LEVER DU SOLEIL – FEDERICO GARCIA LORCA


Federico Garcia Lorca par Alice Wellinger

Lever du soleil

Federico Garcia Lorca

Mon cœur angoissé
sent d’abord s’éclairer
la douleur de son amour
et le rêve de l’éloignement.
La lumière de l’aube porte
une traînée de regret
et la tristesse sans yeux
de la moelle de l’âme.
Le sépulcre de la nuit
lève son voile noir
pour cacher
à la lumière l’immense cime étoilée.
Que ferai-je dans ces champs
ramassant nids et branchages,
entouré d’aurores boréales
et plein de nuit mon âme !
Que ferai-je si tes yeux
sont morts en pleine lumière
et que ma chair ne sentira jamais la
chaleur de ton regard !
Pourquoi es-tu perdu à jamais
dans cette soirée claire ?
Aujourd’hui ma poitrine est aussi sèche
qu’une étoile terne.

Federico Garcia Lorca

VAS, VIS ET DEVIENS


VAS,VIS ET DEVIENS

L’oiseau sépare le ciel en deux morceaux d’un seul coup d’ailes

d’un côté la nuit qui dépend du hasard

de l’autre, à partir de l’arbre le fruit

qui dispose de la racine du vouloir de la verticalité du jour

Soleil ô Soleil

Tombant du nid de la lune

il vole de son gré ascensionnel, clignotant d’étoiles

droit au labour en suivant les semailles du cheval jusqu’au grenier à sel

Les Caprices laissés au Prado dans les autopsies du légiste Francisco Goya

pour une séguedille au clair-de-lune avec Lorca le gitan

plantant des pilotis ici de là à l’entrée du chenal

Gulf-stream de la poésie signalé par les bouées de Niki de St-Phalle

arc-en-ciel amphibie

Il faut marcher en dehors des nasses, sans cages

loin des filets aspirateurs des influenceurs

pour se tirer de la gloire éphémère du bruit consensuel des enseignes pirates

vrai de l’humilité qui choisit l’humanisme à la fortune

Ainsi peins-je comme Zarathoustra, dit Niala…

Niala-Loisobleu.

27 Novembre 2022

NOVIEMBRE – FEDERICO GARCIA LORCA/ LEO BROUWER


NOVIEMBRE

FEDERICO GARCIA LORCA/ LEO BROUWER


« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c’est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu’un pleure, c’est comme si c’était moi. »

Noviembre

17 NOVEMBRE 2022


Cascabel vacío.
Tarde desmoronada
sobre piras de silencio.
Federico García Lorca (1898-1936). Noviembre (1920).

Grelot vide.
Soir effondré
sur des bûchers de silence.

.

Toulouse (Occitanie, France), Cimetière de Rapas, 2021

………


Todos los ojos
estaban abiertos
frente a la soledad
despintada por el llanto.

Tous les yeux
étaient ouverts
face à la solitude
décolorée par les larmes.

Tin
tan,
tin
tan.

Tin
tan,
tin
tan.

Los verdes cipreses
guardaban su alma
arrugada por el viento,
y las palabras como guadañas
segaban almas de flores.

Les verts cyprès
lui gardaient son âme
ridée par le vent,
et les mots comme des faux
coupaient les âmes des fleurs.

Tin
tan,
tin
tan.

Tin
tan,
tin
tan.

El cielo estaba marchito.
¡Oh tarde cautiva por las nubes,
esfinge sin ojos!
Obeliscos y chimeneas
hacían pompas de jabón.

Le ciel était fané.
Ô soir, captif des nuages,
sphinx aveugle !
Obélisques et cheminées
faisaient des bulles de savon.

Tin
tan,
tin
tan.

Tin
tan,
tin
tan.

Los ritmos se curvaban
y se curvaba el aire,
guerreros de niebla
hacían de los árboles
catapultas.

Les rythmes se courbaient
et se courbait l’air,
des guerriers de brume
faisaient des arbres
des catapultes.

Tin
tan,
tin
tan.

Tin
tan,
tin
tan.

¡Oh tarde,
tarde de mi otro beso!
Tema lejano de mi sombra,
¡sin rayo de oro!
Cascabel vacío.
Tarde desmoronada
sobre piras de silencio.

Ô soir,
soir de mon autre baiser !
Thème lointain de mon ombre,
sans un rayon d’or !
Grelot vide.
Soir effondré
sur des bûchers de silence.

Tin
tan,
tin
tan.

