CHATIERE AUTOMNALE


PIERRE BONNARD

CHATIERE AUTOMNALE

Par la percée d’un été qui reste de brûlures en tête, l’automne va rentrer s’étirer

multiples coussins d’or et de roux

miaulent entre mes jambes

Un brâme s’avance

le fourré porte son élan en duo pour écarter la meute

Du Marais les enragées du féminisme plaquent leurs seins à la viole

Le loup s’accroche à l’échelle de corde de la nouvelle lune…

Niala-Loisobleu – 23 Septembre 2022

LES MAINS JUSTES PAR GABRIELLE ALTHEN


PIERRE BONNARD

LES MAINS JUSTES PAR GABRIELLE ALTHEN

Les Mains justes

Mais pourquoi notre terre, dans le manteau du soleil, était-elle si petite, notre terre et ses routes exquises, avec cyprès, châteaux et amandiers sur les terrasses ? Et notre peur de perdre et de mourir convoitait ces douceurs de façon si féroce que la fleur fut fauchée et le fruit se rompit.
On dit que, par le passé, aurait existé un bel amour qui laissait tout en place en caressant l’instant de ses mains toujours lisses.

Gabrielle Althen

TABLE RASE


PIERRE BONNARD

TABLE-RASE

Fin d’après-midi, ce Dimanche dans les 18h30, l’été doucement commence à se décrocher des treillis. Le ballon des enfants est chez les voisins, passé de l’autre côté du mur. On ignore où ils sont partis, lui finira la saison tranquille en dehors de la mode M’Bappé promotionnant le nul. Les dernières roses sucent la pergola au bout de l’allée en s’asseyant sur le banc devant le bassin dans lequel les nuages se baignent. Une statue grecque en première de couverture retrouve la chaleur de ses bras contre le barbecue éteint. Ce qui donne aux trois bouleaux une impression de sirtaki en théâtre d’ombre sur le mur.

La robe qui est sur la chaise-longue traîne en partie sur l’herbe que ton corps a préféré pour se vêtir au cas où on sonnerait Des oiseaux autour de toi, le chien l’oreille dressée et la queue qui mouline sont sensibles à la musique qui sort par la fosse d’orchestre des hauts-bois. Jaune le fond de mon tableau na pu résister au besoin de campagne en plein chant.

Laissés sur la table, les restes de mes écoles buissonnières en l’absence de ballon, tapent dans des gamelles pour empêcher le vomi d’une boulimie festive de pourrir la rigole.

Niala-Loisobleu – 11 Septembre 2022

APRES LE BAIN


PIERRE BONNARD

APRES LE BAIN

Tandis qu’un rouleau-compresseur dévale du ciel pour lui manger la couleur, j’ouvre l’eau pour me laver les oreilles. Du tub de l’été, elle émerge. Ruisselante

L’ombre d’un figuier sous les pieds

Portant sur elle qu’une idée de rosée dans un champ où des enfants viendront compléter cet aria que sa poitrine balance en duo

C’est un cheval blanc qui émerge des hautes-herbes

Delta piqué d’échassiers blanc et roses quand le drap de bain laisse échapper des parcelles

Au loin un train siffle à la sortie du tunnel

Dans la courbe du virage un morceau de lac se glisse entre les feuilles

la peau renvoie la main pousser la porte du potager prendre assez de basilic pour préparer un pistou que nous mangerons à la romaine dans la fraîcheur des thermes.

Niala-Loisobleu – 5 Septembre 2022

CE RIVAGE


PIERRE BONNARD

CE RIVAGE

Tenu à l’écart de la ville, point d’eau de mon désert sous les cheveux d’un saule où mon cheval s’abreuve

tes mèches frisent avec les spirales du papillon qui trace l’évasion à la verticale

Quand le lion aura bu le troupeau viendra rafraîchir sa course à venir

Ordre ancestral dans la convenance d’une nature rebelle au système

Trempe-moi, ainsi soit île.

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2022

Nos instants vestibule…par Didier Colpin


PIERRE BONNARD

Nos instants vestibule…par Didier Colpin

Tous un jour percutés terrassés par le temps
Quand vient l’ultime année en faisant du surnombre
Que voyons-nous semé là parsemant nos champs
Terre à futilités pour des fleurs de pénombre ?

