La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
L’incertitude affichée par la façade du boulevard laisse une place possible pour le crime. Cependant je ne trouve rien dans la tête de ce qui passe qui ressemblance aux rôles que des acteurs ont tournés. Le théâtre du 31 Décembre sera même pas ouvert pour aller manger après. Quant aux cabarets les artistes ne s’essouffleront plus à courir d’une boîte de Montmartre à St-Germain-des-Prés. Qu’est-ce qu’elle a perdu la voie cette époque
Je regarde la rue vide qui danse avec son ombre. Qui aurait pu croire que les enfants vous oublieraient une fois eue leur première voiture. Faut-il trouver là l’origine qui a conduit des parents à vendre les leurs ?
En fait rien ne marche plus suivant la règle d’origine. Je décide de dire « V’là l’Printemps ! » en mesurant la hauteur d’eau devant la porte. Mais j’envoie pas de voeux, je culpabiliserai
Tous ces candidats qui ne pensent qu’à ça
Moi je me concentre sur l’idée de me concentrer sur le 4ème vaccin
Faut pas croire que ça m’emballe, j’aimais mieux peindre ça me semblait correspondre à plus qu’un idéal. Une forme d’oxygène.
LE PEINTRE SANS TOILE ET LA BÛCHE QUI PARLAIT PAR JACQUES AADLOV – DEVERS
Vous souvenez-vous de ces hivers lointains ? Où la neige transversale s’agrippant à nos pieds D’une blancheur abyssale mouvant le chemin A ne plus en finir… d’une tempête qui glaçait Le souffle accroché à l’étoile, au loin…
Vous souvenez-vous de ces hivers lointains ? Le manteau couvrant de ses ailes les chaussures Le sac à dos enneigé, le repas pour demain Le gâteau au mais à la bonne confiture La colline comme un monstre, la nuit, le chemin…
Vous souvenez-vous de ces hivers lointains ? Je ne sais pas… ils avaient comme un air de jeunesse Et la neige…elle neigeait d’une blancheur, ô, déesse Caressant nos vissages, des ses doigts d’airain Bonshommes de neige, boules de neige ses promesses
Courageux on marchait…dans la nuit tutélaire Ces étoiles en poussière de sur la porte gelée Qu’ouvrait souriante, bien inquiète, la grand-mère Qu’il est grand, ce bonhomme, disait le grand père Un Bonhomme de Neige, que la tempête fait marcher !
Viens vite, par ici, je vais te raconter cette histoire Me disait-il mystérieux, d’un sourire discret Chut, c’est magique, la grande mère ne doit pas savoir… Mets tes mains sur le feu, écoute… qui va croire ?! – Il y a une bûche qui parle ( !)…dans la cheminée
Une bûche qui parle ?! Ca n’existe pas grand-père, où ? Les bûches c’est que du bois… on nous a dit à l’école… – Dans ces étoiles filantes…qui tombent de partout Ecoute…me disait-il, écoute sa parole… Et la bûche parlait ! Cet instant, que pour nous…
Vous souvenez-vous, au moins, du goût du foulard… ? Autour du visage, pour pouvoir respirer A travers les griffes étouffantes du blizzard De l’odeur de la neige, essayant bien bizarre, Grinçant sous nos pas, à sa façon, nous parler…
Ô, il y avait tant de paroles… des mystères, Qui soudain du lointain… revenait à la vie On n’allait plus à l’école… c’était un Sacré Hiver Les grands-parents nous gardaient encor sur Terre Ces choses fantastiques, que maintenant on oublie…
C’était hier… un hiver, d’une blancheur idéale Qu’on pourrait, peut-être… même le réinventer ? Le chercher quelque part, derrière les étoiles Cette neige, nos grands parents, cette bûche banale Et ces sublimes silences, qu’alors nous parlaient…
C’était hier… un hiver qu’un Grand Peintre sans toile De derrière le Monde, voulait encore dessiner…
D’un carreau trempé d’un autre soleil que la vanne se garde en marais
Une lune égarée par l’ambition se prend dans le tapis sa culotte de cheval, honni qui mal y panse
Par le fronton de l’orangeraie le dernier quartier du fruit en refusant la tête des morts comme seins bols ne sèvrera pas la vie
La souplesse du nichon attelée en double au rebondi de la chute de reins elle remplissait les greniers ma charrette. Il n’y a pas de vain de garde pour la cave, comme de truffe au gland d’une cagouille
Plus vive qu’un embrun au sortir du goémon charnu de l’anse de la Pointe Espagnole au coeur de la côte sauvage cette nervure de la feuille non arrachée du fruit prend le large
L’oiseau dégaine et hisse sa couleur au gibet du chevalet dans l’avalé des Reines.
