DANS L’INSDISCRETION DES ANGES


DANS L’INSDISCRETION DES ANGES

L’indigo de la robe de mariée en rive d’un orgue

soulève les feuilles mortes pour un bouche-à-bouche dépassant le massage cardiaque en désembuage de musique d’un possible

on a la folie de vivre défiant le shadock au point de pomper du vide l’air qui manque

Nos cuisses emboîtées, on articule

nos reins dans la torsion du bandonéon affolent les jours sans en brandissant le soupir qui attise

bien sûr l’enjeu est de taille plus épaisse que l’insecte donné pour étalon

mais quand tu te cambres à jaillir du téton

la vie bande son sauvage comme une chienne prête à mordre l’enragé

je monte tu descends je remonte au diapason de la passe entre les cornes pour avoir les deux oreilles

Du visage remonté à l’enfance vient un tel silence que les canons passés par là ont du Péchebel dans l’affût

s’il faut mourir pour donner le droit de vivre plus avant, il y a de l’utile à planter la victoire dans l’alignement des croix blanches.

Niala-Loisobleu – 28 Février 2022

LES BAVARDAGES D’UN PAS CAUSEUX 10


LES BAVARDAGES D’UN PAS CAUSEUX 10

Toutes ces fleurs qui naissent de bouses semées des hordes gardées, herbe longue pour infuser, la maison lotie dedans

Montent l’arbre à la racine du ventre qui y escale

Dans les feuilles non tombées d’un ciel d’essences

L’oiseau accroche l’étui de son bandonéon à la plus grosse branche

Au goulet du resserrement des cuisses, l’estuaire frémit

Mêlée au brun d’iode de l’odeur du port, l’haleine du barrio sort sur le devant de l’apporte

Le peintre fou pas né d’un Dimanche a dressé son chevalet

Dans les fragrances d’un désir bio la Muse s’y trempe dans son divin liquide

L’instrument s’étire

L’horizon, long rang de troncs en mâts, met le large en frontispice sur une ligne de flottaison franche dans son râle

Que reste-t-il des croisades sanguinaires à part l’Amour Courtois ? me dit le dernier Chevalier revenu à pied partager la Chanson de Geste, après avoir franchi la douve

La forêt de Notre-Dame ne connaîtra pas l’insulte de la poutraison qui ne se ferait pas à l’authentique

Dernière pleine-lune au devant.

Niala-Loisobleu – 19 Décembre 2021

LES BAVARDAGES D’UN PAS CAUSEUX 7


LES BAVARDAGES D’UN PAS CAUSEUX 7

Le chien vient au pied de la porte enfermer la chaleur de ce qu’on a pu partager en suivant les pigeons-voyageurs. La distribution du courrier a pris la rue Bonaparte pour se repasser St-Germain-des-Prés mode Arcole. C’est Germaine qui déclinait le poème de la nuit d’un rêve qui dessinait. La sanguine sur un drap blanc a toujours été au bandonéon de Piazzola autrement plus éloquente qu’une pub de slip qui protège. Un regroupement de mégots dans les cendres m’a toujours fait pensé à l’envol du tango qui cambre la pensée passant dans les yeux de Carmen. Avant que la lumière te déchausse pour me laisser goûter à tes pieds, je range mes lunettes dans la boîte de la bobine du film. Le trottoir réverbère. Pas de noyé au fil du courant. Les dernières mouches rangent le bateau à quai. Sors le chien, ça l’excite quand je te laisse remonter mes mains après qu’elles aient peint. J’ai arrosé le marché aux fleurs imprimé dans ta garde-robe et resserré les boulons de la Roue. La chance ça n’existe pas , mieux vaut conter sur soi plutôt que d’entrer dans une recette d’un chef-étoilé. Pendant la musique si le laid boue laisse-le déborder

Viens denser, j’allume le phare…

Niala-Loisobleu – 16 Décembre 2021