DES CAILLOUX DE MA POCHE 7


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DES CAILLOUX

DE

MA POCHE 7

Des feuilles raidies de froid dans leurs carreaux, la fenêtre automnale reste en attente. Avant que le jour sorte j’ai réglé le thermostat. Au mouvement du lapereau, son bout de né sorti du terrier confirme la marche

Les tuiles ont enfilé un marcel de givre

Quand sur l’enclume viendra résonner le marteau, j’ouvrirai le creuset des reins

Le foc passera la porte de l’estuaire avec la fille de l’air à son bord

Pour une botte de ces lieux l’oiseau ira à la cressonnière s’éplucher la frite.

Niala-Loisobleu – 16 Octobre 2021

D’ABORD LE BLEU FONCE PÂLIT LE CIEL… PAR LAURIE BEDARD


D’ABORD LE BLEU FONCE PÂLIT LE CIEL… PAR LAURIE BEDARD

D’abord le bleu foncé pâlit le ciel

éclaire au ralenti l’horizon

le mauve apparaît      et vire au rose

le soleil se lève

à n’en plus finir

au loin nous fixons le

mouvement des vagues

redessine le paysage

nos visages fatigués

condamnés par le jour

nos mains s’allègent

mes paupières se contractent

mes iris reprennent leur grandeur

des lueurs inhabituelles

soudain nous éblouissent

l’étendue de sable a rétréci

la plage ressemble à une boule disco

dans sa robe à paillettes

Laurie Bédart

LA BOUTURE


LA BOUTURE

Incendies , inondations, débordements climatiques de la terre qui craque. Le glacier va remonter l’océan pour rayer les paillotes construites parmi les infractions de l’homme

Dans le balancement du hamac de mes souvenirs passe un petit-navire qui avait des jambes, chantait ma mer pour m’endormir et me laisser pénétrer mon rêve

C’était quand ce conte à rebours ?

Tout près d’ici, l’énergie déployée pour détruire la nature à les moyens de faire parler le mal

Egon d’un trait affûté, a joint ton corps au mien pour l’à venir

Cette image que mon idée garde pourrait passer pour un entêtement argentique maintenant qu’avec le numérique, l’artificiel se croît intelligent. Tant pis, je reste au sentiment qu’un gros sein naturel nourrit mieux la vie qu’un greffon synthétique

La peau de soie contre l’autre qui rit dans l’herbe haute de l’estuaire, c’est le France qui traverse en chantant du Havre à l’autre côté de l’Atlantique jusqu’aux aisselles fournies d’un rêve américain

Plus que mettre tout en ordre pour finir de rendre l’Atelier opérationnel dans sa version 2021…on voit déjà la grande bleue remontée en Seine, de mon Paname aux rivages des ÎLES ETAIENT UNE FOI

Avec la nudité plaine de femme en figure de proue.

Niala-Loisobleu – 11 Août 2021

LES DERNIERS LACETS PAR JACQUES CEAUX


LES DERNIERS LACETS PAR JACQUES CEAUX

Les derniers lacets
montrent en creux des vallons moins verts
les forêts rabougries ou calcinées
et annoncent bien naturellement
des rideaux qui tombent.

Les chansons sont là, elles tournent
et leurs couplets de fin
où tous les instruments brillent
racontent le vrai paysage
où parfois les fleurs ont manqué…

Reste encore et vivra jusqu’au bout
ce qui offre au sans sa chaleur vive
ce qui, dilué dans l’air des rues
est bien la sensation dernière

Le vent en fera ce qu’il voudra !

Jacques Ceaux

Extrait de:  3ème recueil en devenir.

L’OMBRE S’EN RETOURNE


L’OMBRE S’EN RETOURNE

Du coq à l’âne

le jour est tiré de nos rias

Le soleil l’agrafe aux clochers à la volée des cordes

Un jaune pousse un cri d’oiseau

à la maille des tresses de l’osier des greniers

pour cueillir dans l’arbre ce râle aux mains sonores chemin de guitares

qui à pied monte les pierres en assise des villages-blancs dans la mystique lumière

Etape de seins Jacques composte ailes.

