AURORALE ASSISE


HENRI MATISSE

AURORALE ASSISE

La nuit trépanée par Matisse

laisse tes formes s’asseoir sur mon cortex

entamant le voyage en chemin de faire

où la cavité de l’aisselle se creuse à bras levé

non foulée s’y tient l’herbe épaisse des coins vierges

L’odeur sauvage qui occupe la périphérie encore dans le noir tient lieu de phare

Au virage du moulin deux monticules étalés à leur aise ronronnent à flanc de côteau

A la manche à air de ta respiration je me laisse bercer

le fleuve au noeud de l’île tourne en boucle son bruit d’eau

Sous le pli du bief de ton ventre

le mascaret à la bouche de l’estuaire a rejoint les méandres des spasmes qui sortent du sommeil

Ma pensée suit tes pores en cabotage au pas de tes embruns

Au bout de l’accoudoir

les fenêtres du couloir reposent mes yeux sur tes vertes campagnes.

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Niala-Loisobleu.

31 Janvier 2023

AU PIED D’UNE PYRAMIDE


Niala, dernier tableau fini le 28 Janvier 2023

AU PIED D’UNE PYRAMIDE

Longue marche au départ de la source

dans le balayage des palmes

l’ondulé du désert

et l’excroissance dorsale du chameau à soie

Hier la Chaume sans mirage m’a livré au matin sa vision dernière

que la pirogue de tresses de roseaux

mena au couché du soleil comme on accompagne l’enfant chéri au sommeil

La belle histoire se boucle autour de l’île

Au tour du chevalet

la soirée inventoria le trésor à tenir dans le sarcophage

Ce qui fit qu’à la nuit tombée

on vit l’arc-en-ciel auréoler l’atelier

Et mon père en tête de cortège se laisser pénétrer du voyage de son fils

A chacun son Nil

ma felouque charentaise a cherché les colonnes

pour les gabarer à l’alambic de la Chaume

Quand apparut une déesse lévitant du papyrus

je reconnus Marthe à l’ambre de son regard sur la garde de l’enfant.

.

Niala-Loisobleu.

29 Janvier 2023

« MAGIQUE CHAUME » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE 61X50


« MAGIQUE CHAUME »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 61X50

Du bout des doigts

l’oeil

a remonté la jupe du temps

entre les cuisses de la colline

toujours à la ligne de flottaison des bas

où les jarretelles tiennent la chair haletante

au Nord scandinave

pour que le lac

abreuve le cheval sorti du troupeau

entre les tâches des bouleaux

Rondin de cabane

pointé

à la gîte de la forêt dense

La mer attend au pertuis le jeté d’ancre

A border tes seins et les nicher sur ma baume solaire

le quai est en gare

le convoi s’arrête au tampon de tes reins

défais ta valise

bois une blonde au contoir

Te voilà

à la sensuelle veillée sur la Carte du Tendre

comme qui débute.

.

Niala-Loisobleu.

28 Janvier 2023

TE VOILA JARDIN


NIALA 2015

TE VOILA JARDIN

Décamouflée de tes propres mains

Blancia

te voilà accrochée

Haute et ronde la pierre s’est mise en socle

L’oiseau va d’une branche à l’autre

quérir le sauvage constructible

Isolante ta peau garde l’odeur des ruts animaux

mélange de poils et musc pétri au mortier des corps

Au moment où j’atteignais ton estuaire

un coq sorti de la bruyère a ouvert tes genoux au creuset de l’airain

Soulevés par l’atmosphère tes seins décollent

au-dessus de la montagne sans voix pour crier

Je distingue chaque pore de tes escales

à n’avoir nul besoin de m’endormir au laurier

Niala-Loisobleu.

27 Janvier 2023

AUTAN QUE TU PEUX, ALAIN FINIS CE QUE TU AS VOULU ENTREPRENDRE


Niala

AUTAN QUE TU PEUX

ALAIN

FINIS CE QUE TU AS VOULU ENTREPRENDRE

Ôté de mer

le bon versant

à flan de chaîne

ici où là

une maison fera fête au bon endroit

ventre rond

du jardin

et cornes debout de la moelle

nul autre endroit plus vert

que ton herbe

à me lever ou à m’endormir

passe sur les pierres en ronde avec les lucioles

un seul caillou en paume

Sur son cheval

le Peintre

regarde le bout de son pavé

au coeur sa dernière volonté

acte

de son oeuvre d’homme

finir ce qu’il a commencé

L’accord a été conclu dans l’après-midi

L’Oeuvre de Niala

vivra Ville de Cognac

Bientôt

une

grande exposition

officialisera la donation

à Cognac

Niala-Loisobleu.

23 Janvier 2023

TRANSFORMATION DE L’ESSAI


TRANSFORMATION DE L’ESSAI

Du temps qui lasse

sans que les chaussures tiennent aux pieds

j’ai trop fatigué des jambes à courir vers un soleil qui rappelle en tous points l’Arlésienne

Alors sans rien vendre de mon âme

j’ai troqué mon genre pour celui de macareux

Il peut pleuvoir

la réserve de sel qui est sous mes yeux me tiendra bien plus loin que ce soir

j’aperçois déjà Rossinante qui m’attend au coin d’un moulin.

Niala-Loisobleu.

