ON NE VIDE PAS LES FLEURS


ODILON REDON

ON NE VIDE PAS LES FLEURS

Le soleil attisé par l’erreur de comportement inhumain se perd dans un feu d’enfer tournant autour de l’Arbre de Vie en serpent au venin létal

Si la terre est bien le seul vase qui ne coupe pas les fleurs

du calice utérin

je garderai le dernier mot du pétale dans la bataille pour le toit contre l’arnaqueur.

Niala-Loisobleu 9 Juillet 2022

ALLANT VERS


ALLANT VERS

L’impénétrable tourné de chaque côté

dessous et dessus

creuser n’importe où pour assoir son cabinet de méditation

à l’endroit

tient plus debout.

Niala-Loisobleu

DANS LE FROID DES CHALEURS A LA TRAÎNE


DANS LE FROID DES CHALEURS A LA TRAÎNE

L’observation humaine note le changement de réglage de la hausse de l’arme constructive. En baissant son oeil en marchant, l’homme a fini par ne plus voir que le bout de ses pieds et à force d’araser à ne laisser qu’un marécage inhabitable autour de lui

La lumière humaniste disparue c’est le moi soumis à ses divagations les plus erronées qui prend les manivelles

J’en ai rien à secouer de savoir que tu existes, je dois trouver ce qui me donne que jouir à vivre, point barre

La nature a été la première à en subir le choc

Elle marche plus que sur la tête et encore

Les grandes embuscades du Moyen-Âge qui rendaient parait-il la traversée des forêts hasardeuse, ont-t-elles chassé l’Esprit durant cette période de l’histoire ?

Non l’être primitif a respecté le pacte qu’il avait avec la racine-mère. Les dernières tribus sauvages qui restent aujourd’hui sont en voie de disparition par la contamination du monde évolué, pas par leur précarité existentielle. Ils vivent dans la forêt, savent les arbres à médecine, le pouvoir des pigments mis en peinture sur le corps, la sagesse des pierres, le bon passage des eaux en fonction de leur position dans la carte du ciel, ils parlent toutes les langues fauves dans l’intelligence du sauvage de l’animal. Ils savent la nécessité d’avoir un ordre, de faire l’apprentissage de la force. L’auto-proclamation n’existe pas dans le monde où chaque minute est une confrontation avec les forces établies. Avoir un chef c’est suivre un Rite. On ne vit pas pour devenir puissant. Il n’y a pas de monnaie, que du troc. La connerie reste limitée au pourcentage d’équilibre vie-mort naturel. La vie est transmissible pour la simple raison qu’elle est incomparable et seule à gérer la beauté par la vraie poésie

Les écoles sont pas venues tout vicier avec leur système de notation qui, en devenant la règle seule à utiliser pour tracer un trait, ont mis la compétition pour seul sens de vivre

Eux ce sont des adultes, des vrais pas des fiottes, qui font leur traits à main levée toute leur vie comme l’enfant

La couleur est partout

Dans le moindre mot qu’ils prononcent, dans l’étreinte qu’ils ont sans devoir se couvrir, dans la culture du jouir au sens intrinsèque

Plus que jamais dans ce qui nous menace et pour ce qui me reste à vivre, je m’accommoderai avec ce qui se trouve, mais en discernant comme le sauvage la plante utile de la plante nuisible

Le profit est la calamité du monde.

Niala-Loisobleu – 10 Mars 2022

A QUELLE HEURE MELUSINE DOIT-ELLE PASSER ?


A QUELLE HEURE MELUSINE DOIT-ELLE PASSER ?

Le contrevent bat son pouls sur la façade

pendant que, derrière le garde-fou, l’attente s’impatiente

Qu’ont-ils encore fait de la lumière ? maugrée le jour en traînant du pied

Peau de balle, furent les derniers maux du désespéré quand son doigt pressa la détente.

