LES TROUS DU PARCOURS (REPRISE)


NIALA Collection de l’artiste

LES TROUS DU PARCOURS

Ce n’est pas éteint, loin de là, parce que dans la couche obscure d’une absence psychique, le corps donne l’impression d’avoir disparu, tant sa lumière falote porte à craindre. Chaque jour disparaissent des individus. Soudain ces gens ne donnent plus de nouvelles. Ils s’évanouissent sans préavis, sans bagages. Comme ça, comme s’ils s’étaient évaporés dans le néant.

Je sais que, pour la plupart, il s’agit de marginaux, de gens vivant de drogue, d’expédients, toujours prêts à se laisser impliquer dans tel ou tel délit, des individus faisant de constants allers-retours avec la prison. Mais il y a aussi ceux qui – drôle de minorité -, à un moment de leur vie, décident de tout quitter. Comme la mère de famille qui sort faire les courses au supermarché et ne revient plus jamais, ou le fils ou le frère qui montent dans un train sans jamais arriver à destination..

Je pense que chacun de nous à un chemin. Un chemin qui nous mène chez nous, vers nos proches, les gens à qui nous sommes les plus liés. D’habitude, c’est toujours le même chemin, on l’apprend dès l’enfance et on le suit pour la vie. Mais il arrive que ce chemin se brise, qu’il reprenne ailleurs. Ou bien, après avoir suivi un parcours sinueux, il revient au point de rupture. Ou encore, il reste comme suspendu.

Mais parfois, il se perd dans l’obscurité.

Je sais que plus de la moitié des gens qui disparaissent reviennent et racontent. une histoire. Certains n’ont rien à raconter, ils reprennent leur vie d’avant. D’autres ont moins de chance, il ne reste plus d’eux qu’un corps muet.Et puis, il y a ceux dont on ne saura jamais rien.

Parmi ceux-là, il y a toujours un enfant.

Un enfant qui un matin, qu’apparemment rien ne distinguait des autres, a tout changé sans que personne, de ses plus proches aux plus éloignés, n’ait pu et ne pourra jamais avoir la sensation véritable de son malheur personnel. Du trou au fond duquel sa vie s’installa ce jour là. Le malheur est unique, il est attaché .à cette unicité de l’être, on peut avoir mal du mal d’un autre, mais ce ne seront que des sensations répercutant une série de nouvelles peines, qui resteront étrangères à l’originale.

Je crois que si je ne cherche jamais à m’apitoyer devant pareille situation, c’est que le naturel élan qui me pousse à privilégier le bonheur, me donne des moyens de réintégrer l’être cassé, en dehors de toute fixation sur la cause.

Niala-]Loisobleu

26 Juillet 2013

L’Estuaire


NJALA

L’ESTUAIRE

Derniers navires d’ici pour là-bas

à l’ancre le long des quais

un instant sans se poser de questions pour l’avenir

De mes poches retournées tombent des feuilles, saison des arbres qui se mettent en pause

Les mouettes-elles ne laissent rien voir des changements

A la criée je n’ai pas entendu d’orgasme depuis un moment inquiétant

Si tu rencontres un accordéoniste mets-le dans l’étui de son instrument jusqu’à ce que je trouve une raison de peindre un coin de rue avec un banc amoureux

Et en attendant prends un mouchoir à carreaux pour voir la ligne de départ entre les cuisses des deux rives…

Niala-Loisobleu – 27 Septembre 2022

Temps Mort


Temps Mort

Du côté des promesses on manque de rien

C’est du côté des actes que ça pêche et dans tous les cas 

Dire sa foi aux autres çà finit de vous la faire perdre à vous compte-tenu du retour

Aussi si j’arrive à peindre je me ferai mon unique spectateur pour ne rien perdre du bonheur que ça donne

Le cheval dit je veux plus aller labourer le chant. Je veux juste te porter voir ce qu’ils ne veulent pas regarder.

Niala-Loisoblleu – 29 Septembre 2022

Niala – -Transe-Migration 1- (Détail)