Le dernier pas encore sec


Le dernier pas encore sec

Je remonte de l’atelier les poches pleines de ma lune d’hier et du soleil d’aujourd’hui

« DECOCTION LUNAIRE »

73×60

né le 26:11:22

les doigts mettant le chaud du côté gauche

je ferai les mots-peints demain

Niala-Loisobleu – 26 Novembre 2022


UNE ÉPOQUE CHARNIÈRE

PAR MARC ALYN

L’imaginaire était une tête brûlée de
Baphomet guettée par le bourreau,

L’exil, le noyau dur d’une comète sans espace, épouvantail favori

des corbeaux.
Je me souviens de natures mortes en attente du coup de grâce
Où gisait une poule faisane au milieu d’une conjuration de cristaux,

de raisin, de cuivres, d’étincelles.
Le temps, en ce temps-là, ne faisait pas d’usage.
J’en jetais par poignées aux musiciens errants,
L’aveugle avec son chien dépeçait mon présent.
Dieu débordait, vin fou, du pressoir des orages.
Je me faufilais à grandes aiguillées en direction du
Centre, point

d’ancrage
De l’âme en perpétuelle invention d’elle-même.
Le verbe sur le gouffre osait des passerelles
Si vertigineuses que le siècle pourtant porté sur la déprime
Refusait d’avancer en dépit des menaces, des promesses, des banderilles.

En marge, ayant vécu ici ou là par défaut

Dans le refus des filiations et des paternités,

Le dos au mur à l’extrémité de l’impasse,

Je contemplais l’inexistence sans limites,

Déporté volontaire au goulag du poème

Avec les droits communs de l’immortalité.

Au marché noir, la mort vendait des yeux en solde,

Des bagues où nageaient des poisons délurés,

Sur le sable, l’Histoire jouait aux osselets, buvant pour oublier.

D’autres neiges, d’autres indéchiffrables bruits de pas
M’accompagnaient au sein d’une cohorte de mages, de soufis, de sibylles, de lunatiques

(Car je n’eus jamais d’amis qu’hérétiques)

Vers les confins qu’illuminait le suicide des dieux immolés par le feu.

Le non-dit trouverait-il ailleurs son origine ?

L’œuvre consistait à traduire en poésie, langue étrangère au sein de

toute langue,
Qu’elle magnifie et corrompt.
Les dernières paroles du
Millénaire agonisant.
Les mots prenaient les mots en otage.
Les exorcistes rentraient tard.
Quelque part le sang coulait, inutilement rouge dans le noir.

MarcAlyn

RECAPITULATIF DU FOND D’ATELIER


RECAPITULATIF

DU FOND D’ATELIER

Passe en ce jour idoine l’inconnu du nombre de toiles attelé au vieux cheval depuis les décennies où mon père lui mit le pied à l’étrier. Mousse blanche de l’aubier qui entre l’écorce et le bois croît aux branches comme le sperme que l’arbre éjacule pour parvenir au fruit

L’os ferme et la moelle plus sensuelle qu’un méplat de poitrine à l’approche du canyon ne casse pas dans des colères

De tous aucun des ateliers n’a mis la paume de taire à l’écrasé

Les tours de manivelle donnés aujourd’hui à ma mémoire ont tous conclus au besoin de remonter la toile au chevalet sans cesser de prolonger le cours du fleuve, le vol de l’oiseau, le labourage du cheval et l’élan du chien à la trace de ce qui vit

On perd ce qui n’est qu’attaché au vent

on garde ce qui part de la racine

Le broyé n’est qu’un concours d’incompréhension, l’inadvertance d’un composant de hasard, le vrai franchit jusqu’au trou dernier fermé d’une dalle, luciole plus lumineuse qu’un mot de billet de contrefaçon

Ce qui ramène au départ a le beau de la genèse non lancée à la mer mais navigable

Folie merveilleuse que le raisonnable ne peut dévoyer, comme elle récuse les impressions non séparées de l’abstrait qui tient de l’Art la générosité du beau

Mystère préservé par l’innocence qui ignore les questions subsidiaires et traduit en clair le langage ésotérique.

