QUAND L’OEIL BRÛLE (REPRISE)


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QUAND L’OEIL BRÛLE (REPRISE)

Il s’aperçut qu’elle se tenait dans cette robe de soleil que le temps froid n’avait  pas imprimée par crainte d’avoir les doigts gourds. La vie ne laisse pas toujours à l’impression un droit de choisir, elle s’impose par tant de raccourcis que ça vient comme ça peut en un éclair obscur.

Maintenant l’image se refaisant claire il était possible d’avoir les trois dimensions.

Quand j’étais enfant un bout de ficelle m’a appris qu’il possédait le pouvoir d’imaginer tout ce que je voulais. Je sais qu’à mon âge il est encore dans ma poche avec le caillou.

Le caillou c’est l’outil-multiple, ça clef comme ça coupe, rive, martèle, grave, peint, fait voler, navigue, mène.

Quand tu cabanes avec eux, le cheval se joint sur ses deux-roues comme une balançoire à deux places. Rien qu’en peau tout autour.

La texture du tapis où sont marquées les tâches faites et à faire, tape des deux poings à ma poitrine quand je la trouve assise prête à partir. Tissage, les navettes du métier d’aimer ont des fois des pentes raides à monter, le cheval se fait alors plus utile que jamais. La force qu’il est seul a posséder en ses reins arc-que-boute le quart de cercle de l’arc-en-ciel qui se mettrait à glisser.

De nouveau, il se sentit troublé. Il se remémora les pensées qu’il avait eues en voyant la grâce de ses seins.

Niala-Loisobleu – 30 Septembre 2018

MASCARET


MASCARET

Hier et ses chutes

tiennent l’agenda disponible

A part juste l’ancien tant qui remonte, je tiens debout qu’à peindre

c’est vrai que je partirai non défait de cet amour qui s’est fait trop attendre qu’à peine là il est reparti de son côté

Ô muse ma plus grande marée le cerisier a en corps ses feuilles

Niala-Loisobleu – 17 Septembre 2022

ANNA MARIA CARULINA CELLI …EXTRAIT


NIALA « VIBRATIONS » – 2010 – Acrylique s/toile 65×54 – Collection Privée

ANNA MARIA CARULINA CELLI …EXTRAIT

Faire survivre à chaque instant

Recommencer le temps

Une maille endroit, une maille envers

Le tricot que l’on trame avec la chaîne de la peau

Incessamment nous dévêt

Tels les premiers hommes qui n’avaient pas

Rêvé à la pomme d’or

Nous errons d’un espace à l’autre

D’une heure à l’autre

Dans l’ignorance de notre nudité

Nous sommes nus

Nous sommes vus

Le méconnaître fait notre arrogance

A quel moment l’oignon fait-il oeuvre de dépouillement ?

Chaque couche, chaque strate, chaque masque

Est le reflet d’un vêtement transparent

Il nous révèle plus qu’il nous cache

Quand d’une ombre fugace nous couvrons notre tache

Quoi? Quelles sont les forces en présence?

De quel poids penchent les plateaux de la balance?

Les dieux rient de nos guerres et de nos larmes

L’aiguille du fléau glisse toujours du côté du vide

Etrangement

Les sillons que nous gravons sur la terre

A la lueur de la genèse de la première salve de vie

Ce presque rien qui tend à tout

Ne sont que des signes éphémères

Les mots d’une lettre par un absent adressée à une absente

Les mouchoirs blancs agités sur les quais

Avec le pressentiment qu’il n’y aura jamais aucun retour

Nous ressassons la même histoire

Depuis des milliers d’années de mémoire

Une maille envers, une maille endroit

Tout à l’heure, un mouchoir est tombé

Quelqu’un a pleuré, dormi, ne s’est plus réveillé

Faire survivre l’acquiescement à chaque instant

Recommencer le temps

Le temps d’un voyage sans espace

Puis, se recroqueviller de guerre lasse

Flétris, fanés, en nous semant aux quatre vents

Le vent

.

