« INTERIORITE » (Le Peintre 5) – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/CONTRECOLLE S/ VERRE 40X50


NIALA

« INTERIORITE »

(Le Peintre 5)

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/CONTRECOLLE

S/VERRE 40X50

DE PORTE EN PORTE EMPORTER L’UNIVERS INFINI

Votre porte claque –
Vous êtes à l’extérieur :
Vous y êtes enfermés

Vous êtes à l’intérieur :
Pas de dommage…

La clef est votre chance
Mais de l’intérieur :
Nul besoin d’elle…

Ainsi les courants d’air
Appellent de l’extérieur : la clef
Il faut être prudent
Avec eux

Mais de l’intérieur : vous ouvrez..
Et c’est l’accueil ou
Avec la clef…
Vous sortez
Vers…Le grand monde

Il est une porte qui semble
Vous interdire les deux…
C’est celle de
La prison
Or le grand monde
Peut être dans
Les songes…
Nul besoin de clef…
Ainsi échappe-t-on à l’univers clos :
De l’intérieur des âmes
Par la porte des
Songes…

Qui prétend en découvrir la clef
Sans être à l’intérieur
S’en voit refuser
L’entrée
Il s’agit là d’ouvrir son désir
De toucher un fil dans un
Courant d’air…
Écrire cette fulgurance
Pour ouvrir un
Horizon

Et qui a déjà rêvé à la porte de l’horizon
Où la mer se confond avec le ciel
Où la mer est allée avec
Le soleil couchant –
Peut s’abandonner à un grand
Air fugace

Mais…Ah ! Passer les portes et les murs
Sans chercher à les ouvrir…
On ne le peut que
Comme Alice ou
Marcel Aymé
En inventant – réinventant
Un monde merveilleux
Qui est derrière
La clôture

La liberté va jusque dans les portes des villes…
Si elles sont ouvertes
On peut rentrer et
Accueillir ce
Qui pointe à
L’horizon…
Le jour pointe ou la nuit tombe
On entre au jour par
Des points d’azur
Rougeoyants ou
Par les nuées
On entre dans la nuit
Par l’horizon étoilé
Par les phares
Les réverbères ou les enseignes
Au bout d’une avenue

Mais – en aucun cas – on ne saurait ouvrir
Les portes du monde sans en faire
De même avec nos songes et
Sans nous donner
Un horizon

Et si le passé nous est fermé
Il faut entendre battre
Le cœur de
La mémoire avec nos désirs
Illimités…
Cela vaut pour toutes les portes
Si nous voulons les ouvrir
A nos amis et à
L’amour
Sinon nous les fermons
A tout partage et à
Toute fidélité

Et toujours s’enquérir des bruits et
Des voix du monde – implique
Qu’on se les remémore
Sinon on se lie
Aux chaînes
De l’oubli
De l’oubli
Sinon ce n’est que le travail
Pour lequel s’il ne
Nous plaît pas
On aimerait peut-être mieux
Rêver et désirer
Quitte à se calfeutrer chez soi
Comme en un cocon dont
On attendrait des
Métamorphoses

Ouvrir – fermer des portes
C’est encore le courant d’air des désirs
Qu’il faut peut-être
Laisser entrer
Dans l’instant d’une décision
Pour lâcher prise à
Notre plaisir…
La tristesse et l’angoisse nous guette
Et nous ne pensons plus
Ni à l’ouverture ni
A la fermeture ?…
Or la renaissance de nos êtres
Se fait dans le soin
Que nous accordons à l’accueil
Et au partage dans ce
Monde global
D’empires et de communautés fermées

Notre intériorité nous pousserait
A tout fermer que nous
Ne nous nous y
Reconnaîtrions plus
Sauf à lâcher prise
A tous courants
D’air
Vivifiants et salvateurs
Y passant au travers
Ainsi claquer
La porte au monde nous transforme
Nous-mêmes en
Courants d’air devant
L’univers infini !…

Alain Minod

SACRÉ JOUR


SACRÉ JOUR

Dans un désir de remontée de la temperature j’observe la décadence du climat qui se balade entre manteau sur le dos et le foucorps à poil

Devant toute inclinaison meurtrière je hais le hobby cow-boy américain des armes

Quelques fleurs sur ton corps en chat perché dans l’atelier…

NialaLoisobleu – 28 Mai 2022

MARIZA – QUEM ME DERA


MARIZA – QUEM ME DERA (Comme j’aurais aimé)

Que faut-il qu’il arrive encore dans le monde

Pour que ton cœur se tourne vers moi

Combien de larmes doivent encore tomber

Quelle Fleur devra naître

Pour gagner ton amour

Mon Dieu, pour cet amour

Je peux tout faire :

Je déclame les plus beaux poèmes de l’univers,

Afin de te convaincre

Que mon âme est née pour toi

Il faudrait un miracle

Pour qu’enfin mon cœur se réjouisse

Je te jure de ne jamais renoncer,

Qu’il pleuve ou fasse beau temps

Car j’ai besoin de toi pour continuer.

