DES CAILLOUX DE MA POCHE 10


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DES CAILLOUX

DE

MA POCHE 10

Sur un départ du quai de la transhumance tu es venue à la proue en figure

Ah tite Annic est dégommée

Le genou posé à la chapelle de Camaret a publié sans rien garder afin de sortir la rumeur par la trompe d’Eustache

Qui mieux que toi pourrait savoir la vibration des cordes vocales ?

Au galop du cheval le chien a rejoint l’hennissement de la criée d’un retour de pêche

Chanter et ne plus rien faire que s’ouvrir l’aqueux qui fait le boeuf des percussions au débouché du cuivre

Bleu du blues

Sur l’élévation cathare nous avions gardé du feu autre chose que la rage destructive des comtes de Toulouse

Autan Occitan ça te dit plus que quelque chose

Disons twoo et rein d’autre

L’enfant sait lui ce que la vie donne

M’aime sans pouvoir de parole

Ainsi font les marionnettes qui s’expriment du beau avec sa ficelle et non du masque de car naval opérator

Je suis de tes voyages l’oiseau qui fait tchou-tchou.

Niala-Loisobleu

18 Octobre 2021

EL CANTAR TIEN SENTIDO – ISABEL PARRA


El cantar tiene sentido – Isabel Parra

Chanter a du sens
El cantar tiene sentido

Chanter a du sens, de la compréhension et de la raison
El cantar tiene sentido, entendimiento y razón

Chanter a du sens
El cantar tiene sentido

Hé, mon amour, ma compréhension et ma raison
Oye, mi amor, entendimiento y razónBonne prononciation
La buena pronunciación

Bonne prononciation, instrument, oreille
La buena pronunciación, el instrumento, el oído

Bonne prononciation
La buena pronunciación

Hey Julian, l’instrument, l’oreille
Oye, Julián, el instrumento, el oídoLa nuit me fait tomber amoureux plus que le jour
La noche me enamora más que el día

Mais mon coeur n’est jamais satisfait
Pero mi corazón nunca se sacia

La nuit me fait tomber amoureux plus que le jour
La noche me enamora más que el día

Mais mon coeur n’est jamais satisfait
Pero mi corazón nunca se sacia

Sentir le passage de la lune
De sentir el paso de la luna

Que dans le silence de l’ombre voyage
Que en el silencio de la sombra viaja

Sentir le passage de la lune
De sentir el paso de la luna

Que dans le silence de l’ombre voyage
Que en el silencio de la sombra viajaLà-bas, un navire arrive
Allá afuera, viene un barco

Et dedans, mon amour vient
Y en él, viene mi amor

Là-bas, un navire arrive
Allá afuera, viene un barco

Et dedans, mon amour vient
Y en él, viene mi amor

Tes yeux me regardent
Sus ojos me están mirando

Au pied du grand mât
Al pie del palo mayorEt cette couronne qui roule sur la plage
Y esa corona que por la playa rueda

Cette couronne, à qui sera-t-elle ?
Esa corona, ¿de quién será?

Cette couronne, la vie, appartiendra à un marin
Esa corona, vida, será de algún marino

Qui a fait sa tombe au fond de la mer
Que hizo su tumba en el fondo del marEst-ce que chanter a du sens
Es que el cantar tiene sentido

Chanter a du sens, de la compréhension et de la raison
El cantar tiene sentido, entendimiento y razón

Chanter a du sens
El cantar tiene sentido

Hé, mon amour, ma compréhension et ma raison
Oye, mi amor, entendimiento y razón

JACQUES BERTIN – UN VOYAGE


JACQUES BERTIN

UN VOYAGE

J’ai retrouvé dans la coque la vieille fêlure
L’humidité qui suinte comme l’éternel poison
Et j’ai pleuré, assis la tête contre la cloison
De l’autre côté le moteur battait son chant profond
Celui qui vient de l’enfance
Et dont les basses fréquences
Toujours ont raison

Où tu vas poser ton sac
Fais un lit avec tes larmes
Il flottait dans cet endroit une odeur de goudron et d’urine
Gravé dans le travers de la blessure on distinguait un nom
Une illusion ou un message ou une marque de fabrique
Le monde passait contre les hublots lentement comme un monde
Les façades prétentieuses croulaient dans les angles morts
On voyait des visages de femmes glacées et pensives
Marquant la brume comme d’immatures soleils d’hiver
Je ne sais pourquoi je me bats le bateau me conduit dans l’aube
Ah vers la haute mer, bien sûr, comme chaque matin
Je me retrouve faisant mon méchant trafic dans un port incertain
Il faut payer cash, en devises fortes et avec le sourire
Je ne sais pourquoi je me bats. J’ai pleuré dans la chaleur torride
Le monde est beau ! Les femmes se donnent avec des airs de s’oublier !
Nos victoires sont devant nous qui nous tendent la main !

