Andorinhas -Ana Moura


Andorinhas -Ana Moura

Je passe mes journées dans de longues files
Passo os meus dias em longas filas

Dans les villages, les villes et les villes
Em aldeias, vilas e cidades

Les hirondelles sont reines
As andorinhas é que são rainhas

Voler les lignes de la liberté
A voar as linhas da liberdade

Je veux décoller mes pieds du sol
Eu quero tirar os pés do chão

Je veux m’envoler d’ici et partir en avion
Quero voar daqui p’ra fora e ir embora de avião

Et juste revenir un jour
E só voltar um dia

Je vais mettre la valise au sous-sol
Vou pôr a mala no porão

Savourez le printemps en attendant et en saison
Saborear a primavera numa espera e na estação

Un jour une hirondelle a dit
Um dia disse uma andorinha

Ma fille, le monde tourne, utilise la brise en ta faveur
Filha, o mundo gira, usa a brisa a teu favor

la vie raconte des mensonges
A vida diz mentiras

Mais le soleil avertit avant de se coucher
Mas o sol avisa antes de se pôr

Je veux décoller mes pieds du sol
Eu quero tirar os pés do chão

Je veux m’envoler d’ici et partir en avion
Quero voar daqui p’ra fora e ir embora de avião

Et juste revenir un jour
E só voltar um dia

Je vais mettre la valise au sous-sol
Vou pôr a mala no porão

Savourez le printemps en attendant et en saison
Saborear a primavera numa espera e na estação

Ma mère disait
Já a minha mãe dizia

Lâche les ailes, tourne le dos
Solta as asas, volta as costas

Sois fort, avance vers la mer
Sê forte, avança p’ra o mar

Grimpe les pentes, fait des paris
Sobe encostas, faz apostas

Par chance et non par hasard
Na sorte e não no azar

Source : Musixmatch

COMME A LA RUE


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COMME A LA RUE

 

L’image de la rue se coupe au couteau d’une lame de lune embrassant le peu de façade visible

L’étai des réverbères soutient le coin de niche où se pelotonne une part de rêve

Jouets des vitrines en costume croisé, robe de mariée tirée d’un tuyau d’orgue, on va dîner chez Maxim’s, garde-moi un coin de Grande-Roue, Balthazar préfère le Pied-d’Cochon avec la soupe à l’oignon

Quand ça luit le pavé c’est que les fenêtres pleurent aux talons d’une prostituée à l’échelle de coupée du pain à gagner

Par la senteur complice du mégot et du bitume se retrouvant dans le barrio sort un glissé corporel de tango

La chair qui colle et renverse le vin sur la table fait des éclats de boule au plafond comme une illusion échafaude un levé de tête du seau

Se tenant les uns aux autres pour ne pas tomber dans le caniveau des marins sans filles aux pores chaloupent du pompon rouge

Quand le coq aura chanté les enfants reprendront le chemin de l’école en espérant que la grève annulera le transport scolaire

De quoi contredire les bons esprits qui se plaignent des embouteillages

Je laisse là ma pensée trouver la boîte aux lettres des amours heureuses en muselant le tableau noir et en retenant l’accordéon par les bretelles pour pas qu’il se jette dans la scène…

Niala-Loisobleu – 05/01/20

A Fadista
Robe noire ceinturée
Vestido negro cingidoCheveux longs noirs
Cabelo negro comprido

Et châle brodé noir
E negro xaile bordado

Monter l’avenue la nuit
Subindo à noite a avenida

Celui qui passe la juge perdue
Quem passa julga-a perdida

Femme de dépendance et de péché
Mulher de vício e pecado

Et ça devient confus
E vai sendo confundida

Insulté et persécuté
Insultada e perseguida

Par l’invitation habituelle
Pelo convite costumado

Entrez dans le café chantant
Entra no café cantanteTaquiné suivi
Seguida em tom provocante

Pour ceux qui veulent l’acheter
Pelos que querem comprá-la

Une guitare jouant
Uma guitarra a trinar

Une ombre lentement
Uma sombra devagar

Avancez au milieu de la pièce
Avança para o meio da sala

Elle commence à chanter
Ela começa a cantar

Et ceux qui voulaient l’acheter
E os que a queriam comprar

Ils sont assis à la table à la regarder
Sentam-se à mesa a olhá-la

Vieux coin et si profond
Canto antigo e tão profundoCelui qui vient du bout du monde
Que vindo do fim do mundo

C’est la prière, le deuil ou le commerce
É prece, pranto ou pregão

Et tous ceux qui l’ont entendu
E todos os que a ouviam

À la lueur des bougies, ils semblaient
À luz das velas pareciam

Dévots dans la prière
Devotos em oração

Et ceux qui l’ont un peu offensée
E os que à pouco a ofendiam

Les yeux fermés, ils ont écouté
De olhos fechado ouviam

Comment lui demander pardon
Como a pedir-lhe perdão

Robe noire ceinturée
Vestido negro cingidoCheveux longs noirs
Cabelo negro comprido

Et le traçage du châle noir
E negro xaile traçado

Chanter pour cette table
Cantando pra aquela mesa

Elle les rend sûrs
Ela dá-lhes a certeza

Pour leur avoir déjà pardonné
De já lhes ter perdoado

Et devant elle à table
E em frente dela na mesa

Comme dans la prière à une déesse
Como em prece a uma deusa

En silence on entend du fado
Em silêncio ouve-se o fado