Niala-Loisobleu – 24 Novembre 2022

CHANTS ENLISES (REPRISE)


CHANTS ENLISES (REPRISE)

Ligneux déploiement des reins qu’une mouvance en sommeil retient

les pierres rondes refusent encore la taille excavatrice du couvert en argent

là où une simple trace de mouvement accouplé nage dans le bassin d’un reflet de lune

Verger demeuré qu’un mélange de couleurs fruitières fixe sans objectif de production intensive

il était un ciel azuréen avant que les sables à lapin soit vomis des terriers

l’héritage des garrigues m’a choisi

souviens-toi la barque chargeait les amphores d’huiles dont le nom s’est perdu en naufrage. Cet oiseau au regard manuel comme il te caressait des yeux pendant que tu écrivais avec l’une de ses plumes. En petits éclats de mosaïque l’étendue plane montait des spectacles d’eau pour rafraîchir les doigts des guitaristes quand le petit matin proche asseyait les danseurs. Demande-moi où se trouve le marais-salant des enfants à barbe blanche qui n’auraient pas eu idée de jouer au soldat, je ne désarmerai pas de t’y conduire…

Niala-Loisobleu – 30 Novembre 2018

« LE RENDEZ-VOUS » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 55X46


« LE RENDEZ-VOUS »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 55X46

A 03 heures du matin

je suis né ce jour il y a 89 ans

une longue histoire mise au service de la vie

au départ d’un apprentissage rigoureux de formation au métier d’homme

au coeur de bien des avanies qui n’ont fait que rien vouloir céder

à l’amour de l’Humanité

Son état de délabrement

les insultes quotidiennes à la Nature

me conduisent à donner

Rendez-Vous Prochains

à la

BELLE DE VIE

avec l’idée de pousser plus loin

ce qu’il est possible d’en faire sans raconter de boniments.

Niala-Loisobleu.