Où tu vas poser ton sac
Fais un lit avec tes larmes

Jacques Bertin

DES CAILLOUX DE MA POCHE 9


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DES CAILLOUX

DE

MA POCHE 9

Au bord du trottoir, penché sur l’eau qui coule roulent les dernières billes

Et l’arbre dépasse la ligne de flottaison

Ses dernières feuilles jetées à l’écriture de lin

De son bec

L’oiseau

Soulève le couvercle de la boîte de couleurs

Pêle-mêles d’un sépia de Verneuil à l’outremer d’un sein en archipel

Des visages clignotent autour du phare

La barque est plaine

Presse le tube jusqu’aux reins

C’est blanc comme Titane là où le Zinc décolle

A la main

La vie envoie la balle au Jeu de Paume

Mélange de revers

Attrape c’est un coup droit

Une dernière fatigue a débattu

En corps

Les Matinales

Doublent le ralenti des jambes d’une histoire d’amour qui se demande

La vapeur

De bateau à voiles si ça peut finir par déhaler du rail…

Niala-Loisobleu

17 Octobre 2021

DES CAILLOUX DE MA POCHE 5


DES CAILLOUX

DE

MA POCHE

5

Nous n’avons pas reçu d’informations au sujet d’un choc frontal, au contraire la température des couleurs est restée optimale

Les arbres occupés à semer leurs feuilles l’ont même fait en frissonnant

Je me souviens des marques laissées sur le trottoir, tout autour de la fontaine, elles hennissaient d’une crinière à l’égal de l’aqueux. Ce matin un brouillard résiduel ne devrait pas résister au lâcher d’eau du caniveau

Les Frères Ripolin ont échafaudé la façade de chaque côté des grandes fenêtres où l’oiseau niche. La boule de cristal de la rampe de l’escalier principal en tira d’heureuses conclusions. Si l’oiseau peint l’ambiance que tu dégages de sous ta jupe-courte est longue d’espérance. Il n’y a de soleil qu’à l’orée du poil de pinceau. Aujourd’hui ce n’est plus à prouver, nous en avons la certitude

A présent que le rendez-vous du 3° rappel est pris pour le 21, le masque accepte le partage de prévention. Seule la grippe a manifesté son impatience, je lui ai mis ma belle écharpe ramenée de Crozon autour du cou. Elle a fini par accepter d’attendre le mois de Novembre pour me piquer l’anniversaire

Je voudrais que tu saches que les petits que je fais sont bien ressemblants à que tu m’amènes à grandir dans mon ressenti naturel. Je regarde l’état des lieux du monde actuel avec les retouches qui m’importent d’apporter. Avec application pas dans un cadre électoral

La bataille du raille est d’un grotesque qui hélas n’apportera rien de positif dans l’opposition des genres

Au point que le dernier compagnon en a eu marre et a jeté les gants sans que ça change quoi que ce soit. Au contraire les mômes partent de plus en plus en bouillon de moules…

Embrasse-moi comme je cabote tous tes pores.

Niala-Loisobleu – 14 Octobre 2021

DES CAILLOUX DE MA POCHE 4


DES CAILLOUX

DE

MA POCHE

4

Tirés de mon bateau de nuit par le couteau d’un rayon de lune les pièces du rêve s’approchent de la fenêtre du rivage

Les treilles du ciel détachent avec peine cette impression que le toucher des grappes amène en silhouette

Dans ma mémoire, le patio à l’endroit qu’elles lient d’un bord à l’autre des façades montre son intime recoin, la table n’a pas été débarrassée du tête-à-tête qui a prolongé la soirée et je reconnais le chapeau qui tomba en premier de ton strip-tease sur le rocking-chair en rotin

La fontaine insomniaque n’arrête jamais ce bruit de vie sans heures

Pourquoi parmi les fleurs qui passent alentour j’ai l’image des cosmos montés sur leurs tiges en échasses ? Leur finesse dans le suspendu floral déclenche un processus organique dans ma relation entre toi et la couleur. Ils impriment au tissu des murs blancs la gamme des champs

Je vais noter à l’encre de chine ce que tu ne m’as pas donné, la couleur en écartera toute espèce de manque