Niala-Loisobleu -13 Juillet 2021

NU DANS SES RAYURES


NU DANS SES RAYURES

Le ventre à table de son rêve

l’homme se tourne à bon escient avant l’embuscade possible

La forêt est vaste, reste à trouver la branche pour oiseau et éviter le mouvant des mauvais sables

la dernière cigogne aperçue est un bon indice pour ne pas craindre de voir le reptile sortir de la pierre

Le sel est à portée des pylônes que choisissent les grands nids comme pour maintenir Brouage en mer

sur le carreau du marais-salant il m’est possible de tenir debout en sauvant mon attribut

raide comme une saillie généreuse

que les chiens se transmettent pour mordre sans qu’il faille faire venir Pasteur

et rentrer au troupeau l’aqueux entre les jambes.

Niala-Loisobleu – 5 Juillet 2021

« LA FRUITIERE » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« LA FRUITIERE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

Aux portes closes des fanes

l’aube ouvre la toile d’un bouquet rose

la licorne

légendaire transport du rêve

transperce de sa corne

le temps de sécheresse pour tirer l’eau à la source

Fenêtre sur le claquemure des lèvres cousues

l’arbre donne du pied

au plus obscur de l’ombre laissée sur l’aride

le fruit se tourne au rai du vitrail

dans sa niche

chapelle

la prière de la Fruitière monte aux branches.

Niala-Loisobleu – 28 Juin 2021

GARE-CENTRALE


GARE-CENTRALE

Du triage l’aiguilleur assemble le départ du voyage

tampons en traverses

boogie-woogie en transes le long des hanches

Pas de marchandises que des wagons-couchettes à couloir de l’amor

Sur le porte-bagage les fesses aux pédales traversent les pas perdus

et frauduleuses consignes

pour redonner aux meuhs le mouvement du passage librement amoureux

pis allées et venues

Sur la locomotive l’oiseau siffle comme un merle perché aux cerises

du wagon-bar on amène le rafraîchissement d’un changement profilé malgré l’abstention marquée

Sur la plage désabusés les lâches du civisme jouent à qui perd gagne la claque méritée sur le pif

Nous debout, le cheval sort le petit corbillard de la condamnation royale

La France ne marchera jamais au pas du con finement en embuscade.

Niala-Loisobleu – 21 Juin 2021

L’ACCORD MATINAL


L’ACCORD MATINAL

De l’enfance ou bien de la vieillesse, je ne saurais affirmer de qui le matin tient cette vision défaite de la plus petite intention malveillante. A moins que le machinal bonjour comme le « ça va » de la poignée de main mécanique se remontent avec le coucher de lune ? Durant la minute qui précède, ce temps court est l’unique no man’s land avant que les canons se lèvent

Douceur si angélique que c’est peut-être à cause d’elle que ça vire à l’aigre

L’ange est un composé hybride d’amour et de haine, une aile à droite, une autre à gauche et l’aqueux aux extrêmes

Comme en politique

Rien qui vaille d’être pris pour argent comptant

Pourtant on y repique chaque matin comme on entre sa main dans le gant de toilette pour se faire propre

On ne réglera ce dysfonctionnement que le jour où le coq aura traversé la terre sous les roues d’une guère d’étoiles

Me voici en haut des tours, un signe symbolique majeur

Telle Anne, sur mon rempart (il faut dire que je n’y étais jamais autant monté que depuis la semaine qui s’écoule) je scrute et voit la ligne de flottaison de l’horizon onduler

Un changement qui pourrait s’avérer majeur s’opère

Il montre un vent favorable du côté qui me permet de m’exprimer, signe de renaissance ?

Comme il n’y a jamais de hasard, François 1er m’aurait invité à partager un vers à la Toison d’Or ce petit bouchon installé dans une rue sympa de l’Histoire

Mon cheval et sa guitare y sautent le mosaïque pavé…

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2021