EQUINOXE PAR JACQUES REDA


EGON SHIELE

EQUINOXE PAR JACQUES REDA

Je cherchais comment l’eau, les rochers, les oiseaux, les

arbres
Font pour tenir ensemble, et les nuages qui figurent
Le monde vagabond, rythmique, engendré, s’engendrant
Comme le même songe instable au fond d’yeux jamais

clos.
Je savais qu’à beaucoup se refuse la gloire d’une herbe
Au sommet d’un talus, pesant le dos large du ciel
Qui nous supporte, et que le vent chasse dans la lumière
Les signes des cristaux de neige pour la boue.

— Ô tête
Ici de tout soutien privée, où est le mur? (Un mur À défaut d’une mère, et dormir dans les ruines de son

flanc.)

Et je voyais le vide entrer dans l’apparence avec
Les bourgeons qui toujours pour la première fois reviennent.
Poussés par la force d’oubli qui de sa couche arrache
Et féconde ce vaste corps tumultueux d’étoiles
Puis l’abandonne à notre porte ouverte, comme un dieu

Encore enfant mais bien trop haut pour nous, hôtes déjà
Qui hébergeons et nourrissons le dieu de notre mort.

Du seuil, je relevais d’oiseaux et d’arbres quelques traces
Au fond de la combe où le soir tout à coup se rappelle —
Et c’était l’heure où, des enfants, brillent à contre-jour
Les bicyclettes, quand

Le plus petit au carrefour tombe dans un remous
De lueurs qui vont l’engloutir en larmes dans la mémoire ;
Et touchant de la nuit la bouche dépravée j’ai dit :
Quel long désastre en bouquets éclatant qui saluent
L’éveil jamais surgi dont nous sommes le souvenir
Les messagers perdus dans les distances inhabitables.

Jacques Reda

VEGETALE VIREE


VEGETALE VIREE

A la poursuite du papillon bleu

je vais vert

Odilon d’un vrai Redon

sur des feuilles de nymphes du jardin d’acanthes

fond d’or

bois de santal

La corne rose d’un hippocampe entre les lèvres j’ai l’herbacée qui jazz sa palette blues de travail

coton sorti des oreilles

off course

sur le cheval à bascule

La tournante de Visubie, point-de-vente cacher profané, caricature de société qui provoque et voile sa parole républicaine d’un masque de mots, c’est coi l’école, l’ortie ronce le bon pétale des marguerites, du point de vue citoyen rien que du détournement de liberté en reconquête

Alors sois sauvage

pur fruit de l’Arbre

laisse pendre tes seins

ouvre-toi à la terre

et déguise plus le ciel en sortant la planche à billets

les enfants de demain vont la trouver chère ta chaudière gratuite…

Niala-Loisobleu – 6 Octobre 2020

JAZZ-BAND


charles-gayle-white-sax-atlantique-jazz-festival-2007

JAZZ-BAND

Dans ce

salon

où l’on

danse j’arbore mon rire orchestre

des plantes

des lampes décor flamesque fausses amours gaieté d’emprunt

Un mastodonte auprès d’un colibri trouve le temps moins long
Les guêpes, les guêpes

Pick-pocket opérant à la faveur des jeux olympiques
Le pianiste tripotant et ventripotent
Un officier raconte ses frasques
Un ami me présente sa maîtresse un autre une cigarette
Le nègre saboule son banjo le rythme de mon pouls les cellules de mon cerveau je cherche un équilibre
Le calabrisme ou la cachucha.

Pendant un solo de hautbois un monsieur fait du remue-ménage
C’est un négociant en bois cela se lit sur son visage.

Un souvenir gracieux comme un parasol et l’âme, incane canéphore, frissonne toute en son entéléchie.

Le mur suinte

Les guêpes, les guêpes

Ce que j’ai?

LE
SPLEEN
CLOWN
DU
DANDY

J’ai sommeil

quel intérêt cela a-t-il?

Allons prendre l’air

mon rire claque comme un drapeau mouillé

 

Paul Neuhuys