L’eau sale qui roule en prostituée confirmée prête à tout pour se vendre a dit son choix hier au soir
Me voici la proie des Meidosems, Henri Michaux plus que jamais d’actualité, faisant place avec les tremblements électriques et ces enfants du néant
Quel portrait
Mon choix se fait
La meule qui m’affûte depuis toujours a été prise d’extinction de voix soudaine à l’annonce gouvernementale de faire comme si Omicron n’existait pas pour pouvoir s’enivrer de chants élyséens visés
Dernière gloire aveugle prédominante
Alors puisque de peur de perdre, l’inconscience décide, un regard rivé sur le fond de la lucidité j’arrête pour éviter de m’égarer et persiste au maintien de l’ouverture de l’estuaire pour le transit sédimentaire dernier
Exposer, oui mais quoi ?
Quand la roulette-russe fait les beaux soirs d’un violon incontrôlable choisir la petite-mort comme mouvement du corps est un con testablement la vraie sauvegarde. L’enfant que je vais te glisser dans la tripe utérine à partir de sperme non euphorique ne sera rien d’un Meidosem
En une vie ô combien riche , non rien à faire ma peinture ne cherche pas le clou à tous prix, elle n’accepte que l’échange de domicile de cri pour cimaise.
Niala-Loisobleu – 28 Décembre 2021
Mosaïque d’Héraclée Lyncestis de l’Ancienne Macédoine
Contre les colonnes vides d’un faux-temple antique je me suce le pousse pour, à défaut d’érection, initier un départ pour les îles
Tiens je prends Les Moluques, certain de jouir
et charge Apollinaire du circuit afin de sortir de l’ennui
Niala-Loisobleu – 27 Décembre 2021
LE MUSICIEN DE SAINT-MERRY
J’ai enfin le droit de saluer des êtres que je ne connais
pas Ils passent devant moi et s’accumulent au loin Tandis que tout ce que j’en vois m’est inconnu Et leur espoir n’est pas moins fort que le mien
Je ne chante pas ce monde ni les autres astres
Je chante toutes les possibilités de moi-même hors de ce
monde et des astres Je chante la joie d’errer et le plaisir d’en mourir
Le 21 du mois de mai 1913
Passeur des morts et les mordonnantes mériennes Des millions de mouches éventaient une splendeur Quand un homme sans yeux sans nez et sans oreilles Quittant le Sébasto entra dans la rue Aubry-le-Boucher Jeune l’homme était brun et ce couleur de fraise sur
les joues Homme Ah! Ariane
Il jouait de la flûte et la musique dirigeait ses pas Il s’arrêta au coin de la rue Saint-Martin Jouant l’air que je chante et que j’ai inventé Les femmes qui passaient s’arrêtaient près de lui Il en venait de toutes parts
Lorsque tout à coup les cloches de Saint-Merry se mirent
à sonner Le musicien cessa de jouer et but à la fontaine Qui se trouve au coin de la rue Simon-Le-Franc Puis Saint-Merry se tut L’inconnu reprit son air de flûte Et revenant sur ses pas marcha jusqu’à la rue de la
Verrerie Où il entra suivi par la troupe des femmes Qui sortaient des maisons
Qui venaient par les rues traversières les yeux fous Les mains tendues vers le mélodieux ravisseur Il s’en allait indifférent jouant son air Il s’en allait terriblement
Puis ailleurs
A quelle heure un train partira-t-il pour Paris
A ce moment
Les pigeons des Moluques fientaient des noix muscades
En même temps
Mission catholique de Bôma qu’as-tu fait du sculpteur
Ailleurs
Elle traverse un pont qui relie Bonn à Beuel et disparaît à travers Pùtzchen
Au même instant
Une jeune fille amoureuse du maire