Quand meurt le crépuscule étouffant l’horizon
Vole au vent de l’oubli la beauté de l’aurore
L’impossible recul fait frémir la raison
Qui tremblante supplie et en larmes implore…

A l’heure du regret
Est vu tout le factice
Qui perdant son attrait
N’est que piège à malice…

Tous un jour percutés terrassés par le temps
Quand vient l’ultime année en faisant du surnombre
Que voyons-nous semé là parsemant nos champs
Terre de qualité pour récolte en grand nombre ?

Quand meurt le crépuscule étouffant l’horizon
Vole au vent de l’oubli la beauté de l’aurore
Ces instants vestibule au goût d’entre-saison
Pleurent l’âme qui fuit le beau que l’on honore…

A l’heure du regret
Est vu tout le factice
Le bien n’est pas abstrait
Il surpasse le vice…

Quand meurt le crépuscule étouffant l’horizon
Quand vient l’ultime année en faisant du surnombre
Si nous avons aimé plus fort que de raison
Nos instants vestibule ignorent ce qu’est l’ombre…

Didier Colpin

REOUVERTURE DES BAINS-DOUCHES


PIERRE BONNARD

REOUVERTURE DES BAINS-DOUCHES

Terme estival, les marches de l’âne sont remises à portée des seaux. On ras tel à la promo, les écoles de bonne conduite à l’embauche de rechapage

Goya dans l’esprit j’ai un dessein rafraîchi sous la douche rénovant l’envie de peindre

Peindre la famille royale sans enlever les défauts ne peut qu’avantager la vérité pour remonter la libido dans la séance plénière d’anatomie en écartant les débris de l’estuaire

Reste que la franchise va devoir cracher le bromure pour bander assez afin de pouvoir franchir la clôture de l’enclos

Si on arrive à reverdir la sève de l’herbe la récurrence climatique du dernier temps ne pourra pas être mise en avant avec l’instable pour leitmotiv

Affaiblir le feu de l’amour au moment de l’approche des bouillotes serait une monumentale erreur de plus.

Niala-Loisobleu – 29 Août 2022

SORTIE DE BAIN


PIERRE BONNARD

SORTIE DE BAIN

La baignoire se laisse aller à chanter dans la descente d’eaux usées, d’un étage à l’autre avant de se répandre dans le caniveau jusqu’à l’embouchure

Le beau a usé de tout l’appareil, sels, anti-âge, pour atteindre le génie en planque dans un des flacons et lui extraire l’étroit voeu

La posture est ouverte au franchissement intime d’une quiétude choisie

Par ce que la fenêtre ne montre tout se lave à show-effroi

La vapeur laisse au corps ses besoins de fantasmes et je dessine sur la buée des seins la route qui du ventre sort au soleil retrouver la pierre qu’il faudra mener au sommet.

Niala-Loisobleu – 28 Août 2022

LE MIROIR


PIERRE BONNARD

LE MIROIR

A la porte close le miroir bouge tant de passage que le nu de ton corps perce

les flacons penchent pour la bassine où tes seins sont partis faire tremper tes aisselles

Laisse au porte-manteau la chemise des nuits pour remplir le broc de ton humidité féminine, les oiseaux cherchent un point d’eau pour descendre dans les gorges

Matin bon tain touche aux pores.

Niala-Loisobleu – 25 Août 2022

BAINS AUX PORES


PiERRE BONNARD

BAINS AUX PORES

Plongé dans le noir du feu climatique d’un dehors égaré, je ramène mes yeux aux pores d’une fraîcheur tenue à l’anneau céleste de l’espoir capable de métamorphose.

L’ombre est brûlante à son tour, reste que la lumière interne pour trouver le point d’eau

Alors j’allume ton corps de cette fraîcheur qui ne connaît pas l’âge par une peau qui colle de source

L’oiseau y demeure

mousse humide avec vue sur l’ailleurs

au bord des arbres imprimés de fruits exotiques

quelques cases posées sur un lit de palmes aux hanches mettant de la musique

et un sorcier porteur-d’eau faisant la noria au sein de la cantine des enfants studieux

j’éteins pas ta toilette pour ce qu’elle lave.

Niala-Loisobleu – 18 Juin 2022