Jacques Bertin – Laissez une fenêtre ouverte


Jacques Bertin 

Laissez une fenêtre ouverte

Laissez une fenêtre ouverte à votre maison entre la voie ferrée et la rivière
Je vous entends, j’entends les bruits du repas, votre enfant
Je vous entends murmurer dans votre premier sommeil
Je viendrai tout à l’heure rôder dans la cour, les chiens seront calmes, ils viendront à mes pieds
Vos rêves passent avec des mots épars, ils s’en vont dans la rivière, escortés de flambeaux
Je veillerai sur vous dans la pelisse de la nuit et le museau des chiens
Au premier bruit de l’aube je partirai
Vous pousserez le volet
Vous ne saurez pas que j’étais si près de vous

Jacques Bertin

MANIFESTATION SOLAIRE


MANIFESTATION SOLAIRE

D’autre poussée, ça se redresse de chaque point cardinal

le mollet de l’herbe a l’insouciance de l’enfant

la traversée de l’oiseau roule crânement

du néflier à l’entrée de l’atelier

plus sanguine

transfusion

un poisson est sorti de la rivière pour se lustrer l’écaille

l’échelle en s’écartant a sorti une montée de ses barreaux

Rien de ce bien-être n’a de lien avec une annonce de presse

pire

d’après la météo ce devait être entre brouillard et eau

alors que le soleil a chauffé sans que j’ai besoin d’allumer le poêle

La rose jaune de Granville flotterait

en surface du Capitaine

que ça ne m’étonnerait pas

Mon coq au chevalet chante sans s’occuper du réveil

Si je serais mort demain

j’affirme que je vis aujourd’hui

comme il y a beaucoup d’hiers

qui devaient se prendre pour le confiseur.

Niala-Loisobleu.

3 Janvier 2023

DEPUIS LES JARDINS D’ESTRAN


DEPUIS LES JARDINS D’ESTRAN

Rivages réunis, la coquille est profonde

depuis les sables clairs des mers du monde et les cailloux des Anglos-Normandes

souviens-toi mon Capitaine

comme on regardait loin du haut du belvédère de Victor-Hugo

L’exil nargue la vie à l’ombre du soleil sous ses couvercles de granit

Toi tu as choisi de laisser voguer tes cendres dans le terrain de jeu des anémones

Je te fais en corps face

au bord de mon tour de rejoindre le bleu du lin éternel

et le coq que je fais chanter au chevalet depuis ce matin se fait gardien du tant qui reste

Les nuits neuves ont des étoiles en buée sur leur voûte

les chiens en lèvent plus que la patte

tellement ça les inspirent de suivre les chaleurs qui sortent des canines femelles

C’est que la vie, l’amour

Ma main gauche persiste et signe, toujours le long du trottoir.

Niala-Loisobleu.

3 Janvier 2023

LEVER DU SOLEIL – FEDERICO GARCIA LORCA


Federico Garcia Lorca par Alice Wellinger

Lever du soleil

Federico Garcia Lorca

Mon cœur angoissé
sent d’abord s’éclairer
la douleur de son amour
et le rêve de l’éloignement.
La lumière de l’aube porte
une traînée de regret
et la tristesse sans yeux
de la moelle de l’âme.
Le sépulcre de la nuit
lève son voile noir
pour cacher
à la lumière l’immense cime étoilée.
Que ferai-je dans ces champs
ramassant nids et branchages,
entouré d’aurores boréales
et plein de nuit mon âme !
Que ferai-je si tes yeux
sont morts en pleine lumière
et que ma chair ne sentira jamais la
chaleur de ton regard !
Pourquoi es-tu perdu à jamais
dans cette soirée claire ?
Aujourd’hui ma poitrine est aussi sèche
qu’une étoile terne.

Federico Garcia Lorca

Entre la fleur et l’odeur


Entre la fleur et l’odeur

De la partie de taire dépend là particularité de fragrances

De très envoûtantes fleurs s’appauvrissent par leur bavardage fade

D’autant que le bouton qui développe sa taille caché dans la broussaille affine son haleine sans un mot dans le fond du jardin

Cheval tire le sillon à toi

A l’amble de la vague qui bat au rivage fémoral

Les abeilles viennent y boire entre deux pétales

De l’état de l’enfant au levé de son rêve dépend la courbe du sein nourricier.

Niala-Loisobleu – 3 Janvier 2023

Entre la fleur et l’odeur


Entre la fleur et l’odeur

De la partie de taire dépend là particularité de fragrances

De très envoûtantes fleurs s’appauvrissent par leur bavardage fade

D’autant que le bouton qui développe sa taille caché dans la broussaille affine son haleine sans un mot dans le fond du jardin

Cheval tire le sillon à toi

A l’amble de la vague qui bat au rivage fémoral

Les abeilles viennent y boire entre deux pétales

De l’état de l’enfant au levé de son rêve dépend la courbe du sein nourricier.

Niala-Loisobleu – 3 Janvier 2023