PLUS RIEN PAR PHILIPPE SOUPAULT


Philippe Soupault

PLUS RIEN PAR PLIPPE SOUPAULT

Plus rien même pas de la cendre même pas le souvenir plus rien
Plus rien sauf cette joie de l’oubli ce vent de l’oubli qui arrache tout détruit tout et saccage le reste
Le moment est enfin venu de ne plus espérer de ne plus attendre de ne plus croire de ne plus s’imaginer de ne plus trembler savoir qu’on ne craint plus le vide que tout est consommé
consumé désincarné que ce qui était n’est plus plus rien même plus rien même pas le néant

Je ne ricane plus je ne souris plus

je ne baisse plus les yeux ni ne les lève

je ne les frotte même plus je ne dors pas

je veille comme une pierre sans son ombre

et je suis transparent comme le temps

je vis comme vivent les nuages et la fumée

je m’efface et jusqu’aux dernières traces.

Philippe Soupault

SUR LA BARRE D’APPUI


SUR LA BARRE D’APPUI

Derrière la colline qui tourne le dos aux messes la semaine se barre

Le bleu est à table et les fleurs chatouillent mon nez

Quels fruits vont au compotier me l’attirer ?

Question subsidiaire: Qu’est-ce qui fait blanchir le noir ?

Je grimpe les barreaux des vertèbres de la fenêtre pour toucher le plafond du ciel

la mer livre l’horizon vague après vague dans un grand-écart d’archipel subsonique, vas inné.

Niala-Loisobleu – 17 Septembre 2022

MASCARET


MASCARET

Hier et ses chutes

tiennent l’agenda disponible

A part juste l’ancien tant qui remonte, je tiens debout qu’à peindre

c’est vrai que je partirai non défait de cet amour qui s’est fait trop attendre qu’à peine là il est reparti de son côté

Ô muse ma plus grande marée le cerisier a en corps ses feuilles

Niala-Loisobleu – 17 Septembre 2022