Tin
tan,
tin
tan.
Federico García Lorca (1898-1936). Noviembre (1920).
.
Federico García Lorca (1898-1936). Novembre, trad. par L. & L. de Noviembre (1920).

………

Leo Brouwer (né en 1939) • Un día de Noviembre. Leo Brouwer, compositeur.
Leo Brouwer, guitare.
Première publication dana l’album De Bach a los Beatles / Leo Brouwer . Enregistrement : La Havane (Cuba), studios EGREM, 1981. Cuba, ℗ 1981.

………

.

.

Toulouse (Occitanie, France). Cimetière de Rapas, 2021.

El lenguaje de las flores (fragmento de « Da Rosita la soltera » – Enrique Morente/Federico Garcia Lorca


PAULA MODERSHON-BECKER

El lenguaje de las flores (fragmento de « Da Rosita la soltera » – Enrique Morente/Federico Garcia Lorca

Maman emmène-moi aux champs
Madre llévame a los campos

avec la lumière du matin
Con la luz de la mañana

voir les fleurs s’épanouir
A ver abrirse las flores

Quand les branches se balancent
Cuando se mecen las ramas

était ouvert
Abierta estaba

La rose avec la lumière
La rosa con la luz

du matin si rouge
De la mañana tan roja

Du sang tendre que la rosée a éloigné
De sangre tierna que el rocío se alejaba

Et si chaud sur la tige
Y tan caliente sobre el tallo

Que la brise a brûlé
Que la brisa se quemaba

aussi haut qu’il brille
Tan alta como reluce

était ouvert
Abierta estaba

Oh mille fleurs
Ay mil flores

Ils disent mille choses
Dicen mil cosas

Oh pour mille amants
Ay para mil enamoradas

Et la fontaine compte
Y la fuente está contando

Ce que le rossignol se tait
Lo que el ruiseñor se calla

était ouvert
Abierta estaba

La rose avec la lumière
La rosa con la luz

du matin si rouge
De la mañana tan roja

Du sang tendre que la rosée a éloigné
De sangre tierna que el rocío se alejaba

Et si chaud sur la tige
Y tan caliente sobre el tallo

Que la brise a brûlé
Que la brisa se quemaba

aussi haut qu’il brille
Tan alta como reluce

était ouvert
Abierta estaba

Source : Musixmatch

Paroliers : Enrique Morente Cotelo / Federico Garcia Lorca

LA RÊVEE EST RANCE


GUGLIELMO CASTELLI

LA RÊVEE EST RANCE

Passé la date de préemption une fleur bleue pique du né sur la piste devant un fond de rayures

Dans la reine un contrecoup tiré à blanc, laisse le royaume sans héritage. Tort héros du jardin qui passe dans un air de cinco de la tarde permanent, un au revoir agite la muleta

Ni l’aqueux, ni les oreilles n’arrivent sur le quai quand la trompette sonne

Ah la vache, la Bardot est seule à faire ole…

Niala-Loisobleu – 31 Août 2022

FEDERICO GARCIA LORCA: EL PASO DE LA SIGUIRIYA – (Jacob Gurevitsch à la guitare)


FEDERICO GARCIA LORCA: EL PASO DE LA SIGUIRIYA – (Jacob Gurevitsch à la guitare)

El paso de la siguiriya

Entre mariposas negras,
va una muchacha morena
junto a una blanca serpiente
de niebla.
Tierra de luz,
cielo de tierra.
Va encadenada al temblor

de un ritmo que nunca llega;
tiene el corazón de plata
y un puñal en la diestra
¿Adónde vas siguiriya,
con un ritmo sin cabeza?
¿Qué luna recogerá
Tu dolor de cal y adelfa?
Tierra de luz
cielo de tierra.

Le pas de la Séguirilla

Parmi les papillons noirs,
va une brunette moresque
à côté d’un blanc serpent
de brume.
Terre de lumière,
Ciel de terre
Elle va enchaînée au tremblement
d’un rythme qui jamais ne s’établit;
elle a un coeur en argent
et un poignard dans la main
Où vas-tu, siguiriya,
de ce rythme décervelé?
Quelle lune soulagera
ta douleur de citron et de bouton de rose?
Terre de lumière
Ciel de terre.

La Corrida et la mort – Federico Garcia Lorca


La Corrida et la mort – Federico Garcia Lorca

A cinq heures du soir.
Il était juste cinq heures du soir.
Un enfant apporta le blanc linceul
à cinq heures du soir.
Le panier de chaux déjà prêt
à cinq heures du soir.
Et le reste n’était que mort, rien que mort
à cinq heures du soir.

