DANS L’IMPATIENCE DU GRENIER


ALBIN BRINOVSKY

DANS L’IMPATIENCE DU GRENIER

Au coeur d’une sécheresse dont les sentiments posent interrogation, j’ai arrosé tes zones érogènes d’une chanson de corps de garde

Bandonéon qui se contorsionne pour rentrer les récoltes des semailles du tant qu’on s’aimait au grenier

La boule jette ses plus intrépides caresses quand tu fléchis à l’entrée de mon genoux entre tes cuisses

et que la plante recroquevillée sous son capuchon décapote un neuf bouton

Venus des villages lointains perchés en montagnes les clochers remontent aux forges

l’oiseau qui fait messager ne veut plus être un pigeon

Quant à lui le cheval est au labour depuis l’aube

l’odeur venue du sillon montre un reste d’ô en profondeur

Mon envie d’ananas repart en voyage.

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2022

CHANGER VOTRE CHAUDIERE


CHANGER VOTRE CHAUDIERE

L’abandon se fait gouvernemental avec une bizarre chaleur que je viens de découper un pan de Landes pour m’en turbanner

Ah reste Gironde

tes lacs

tes pins

ton pis là

tes huîtres et tes vins

Je pense qu’à part ma folie je ne peux conter que sur toi-même en ce qui concerne l’entier de mon vers.

Niala-Loisobleu – 16 Juillet 2022

DE L’ENNUI A L’AMOUR – PAUL ELUARD


ALBIN BRUNOVSKY

DE L’ENNUI A L’AMOUR – PAUL ELUARD

Est-elle sortie
Elle est chez elle
Sa maison est ouverte
Jusqu’à leur abolition naturelle
Il y a des différences plus séduisantes
Entre un poing et une cloche
Entre une pierre et une rose
Entre la prison et l’air libre
Qu’entre le poisson et la mer
Le cerf et le vent
L’homme et la femme
Mon élément malgré les charmes du dehors
J’entre tout s’assombrit
Buisson des métamorphoses
Le lit teinté d’étoiles s’étend
Comme un automne de brebis
Descendant vers les brumes de ma solitude
J’ai toujours eu peur du silence
Il y naît des rires sans raison
Machines machinales aux roseaux de cambouis aux frissons figés
L’écœurant métal doux
Plus stérile que la cendre
Face aux rideaux apprêtés
Le lit défait vivant et nu
Redoutable oriflamme
Son vol tranchant
Éteint les jours franchit les nuits
Redoutable oriflamme
Contrée presque déserte
Presque
Car taillée de toutes pièces pour le sommeil et l’amour
Tu es debout auprès du lit
Je t’aime et je dors avec toi
Écoute-moi.

Paul Eluard

UNIVERSELLE ENERGIE


ALBIN BRUNOVSKY

UNIVERSELLE ENERGIE

L’herbe frémit

la brise légère laisse en corps porte ouverte

au coeur de la forêt l’ombre se fait lumière

je veux peindre cette énergie là

celle qui montre sans parler

avec la sensibilité sensuelle de l’âme prête à se donner

Force libre qu’aucun robot ne commande

Belle de par la vie méchante

J’aurais chaud

tu respireras difficilement

sans que l’oiseau sois empêché de s’envoler

les vaches resteront bonnes à téter sans boucher la circulation au nom d’un sacré en cornée

Le paysage repousse ses limites au-delà de toute frontière

des lignes d’ifs clouent un lac en collines

sur le clocher les sons d’un Vulcain se forment à l’enclume des heures

A part l’idéal pris en sève au craché de ton souffle, je me nourris de rien qui se trafique

bois de santal imprégnant les cintres du théâtre de tes linges

larges feuilles d’où sort l’harmonie du respirable

Ocres que la terre conduit à ta peau en fonçant l’aréole d’un sein aiguisant mon feu coloré

Je vois des cabanes posées dans les branches d’une mâture hauturière.

Niala-Loisobleu – 14 Juillet 2022

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RAMBLAS


ALBIN BRUNOVSKY

RAMBLAS

La guitare pavée au trottoir de mon rêve

saute le caniveau d’une pluie battante en pleine canicule

nous brûlons sans avoir vu d’apparition virginale

des mains claquent

un cheval calèche

la grange a rouvert le grenier à sel

D’une mosaïque que les bancs bleuissent autour de la Sagrada

la ferronnerie des balcons des façades me retient sur le devant de la mer

Hier j’étais sur le point de vieillir

la peau épluchée

quand ce matin tu t’es garée quatre-saisons

djelem-djelem

au coin de ma porte cochère

la blancheur du mime renouant son mouvement à la statue

des pigeons pour piedestal dans l’odeur d’huile qui chauffe

j »ai peint demains nus

bain de palmes

l’art qu’à la rue s’étale à même le sol

brut de coeur.

Niala-Loisobleu – 13 Juillet 2022