ANNA MARIA CARULINA CELLI

FAIRE VENIR DU PROFOND BLEU 2


NIALA – Etat d’avaancement à 11h

FAIRE VENIR DU PROFOND BLEU 2

Le cheval est sorti des stalles

remontant la rivière par le coin des marguerites il a fait le tour des pétales, en concluant par les bretelles et le porte-jarretelles

Peinture chaude à point dans l’expression du genre onirique

odeur d’herbe foulée

bordé de mer

dans le marais-salant

le coquillage lentement mâché sans beurre

Sur le glas d’accompagnement un cortège de lucioles n’attend pas que le soleil tombe

il le glisse sous le couvercle

les larmes sont toutes de vie sur la palette.

Niala-Loisobleu – 5 Aoüt 2022

FAIRE VENIR DU PROFOND BLEU


NIALA – OEUVRE EN COURS LE 5 AOÛT 22

FAIRE VENIR DU PROFOND BLEU

Sables raclés faire sortir le roc d’assise

trépidations des sabots

un panache de bulles déploie sa crinière

Depuis les seins libérés à l’inspiration nasale le rut monte sans s’occuper de Sisyphe, la pierre est à faire polir

En ces temps précaires remettre sa vie à demain est d’une lâcheté sans pareil, certes l’amour se garde à jamais, mais mettre son corps à jeun de son vivant est le déclarer mort à l’arrondissement

La vague secoue le tronc les fruits tombent

Polyphonie de l’écorce sort de la peau au grain futur du noyau.

Niala-Loisobleu – 5 Août 2022

LE REGARD DE L’AUTRE CÔTE


LE REGARD DE L’AUTRE CÔTE

Volets clos dans la chambre de l’heure dépassée le coeur a cessé de sonner

seule une odeur de taire remué gerce les sauts du chien derrière la porte du matin

l’usine à marées continue d’embaucher alors qu’on ne trouve plus le sel dans les ingrédients d’une cuisine

Un oiseau de passage signe la fiche d’hôtel sans ouvrir sa valise comme s’il voulait revisiter l’étape en prenant son tant

Il n’existe pas de missel pour dire la messe funèbre d’un trou sur la route intime

plus les mots s’abstiennent plus le beau du parcours se bouscule sans liens d »état-civil

J’ai vécu des grandes douleurs avec des êtres que je n’avais vus que dans mon âme, plus loin que dans mon sang

J’en déduis que le sentiment a des résidences totalement étrangères à son domicile

la peinture m’a fondé l’esprit à cette certitude

par la beauté de ce genre de tristesse qui en découle à l’abri du décorum de cérémonie

très tôt ce matin mon père m’attendait à l’atelier, j’ai peint sa pensée, je vous assure qu’elle courrait comme un enfant qui a envie de connaître sa mère pour découvrir la joie.

Niala-Loisobleu – 4 Août 2022

MAINTENANT QUE LA JEUNESSE – MARC OGERET/ LOUIS ARAGON


NIALA

Marc Ogeret
MAINTENANT QUE LA JEUNESSE
Louis Aragon, musique: Lino Leonardi, 1948

Maintenant que la jeunesse
S’éteint au carreau bleui
Maintenant que la jeunesse
Machinale m’a trahi
Maintenant que la jeunesse
T’en souviens tu souviens-t’en
Maintenant que la jeunesse
Chante à d’autres le printemps
Maintenant que la jeunesse
Détourne ses yeux lilas

Maintenant que la jeunesse
N’est plus ici n’est plus là
Maintenant que la jeunesse
Vers d’autres chemins légers
Maintenant que la jeunesse
Suit un nuage étranger
Maintenant que la jeunesse
A fui, voleur généreux
Me laissant mon droit d’aînesse
Et l’argent de mes cheveux

Il fait beau à n’y pas croire
Il fait beau comme jamais
Quel temps quel temps sans mémoire
On ne sait plus comment voir
Ni se lever ni s’asseoir
Il fait beau comme jamais
C’est un temps contre nature
Comme le ciel des peintures
Comme l’oubli des tortures
Il fait beau comme jamais

Frais comme l’eau sous la rame
Un temps fort comme une femme
Un temps à damner son âme
Il fait beau comme jamais
Un temps à rire et courir
Un temps à ne pas mourir
Un temps à craindre le pire
Il fait beau comme jamais.