Comme cette maison des abeilles ruche mot à mot la peau des figues au centre du jardin…

Niala-Loisobleu – 13 Octobre 2021

DES CAILLOUX DE MA POCHE 3


DES CAILLOUX

DE

MA POCHE

3

Dans l’herbe hôte où fleurit la marguerite monte ton accord à la corde lisse

Sol vibrant aux ricochets du coeur

A côté du lavoir les commères se râclent la voie

Le cheval est dressé

Il s’échauffe un retour parallèle sur la Chaume

où le tilleul en perdant sommeil ouvre des doigts l’étui de l’automne

Je t’effeuille vivante à l’appel

Niala-Loisobleu

12 Octobre 2021

DES CAILLOUX DE MA POCHE 2


DES CAILLOUX

DE

MA POCHE

2

Sous le fenestron passe le zinc de la lèvre ouverte de la gouttière

pas n’importe quel soleil y coule

d’aucuns diront « quelle veine »

connaissant Marthe mon aïeule en vécu, bien que l’erreur puisse être humaine, je ne pourrai entrer dans cette façon de vivre livrée à la chance

C’est le faire qui bat qui forge, disait-elle

l’oiseau garde d’aile le pied mouillé de cette émotion du champignon de rosée du matin qui lève

Les petites-maisons blanches s’épaulent aux contreforts des rues qui montent à Paname, prêtent à mettre le Guadalquivir en Seine au pas de danse d’un cheval d’Ecole Royale plus effronté que ton chat qui vient s’étirer sous mes yeux quand j’ai la branche qui gonfle

Oui Xeres avec moi, Ma j’ai la main qui démange de te peindre

Tu vois l’effet du Pommeau ce que ça fait surmoi, les vitraux transpercent sans laisser passer l’ombre

Les fils que j’ai eu en Bretagne ne sauront jamais rien de ce que leur père avait d’esprit de suite. On a passé le tropique sans fête de la mère, ce qui n’a eu aucun effet sur le grand pavois. La marine n’épave que les faux-Capitaines

A l’accordéon d’un couloir de l’amor je pose l’étui d’un autre automne

rue de Siam

Gardant l’image d’un monde dépassant la merveille tronquée tant l’amour qu’il ne cesse de m’inspirer développe le contraire de son extinction

Mords au con.. Sade te dit quête euh chose ?

Niala-Loisobleu – 12 Octobre 2021

DES CAILLOUX DE MA POCHE 1


DES CAILLOUX

DE

MA POCHE

1

Du trait de cheval et du tanné de la courroie le harnais soc à taire au triage du grain et de l’ivraie

Soudain l’homme mûr d’une enfance à boutonnière gagne la vue de l’oeil qui grave dans son acide

Eau-Forte sensitive à percer la plaque

Née de l’incision du derme d’un voyage poussé cette fois plus loin

Sur la flèche de chapelles non éparses l’oiseau ne s’est pas posé, il a tendu l’arc pour un décochement vertical

Aux gouttières taiseuses l’ô versant alors son fluide a décapé de l’obscur en veux-tu en voilà

Tas de pois les rochers éperonnent le ciel bas en crachant le fourbe

Les pointes bretonnes banderillent les petits matadors roulant la caisse de leur ignorance sur l’estrade où la lâcheté se donne en scène, brutale et méprisante pour le respect inné

Comme du granit la bruyère trouve à boire à l’âme

La croix du cimetière porte à s’entourer d’une présence humaine

D’où l’envie de sortir mon cul de l’habit des convenances derrière lesquelles cette société inhumaine s’abrite

Là où le banc pour les phoques se passe de ballon rouge la charpente renversée est d’un bleu qui va au levé des retables mis dans la perspective de la puissance des colonnes

Je s’aime autrement

Là c’est une certitude de l’absolu

Niala-Loisobleu – 12 Octobre 2021

QUAND L’EAU DOUCE SE SALE


QUAND L’EAU DOUCE SE SALE

Douloureuse rotule à la recherche du mouvement résolu

les cliquets des vertébrales décoincent dans l’éloignement du quai

sur le lé de côte un vol d’oies sauvages s’est attelé

ça vole gars

le cabestan du bassin ouvre l’écluse des cuisses en estuaire

monte alors du soupirail l’odeur de croissant chaud

que les mains au trottoir chargent dans le tri porteur

nous laisserons les seins de marbre aux carrières pour sentir battre la ligne de vie à la paume

j’amène le soleil pour charger le rayon à cul d’un bord à l’autre des ridelles.

Niala-Loisobleu – 12 Octobre 2021