J’aimerais tellement pouvoir

T’embrasser en automne en été au printemps

Vivre après cela est peut-être une chimère

Tenter ma chance et gagner ton cœur.

Il faudrait une tempête pour que tu réalises

À quel point mon amour est véritable. Je te cherche

Aux banlieues de la ville, dans la lumières des phares.

Parmi les simples mortels que nous sommes tous

Mon amour est pur, est très grand et rempli comme un baobab 

Pour toi je vais où jamais je n’irai

Pour toi je suis ce que jamais je ne serai

Il faudrait un miracle

Pour qu’enfin mon cœur se réjouisse

Je te jure de ne jamais renoncer

Qu’il pleuve ou fasse beau temps

Car j’ai besoin de toi pour vivre.

J’aimerais tellement pouvoir

T’embrasser en automne en été au printemps

Vivre après cela est peut-être une chimère

L’OEIL DE SCENE


MARC CHAGALL

L’OEIL DE SCENE

Dressée sur le bout de craie d’une falaise

Percée dans l’ombre d’un chemin rabattu

A cheval sur la dérive d’un art populaire

Entre les seins d’une boucle de cerises

Au fond d’une barre de feu

Sur le mouvement d’un allegro andante largo

Dans le creux de la paume à la veine du poignet

Au rebondi pubien où le frisson lombaire marque la tranchée pare-feu

Du bout de l’ongle aux lunules des cinq antennes

Du genou précédant le pédoncule de l’étrave en chenal

cette fenêtre exploratrice traverse l’ignorance arrêtée derrière la vitre et le rideau d’un volet engendré par la médiocrité

Oeil de foi libre de dogme qui remonte du galop des bisons eu creusement de l’arbre pour remonter à l’océan

dense autour du feu enroulé aux secrétions volcaniques

Dans la fermeture présente c’est mon jour ouvré permanent

Niala-Loisobleu – 25 Mai 2022

Les jardins suspendus – Julien Gracq


« MAISONS SOLEIL 6 » – NIALA 2014 – ACRYLIQUES/TOILE 100X81

LES JARDINS SUSPENDUS – JULIEN GRACQ

Je suis entré dans la nuit fraîche des marronniers.

C’est toujours vers les lisières des villes de province, à l’insertion soudaine des quartiers d’usines désaffectées où tremblent au vent des bouquets de niasse, des
déchets de lingerie comme des pariétaires au long des grilles lépreuses des fenêtres, dans un silence plus prenant que celui d’une émeute avant le premier coup de feu,
que j’aime à suivre au fil des basses voûtes noires ces traînées longtemps humides sur l’asphalte où tiédissent englués au sol les pétales blancs et
roses, et ces lourdeurs humides de l’air sous le tunnel de branches le plus impénétrable que j’aie jamais vu. Le vide des pavés sur la droite, intercepté par la
retombée des arbres, surprend comme une étendue marine et l’on peut cheminer seul selon la pente vers des rivières tristes, cimetière tout l’hiver des embarcations de
plaisance, des places envahies silencieusement par les gazons et les jeux sans bruit des enfants pauvres, avec parfois un wagon de marchandises engourdi ou la vocalise dérisoire d’un
cerf-volant. Rien ne me va davantage au cœur alors que la terrasse étouffée de verdures noires d’un café somnolent de ces boulevards excentriques. La solitude est celle des
franges habitées d’où l’on tourne l’épaule aux fenêtres

— comme du haut des falaises d’un vélodrome plein à craquer le regard étourdi jusqu’à l’écœurement qui flotte sur les terrains vagues où pend du linge
à sécher aux guimbardes des nomades, ou le laisser-aller incompréhensible de somnolence des gares de triage de banlieue. Les heures glissant sans effort et sans trace sur le
cadran plumeux d’un ciel océanique entre les feuilles, l’averse incolore et battante dont rien ne protège, la salle vide, le bâillement domestique submergeant sans effort le
comptoir

— quelle halte ! — et vertigineusement, de n’aller à rien tout au long de ces singuliers boulevards de ceinture, du harassement dépaysant comme sous l’alizé de ces
grands atolls de feuillages, sentir immobile circuler au flanc de la cité ce réseau de mort subite, et les grands coups de lance du désert jusques au cœur menacé des
villes de ces tranchées familières du vent.

