La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Seras-tu jamais Lavé de tes doutes ? Seras-tu jamais Lavé de tes doutes ? En sueur à la banque L’au-delà aux trousses Tout nu dans les calanques L’au-delà aux trousses Seras-tu jamais Lavé de tes doutes ? Seras-tu jamais Lavé de tes doutes ?
Faire l’autruche Ça tu connais Le paon
Le paon Tu connais Les soirs de pluie Une heure de clavecin Le tour du quartier Quand tu te trouves perdu Perdu dans tes cheveux Perdu sur ta main Perdu amour grandiose Perdu petite chose Perdu au soleil Perdu dans une pièce Perdu l’amour grandiose Perdu petite chose
Seras-tu jamais Lavé de tes doutes ? Seras-tu jamais
Lavé de tes doutes ? Perdu dans tes cheveux Perdu sur ta main Perdu amour grandiose Perdu petite chose
Des ailes des moulins parcourent des chants de farine , le froment tire la barbichette à l’orge, un cheval laboure sur les notes que le sable des vagues perce dans la barbarie faite orgue
Tendre et pure viennoiserie qui Danube
-Laisse hâler c’est une valse, dit le père en faisant le tour de la mère pleine de vie
Il y a comme un plus loin qui dépasse le vide dans cette peinture visionnaire du regard le plus noir du taureau le plus humain que je connaisse
C’est plus fort que l’absence le flux végétal en présence.
Il faut se lever matin pour voir le jour monter à l’horizon de la banquise, à l’heure où le soleil des latitudes australes étale au loin des chemins sur la mer. Miss Jane portait son ombrelle, et moi un élégant fusil à deux coups. A chaque défilé de glacier, nous nous embrassions dans les crevasses de menthe, et retardions à plaisir le moment de voir le soleil à boulets rouges s’ouvrir un chemin dans un chantilly de glace pailletée. Nous longions de préférence le bord de la mer là où, la falaise respirant régulièrement avec la marée, son doux roulis de pachyderme nous prédisposait à l’amour. Les vagues battaient sur les murs de glace des neiges bleues et vertes, et jetaient à nos pieds dans les anses des fleurs géantes de cristaux, mais l’approche du jour était surtout sensible à ce léger ourlet de phosphore qui courait sur les festons de leur crête, comme quand les capitales nocturnes se prennent à voguer sur l’étalé de leur haute mer. Au Cap de la Dévastation, dans les fissures de la glace poussaient des edelweiss couleur de nuit bleue, et nous étions toujours sûrs de voir se renouveler de jour en jour une provision fraîche de ces œufs d’oiseaux de mer dont Jane pensait qu’ils ont la vertu d’éclaircir le teint. Sur la bouche de Jane, c’était un rite pour moi que de renouveler chaque jour pour l’y cueillir de mes lèvres cet adage puéril. Parfois les nuages nous dérobant le pied de la falaise annonçaient un ciel couvert pour l’après-midi, et Jane s’informait d’une voix menue si j’avais soigneusement enveloppé les sandwiches au chester. Enfin la falaise devenait plus haute et toute crayeuse de soleil, c’était la Pointe de la Désolation, et sur un signe de Jane j’étendais la couverture sur la neige fraîche. Nous demeurions là longtemps couchés, à écouter battre du poitrail les chevaux sauvages de la mer dans les cavernes de glace. L’horizon du large était un demi-cercle d’un bleu diamanté que sous-tendait le mur de glace, où parfois un flocon de vapeur naissait, décollé de la mer comme une voile blanche — et Jane me citait les vers de Lermontov. J’aurais passé là des après-midi entières, la main dans les siennes, à suivre le croassement des oiseaux de mer, et à lancer des morceaux de glace que nous écoutions tomber dans le gouffre, pendant que Jane comptait les secondes, la langue un peu tirée d’application comme une écolière. Alors nous nous étreignions si longtemps et de si près que dans la neige fondue se creusait une seule rigole plus étroite qu’un berceau d’enfant, et, quand nous nous relevions, la couverture entre les mamelons blancs faisait songer à ces mulets d’Asie qui descendent des montagnes bâtés de neige.Puis le bleu de la mer s’approfondissait et la falaise devenait violette; c’était l’heure où le froid brusque du soir détache de la banquise ces burgs de cristal qui croulent dans une poussière de glace avec le bruit de l’éclatement d’un monde, et retournent sous la volute cyclopéenne d’une vague bleue un ventre de paquebot gercé d’algues sombres, ou Pébroue-ment lourd d’un bain de plésiosaures. Pour nous seuls s’allumait de proche en proche, jusqu’au bord de l’horizon, cette canonnade de fin de monde comme un Waterloo des solitudes, — et longtemps encore la nuit tombée, très froide, était trouée dans le grand silence du jaillissement lointain de fantômes des hauts geysers de plumes blanches — mais j’avais déjà serré dans les miennes la main glacée de Jane, et nous revenions à la lumière des pures étoiles antarctiques. Julien Gracq
Au bout du banc, dans le bac à sable un rire d’enfant à pelle et ratisse de sauts successifs ses châteaux d’une main qui caresse sans briser
Quelques marronniers sur le papier, peints d’un marron d’Inde coiffé d’épines passent en fendant leur coquille pour lâcher la dent de laid
Pendant qu’un bruit de sabots accompagne la concertiste à sa loge pour plancher
Du bassin ouvert à la mer pour le week-end le gardien tire du sel du bras qui lui reste d’un temps de guerre quasi inévitable quand l’été approche
tous barbecues et planchas mis en batteries sur les rides du front de mère
Une opinion égarée parle bouche-close pour ne pas interrompre la consigne de vote et le mime des ramblas dans son statuaire numéro de Gaudi yole embarqué pour Cythère
Aux branches mortes du calvaire les oranges prient pour qu’on cesse de vanter les marchands de bonheur comme une nécessité et que toute croyance puisse redonner un sens.
NEUF MOI DE GROSSESSE POUR PERDRE LES ZOOS AH OUI
Des accordéons mis en bandoulières aux seins gonflés comme des ballons quittent le projet de gagner Mars en se disant que sur terre on a assez de guerre sans avoir besoin d’aller habiter chez son dieu
Par-delà les murs de nos nuits Par-delà l’horizon de nos baisers Le rire contagieux des hyènes Pouvait bien ronger les vieux os Des êtres qui vivent un par un
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