24 Novembre 2022

I’ll Take Care of You


Chanson de Beth Hart et Joe Bonamassa

I’ll Take Care of You

Chanson de Beth Hart et Joe Bonamassa

Je sais que tu as été blessé
I know you’ve been hurt

Par quelqu’un d’autre
By someone else

je peux dire d’ailleurs
I can tell by the way

Vous vous portez
You carry yourself

Mais si tu me laisses
But if you’ll let me

Voici ce que je vais faire
Here’s what I’ll do

je prendrai soin de toi
I’ll take care of you

Moi, j’ai aimé et perdu
I, I loved and lost

La même que toi
The same as you

Donc tu vois je sais
So you see I know

Juste ce que tu as traversé
Just what you’ve been through

Et si tu me laisses
And if you’ll let me

Voici ce que je vais faire
Here’s what I’ll do

Je dois juste prendre soin de toi
I just have got to take care of you

Vous n’aurez jamais à vous inquiéter
You won’t ever have to worry

Tu n’as jamais à pleurer
You don’t ever have to cry

je serai là à côté de toi
I’ll be there beside you

Pour sécher tes yeux qui pleurent
To dry your weeping eyes

Alors chérie, dis-moi
So darlin’ tell me

Que tu seras vrai
That you’ll be true

Parce qu’il n’y a aucun doute dans mon esprit
‘Cause there’s no doubt in my mind

je sais ce que je veux faire
I know what I want to do

Et tout aussi sûr
And just as sure

Un et un font deux
One and one is two

Je viens, je dois prendre soin de toi
I just got, I got to take care of you

Je dois juste prendre soin de toi
I just got to take care of you

Prendre soin de toi
Take care of you

Source : LyricFind

Paroliers : Brook Benton

Les Fenêtres – Guillaume Apollinaire


Les Fenêtres – Guillaume Apollinaire

Du rouge au vert tout le jaune se meurt

Quand chantent les aras dans les forêt natales

Abatis de pihis

Il y a un poème à faire sur l’oiseau qui n’a qu’une aile

Nous l’enverrons en message téléphonique

Traumatisme géant

Il fait couler les yeux

Voilà une jolie jeune fille parmi les jeunes Turinaises

Le pauvre jeune homme se mouchait dans sa cravate blanche

Tu soulèveras le rideau

Et maintenant voilà que s’ouvre la fenêtre

Araignées quand les mains tissaient la lumière

Beauté pâleur insondables violets

Nous tenterons en vain de prendre du repos

On commencera à minuit

Quand on a le temps on a la liberté

Bigorneaux Lottes multiples Soleils et l’Oursin du couchant

Une vieille paire de chaussures jaunes devant la fenêtre

Tours

Les tours ce sont les rues

Puits

Puits ce sont les places

Puits

Arbres creux qui abritent les Câpresses vagabondes

Les Chabins chantent des airs à mourir

Aux Chabines marronnes

Et l’oie oua-oua trompette au nord

Où les chasseurs de ratons

Raclent les pelleteries

Étincelant diamant

Vancouver

Où le train blanc de neige et de feux nocturnes fuit l’hiver

O Paris

Du rouge au vert tout le jaune se meurt

Paris Vancouver Hyères Maintenon New-York et les Antilles

La fenêtre s’ouvre comme une orange

Le beau fruit de la lumière

Guillaume Apollinaire, Ondes, Calligrammes 1918

JE RETIENS CE QUI PERCE


JE RETIENS CE QUI PERCE

Entre ne pouvoir regarder que dans ses tiroirs et rien au dehors, je privilégie tout ce qui a le pouvoir de traverser le vide afin de bloquer le néant. Aussi imagine comme te voir sur toutes tes faces, la force de persuasion que tu peux avoir sur l’opaque. Et ce, sans que j’en arrive à culpabiliser.

Un visage qui se complète d’un corps dans les fleurs, ma toile adore

Et ça fait venir chanter les oiseaux dans la dalle même si il pleut

La nature des choses passe un accord avec la Nature tout court afin de mettre plus de rose dans ses lunettes

Mieux vaut une pensée amoureuse dans sa guérite pour veiller à l’approche de l’ennemi éventuel qu’un nid de mites railleuses…

Niala-Loisobleu – 22 Novembre 2022

ERUPTION DE BOUTONS DE FLEUR


ERUPTION DE BOUTONS DE FLEURS

A un moment donné un rayon de soleil a traversé le rideau de pluie

les murs de la chambre se sont levés comme un seul homme

Au bout du champ une centaine de cavaliers armés traversait l’écran

Robin des Bois embrassa Marianne avant de sortir du lit puis banda son arc à la fenêtre

si sa flèche n’avait pas traversé tous les méchants ça n’aurait pas été un rêve et le poète faiseur de mots-peints n’aurait pas posé sa tête au levé du jour pour continuer de déclamer son amour du beau tant.

Niala-Loisobleu – 21 Novembre 2022

Ode à l’Amour Courtois – Francis Cabrel

Comme un ami le printemps est venu lui-même
Charger de fleurs les premiers vers de mon poème
Où je bénis ses yeux, son corps, sa chevelure
Et tout ce qui fait vibrer mes pages d’écritures

À chacun de ses pas elle parfume l’espace
C’est ma chanson pour dire comment elle se déplace
Les plis de son manteau où je voudrais m’étendre
Les colliers à son cou où je pourrais me pendre

Du bout des lèvres
Dans ces milliers d’oiseaux que le matin soulève
Dans le doute et la fièvre
Je murmure un prénom qui n’existe qu’en rêve
Mais elle reste de glace
Elle ne répond rien, rien

J’invente des rêves sans fin, des nuits torrides
Chaque matin l’aube revient sur mes mains vides
S’il reste un paradis au fond du ciel immense
C’est probablement entre ses bras qu’il commence

Qu’importe les mauvais chemins s’ils vont vers elle
J’en finirai mieux ce refrain où je l’appelle
On y entendra mes yeux couler, mon cœur se fendre
Et s’ouvrir ce manteau où je veux tant m’étendre

Du bout des lèvres
Dans ces milliers d’oiseaux que le matin soulève
Dans le doute et la fièvre
Je murmure un prénom qui n’existe qu’en rêve
Mais elle reste de glace
Elle ne répond rien, rien
Et je reste à ma place
Mais tout le monde voit bien, bien
Que de tous les jours qui passent
Je préfère, et de loin
Les jours où je la vois
Comme un ami le printemps est venu lui-même

Francis Cabrel