Dans un autre quartier
Rivalise donc poète avec les étiquettes des parfumeurs
En somme ô rieurs vous n’avez pas tiré grand-chose
des hommes Et à peine avez-vous extrait un peu de graisse de leur
misère Mais nous qui mourons de vivre loin l’un de l’autre Tendons nos bras et sur ces rails roule un long train
de marchandises
Tu pleurais assise près de moi au fond d’un fiacre
Et maintenant
Tu me ressembles tu me ressembles malheureusement
Nous nous ressemblons comme dans l’architecture du
siècle dernier Ces hautes cheminées pareilles à des tours Nous allons plus haut maintenant et ne touchons plus
le sol
Et tandis que le monde vivait et variait
Le cortège des femmes long comme un jour sans pain Suivait dans la rue de la Verrerie l’heureux musicien
Cortèges ô cortèges
C’est quand jadis le roi s’en allait à Vincennes
Quand les ambassadeurs arrivaient à Paris
Quand le maigre Suger se hâtait vers la Seine Quand l’émeute mourait autour de Saint-Merry
Cortèges ô cortèges
Les femmes débordaient tant leur nombre était grand
Dans toutes les rues avoisinantes
Et se hâtaient raides comme balle
Afin de suivre le musicien
Ah I Ariane et toi Pâquette et toi Aminé
Et toi Mia et toi Simone et toi Mavise
Et toi Colette et toi la belle Geneviève
Elles ont passé tremblantes et vaines
Et leurs pas légers et prestes se mouvaient selon la
cadence De la musique pastorale qui guidait Leurs oreilles avides
L’inconnu s’arrêta un moment devant une maison à vendre
Maison abandonnée
Aux vitres brisées
C’est un logis du seizième siècle
La cour sert de remise à des voitures de livraisons
C’est là qu’entra le musicien
Sa musique qui s’éloignait devint langoureuse
Les femmes le suivirent dans la maison abandonnée
Et toutes y entrèrent confondues en bande
Toutes toutes y entrèrent sans regarder derrière elles
Sans regretter ce qu’elles ont laissé
Ce qu’elles ont abandonné
Sans regretter le jour la vie et la mémoire
Il ne resta bientôt plus personne dans la rue de la Verrerie
Sinon moi-même et un prêtre de Saint-Merry Nous entrâmes dans la vieille maison Mais nous n’y trouvâmes personne
L’odeur de pichpin prend mon impression au moment où la première entre dans la pièce. Elle a dans l’oeil cette évasion qu’ont la crète des vagues lorsque rien ne les arrête. Et puis cette fleur qui les chapeaute comme un jardin qui ne respecte pas les allées rectilignes me dit quelque chose. Elle lui lui colle comme une complicité pas cachée, mais pas forcément saisie dans le dessin. Avant que je sorte faire courir le chien, les dynkies-toys tournaient autour de la maison de poupée. Il y a forcément dans tout ce manège un truc qui doit expliquer le regard qu’elles s’évitent d’avoir pas forcement par hasard
Voilà trois fois que le vent déplace la fumée du train sans lui faire quitter le quai, il est évident que ça n’est pas aujourd’hui que le soleil reviendra pour que nous allions sur l’impériale caresser les nuages. Cette dernière semaine de l’année a du mal à digérer. Trop de remords sans doute
Voilà qu’elle murmure à son oreille
Le chat s’étire sur le palier du premier
Sur le coup de cinq heures quel conseil vont-ils nous donner ?
J’aimerai trouver la haute-laine à tisser l’odyssée. Lâche le cheval à la sortie des curies il pourrait faire en sorte de piquer des deux.
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