EFFET BOEUF


EFFET BOEUF

Les prés de St-Germain

cavent sans vain

l’adolescence de mon enfance

où tes seins pointaient au déroulé du sax et de la trompette

Rien de lait dans le bidon

et tes cuisses en l’air au be-hop

bandaient mon arc au ciel comme l’âne devant le violet d’un chardon

Qu’un’ trombone passe dans ma tête en cet instant précis montre combien tout va mieux quand ça coulisse

La vie sans amour est l’avant-goût funèbre d’un aujourd’hui à pas laisser entrer foutre en l’air le bon fonctionnement de la nature

Vivre en corps ça par derrière me donne envie de brouter

Que l’herbe revienne sacré bon d’yeux…

Niala-Loisobleu – 29 Septembre 2022

DE MON JARDIN 1


« Mai toujours en corps » – Niala 2022 – Acrylique s/panneau 40×50

DE MON JARDIN 1

« Mai toujours en corps » – Niala 2022 – Acrylique s/panneau 40×50 encadré

PRIX DE VENTE AU DEPART DE L’ATELIER:

380,00 €

Le Jardin de Niala

9, Rue de la Chaume 16100 BOUTIERS-SAINT-TROJAN (Cognac)

le-peintre-niala@orange.fr

Passe-partout double-biseau anglais

Cadre Laqué blac et champ extérieur bois verni

UNE QUESTION AU POEME PAR MICHEL DEGUY


UNE QUESTION AU POEME

PAR MICHEL DEGUY

Orgue et naseau, nasaux d’orgues silencieuses

comme il arrive aux dessins de
Rubens, de
Watteau

que la ligne parfaite se reprenne si bien

que plusieurs dessins dune même chose

dessinent cette chose en surimpression d’elle-même,

cette nuit pour moi la face d’un cheval plus haut :

ruche du verbe frémir à dessiner

— l’ubiquité de bouche et de naseaux strobosco-

piques — je cherchais le mot juste pour cette pieuvre de contours des naseaux, je trouvai celui d’orgue et ne savais plus dans l’échange lequel était comme

Michel Deguy

LE TRONC DU PAUMIER


LE TRONC DU PAUMIER

Du compas où se trace ce parfum rond comme un premier verger, les prés verts faufilent à mots ouverts

Paroles qui rougaillent comme Jacques a dit ses Portraits

Clochardes à la peau fripée par le soleil d’une annonce automnale conduisant son veau à l’école des trains. pour se musculer l’imaginaire d’un ô riant express qui serpenterait en rivière non venimeuse

Des enfants gardiens de vaches à court d’école, la mer plus proche du château d’eau que de la javellisation domestique intellectuelle

Cache-cache

Tu contes jusqu’à sans et je sors du compte de faits label au bois-dormant

Porteur d’ô

Loin du raille d’Ouessant , à la rame de pois-de-senteur, s’intégrant dans un marathon de marguerites venues avant le dernier coup de cidre crêpe de chine

Courbes du tronc prises à demains, merci Georges.

Niala-Loisobleu – 13 Avril 2022

LA CARAVANE


LA CARAVANE

Angle Bonaparte et Malaquais sur la piste va s’ouvrir l’arène de mon destin

Les leçons de Georges Rouault, mon Maître, rentrées dans la boîte à couleurs apprises sortent de l’écurie, la route choisie s’est tenue loin des regrets

Marthe et René ont jalonnés de gratitude l’absence de parapet de ma mère, la pointe d’ail de mon père frottée sur la tartine du regard orienté au Sud a défini le beau

mes jambes arrivent à la porte vertébrale d’un temps qui piétonne

Cette guerre qui s’éloigne du juste terme cède la place à la pénurie de fruit de l’olivier pour montrer l’intérêt qu’elle porte à l’égocentrisme ambiant

je vais mettre mon dernier en vitrine pour me satisfaire, histoire d’afficher pour moi-même un plaisir personnel en sauvegarde à la place

Le dos raide et l’oeil trempé dans l’acide, la place que je garde au rire que les clowns sortent de leurs larmes n’est qu’amour pris au sérieux, le rire des enfants n’excuse pas celui indécent des adultes.

Niala-Loisobleu – 2 Avril 2022

« FAITES L’AMOUR, PAS LA GUERRE » – NIALA 2022

MILLE MORTS PAR CLAUDE ROY


Iryna Ttsvila

MILLE MORTS PAR CLAUDE ROY

Je suis dans le soleil endormi paresseux habité de pensées comme l’été d’abeilles

Le soleil tout à ce qu’il fait n’est que lumière et que chaleur et l’arbre d’un seul mouvement n’a qu’une idée dans ses racines

L’oiseau qui se pose sur l’arbre est oiseau de toutes ses ailes Toute en couleur toute en parfum la fleur ignore l’ironie le souvenir la nostalgie les bons les mauvais sentiments le temps qui
passe patiemment le temps qui passe tellement

