DE PARIS A COGNAC


« LA MEMOIRE DES MUSES 7 » – Niala 2016 – Don à Morgan Berger Maire de Cognac – 23 Janvier 2023

DE PARIS A COGNAC

Nous roulons maintenant sur l’autre vers de l’herbe cultivée

la parole des marguerites laissée aux pétales

selon soi

et la fève sans la frangipane au feuilleté de nos pages

sur la voie des campagnes sortie de la capitale la Seine se tourne aux vignes

grappe en main à l’Hôtel de Ville

Charente éclusée à l’estuaire les yeux bleus sur la mer

Cétait la fin des Années 70

Francis émoi, la friche mise en culture

Il s’en est passé des rencontres au passage

des Tours S-Jacques au coeur du monde

les poutres du plafond faites pour accrocher les immortelles

passé le temps des récoltes pour voir naître le changement

Le passeur est à la rive

autre gabarre

pour que mes mots-peints tiennent la main aux pages qui viennent.

Niala-Loisobleu.

24 Janvier 2023

« LA MEMOIRE DES MUSES 7 » – Niala 2016 – Don à Morgan Berger – 23 Janvier 2023
Morgan Berger et Niala (23 Janvier 2023 -Dans l’atelier LE JARDIN DE NIALA)

ECLIPSE


NIALA

ECLIPSE

ECLIPSE

Sur la pointe des pieds le long du cou noir de la nuit, les dix heures de bonne aventure égrainent leurs petits pois dans la jardinière, assise, dans la solitude, près de la cabane des anses – où sont arrimées les barques à rôles – tout au fond du jardin. Entre la cour des mi-racle du lavoir et les boules d’Alain l’artisan teintureur de ciel. Faut dire que si c’est pas d’hier qu’on le met à l’ouvrage, au moment présent d’où que vous je narre la mecque docte, il en avait plein dans le trop, qui finissait par faire oeufs d’aime par pourrissage, et non par assimilation à la graine de concombre, bien qu’il s’agisse en corps d’une similaire histoire d’outre reins.

Il faut évacuer les rins, se disait-il, en saluant Dame Pipi sur le chemin des toilettes, où l’accoutrement de l’humeur varie selon beaucoup de facteurs, comme y disent dans les postes de visions. La cinquième colonne n’a jamais respectée l’armistice, elle continue de faire la guerre froide.

Ma voisine de palier, au demeurant présentant toujours bien les choses est en fait un travesti. Un travelo du cerveau, qui change d’humeur plus vite que de slip, au point qu’elle n’en met plus depuis longtemps, afin d’être plus vite prête à changer de costard. L’autre fois elle m’a avoué qu’elle s’était butée dans sa propre image tellement elle s’était pas reconnue en suçant sa glace. Un cas pas possible, un de ces cordonniers percés jusque sous la semelle qui ouvrent enseigne d’une boutique de rechapage. Mais d’où s’qu’y sortent tous ses costumes de scènes.Et menteurs avec ça…parce s’qu’y s’contentent pas d’enfiler la veste, faut aussi qu’y causent, d’un avis affirmé, en maître, en pro, pitin ça me gonfle ! Et dire que les vrais malheureux ont sait pas où y s’cachent…

J’veux plus qu’on me prenne pour un canard, je veux pas qu’on me gave, na !

Niala-Loisobleu.

11 Juin 2016

A JULOS

Nous sommes allés, aveuglés par le soleil d’hiver

Dans ce cimetière minuscule au milieu de l’hiver

Avec quelques tombes blanches perdues dans la verdure de l’hiver

Nous n’étions qu’une ponctuation de l’espace immense

Égarés dans un film bizarrement surexposé

Qui saute sans cesse et la scène recommence

Et le rituel dérisoire continu qui nous est imposé

Les musiciens, les doigts absents, jouaient la musique de ton royaume

Ton royaume, mon pauvre ami, de toutes ses forces arc-bouté

Ils jouaient, comme pour dire à Dieu « Nous sommes restés fiers »

Ils jouaient, chacun dans sa terreur se forgeait des répliques

Contre l’impitoyable qui court bien plus vite que nous

Un cheval qui, sans doute, était un cousin de la morte

Nous observait et mangeait l’herbe verte

En nous donnant, mine de rien, des leçons de tendresse

Je ne ramène pas de mots de cette virée dans la tristesse aveuglante

Qui est la plus proche du soleil

Camarade des camarades, je suis revenu vides les mains

Passée la porte de métal et d’air où nous avons l’autre jour caché nos doigts

Si tu trouves des mots, c’est que tu ne reviendras pas

Et moi je te le dis pour les vivants, les tiens, les miens, tous ceux que j’aime

J’ai peur de cette beauté-là qui dans le pare-brise vient

L’autre jour c’moi qu’on mettait en terre et je me regarde n’être plus rien

Je dis « Tu as mon amitié.

