ECHOS DU CHEVAL 2


NIALA (Etape au 31/08/22)

ECHOS DU CHEVAL 2

Août sera bouclé à minuit. Toujours pas un brin d’herbe dans les pâturages. Le cheval que Pégase n’inspire pas voudrait pourtant sauter du feu. Il en a marre d’être réduit au travail durant les premières heures et contraint de quitter l’atelier avant que midi sonne. Le râtelier enroué de paille sèche cherche la couleur des fleurs sauvages et le bruit ouvrier des abeilles. L’écluse en raclant le fond fait plus office de ramasse-miettes d’un imaginaire jeu d’eau qu’une élévation aux passages supérieurs comme dirait la mer en se faisant mignoter par les novices. Sortir des pierres le frisson de l’agapanthe pour remonter à l’anémone par le petit-pont de Giverny reverdirait mon oeil brûlant dans l’acide impitoyable. Ces fruits de Matisse que la lumière pulpait ont un goût que je cherche sous la jupe de cette canicule plus fade qu’une adoratrice de la froideur intégrale. Pauvre égarée du système le plus élémentaire de l’Art de Vivre.

En fouillant la boîte-à-l’être me sont venus des messages de la course de relais, flambeaux relayant en survie l’idée tombale de camp des dernières vacances. Ah oui savoir que t’existes dans le nombre et non dans le rationnement, déploie quand même autre chose qu’une rentrée des classes bidon, où l’enfant va s’enfoncer plus loin encore dans l’ignorance. Le triste pitre qui nous préside n’a vraiment rien du trèfle même à trois feuilles qui nous manque. Plus sec qu’une absence végétale de base mais s’évaluant à l’Amazonie étalon, sa porte se rabat sur toutes les veinules du vers comme une plante en plastique.

Tu m’as dit ton chemin, j’en ai reconnu les odeurs laissées par les bêtes sauvages de notre famille, comme le bief du moulin des marées. Mon cheval y court se tremper les roubignolles pour ne pas finir dans un bocal sur la planche d’un éco-musée de l’homme, en attente de mère-porteuse.

Niala-Loisobleu – 31 Août 2022

LA RÊVEE EST RANCE


GUGLIELMO CASTELLI

LA RÊVEE EST RANCE

Passé la date de préemption une fleur bleue pique du né sur la piste devant un fond de rayures

Dans la reine un contrecoup tiré à blanc, laisse le royaume sans héritage. Tort héros du jardin qui passe dans un air de cinco de la tarde permanent, un au revoir agite la muleta

Ni l’aqueux, ni les oreilles n’arrivent sur le quai quand la trompette sonne

Ah la vache, la Bardot est seule à faire ole…

Niala-Loisobleu – 31 Août 2022

Échos du cheval


Échos du cheval

Trop de nuisances font ruer le cheval qui demande un nouveau né comme symbole de pâturage

Du sein de la femme originelle la petite bouche reconnaît la fontaine

Les maisons prennent le chant des oiseaux dans les bras des oliviers au grand large

Ce soleil là luit d’amour du sensuel éclat de la nature équilibrée. Dans l’ouverture des cuisses du fleuve le nouveau tableau se donne sans feindre au besoin d’aimer en multipliant son fruit dans son concept vertueux.

Niala-Loisobleu – 31 Août 2022

Nos instants vestibule…par Didier Colpin


PIERRE BONNARD

Nos instants vestibule…par Didier Colpin

Tous un jour percutés terrassés par le temps
Quand vient l’ultime année en faisant du surnombre
Que voyons-nous semé là parsemant nos champs
Terre à futilités pour des fleurs de pénombre ?

Quand meurt le crépuscule étouffant l’horizon
Vole au vent de l’oubli la beauté de l’aurore
L’impossible recul fait frémir la raison
Qui tremblante supplie et en larmes implore…

A l’heure du regret
Est vu tout le factice
Qui perdant son attrait
N’est que piège à malice…

Tous un jour percutés terrassés par le temps
Quand vient l’ultime année en faisant du surnombre
Que voyons-nous semé là parsemant nos champs
Terre de qualité pour récolte en grand nombre ?

