LA MAIN RETOURNANTE


LA MAIN RETOURNANTE

Tenant le pinceau comme la clef des armoires, la main tire de quoi vivre du fond des tiroirs

comme au moment où au cinéma un filet d’air chaud s’engouffre sous la jupe de Marylin

Couleurs du temps accrochées au temps qui rit, qui pleure

du râteau le bruit du cheval fouille (si on trouve c’est déjà ça de gagné pour la hauteur de l’herbe)

au rappel des tiges pendant qu’on change l’eau du vase, fouiller sous la mousse, jusqu’aux doigts dans la terre

Passe un train de péniches tiré par un remorqueur amarré à un vol d’oies sauvages

l’endroit aussi difficile à reconnaître qu’il soit, vole vers les îles lointaines où seul le troc est permis

Les femmes la poitrine à l’étal, des enfants dans les paniers et des chiens-fous suivant la prophétie traversent en dehors des clous

Cette main-gauche qu’un matin sortit du 51 pour Les Tuileries est grimpée dans toutes sortes d’arbres toujours en compagnie de l’Oiseau Bleu

ferroviaire

amphibie

à écailles

la plume ailleurs que dans le cul

à la recherche de l’Homme sans autre histoire que la sienne

Les cités disparaissent des civilisations les plus anciennes en s’amenuisant au fil du temps tout en laissant croire qu’elles avancent.

Niala-Loisobleu.

11 Janvier 2023

DES MECHES AU SOL


ATELIER NIALA

DES MECHES AU SOL

Force du tronc

des oiseaux du mois gazouillent à découvert

le soleil colore le tapis du sol comme un enfant qui déborde de la feuille

Rien n’est mort

les essences en métempsycose transportent la forêt plus loin dans le temps

Les dernières roses retiennent le pouls à son épine

le vase sur le piano sent sous son bras le bouquet qu’il a mis

instant suspendu

laissé sur le bout des doigts qui ont fouillé le taire

Sur les planches des tréteaux s’attroupent des images ambulantes tirées par nos rideaux

Avant que le couteau n’intervienne l’aquarelle sort l’esquisse sans nuages des eaux du fond du puits

Le soleil y nage pour remonter le saut.

Niala-Loisobleu – 4 Octobre 2022