C’est un appel à l’aide.

« Je saigne dans ce carrefour des cent mille routes. 

J’ai peur.

Oh, s’il se peut : Que quelqu’un me tire en arrière

Seulement d’un quart de seconde pour soulager le cœur

J’entends le souffle déjà du chevelu cheval

Il me dit qu’

Nous allions, aveuglés par le soleil d’hiver

Dans ce minuscule cimetière en plein hiver

Avec quelques tombes blanches perdues dans la verdure de l’hiver

Nous n’étions qu’une ponctuation d’un espace immense

Perdus dans un film bizarrement surexposé

Qui saute sans arrêt et la scène recommence

Et le continuel rituel dérisoire qui nous était imposé

Les musiciens, doigts absents, jouaient la musique de ton royaume

Ton royaume, mon pauvre ami, de toutes ses forces tendues

Ils jouaient, comme pour dire à Dieu « Nous sommes restés fiers »

Ils jouaient, chacun dans sa terreur forgé des lignes

Contre l’impitoyable qui court beaucoup plus vite que nous

Un cheval qui, sans doute, était un cousin de la morte

Nous a regardés et mangé l’herbe verte

En nous donnant, mine de rien, des leçons de tendresse

Je ne ramène pas les mots de ce voyage dans une aveuglante tristesse

Qui est le plus proche du soleil

Camarade des camarades,

Je suis revenu les mains vides

Passé la porte métallique et aérienne où on s’est pendu les doigts l’autre jour si tu trouves les mots c’est que tu ne reviendras pas

Et je te dis pour les vivants, les tiens, les miens, tous ceux que j’aime

j’ai peur de cette beauté qui rentre dans le pare-brise

L’autre jour c’est moi qu’on a mis en terre et je me regardais n’être plus rien je dis « Vous avez mon amitié.

C’est un appel à l’aide.

« Je saigne dans ce carrefour de cent mille routes.

 J’ai peur.

Et me préparer à me disperser ma conscience dans la Terre Réconciliée avec la Terre

Et sa respiration qui est le chant

Jacques Bertin


CONCEPTION


« CONCEPTION » – NIALA 2022 – Don à Christophe TEXIER

« CONCEPTION »

(Le Peintre 4)

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/PANNEAU S/VERRE 60X80

Le regard s’est dépossédé de l’absence en entrant ses yeux dans l’objet qu’il a fait charnel

sensation en 3 D qui rejoint les formes et les volumes de la sculpture et de son cri

que l’environnement végétal met sur un piedestal

Le chemin pris se voulait aquatique la conception ne pouvait donc qu’être utérine

Rien ne s’arrête

l’amour tient l’univers qu’il s’est choisi

défiant l’abandon destructeur par un espoir certes fou mais fidèle à son image rivée au prisme

que l’accompagnement musical des quatre éléments soude à l’éternel

Le vert des yeux vers la mer, adoubé.

Niala-Loisobleu – 20Mai 2022

SANS GRAPPIN

Passés sous la surface vide ils allaient entre deux eaux

errants en apnée

à la recherche de l’amphore où le soleil s’est réfugié

Alors que glacial un silence avait largué ses mines

la barque trouva le chenal

Sur le blanc du sable

du grand fond

des enfants apprenaient

du Peintre

le sens des mots-peints.

Niala-Loisobleu.

24 Janvier 2023

La chevauchée bleue


La chevauchée bleue

Les oreilles embrochées dans l’indifférence au tympan se taille la pierre

Le ciel change de partenaires

Foin des aquarelles d’une supercherie orgueilleuse qui méprise de reconnaître

Le sel a pompé la fadeur de l’imposture

Sur la tombe la vie tend ses bras au baiser de l’oiseau.

Niala-Loisobleu – 24 Janvier 2023