16 Janvier 2023

Passé la ligne…


Passé la ligne…

Barbara

s’annonce comme ce qu’il faut savoir et surtout distinguer entre le fond et l’apparence

Me voici visible à l’Ecluse

mis à niveau pour le passage

Ce monde à plusieurs faces est un épouvantail redoutant l’oiseau par-dessus tout

aussi il affute son hypocrisie pour le tromper

Par la voie du silence les jours sont baladés en émettant leurs fumées

ruses d’indiens égarant de la seule destination

La poussée du volet libérant la lumière individuelle

Celle d’un Grindel, m’est parvenue au début de l’adolescence

Le matin en quittant la ruche Verneuil, mes pas allaient à sa poésie sans retenue

Visionnaire il m’initia au Surréalisme

Seule ouverture sans limite sur la Muse

Découverte de l’Absolu

De quoi ôter au voeu son machiavélique usage

Et ouvrir sans rien vouloir dénaturer, au mystique dans toute la force de la vérité

L’amour intègre passe par l’inévitable corruption du quotidien

Je peins pour dire autrement

Elle m’entend

Barbara a toujours su la racine

le dernier tableau lui est entièrement dédié

Je lui donne en bonne année comme pour lui dire, je suis là, je tiens sans me retenir autrement qu’au chevalet, La Chaume fertile, la couleur poétique, cet enfant silencieux là, ce sein de sel, plus loin que l’infinité du chien noir, l’Autre-Monde bien réel à la plume de ses vers.

Regarde-le, Barbara, je vis dans son tissage.

Niala-Loisobleu.

1er Janvier 2023

L’atelier râtèle mes mots-peints et engrange


L’atelier râtèle

mes mots-peints et engrange

A la crôute des palettes et aux manches qui ont posés leurs poils, le nuancier a forniqué sans froideur, laissant pendre aux verrières assez de chaleur pour arriver au bord de la lumière d’un monde ténébreux. Sans se retourner sur les larmes des pleureuses, dans la ligne des cris de Camille, au fossé de la berme des fosses à purin. La grange a pourri en suivant l’enfermement animal de l’élevage en batterie. Faux-seins à me gonfler et jouets en ferraille dans les narines vaginales, tribale libération de la femme que la buée des vitres emporte. Les genoux rasant la vérité du parvis des temples à travers les marchés ambulants, camelots vêtus en Rois-Mage pour la grande distribution. Fève du loto. Chiffons d’essuie âge pour couvrir les années de veuvage de revenus. Et gratte-cul de reconnaissance de tes lardons.

Ô Lumière tu coûtes cher, mais t’es la vie !

Niala-Loisobleu.

29 Décembre 2022

Une Grange – Jacques Bertin

Peut-être, à travers les chansons
Comme à travers les trous du toit
De la vieille grange effondrée,
Appelant la fraîcheur des doigts,
De l’orage ou l’amour, on voit
Peut-être ma vie qui appelle
Ô vous savez qu’elle était belle
Anciens compagnons de ma joie

Puisque c’est vrai, tout est image
Nous sommes l’image de nous
Et dans les paumes du message
Vous voyez la trace des clous
Ô les feux allumés de l’âge !
Ne va pas prendre mal, surtout,
Et reviens, sèche-toi, sois sage
Il tombe de la mort partout

Chevaux tués, ombres des désastres
Avenirs aux jambes brisées
Éternités tombées des astres
Aux formes de lampions brûlés
Ô les bombes sur l’abbatiale !
Ô l’incendie dans le verger !
La terre est ce tablier sale
Et les couleurs se sont vengées

Puisque c’est vrai, tout est mensonge
Le regard franc, profond, surtout
Et un cancer d’argent me ronge
Puisque la mort rôde partout

Que je sois cette ancienne grange
Sans douleur au fond des étés
Et dont un peu de chanson penche
Et je ne souffre plus d’aimer !

Eté court et mauvaise donne,
Brûlant vite, elle était pressée !
Puis on voit le toit qui frissonne
Et la vieille âme un peu bouger

Jacques Bertin

RETROUVE-MOI L’ÂGE D’Y ALLER


RETROUVE-MOI L’ÂGE D’Y ALLER

Il pleut sur la mer

mes caniveaux débordent

que j’en dépasse les conventions de l’âge

Malher

m’absorbe jusqu’aux pores

d’un désir d’escale…

Niala-Loisobleu.

16 Décembre 2022

 Mahler – Catherine Ringer

C’est ton visage
Et puis tes mains
Et puis ton torse
Sur le miens

Doucement

Dans mon dos
Tu viens
Et tu me tiens

Tu me calmes
A trop de pleurs de larmes
Et je te sens serein
Quand je sèche mes mains

Ta chère a disparu
Bien que mon âme l’ait retenue
Bien que mon âme ait ton parfum
Et tu me tiens

Si tu n’étais pas mort
Je serais avec toi
On marcherait dehors
Et puis on rentrerait

Si tu étais vivant
On serait bien ensemble
On irait de l’avant
C’est beau comme on s’aimerait

Au fond de moi
Oui, c’est bien toi
Encore toi
Qui me fait rire

Là ! Ton regard
Est dans mes yeux
Oui c’est ta flamme
Et je suis deux

SE VOULOIR OUVERTE


SE VOULOIR OUVERTE

Enfourchée, les seins sortis de leurs attentes à l’estuaire de ton ventre tu viens librement te donner à la vague

Sorti de la ceinture de feu, l’oiseau tresse le nid

La monture est équine et vient brouter l’herbe là où rien ne pourrait la faire plus verte !

Niala-Loisobleu

16 Décembre 2022