Le vent chassa la charpie
à cinq heures du soir.
Et l’oxyde sema cristal et nickel
à cinq heures du soir.
Déjà luttent la colombe et le léopard
à cinq heures du soir.
Et la cuisse avec la corne désolée
à cinq heures du soir.
Le glas commença à sonner
à cinq heures du soir.
Les cloches d’arsenic et la fumée
à cinq heures du soir.
Dans les recoins, des groupes de silence
à cinq heures du soir.
Et le taureau seul, le coeur offert!
A cinq heures du soir.
Quand vint la sueur de neige
à cinq heures du soir,
quand l’arène se couvrit d’iode
à cinq heures du soir,
la mort déposa ses oeufs dans la blessure
à cinq heures du soir.
A cinq heures du soir.
Juste à cinq heures du soir.

Un cercueil à roues pour couche
à cinq heures du soir.
Flûtes et ossements sonnent à ses oreilles
à cinq heures du soir.
Déjà le taureau mugissait contre son front
à cinq heures du soir.
La chambre s’irisait d’agonie
à cinq heures du soir.
Déjà au loin s’approche la gangrène
à cinq heures du soir.
Trompe d’iris sur l’aine qui verdit
à cinq heures du soir.
Les plaies brûlaient comme des soleils
à cinq heures du soir,
et la foule brisait les fenêtres
à cinq heures du soir.
A cinq heures du soir.
Aïe, quelles terribles cinq heures du soir !
Il était cinq heures à toutes les horloges.
Il était cinq heures à l’ombre du soir !

Cette image m’amène une réponse à la question que je me pose et que je retiendrais sur cette absence de commentaires où le like prend la place de ressenti exprimé

Neutralité où l’approuvé est au coude à coude du refusé

ON NE PEUT SAVOIR

L’illustration montre le taureau à demi-sauvage qui fait face au chat félin domestiqué (toréador ?)

Une expression graphique dans l’esprit du grand Tàpies porte-voix de l’informalisme de l’art espagnol actuel mis bord à bord au poète dramaturge Lorca, l’andalou et le catalan dans l’arène, séparés des hurlements d’une BB ignorante du symbole de la corrida

La peur et l’envie que font les expressions fortes me paraît plus exacte que la peur du sang. Il suffit pour cela de retenir l’effusion hémorragique journalière de la télévision pour savoir que le public en raffole

Niala-Loisobleu – 24 Janvier 2021



La cogida y la muerte A mi querida amiga Encarnación López Júlvez

A las cinco de la tarde.
Eran las cinco en punto de la tarde.
Un niño trajo la blanca sábana
a las cinco de la tarde.
Una espuerta de cal ya prevenida
a las cinco de la tarde.
Lo demás era muerte y sólo muerte
a las cinco de la tarde.

El viento se llevó los algodones
a las cinco de la tarde.
Y el óxido sembró cristal y níquel
a las cinco de la tarde.
Ya luchan la paloma y el leopardo
a las cinco de la tarde.
Y un muslo con un asta desolada
a las cinco de la tarde.
Comenzaron los sones del bordón
a las cinco de la tarde.
Las campanas de arsénico y el humo
a las cinco de la tarde.
En las esquinas grupos de silencio
a las cinco de la tarde.
¡Y el toro solo corazón arriba!
a las cinco de la tarde.
Cuando el sudor de nieve fué llegando
a las cinco de la tarde,
cuando la plaza se cubrió de yodo
a las cinco de la tarde,
la muerte puso huevos en la herida
a las cinco de la tarde.
A las cinco de la tarde.
A las cinco en punto de la tarde.

Un ataúd con ruedas es la cama
a las cinco de la tarde.
Huesos y flautas suenan en su oído
a las cinco de la tarde.
El toro ya mugía por su frente
a las cinco de la tarde.
El cuarto se irisaba de agonía
a las cinco de la tarde.
A lo lejos ya viene la gangrena
a las cinco de la tarde.
Trompa de lirio por las verdes ingles
a las cinco de la tarde.
Las heridas quemaban como soles
a la cinco de la tarde,
y el gentío rompía las ventanas
a la cinco de la tarde.
A las cinco de la tarde.
¡ Ay qué terribles cinco de la tarde !
¡ Eran las cinco en todos los relojes!
¡ Eran las cinco en sombra de la tarde !

CHANSON D’AUTOMNE – FEDERICO GARCIA LORCA


CHANSON D’AUTOMNE – FEDERICO GARCIA LORCA
Novembre 1918. (Grenade.)

