ENTRE LA CONSCIENCE ET LE DARD


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ENTRE LA CONSCIENCE ET LE DARD

L’abeille contrôle l’emplacement des fleurs avant de choisir la chaise où s’asseoir où l’apporte mène au bout du couloir

Quelques vieux brocs, cuvettes et bouts de gouttière réunis de ci de là pourraient bien ramener l’eau qui fait défaut

Sur l’étable une peau de vache ne désemplit pas l’épiderme du blé

Il y a dans ce jeu de mots aucun métastase embusqué, j’ai vérifié avant que tu n’entres tes seins en cage

plus gais que des moinillons sans se tourmenter pour l’âge j’ai gobé les paroles de leur matinale

Puis en entendant arriver les moissonneuses du miel j’ai ratissé l’herbe de tous les débris d’orages.

Niala-Loisobleu – 24 Mai 2022

PRIMITIVISME


LES DEMOISELLES PICASSO ET LE PRIMITIVISME

PRIMITIVISME

Aux parois pariétales de ta caverne combien d’échos se renouvellent en mes doigts quand je les écoutent vibrer et les suis mufle collé à leur piste

il y a là, tout au point de départ ce qui manquera toujours au naïf

De la fourrure autour des lèvres de la gueule animale à la sécrétion fluviale où le corail vit pour nourrir les battements de l’anémone

Création du Monde, gigantesque humilité

Attaché du nombril resté je monte à l’élastique sans jamais en descencendre comme les abrutis du vide qui croient impressionner sans une goutte d’ancre

Et dans l’ELLE la nourrice des seins traverse sans obliger à faire le plein

La bouche ouverte aujourd’hui boire à même le ciel quelle régalade !!!

Niala-Loisobleu – 23 Mai 2022

FEU DES TERRES


FEU DES TERRES

Emiettée la paume de peint joint ses terres aux ocres des pots emboîtés

Les ciseaux en bordure mesurent l’élévation de température

Placés en vigilance nous sommes au coeur des orages

et les vagues redoublent de force devant l’indifférence des baigneurs faite au drapeau rouge

Au frais d’un rosé La Base Aérienne a rentré son meeting

le ciel est calme jusqu’à ce que le tonnerre décolle

Au frais d’un rosé je vais goûter la Provence autour d’un confit d’oie avec des pommes sarladaises.

Niala-Loisobleu – 22 Mai 2022

LA PORTEUSE DE PEINT


Pablo Picasso

LA PORTEUSE DE PEINT

Des ailes des moulins parcourent des chants de farine , le froment tire la barbichette à l’orge, un cheval laboure sur les notes que le sable des vagues perce dans la barbarie faite orgue

Tendre et pure viennoiserie qui Danube

-Laisse hâler c’est une valse, dit le père en faisant le tour de la mère pleine de vie

Il y a comme un plus loin qui dépasse le vide dans cette peinture visionnaire du regard le plus noir du taureau le plus humain que je connaisse

C’est plus fort que l’absence le flux végétal en présence.

Niala-Loisobleu – 16 Mai 2022

L’AUTRE CERISE


L’AUTRE CERISE

Nouvelle branche de chaleur

là-bas la mer marche en se foutant de l’éclipse de la pleine qui arrive

Il y a dans le vide ce qui est présent et se tait mais qui s’arrête pas de courir

Et m’aime que ça pialle

l’oeuf de pouls dans une chaleur d’herbe libre…

Niala-Loisobleu – 14 Mai 2022

« Il faut beaucoup d’expérience pour devenir naturel »…


NIALA

« Il faut beaucoup d’expérience

pour devenir naturel »…a écrit Willa Cather

Voilà un moment que je pense avoir touché cette rive où je pense sincèrement que tout est en corps vierge. Au contraire de ce monde usé , sali par tant de rouerie, que plus rien n’a de naturel, où le larron parle de ce qu’il n’a jamais été comme des pays où il n’as posé le pied dans un décor de mots si grandiloquents que le lis en rougit. En ignorant et pour cause ce que fut l’homme dans l’évolution avant qu’elle ne s’inverse.

Pourtant je crois en l’existence cachée du minéral et du végétal que le silence protège des mots de la mauvaise musique. Les expériences humaines accroissent l’authenticité. La spontanéité détecte sans erreur le profond en s’écartant de la surface.