Julien Gracq

Du haut du rocher


Du haut du rocher

La mer comme une marche à franchir sourit bleu

Pat dessus le pont y’a toujours la lumière dans les yeux qui assure devant de derrière

Entre les caprices du temps les mains tiennent l’équilibre du ballant…

Niala-Loisobleu – 25 Mai 2022

COLLINE – JACQUES BERTIN


COLLINE – JACQUES BERTIN

 Colline

C’était juste pendant les très grandes chaleurs,
Cette année là, nous cherchions à nouveau un logement,
En attendant nous étions chez une amie qui était belle
Mais nous ne faisions pas l’amour et sans doute c’était à cause du temps

Ou c’était que nous n’étions pas chez nous et tu t’étonnais de cela

Et je savais que l’homme est une mécanique plus fragile
Que les appareils compliqués qu’on voit dans les musées silencieux
Et qui oscillent sans un bruit et sont mystérieusement utiles
Tu venais juste de reprendre le travail et tu avais du mal,
Nous étions de passage et Colline qui était belle
Parfois nous la surprenions nue et nous la regardions
Avec amour dans son sommeil
Et tout trois nous nous aimions bien

Nous ne faisions pas l’amour, et par timidité peut être
Parceque cela aurait remis en route quelque part une de ces machines éteintes
Pourtant nous nous aimions, les choses sont si simples
Que ces machines qu’on dérègle pour un rien sont sans complications

Je ne sais, oh, je ne sais, pourquoi j’écris tout cela
Pour tendre un filet à travers ma vie qui m’entraîne
Il faisait dans l’appartement une chaleur
On ne respirait plus
Nous étions dans une parenthèse élevée d’un immeuble de notre vie
Un jour, je me dis que peut être nous aurons enfin une maison Sur la pointe de l’ile entre les deux bras et les années qui passent
Je les verrai venir et se mêler à mon passé
Comme dans les tourbillons de la Loire,
L’eau et ensuite, l’eau paresseusement va mourir dans les sables
Crois tu qu’un jour nous aurons réellement une maison
Avec une bonne amie à nous et nous saurons avoir la force
De nous aimer, nous l’aimerons sans peur souviens t’en
Ce sera bien plus beau et bien plus pur qu’un couple même comme nous deux

Ce sera comme une prairie dans la partie ombragée de l’été vers le soir
Tu n’auras pas peur de l’orage et ni surtout de toi même,
Dans l’herbe, on aura disposé ces machines inutiles des musées,
Avec des balanciers, des contrepoids, des rouages de cuivre, des roulements…
Et il flottera une de ses chansons mélodiques que chantait nos parents,
Pour qui crois tu que nous serons capable de cette fête, souviens t’en …

Jacques Bertin

EN MONTEE DU VALLON


EN MONTEE DU VALLON

Le virage débusque à partir du pied le derrière du genou en étape avant l’enchantement

comme la pente à se laisser glisser conduit au 7ème ciel

Enfoui dans ta fleur tutélaire mon subconscient allait trottinant, le voilà qui ouvre l’oeil

avec un mot pour chaque pierre sortant de l’herbe son air d’autan

cet ocre queue-de-vache venu de la mère en témoignage d’appellation

La tourterelle en écart des lèvres s’envole du trou de la haie qui me fait penser au claquement jubilatoire du travail bien fait

ce qui me rappelle la note que j’avais mis sur Julie fut un tant

Soudain tout ce qui demeure inchangé se met à éclore du vide à rendre le chien fou.. Il renifle les toiles jusqu’à la trame du bleu, appâté par la cerise des tomates

Des vélos me sortant des jambes me grimpent le pinceau en danseuse. J’ai le rire innocent d’enfant dans la palette.

Niala-Loisobleu – 24 Mai 2022

A cheval sur la musique


A cheval sur la musique

Les branches des archets se sont mises au pas avec le mouvement des arbres bordant le canal par où le transport pictural navigue

Tu oscilles du côté où je penche

Trempé dans tes mots poétiques qui achalandent le trottoir où s’est piqué mon chevalet je me laisse gagner par l’orchestre

Et le chien à qui j’ai confié ma toilette me débarbouille de toute absence de tendresse

Les yeux ont au fond de la culotte cette forme d’extase propre au voyage et à la sérénité des seins qu’on a pas enfermés

Les oiseaux retrouvent leur chant d’action….

Niala-Loisobleu 24 Mai 2022