Quand meurt le crépuscule étouffant l’horizon
Vole au vent de l’oubli la beauté de l’aurore
Ces instants vestibule au goût d’entre-saison
Pleurent l’âme qui fuit le beau que l’on honore…

A l’heure du regret
Est vu tout le factice
Le bien n’est pas abstrait
Il surpasse le vice…

Quand meurt le crépuscule étouffant l’horizon
Quand vient l’ultime année en faisant du surnombre
Si nous avons aimé plus fort que de raison
Nos instants vestibule ignorent ce qu’est l’ombre…

Didier Colpin

BRIBE DE LIN


HENRI MATISSE

BRIBE DE LIN

Sous l’écrasé des tubes l’huile fait sa salade, un fond de pigment garde le goût du piquant

Le mur attend sans dire un mot. Seule l’embrasse du rideau de la fenêtre pourrait livrer bien des secrets si on la laissait causer

En attendant que la température retrouve de quoi me motiver, je lâche mon attente de présence. J’irai dans un tiroir de la commode sortir une chemise propre. Si l’oreille musicale en choisit une à fleurs ça compensera le départ de l’anémone de l’autre côté du paravent

Matisse reste une fenêtre toujours ouverte. L’éternel contact avec le témoignage du vivant. Cette femme allongée dans le dessin oriental d’un tapis, ouvre tout son corps dans un transport d’épices. Ces fruits qui mangent l’assiette tirent le verger d’une lumière qui nourrit

Entre un sein qui se redresse à la bretelle, je préfère celui qui glisse à le retenir de la langue ou des mains

Mais en corps faut-il que nous ne laissions pas brûler tous les peints…

Niala-Loisobleu – 30 Août 2022

UN RESTE DE LUMIERE


UN RESTE DE LUMIERE

Sur la fuite des pas qui savaient où aller, en bordure de cette odeur qui me plaît toujours et qui passe comme le jardin des délices, trouver le silex à frotter pour remonter à la surface. Oh je ne m’étais pas trompé, la table d’orientation était bien tournée, c’est la mèche qui n’a pas marchée. Le nez dans le cul de l’âne ne dérive pas lui….

Niala-Loisobleu – 30 Août 2022

SUIS TA ROUTE


SUIS TA ROUTE

A l’ocre de la peau qui te parle, sans oublier qu’on arrose que ce qu’on s’aime

et peins c’est le seul acte qui te porte en l’absence des autres

Quelques gouttes , La Chaume, le dernier oiseau qui dit bonjour et voilà tout..

Niala-Loisobleu – 30 Août 2022.

ETUDE


HENRI ROUSSEAU

ETUDE

A travers l’esprit d’un jardin public remis à vierge, l’enfant est seul à ne pas être dépassé par les hautes-herbes et le cri des singes qui vont à travers l’espace avec le moyen de transport écologique des lianes

Le Douanier a planté son chevalet à l’angle de la caverne d’où sort la vibration de la mère. C’est primitif au possible

Un ours fait la circulation au milieu des odeurs de négligé, laissant planer le premier doute sur ce que demain pourrait bien devenir. Pourvu qu’un grand fauve découpe le serpent en rondelles avant que les paumes soient lépreuses. J’en frissonne d’angoisse dans les allées de ton corps

D’un arc-en-ciel pressé un jus de bleu te remonte l’échine, secouant la nonchalance climatique qui gagne le côté joueur de ta poitrine à l’idée des culbutes d’un rodéo ancestral réclamé. Un vol de flamants-roses, des taureaux et la Grande-Camargue dans une esquisse d’Henri de Toulouse-Lautrec se laissant porter par la voix de Nougaro jusqu’à la vue au loin de la chaîne pyrénéenne

Espelette demande un fade adorateur du moment ? Plouf !

Les cinq doigts de ma main-gauche autour du spalter, j’étends l’atmosphère adipeuse à se délayer dans l’aquarelle

Miracle tes yeux se décollent

et tu t’envoles

Vent à la gîte à frôler la bouée pour franchir l’éclat du phare avant les restrictions d’ô du retour aux manettes des pauvres jardiniers du Paradis

Niala-Loisobleu – 29 Août 2022

REOUVERTURE DES BAINS-DOUCHES


PIERRE BONNARD

REOUVERTURE DES BAINS-DOUCHES

Terme estival, les marches de l’âne sont remises à portée des seaux. On ras tel à la promo, les écoles de bonne conduite à l’embauche de rechapage

Goya dans l’esprit j’ai un dessein rafraîchi sous la douche rénovant l’envie de peindre

Peindre la famille royale sans enlever les défauts ne peut qu’avantager la vérité pour remonter la libido dans la séance plénière d’anatomie en écartant les débris de l’estuaire

Reste que la franchise va devoir cracher le bromure pour bander assez afin de pouvoir franchir la clôture de l’enclos

Si on arrive à reverdir la sève de l’herbe la récurrence climatique du dernier temps ne pourra pas être mise en avant avec l’instable pour leitmotiv

Affaiblir le feu de l’amour au moment de l’approche des bouillotes serait une monumentale erreur de plus.

Niala-Loisobleu – 29 Août 2022