PERCEE


ODILON REDON

PERCEE

Tiré du Pianiste le besoin de réagir à la forme d’écrasement soudaine, me rafraîchit

je suis pas à pas Polanski à la trace dans la symbolique magnifique du combat intérieur qu’il apporte

en réajustant les effets destructeurs que le présent parsème

Poésie psychologique du combat de l’épreuve à franchir

La guerre troue les murs, sur le clavier les doigts fleurissent les ruines

Dans l’asile de décombres qui croirait en l’espoir, à part la folie nécessaire de la foi génératrice de l’impossible ?

L’OEIL PRIS ENTRE DEUX PORTES


L’OEIL PRIS ENTRE DEUX PORTES

Au pilon d’une Histoire que la chaleur vermoulue démembre

l’arrivée est en ligne de mettre en fin

De la vue troublée de larmes accompagnant le cortège qui conduit l’arc-en-ciel de l’autre côté du fleuve

le noyé de sécheresse sort déshydraté de ses couleurs

Cette marche sur l’eau est le signe de mépris du climat fissuré

du gué que le fleuve possédait au tant des ricochets

Je désespère de pouvoir peindre le cerisier dans le verger qui brûle.

Niala-Loisobleu – 18 Mai 2022

ARRÊT FORCÉ


ARRÊT FORCÉ

La fraîche impression matinale apparaissant sans suite l’enfant retire l’erreur de température avant de la commettre

Ramassant le naïf dessein du chevalet il rentre mettre l’étouffant en quarantaine dépité de la carence du respirable…

Niala-Loisobleu – 18 Moi 2022

PLEINE EAU – JULIEN GRACQ


PLEINE EAU

JULIEN GRACQ

Le cri d’un coq traîne par les rues vides, dans cette chaude après-midi de juin où il n’y a personne.
Le silence, profond comme un grenier à blé abandonné, gorgé de chaleur et de poussière.
Quel désœuvrement sous les voûtes basses de ces tilleuls, sur ces marteaux de portes où bâillent mille gueules de bronze !
Quel après-midi de dimanche distingué, qui fait rêver de gants noirs à crispins de dentelles aux bras des jeunes filles, d’ombrelles sages, de parfums inoffensifs, des steppes arides du cinq à sept !
Seul un petit nuage, alerte, blanc, — comme le nageur éclatant porté sur l’écume ombre soudain de stupidité la foule plantée sur la plage — couvre de confusion tout à coup le paysage endormi et fait rêver d’extravagance au fond de l’avenue un arbre qui n’a jamais encore volé.

La Voix du Quatrième


La Voix du Quatrième

L’orientation impulsée du cortex en arrivant au contour des doigts se positionne

A l’est rien de nouveau, c’est par là qu’arrive toujours le soleil et ce désir de s’en chauffer l’airain

On taille les vignes en ce moment pour en gonfler les pampres

Gageons que, arrivé au nu de la feuille ce qui apparaîtra répondra à ce que tu aurais demandé au génie si t’avais déterré la timbale.

Niala-Loisobleu – 18 Mai 2022

ISTHME A ELLE


ODIKON REDON

ISTHME A ELLE

Un trois-mâts se glisse entre deux estrans tenus de haut en bas par tous les côtés

« Je suis toujours la Grande Isis ! Personne n’a encore levé mon voile ! » s’écrie Odilon en déboutonnant son corsage. Libérant les cris des oiseaux-marins en un tour-de-main

Une chaleur de volcan en fusion

met la mer en ébullition

Ce qui reste de la végétation ouvre sa trousse pour trouver un taille-crayon qui aurait la mine fraîche, et le goût d’écrire déraisonnablement le voeu de noces avec la vie, sans compter les nuits, qu’il y ait du vent ou non, et n’importe quelle panne de courant

Par la mer l’accès revient alors à la calanque

coupant du bruit d’enfer des scooters en isolant des serviettes de plage, porte-ouverte sur la grotte sans mettre Isis en doute

un vers d’olive dans le jaune du pastis à la table des guitares.

Niala-Loisobleu – 17 Mai 2022

Ô NOSTALGIE DES LIEUX – RAINER MARIA RILKE


Ô NOSTALGIE DES LIEUX

RAINER MARIA RILKE

Revenir sur mes pas, refaire doucement
– et cette fois, seul – tel voyage,
rester à la fontaine davantage,
toucher cet arbre, caresser ce banc …

Monter à la chapelle solitaire
que tout le monde dit sans intérêt ;
pousser la grille de ce cimetière,
se taire avec lui qui tant se tait.

Car n’est-ce pas le temps où il importe
de prendre un contact subtil et pieux ?
Tel était fort, c’est que la terre est forte ;
et tel se plaint : c’est qu’on la connaît peu.

Rainer Maria Rilke

LUNE DE SANG


je

LUNE DE SANG

Au moment où elle se dérobe à peau nue

Le jus s’en presse

Et s’écarte d’hier

Éclipsant les parties sèches mises en évidence…

Niala-Loisobleu – 17 Mai 2022