La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
La bûche dans la cheminée pour consumer la farce et voilà la dinde à sa place
au bout d’un décembre recroquevillé en pied-de-lit
ambiance chambre de passe sa lanterne est en berne
J’arrache à l’houe l’épine du fakir en habit rouge et sa braise imitée pour te gratter de ce qui souffre d’abus
manière de t’amenuiser les restrictions prochaines
Le manteau tu te souviens je n’ai pas oublié ses fleurs, à poil dedans le printemps ne pouvait faire rougir que les menteurs, la mer elle s’en ballotait la pompe à chaleur, je le place au centre contre tes murs où je m’expose nature comme les galets de Dieppe dans leur peau
Pleine fleur l’oeil ourlera un autre soleil de solides poutres dans son torchis pour se faire la chaume en couverture au levé du chien
Cette musique des marées sous le kiosque du cri des oiseaux d’un départ à la manivelle
Les fruits du jour couvés par la terre Une femme une seule ne dort pas Les fenêtres sont couchées.
Une femme chaque nuit Voyage en grand secret.
Villages de la lassitude Où les filles ont les bras nus Comme des jets d’eau La jeunesse grandit en elles Et rit sur la pointe des pieds.
Villages de la lassitude
Où tous les êtres sont paiejls.
Pour voir les yeux où l’on s’enferme Et les rires où l’on prend place.
Des insectes entrent ici Ombres grésillantes du feu Une flamme toute rouillée Éclabousse le sommeil Son lit de chair et ses vertus.
La montagne la mer et la belle baigneuse Dans la maison des pauvres Sur le ciel fané qui leur tient lieu d’ombrage Se dissimulent molle et mille lampes sombres.
Un champ de reflets joint les larmes Ferme les yeux Tout est comblé.
A la suite des images
La masse de la lumière roule vers d’autres rêves.
Le corps et les honneurs profanes
Incroyable conspiration
Des angles doux comme des ailes
— Mais la main qui me caresse C’est mon rire qui l’ouvre C’est ma gorge qui la retient Qui la supprime.
Incroyable conspiration
Des découvertes et des surprises.
Fantôme de ta nudité Fantôme enfant de ta simplicité Dompteur puéril sommeil charnel De libertés imaginaires.
Plume d’eau claire pluie fragile Fraîcheur voilée de caresses De regards et de paroles Amour qui voile ce que j’aime.
A ce souffle à ce soleil d’hier
Qui joint tes lèvres
Cette caresse toute fraîche
Pour courir les mers légères de ta pudeur
Pour en façonner dans l’ombre
Les miroirs de jasmin
Le problème du calme.
Une chanson de porcelaine bat des mains
Puis en morceaux mendie et meurt
Tu te souviendras d’elle pauvre et nue
Matin des loups et leur morsure est un tunnel
D’où tu sors en robe de sang
A rougir de la nuit
.Que de vivants à retrouver
Que de lumières à éteindre
Je t’appellerai Visuelle
Et multiplierai ton image.
Désarmée
Elle ne se connaît plus d’ennemis.
Rôdeuse au front de verre
Son cœur s’inscrit dans une étoile noire
Ses yeux montrent sa tête
Ses yeux sont la fraîcheur de l’été
La chaleur de l’hiver
Ses yeux s’ajourent rient très fort
Ses yeux joueurs gagnent leur part de clarté.
Elle s’allonge Pour se sentir moins seule.
Il fait clair je me suis couvert Comme pour sortir du jour
Colère sous le signe atroce De la jalousie l’injustice La plus savante
Fais fuir ce ciel sombre
Casse ses vitres
Donne-les à manger aux pierres
Ce faux ciel sombre Impur et lourd.
J’admirais descendant vers toi L’espace occupé par le temps Nos souvenirs me transportaient
Il te manque beaucoup de place Pour être toujours avec moi.
Déchirant ses baisers et ses peurs
Elle s’éveille la nuit
Pour s’étonner de tout ce qui l’a remplacée.
Au quai de ces ramures
Les navigateurs ne prospèrent pas
Paupières abattues par l’éclat l’écho du feu
Au quai des jambes nues
Perçant le corps dans l’ombre sourde
La trace des tentations s’est perdue.
Les fleuves ne se perdent qu’au pays de l’eau La mer s’est effondrée sous son ciel de loisirs Assise tu refuses de me suivre Que risques-tu J’amour fait rire la douleur Et crier sur les toits l’impuissance du monde.
La solitude est fraîche à ta gorge immobile J’ai regardé tes mains elles sont semblables Et tu peux les croiser Tu peux f attacher à toi-même
C’est bien — puisque tu es la seule je suis seul.
Une prison découronnée
En plein ciel
Une fenêtre enflammée
Où la foudre montre ses seins
Une nuit toute verte
Nul ne sourit dans cette solitude
Ici le feu dort tout debout
A travers moi.
Mais ce sinistre est inutile Je sais sourire Tête absurde
Dont la mort ne veut pas dessécher les désirs
Tête absolument libre
Qui gardera toujours et son regard et son sourire.
Si je vis aujourd’hui
Si je ne suis pas seul
Si quelqu’un vient à la fenêtre
Et si je suis cette fenêtre
Si quelqu’un vient
Ces yeux nouveaux ne me voient
Ne savent pas ce que je pense
Refusent d’être mes complices
Et pour aimer séparent.
A la clarté du droit de mort Fuite à visage d’innocent
Au long d’une brume aux branches filantes Au long des étoiles fixes Les éphémères régnent.
Le temps la laine^e l’ivoire Roulant sur une route de ciré.
Derrière moi mes yeux se sont fermés La lumière est brûlée la nuit décapitée
Des oiseaux plus grands que les vents Ne savent plus où se poser.
Dans les tourments infirmes dans lès rides des rires
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