dans l’étreinte par laquelle le souffle lâche ses graines

C’est en corps qu’une esquisse

pour laisser libre-court à l’âne de trouver son figuier de Barbarie non-assujetti aux violacées religieuses

Laïque démarche du chant sacré

du

le limonaire remontant la rue en se foutant de la tête d’affiche

mais en contant sur la nacre des boutons du bandonéon pour épandre le droit de vivre

sans que les nouvelles filles de joie montent en chair clamer leurs sermons de désolation

et que les porte-containers de promesses rejouent Toulon en se sabordant cette fois très justement.

Niala-Loisobleu.

14 Janvier 2023

REMONTEE DE LA PYRAMIDE


PABLO AULADELL

REMONTEE DE LA PYRAMIDE

L’embrun attiré contre les joues du quai, remonte la barque en l’isolant des sirènes embusquées

Laissant l’appât à taire, le vieux-capitaine se tourne du côté où se monde se sépare de sa peau

du corail boutonné à l’anémone au milieu de l’estuaire

il se nettoie le né en apnée jusqu’au débouchage des sinus

seul un chien tiré du noir l’accompagne

et des maisons-closes la pureté de certaines femmes sort apprendre aux puceaux à trouver le bon chenal

Du soleil maya sans sacrifice met le calendrier à jour.

Niala-Loisobleu.

14 Janver 2023