Aujourd’hui je me sens dans mon coeur
un vague tremblement d’étoiles,
mais mon chemin est perdu
Dans l’âme de la brume
La lumière me coupe les ailes
et la douleur de ma tristesse

les souvenirs mouillent
à la source de l’idée.

Toutes les roses sont blanches
aussi blanc que mon chagrin,
et ce ne sont pas les roses blanches.
qui a neigé sur eux.
Avant d’avoir l’iris.
Aussi sur l’âme neige.

La neige de l’âme a
flocons de bisous et scènes
qui a sombré dans l’ombre
ou à la lumière de celui qui les pense.
La neige tombe des roses
mais celle de l’âme demeure,
et la griffe des années
fait un linceul avec eux.

La neige fondra-t-elle
quand la mort nous prend?
Ou plus tard y aura-t-il une autre neige
et d’autres roses plus parfaites?

Sera-ce la paix avec nous
comme le Christ nous enseigne?
Ou ce ne sera jamais possible
la solution au problème?

si l’amour nous ment?
Qui la vie nous encourage
si le crépuscule nous coule
dans la vraie science
du bien qui peut ne pas exister
et le mal qui bat à proximité?

Si l’espoir s’estompe
et le Babel commence
quelle torche illuminera
les routes sur Terre?

Si le bleu est un rêve
que deviendra l’innocence?
Que deviendra le cœur
si l’amour n’a pas de flèches?
Et si la mort était la mort
que deviendront les poètes
et des choses qui dorment
que personne ne s’en souvient plus?
Oh soleil d’espoir!
Eau claire! Nouvelle lune!
Cœurs d’enfants!
Âmes grossières des pierres!
Aujourd’hui je me sens dans mon coeur
un vague tremblement d’étoiles
et toutes les roses sont
Aussi blanc que mon chagrin

Romance sonámbulo -Federico García Lorca


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Federico García Lorca

Romance somnambule

(espagnol: Romance sonámbulo)

(poésie – texte traduit en Français)

Vert et je te veux vert.

Vent vert. Vertes branches.

Le bateau sur la mer,

le cheval dans la montagne.

L’ombre autour de la ceinture,

elle rêve à son balcon,

chair verte, verts cheveux

avec des yeux d’argent froid.

Vert et je te veux vert.

Dessous la lune gitane,

toutes les choses la regardent

mais elle ne peut pas les voir.

Vert et je te veux vert.

De grandes étoiles de givre

suivent le poisson de l’ombre

qui trace à l’aube son chemin.

Le figuier frotte le vent

à la grille de ses branches

et la montagne, chat rôdeur,

hérisse ses durs agaves.

Mais qui peut venir? Et par où?

Elle est là sur son balcon,

chair verte, cheveux verts,

rêvant à la mer amère.

L’ami, je voudrais changer

mon cheval pour ta maison,

mon harnais pour ton miroir,

mon couteau pour ta couverture.

L’ami, voilà que je saigne

depuis les cols de Cabra.

Si je le pouvais, petit,

l’affaire serait déjà faite.

Mais moi je ne suis plus moi

et ma maison n’est plus la mienne.

L’ami, je voudrais mourir dans

mon lit, comme tout le monde.

Un lit d’acier, si possible,

avec des draps de hollande.

Vois-tu cette plaie qui va

de ma poitrine à ma gorge?

Il y a trois cents roses brunes

sur le blanc de ta chemise.

Ton sang fume goutte à goutte

aux flanelles de ta ceinture.

Mais moi je ne suis plus moi et

ma maison n’est plus la mienne.

Laissez-moi monter au moins

jusqu’aux balustrades hautes.

De grâce, laissez-moi monter

jusqu’aux vertes balustrades.

Jusqu’aux balcons de la lune

là-bas où résonne l’eau.

Ils montent déjà, tous les deux,

vers les balustrades hautes.

Laissant un sentier de sang.

Laissant un sentier de larmes.

Sur les toitures tremblaient

des lanternes de fer-blanc.

Mille tambourins de verre

déchiraient le petit jour.

Vert et je te veux vert,

vent vert, vertes branches.

Ils ont monté, tous les deux.

Le vent laissait dans la bouche

un étrange goût de fiel,

de basilic et de menthe.

L’ami, dis-moi, où est-elle? Où est-elle, ta fille amère?

Que de fois elle t’attendait!

Que de fois elle a pu t’attendre,

frais visage, cheveux noirs,

à la balustrade verte!

Sur le ciel de la citerne

la gitane se berçait.