Mon chien qui rêve qu’il est chien et grogne à mes pieds dans l’herbe n’est que mon chien qui se sait chien dans l’herbe qui n’est que de l’herbe

Mais moi Que voulez-vous que je dise de moi Je ne vis qu’une fois mais c’est toujours ailleurs Je vis de mille vies Je meurs de mille morts dénoue ce que j’ai noué déjoue ce qui
me lie sorte d’absent-présent que vous nommez un homme

Homme Qui nommez-vous Un autre Moi Personne

Quand je parle au dedans une autre voix résonne et lorsque je me tais je ne reconnais pas le silence que fait mon long silence en moi

Je suis un homme et plusieurs hommes L’instant présent me prend toujours en défaut

Je vis de mille vies Je meurs de mille morts

Si le vent se lève soudain fait frissonner les peupliers longuement torrent qui s’écoule sur les cailloux blancs pommelés du ciel le vent ne froisse que les feuilles pelage vert
et murmurant

Mais le vent qui court et parcourt mes étendues et mes domaines le vent n’en finit pas d’aller et de venir

Les labyrinthes du souci

et les signes d’intelligence

que le jour fait à la nuit

le sommeil sa fausse vacance

l’ennui qui nie miroir terni

la lampe éteinte de l’absence

le plaisir où je me délie

le travail où je me dépense

et l’amitié où je m’allie

la réflexion que je devance

le livre où je me relis

le poème qui se condense

dans les ténèbres à demi

de la chuchotante présence

que mon absence contredit

les vaines joies les vraies souffrances

demain qui menace aujourd’hui

je ne suis rien que la patience

qu’ont les vivants à être en vie

Je vis de mille vies Je meurs de mille morts.

Claude Roy

LE JARDIN DE NIALA LE 7 JANVIER 22


LE JARDIN DE NIALA LE 7 JANVIER 22

Les jarres manifestent en brandissant leur symbolisme au sommet du tertre

désir de rien laisser dépérir au fond d’oubliettes inconvenantes

le vouloir vivre est majeur

ces nouvelles en se défaisant des bruits qui courent

envoient par écrit le message fort pur mettre tout à jour

Dehors une pagaille qui galope oblige à faire face chez soi, par-là même devoir arrêter des projets pour ne pas se ranger à des entêtements ministériels qui conduisent au néant

Mon exposition de Février est impossible à tenir , en revanche tout favorisera la sortie du nouveau recueil de Barbara Auzou

De fait ressort qu’on se tient à la marche ascendante de nos oeuvres en les dissociant des affaires politiques détestables pour se tenir à la peau de ce qui respire sans masque

Alors ma Muse a raison

Je dois peindre et créer les heures à vivre en vertu de l’essentiel absolu

Il y a l’enfant dans la vitrine, son ventre n’en est jamais parti, il y est tapi.

Niala-Loisobleu – 7 Janvier 2022

ENTRE MAIS


ENTRE MAIS

Manillon sur la table

Un viandox et trois oeufs durs

On attend le vitrier pour y voir clair

Niala-Loisobleu – 25 Octobre 2021

LA CROIX DE LA ROSE ROUGE PAR LOYS MASSON


Photo Niala –  » VU DE TOURS DE BREIZH »

LA CROIX DE LA ROSE ROUGE PAR LOYS MASSON

(extraits)

Poitrine de l’olivier où l’arbre de patience est en son plus doux caressé par le temps d’aventure.
Je m’y suis taillé un pan d’écorce

À votre semblance autrefois quand dans votre front l’été se cherchait encore —je l’ai enflammé ;

Un brasier très pur comme d’un holocauste plein de signes et de chants morts, j’y ai promené l’ombre de mes mains

Longtemps pour qu’elles soient sauves de toute tache et puis j’ai écrit à destination des sereins épan-deurs de joie votre nom tel qu’il était avant le lever du vent
d’angoisse:

Avant moi.

Je n’ai jamais connu dans sa vérité ce qui m’était cher;

je brûlais d’absolu je m’inventais nécessaire

à son devenir.
C’était hier.

Je passais près de la source sans voir le rouge-gorge y boire

en silence, économe de sa chanson pour ses amours du soir ;

je n’écoutais que la rumeur là-bas de l’embouchure mariage en moi de l’onde et du divin de la mer.
Maintenant à ces jours morts qui tombent de mes épaules sans même rider l’eau je possède le dur savoir ;

Le pain des joies ne se fait que du levain de l’aléatoire : pour l’avoir ignoré je meurs de faim.
Temps enfui.

Chacun à l’heure d’aimer regarde le soleil en face tel l’aigle en sa légende

et puis ferme les yeux sur une étoile du tard, l’humble et l’habile

la tamisante qui fait durer l’espoir en son leurre, le tranquille.

J’ai regardé jusqu’au vertige.

Temps enfui, cristal rebondissant en son écho de cristal en cristal, aveugle désormais de ne mirer que le convexe et l’oblique.

De lourds loriots anciens, cendres de leur chant encore convoient le matin vers son nom d’été.

