MATIN BONJOUR


MATIN BONJOUR

Ecarter un peu plus les planches des lames du volet

Sans que l’hameçon cherche à tromper le poisson

La clarté des mots privilégiée, l’horizon dessine la voile

Mouvement vertical des doigts glissés sous le drap

Un silence pas encore foulé

Mouvement de l’aire en marche

La feuille au sol tient la couche amoureuse d’un voeu anémone.

Niala-Loisobleu – 24 Octobre 2021

LE SEMAPHORE


LE SEMAPHORE

Grand format à désemplir de vide pour que reste du soleil en partage

l’arbre court d’une branche à l’autre à saute-mouton sur le vague

Celui-ci recommence au métier pour tisser

visage tout de bleu

la laine serrée du signal vers

L’anémone à bord en console la perspective que le paysage guette du large.

Niala-Loisobleu – 23 Octobre 2021

BÂT TISSEUR


BÂT TISSEUR

La mer déferle

bien des naufrages au Cap de Bonne-Espérance

D’un outre noir rien ne me Soulages

Aux torts comme aux raisons je bois l’alligot bite au vent sans pisser dans l’haricot

Le fond de l’humanise et le goudron nicotineux d’une rancune ne m’ont jamais couché ensemble

Comprendre est souvent difficile mais tout refuser comme tout accepter est d’une facilité lamentable

Le lierre qui s’en prend au mur pour vivre m’afflige

Le jasmin qui s’agrippe en revanche montre le creuset qui est sous sa jupe

L’âne et la noria c’est dur mais en définitive ça fait monter l’eau

J’épope

je tisse

d’un amour qui sans tendre la joue s’en prend plein la gueule sans amertume, l’espoir c’est l’ortie où j’ai jeté mon aube…

Niala-Loisobleu – 23 Octobre 2021

DES CAILLOUX DE MA POCHE 14


Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est img-6624.jpg

DES CAILLOUX

DE

MA POCHE 14

Du jour de rappel

M’est venu le temps réel que tu berces d’une vérité qui m’appelle à continuer

La chambre est ouverte à la musique de l’anémone

Seul point noir qu’on garde au centre d’un bleu rare

Comme la trace qu’on a laissé en se roulant dans l’herbe

Au milieu du lit c’est le lavoir où tes mots viennent en brouette à la batte

Si la rue monte c’est parce les lavandières dégrafent le cheval à cru pour le mener à l’abreuvoir

Un compas que tes écuisses savent régler aux sphères

Au point que j’ai rêvé te demander de m’écrire à l’intérieur du cadre l’introduction au thème 2022

Tes mots dans ma peinture respirent l’humble visage de l’anémone

Notre point de repaire

Je men étais pas encore approché d’aussi près

Les cèdres me l’ont montré

Cette tempête aussi en enlevant ta voix comme rien qui soude plus à l’enfant qui vieillit sans que ça change l’éclairage de la musique de chambre

Le lapidaire qui érode le tant s’est arrêté d’agacer les oiseaux quand il a vu déboucher la clairière au dernier virage du fleuve

Utopie dira le philosophe et comment lui répondra mon saut en se remplissant.

Niala-Loisobleu – 21 Octobre 2021

D’ANEMONE


D’ANEMONE

Sérum qui pousse à vivre

Une branche se léve sur l’arbre que le vent couche

Du pied au genou et de la cuisse à la fourche se dédouble la pensée que je t’adresse

Comme un tournesol que mon pas suit je vais te chercher à l’école

A quatre heurs je te donnerai mon peint au chocolat.

Niala-Loisobleu

21 Ooctobre 2021

JE ME LEVE AUJOURD’HUI – GABRIELLE ALTHEN


JE ME LÈVE AUJOURD’HUI

GABRIELLE ALTHEN

Trois cyprès sont vigiles

Où le pardon fera la porte

Les plantes simples qui s’étreignent

Habitent

On ouvrira bientôt le cran de nos désirs

Ce paysage est admirable mais que lui ôte sa beauté ?

Parfois je me demande où l’on y bêche encore

Le terreau de la faute

D’introuvables pans de ciel baignent la terre

La mort aura juste un peu traversé le plancher

Pour offrir à chacun sa grappe de baies noires

J’entends toujours le bourdon de l’orgueil

Et je ne sais si je rattraperai mon nom

Mon pauvre nom de tête rebâtie sur le cœur

Le recours se prononce et la vigile insiste

Moi je me tiens où le roseau se penche

Attention donc le ciel commence ici

Les choses sont pourtant bien étroites sous l’aplomb

Je fixe avec effort le sol entre la vigne et la maison

Mais le ciel trop léger commence à s’en aller

Est-ce que l’histoire en a parlé ?

Il a déjà quitté nos pieds

Sans doute le pardon est-il comme le ciel

Route et couronne partout avec portes ouvertes

Qui donnent à manger leur fruit manquant et vert

La chose est à la fois absente et colossale —

Tu pleures, je pense, ô mon désir…

La sentinelle heureuse près du bord qui chavire

Ne touche rien

N’a rien à nous ôter

J’ai pris sur l’arbre une amicale baie

La route est brève je me suis levée.

Gabrielle Althen