Niala-Loisobleu – 4 Février 2022

NOUVELLES VAGABONDES


Zwiebelblumen in Töpfen unter Zierkirsche (Tulipa ‘Apricot Beauty’, Muscari, Hyacinthus)

NOUVELLES VAGABONDES

Glissant sous les obstacles les pensées restent chaudes du choix intime

dans le geste comme dans la parole

Le moindre mouvement des branches délivre à la fourche de l’estuaire l’effet direct et secondaire

En traversant le jardin l’oiseau a tout dit de lui dans la grande jarre puis s’est posé au fond du ravin pour boire avant de monter cueillir des fruits

Du bouton de la fleur, un parfum d’une voix de femme a commandé un taxi.

Niala-Loisobleu – 31 Janvier 2022

LE BLANC DE L’HERBE


LE BLANC DE L’HERBE

L’avoir ce chant d’eau des lavandières avec les chevaux buvant comme ils ont tiré droit les sillons

d’où sort leur rire mouillé jusqu’aux seins à grands coups de battoirs

Roulés-boulés à la brouette des galipettes

viennent fusionner les pâquerettes pour te faire sentir l’herbe folle et les chaleurs de la chienne

quand nous irons au lit tressés comme l’osier des vanneries cueillir les étoiles.

Niala-Loisobleu – 23 Janvier 2022

EXTINCTIONS DE MINES


EXTINCTION DE MINES

En se brisant la mine du crayon avale chaque syllabe du son ne laissant rien sur la feuille

Le froid râpe le tapis au point de ne plus comprendre la forme mosaîque qui sort par endroit du sable

Manque cette chaleur à la patience pour boucher le trou du puzzle

Entre le tableau du matin et la cécité d’Orange l’article regarde où il trouverait à sortir du vide

Niala-Loisobleu – 14 Janvier 2022

SOUS LA PORTE


SOUS LA PORTE

A la barre de seuil, mettant la coque à la gîte, il se penche pour voir sous la porte, dans l’enchevêtrement des racines, le moyen d’en sortir

Tapie au dernier étage la bonne impression est là qui suce son pouce, tranquille comme Baptiste

Des convois venus de Chine trimballent des hommes en rouge avec un barbe blanche

Avisant un trône pour la photo, il sort le moutard des genoux de sa mère et lui sourit en sautant dessus à cheval

Dans la yourte sous la peau d’ourse le feu gagne

La dernière fois qu’il a fait la fête c’était quand ?

Il fouille dans un vieux catalogue de la Redoute, merde, le stock est épuisé, alors il court se faire un cheval de bois pour remonter au début de l’histoire en se rappelant le coup de Troie

Au fond du jardin pousse un cri

Il ne se retourne pas et entre sans frapper (il a été élevé courtois)

à cette époque revenir sur le passé ça peut contenir le risque d’être accusé

Ce musicien que l’eau n’a pas noyé est toujours sur le trottoir

Même endroit

vers l’ô paiera

contre la borne de la porte cochère.

Niala-Loisobleu – 10 Décembre 2021

FLOU ÂGE


FLOU ÂGE

D’abord relever le plane, aéro insensé d’Icare qui joue en boucle dans l’ascenseur

Quand la diagonale monte un saint sauter du soutif sans attendre l’arrêt

Il se peut que par la lunette-arrière bien des choses s’éclaircissent seulement le fleuve va toujours à sens unique. Sans chercher à donner un pot de vain à l’éclusier, parfois l’écopage de buée ramaille

Et trouvant du bleu sous la chemise blanche, là où son amour avait le plus appuyé, il ourla une boutonnière pour pêcher à la main le sauvage qui demeure

La bricole à l’épaule René me fait traverser Paris pour déménager la pendule qu’il m’a remise à l’heure comme Marthe avait jeté son dévolu sur la petite écuyère du cirque à marre

Et c’est à la verticale que mon sexe crève la surface de son oeil de cyclope

Alors en sous-marin ma foi de baie-ber tient debout jusqu’à ce que la marée basse rentre se coucher.

Niala-Loisobleu -7 Décembre 2021