Le révolu vit de proies humbles endormies sous le sommeil des haies ; il n’est là que pour témoigner

d’un homme parti de lui-même depuis plusieurs années.

La cécité des larmes est la plus profonde ces yeux dans les yeux qui en calme tumulte ne fixent que l’amour et la mort.

Christ, nuit d’Orphée, syllabe arrêtée du chant d’adieu, hier y ressuscitait dans le remords
Eurydice ;

où maintenant est-il?
Je tourne et tourne en vain dans de rondes ténèbres.
Où sont sa croix, ailes clouées du
Verbe, et mon reniement

qui l’avait plantée ?
Je ne sais.

Déferlement d’eau longue : la mémoire ne s’oriente plus et s’aveugle.

Qu’ai-je été, qu’ai-je désiré, quelle est cette ombre

un matin venue avec l’aube m’aborder pour me rendre si seul ?

Déferlement, déferlement d’eau longue ; j’y ai perdu jusqu’au toucher, je ne peux même plus en suivre le contour.

Ni ombre peut-être ni personne : seulement un dessin de mon souffle

sur une vitre tachée, ma jeunesse.

Chacun du sel de ses larmes sécrète peu à peu lucidement sa tombe.

Où se dresse la mienne et quelle est-elle

au bout de quel sentier du vent?

Je me souviens à peine, comme au fond d’une autre vie, d’effluves tendres

qui me guidaient vers ma fin, me bâtissaient ma prison à la fois d’immobilité et d’audace

et de lendemain.

Comme au fond des sargasses d’une autre vie.
Comme aux marches d’une éternité que je ne gravirai qu’à reculons

condamné à ne jamais montrer mon visage aux étoiles de rémission.

La ronce dans midi se déchire à son ombre saigne petit christ d’interdit

humilié, loin des passions non permises

à qui ne pouvait accueillir la rosée d’aube

qu’en la blessant.

Mon regard malgré lui se fait lance

avide à raviver la poitrine

du rouge-gorge qui déjà mélancolie

chantait frileux sur notre jeunesse

fil à fil s’en allant.

Au poème tombeau d’Arimafhie

que n’avons-nous mis à dormir le temps d’étreinte

afin qu’il ressuscitât un matin,

de grand matin.

Loys Masson

Photo Niala –  » VU DE TOURS DE BREIZH »

DES MOTS-PEINTS


LES MOTS-PEINTS

De mon cheval résonne la fibre vocale du silence

ce dit que l’araire extrait

c’est cette semence que mon ventre ne garde pas en jachère

pour emplir le grenier à sel de sa fleur

Tango mon genou monte à ton estuaire

je n’ai pas de colère Atahualpa

ma rue montre le nécessaire du fleuve

chante ne te retiens pas.

Niala-Loisobleu – 18 Septembre 2021

Le tengo rabia al silencio

Atahualpa YupanquiJ

Je suis en colère contre le silence pour tout ce que j’ai perdu
Le tengo rabia al silencio por lo mucho que perdí

Je suis en colère contre le silence pour tout ce que j’ai perdu
Le tengo rabia al silencio por lo mucho que perdí

Celui qui veut vivre heureux ne se tait pas
Que no se quede callado quien quiera vivir feliz

Celui qui veut vivre heureux ne se tait pas
Que no se quede callado quien quiera vivir felizUn jour je montais à cheval et dans la jungle je suis allé
Un día monté a caballo y en la selva me metí

Un jour je montais à cheval et dans la jungle je suis allé
Un día monté a caballo y en la selva me metí

Et j’ai senti un grand silence grandir en moi
Y sentí que un gran silencio crecía dentro de mí

Et j’ai senti un grand silence grandir en moi
Y sentí que un gran silencio crecía dentro de míIl y a du silence dans ma guitare quand je chante le yaraví
Hay silencio en mi guitarra cuando canto el yaraví

Il y a du silence dans ma guitare quand je chante le yaraví
Hay silencio en mi guitarra cuando canto el yaraví

Et le meilleur de ma chanson reste en moi
Y lo mejor de mi canto se queda dentro de mí

Et le meilleur de ma chanson reste en moi
Y lo mejor de mi canto se queda dentro de míQuand l’amour m’a fait signe, tout m’a allumé
Cuando el amor me hizo señas, todo entero me encendí

Quand l’amour m’a fait signe, tout m’a allumé
Cuando el amor me hizo señas, todo entero me encendí

Et à force d’être tranquille, tranquille j’étais consumé
Y a fuerza de ser callado, callado me consumí

Et à force d’être tranquille, tranquille j’étais consumé
Y a fuerza de ser callado, callado me consumíJe suis en colère contre le silence pour tout ce que j’ai perdu
Le tengo rabia al silencio por lo mucho que perdí

Celui qui veut vivre heureux ne se tait pas
Que no se quede callado quien quiera vivir feliz

Source : Musixmatch

Paroliers : Hector Roberto Chavero