LE PEINTRE travaille à main nue, il ne prend pas de gant

C’est une vertu pas un risque

Au bord du naufrage Pi m’inspire plus qu’un repas à la table du Commandant du Titanic. L’iceberg a sorti les dents pendant qu’ils dansent

Il reste vivant le Groupe des Cinq

GILLES ELBAZ vole très haut fidèle à Jacques Bertin, de l’espoir non bafoué dans la musique honnête des mots

Comme les luminaires, ils ne se trompent pas

« Il faut rêver longtemps pour agir avec grandeur, et le r^ve se cultive dans les ténèbres »…

a-dit Jean Genet.

Niala-Loisobleu – 12 Mai 2022

TON VERT M’EST SI PLEIN


TON VERT M’EST SI PLEIN

Qu’il écarte le vide si loin que ta peau veinée de bleu démarbre tes seins pour me conduire aux rizières de ton ventre

Buffle alors je tire de mes reins le pudique de plusieurs mots crus que tu soulignes

Le Peintre passe au N°2

du feu dans la gorge…

Niala-Loisobleu -10 Mai 2022

La Vie d’Artiste – Léo Ferré


Léo Ferré

La vie d’artiste – Léo Ferré

É

Je t’ai rencontrée par hasard
Ici, ailleurs ou autre part
Il se peut que tu t’en souviennes.
Sans se connaître on s’est aimés
Et même si ce n’est pas vrai
Il faut croire à l’histoire ancienne.

Je t’ai donné ce que j’avais
De quoi chanter, de quoi rêver.
Et tu croyais en ma bohème
Mais si tu pensais à vingt ans
Qu’on peut vivre de l’air du temps
Ton point de vue n’est plus le même.
Cette fameuse fin du mois
Qui depuis qu’on est toi et moi
Nous revient sept fois par semaine
Et nos soirées sans cinéma
Et mon succès qui ne vient pas
Et notre pitance incertaine.
Tu vois je n’ai rien oublié
Dans ce bilan triste à pleurer
Qui constate notre faillite.
 » Il te reste encore de beaux jours
Profites-en mon pauvre amour
Les belles années passent vite. »
Et maintenant tu vas partir
Tous les deux nous allons vieillir
Chacun pour soi, comme c’est triste.
Tu peux remporter le phono
Moi je conserve le piano
Je continue ma vie d’artiste.
Plus tard sans trop savoir pourquoi
Un étranger, un maladroit
Lisant mon nom sur une affiche
Te parlera de mes succès
Mais un peu triste toi qui sais
 » Tu lui diras que je m’en fiche…
que je m’en fiche… »

ROND COMME


ROND COMME

Comme un jour à sac de billes

ça roule grand circuit callipyge

de bas en haut

ma déesse

Le chemin mis de côté va repartir dans les roues dentées solaires de ce jour

trotteuses qui balancent, jumelaires, au souffle pulmonaire dans la gorge et chien noir qui renifle en tirant la langue au bas des reins

Au ricochet ajusté, le gué pêche à la mouche la roseur qui passe en battant des nageoires

Loup y es-tu ?

Allons au bois

Niala-Loisobleu – 5 Mai 2022

DES MAINS PAR JACQUES BERTIN


Paris, Théâtre De La Ville 1984

Des Mains par Jacques Bertin

sur Paris, Théâtre De La Ville 1984 (1985), En Concert (Café De La Danse) (1989), Ma Vie, Mon Œuvre (1984)

Des mains

Pour partir au long cours

Comme des cheveux

Ou comme la vie

De belles mains

Sur la page ou la peau

De belles mains

Des mains de noblesse

Des mains

Comme sont toutes les mains

Des mains

Comme des veilleuses

Dans l’ombre naissant

Allant et venant

Des mains de lingères

Des mains

Comme veillant, les mains de mère

Des mains

Qui creusent des sillons

Dans la vie sans ombre

Des mains aveuglément

Qui recherche une passion

Des mains pour bâtir la maison

Comme mon père

Des mains

Comme viennent des foules de mains

Qui donner la principale

Des mains

Comme des foules de mains

Appelant l’espoir et l’eau vive

Des mains

Comme des troupeaux de mains

Longeant la rive

Et t’accueillant dans ton lendemain

Sans limite

Des mains

Traçant les signes du pardon

Et puis se cherchant

Comme des paroles d ‘abandon

Des mains

Comme des voiles pour partir loin

Des mains

Comme des voiles pour partir loin, loin

Avec des yeux d’enfant dans l’horizon loin, loin

Des mains

Pour mon amour loin

Des mains pour ramener l’amour à la raison

Et le vagabond à la maison