Chair verte, cheveux verts

avec ses yeux d’argent froid.

Un petit glaçon de lune

la soutient par-dessus l’eau.

La nuit devint toute menue,

intime comme une place.

Des gardes civils ivres morts

donnaient des coups dans la porte.

Vert et je te veux vert.

Vent vert. Vertes branches.

Le bateau sur la mer,

le cheval dans la montagne.

..

.

Federico García Lorca

 

Balada Triste, Pequeño Poema – Federico García Lorca (Granada – 1918)


Balada Triste, Pequeño Poema – Federico García Lorca (Granada – 1918)

 

¡Mi corazón es una mariposa,
niños buenos del prado!.
que presa por la araña gris del tiempo
tiene el polen fatal del desengaño.
De niño yo canté como vosotros,
niños buenos del prado,
solté mi gavilán con las temible;
cuatro uñas de gato,
Pasé por el jardín de Cartagena
la verbena invocando
y perdí la sortija de mi dicha
al pasar el arroyo imaginario.

Fui también caballero
una tarde fresquita de mayo.
Ella era entonces para mí el enigma,
Estrella azul sobre mi pecho intacto.
Cabalgué lentamente hacia los cielos,
era un domingo de pipirigallo,
y vi que en vez de rosas y claveles
ellá tronchaba lirios con sus manos.

Yo siempre fui intranquilo,
niños buenos del prado,
el ella del romance me sumía
en ensoñares claros:
¿Quién será la que coge los claveles
y las rosas de mayo?
¿Y por qué la verán sólo los niños
a lomos de Pegaso?
¿Será esa misma la que en los rondones
con tristeza llamamos
estrella, suplicándole que salga
a danzar por el campo?…

En abril de mi infancia yo cantaba,
niños buenos del prado,
la ella impenetrable del romance
donde sale Pegaso.
Yo decía en las noches la tristeza
de mi amor ignorado,
y la luna lunera ¡qué sonrisa
ponía entre sus labios!
¿Quién será la que corta los claveles
y las rosas de mayo?
Y de aquella chiquita, tan bonita,
que su madre ha casado,
¿en qué oculto rincón de cementerio
dormirá su fracaso?

Yo solo con mi amor desconocido,
sin corazón, sin llantos,
hacia el techo imposible de los cielos
con un gran sol por báculo.

¡Qué tristeza tan seria me da sombra!
niños buenos del prado,
cómo recuerda dulce el corazón
los días ya lejanos…
¿Quién será la que corta los claveles
y las rosas de mayo?

 

Mon cœur est un papillon,
bons enfants de la prairie!.
proie par l’araignée grise du temps
il a le pollen fatal de la déception.
Enfant, je chantais comme toi
bons enfants dans le pré,
J’ai libéré mon faucon avec le redoutable;
quatre griffes de chat,
J’ai traversé le jardin de Carthagène
la verveine invoquant
et j’ai perdu l’anneau de mon bonheur
lorsque vous passez le flux imaginaire.

J’étais aussi un gentleman
un frais après-midi de mai.
Elle était alors l’énigme pour moi,
Étoile bleue sur ma poitrine intacte.
Je suis monté lentement au paradis
C’était un dimanche Pipirigallo,
et j’ai vu qu’au lieu de roses et d’œillets
Elle a coupé des lys avec ses mains.

J’étais toujours inquiet,
bons enfants dans le pré,
elle de la romance m’a plongé
dans des rêveries claires:
Qui sera celui qui ramassera les œillets
et les roses de mai?
Et pourquoi seuls les enfants le verront
sur Pegasus?
Est-ce le même dans les rondones
malheureusement, nous appelons
étoile, le suppliant de sortir
danser sur le terrain? …

En avril de mon enfance, j’ai chanté,
bons enfants dans le pré,
l’impénétrable elle de la romance
où Pegasus sort.
Je disais de la tristesse la nuit
de mon amour ignoré,
et la lune lune quel sourire
mettre entre ses lèvres!
Qui sera celui qui coupe les œillets
et les roses de mai?
Et cette petite fille, si jolie,
que sa mère s’est mariée,
Dans quel coin caché du cimetière
son échec va-t-il dormir?

Moi seul avec mon amour inconnu,
sans cœur, sans pleurer,
Vers le plafond impossible du ciel
avec un grand soleil par staff.

Quelle tristesse sérieuse me donne de l’ombre!
bons enfants dans le pré,
comme le coeur se souvient
les jours passés depuis longtemps …
Qui sera celui qui coupe les œillets
et les roses de mai?