Louis Aragon

« BORD DE MER » – NIALA – ACRYLIQUE S/TOILE 46X33 – PRIX: 450,00 €


NIALA

« BORD DE MER »

NIALA

ACRYLIQUE S/TOILE 46X33

PRIX: 450,00 €

La tarte aux prunes dévale la descente au port

odeur d’un quatre-heures de Dimanche libre de droits

Les pirates prenaient mon assaut, sabre au clair, en ce tant de Vallières l

grande conche au grand-écart

Je me remémore mon accostage à St-Georges-de-Didonne au départ de Paris comme un pan de vie qui quitte sa chemise pour regagner sa peau

L’Atlantique traversé à partir de l’estuaire dans la lumière

Cordouan l’a fait tourner jusqu’au Cap Vers

De ce qu’il reste beaucoup sont définitivement partis, j’ai le roc qui demeure sous la table d’orientation

sans croire que l’on pourrait m’écrire si ce n’est par erreur comme un enfant ingrat pris de cafard

Un violon sur le sable pose Juillet aux pieds des arcades…

Niala-Loisobleu – 31 Juillet 2022

MOTS-PEINTS A DECOUVERT 1


NIALA – J’HABITE L’ARBRE- 2012 – ACRYLIQUE S/TOILE 61X50 – PRIX: 650,00 €

MOTS-PEINTS A DECOUVERT 1

D’un pas en arrière tirer du brouillard le bout solaire d’une confession de foi

les voix impénétrables demandent ailes à l’oiseau pour sortir courir les prés sans clôtures

Là, vibrant, est l’arbre ésotérique qui m’habite

feuillu comme une sève philosophique d’où sourd le noyau de la pierre à la flèche du transept

Ronds-de-bosses, tympans, que les chapiteaux en tête des colonnes ornent des bêtes en animale humanité

tenus par des lierres en moucharabiehs pour retenir les yeux dans l’expression charnelle

et la vue dans le silence de la langue qui jappe

Des chevaux attelés au sens second de l’existence, tirant l’équipage vers les luminaires…

Niala-Loisobleu.

30 Juillet 2022

AUX ROULIS DE MA FENÊTRE


AUX ROULIS DE MA FENÊTRE

Quittant les bords du lit de la rivière

j’arrive aux écluses de mes cataractes

et mange de ma mémoire ce que je n’arrive plus à penser ce que j’ai pu croire

Tu t’es renversée d’un arc de reins de walkyrie

au silence plus sonore qu’un passage de mur du son

Quand le bleu se déchaîne la libération part dans tous les sens

sans que ça trouble le moins du monde les moissons de regains qui en dépit des jambes tiennent ma main-gauche en soc

Ah labour…

Quelque part dans un coin du monde des grands fauves reviennent aux forêts du début, je ne partirai pas sans en avoir tailler ma pirogue

ni m’avoir versé des menthes dans un vert d’ô gazeuse

D’ocres surgissant le cheval aboie et le chien hennie, des tomates grosses comme un cul rougissent sans honte

l’abricotier colle tout autour de ma branche son écorce de velours humide

je vais jouir dans le capiton de ma cellule

Jamais comme depuis longtemps l’en vie de peindre ce besoin de vie ne m’avait coulé des pores, sans doute suis-je cerné par la mort. Ceux que je n’ai pas réussi à quitter bien que partis me rappellent ce type de stigmates qu’on peut sortir du fond de sa poche-restante

Dire que le feu me monte au moment où la canicule se repointe, c’est ma seule angoisse , je voudrai pas être interdit d’atelier sans pouvoir l’exprimer

Entasser mon oeuvre, toile lune contre l’autre, c’est briser la coque de l’indifférence.

NIALA-LOISOBLEU.

29 Juillet 2022