La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Je t’ai rencontrée par hasard Ici, ailleurs ou autre part Il se peut que tu t’en souviennes. Sans se connaître on s’est aimés Et même si ce n’est pas vrai Il faut croire à l’histoire ancienne.
Je t’ai donné ce que j’avais De quoi chanter, de quoi rêver. Et tu croyais en ma bohème Mais si tu pensais à vingt ans Qu’on peut vivre de l’air du temps Ton point de vue n’est plus le même. Cette fameuse fin du mois Qui depuis qu’on est toi et moi Nous revient sept fois par semaine Et nos soirées sans cinéma Et mon succès qui ne vient pas Et notre pitance incertaine. Tu vois je n’ai rien oublié Dans ce bilan triste à pleurer Qui constate notre faillite. » Il te reste encore de beaux jours Profites-en mon pauvre amour Les belles années passent vite. » Et maintenant tu vas partir Tous les deux nous allons vieillir Chacun pour soi, comme c’est triste. Tu peux remporter le phono Moi je conserve le piano Je continue ma vie d’artiste. Plus tard sans trop savoir pourquoi Un étranger, un maladroit Lisant mon nom sur une affiche Te parlera de mes succès Mais un peu triste toi qui sais » Tu lui diras que je m’en fiche… que je m’en fiche… »
Tout ce que j’ai fait en m’ayant mené là où se tient ce soleil qui a réuni toute la recherche de la traversée, regarde l’autre rive du serein de l’abouti d’un absolu réalisé dans la seule forme possible
Mon concept d’amour en refusant la manière de faire le monde sans humanisme, refuse l’irrespect de la connaissance, croissance de toute forme destructive, matérialisme, extrémisme, abandon du sacré laïque, intolérance, bafouement de la beauté
Pérennisant le temporel ainsi voulu au-delà des nuits , comme un humble rêve..
Brisée mais non vaincue J’observe mes entrailles Et mon coeur et mon corps Partout couvert de traces Par nous ensanglatés Par nous mes hommes, mes femmes Par vous mes tant aimées Par vous mes libertés
Oh, donnez-moi, donnez-moi Dix hommes desespérés Oh, donnez-moi, donnez-moi Dix hommes desespérés Oh, donnez-moi, donnez-moi Dix hommes desespérés…
Je suis dans l’ombre le reflet De vos vies sacrifiée Ma liberté dépend De vous entièrement Vos mots vos désespoirs Sont forces vives en moi Mes craintes, mes angoisses Vos raisons d’espérer
Oh, donnez-moi donnez-moi Cinq hommes désespérés…
Je connais nos faiblesses Déclins crépusculaires Formidables courages Que nos vies en survie Brûlons les abattoirs Levons nos poings serrés Craquelons nos carcans Déchaînons nos enfants
Oh, donnez-moi, donnez-moi Deux hommes desespérés Oh, donnez-moi, donnez-moi Deux hommes desespérés Oh, donnez-moi, donnez-moi Deux hommes desespérés…
Donnez-moi, donnez-moi Des hommes desespérés J’en ferai des montagnes Des soleils, des brasiers Des puissances d’amour Des infinies tendresses Des sexes gigantesques J’en ferai des grands fours
Des aliénés d’amour Des armures de combat Des fous de poésies De grandes symphonies Nous serons là vivants Témoignages vivants D’un amour infini D’une infinie tendresse
La rivière est au bout du jardin, là au pied de La Chaume et ce Dimanche un jour à emmener l’atelier s’y tremper les pieds. Il fait si beau et si chaud que c’est plus du printemps mais de l’été arrivé
La peine à Mario c’est pas la peine à trois balles c’est une nouvelle chanson d’amour à peindre. Le nouveau thème à trouver pour pas s’arrêter la main toujours debout
Beaucoup d’oiseaux traversent le jardin en venant se poser sur le jasmin de la véranda
LE PEINTRE
Voilà où renvoyer l’imaginaire dans sa réalité féconde
Merci Mario de m’avoir dis comment faire. Bertin le bon Jacques dans le vers tu sais Le Poids des Roses comme un nez de parfumeur.
Niala-Loisobleu – 8 MAI 2022
Mario
par Jacques Bertin
sur Poètes & Chansons (1990), La Poids Des Roses (1991)
C’est le cœur qui a mal, je crois, Mario, c’est le cœur simplement
Mais d’une si infiniment infime douleur qu’un violon
Ne saurait, même au plus ténu de son registre, l’apaiser
Mario, à peine comme au loin les jours de pluie une fumée
Comme l’invisible dessin d’un vol d’oiseau dans l’air limpide
Une douleur. Mais tout est calme. Aucun de ces élancements
Du sang. Et point de ces amas au ciel menaçant de nuages
Non plus le désespoir violent comme un saccage.
C’est le cœur
Simplement épinglé, Mario, le cœur cloué comme une image
Sur une vie aux couleurs d’eau, sur un décor aux couleurs mortes
Ou comme une affiche, Mario, séchée sur une porte
Et dont un lambeau bouge à l’ air léger
Le cœur qui dit d’une manière si timide qu’il ne peut
Aller plus loin dans cette vie destinée pourtant au grand large
Or l’univers inflexible grince sous la corne et se charge
De nous, tout comme l’œil implacable des gens
Suis -je si vieux ?
Moi qui parlais au temps qu’il fait comme un prophète
À la religion bonne et gaie, toute bataille m’était fête
Je suis comme si un huissier, portant bien haut le candélabre
En plein jour, dans mon propre cœur, parmi les dunes m’emmenait
Où je m’enfonce à chaque pas, perdant le souffle sous le masque
À moins que ce ne soit mon cœur, mon vieux Mario, là, cette barque
Enfouie dans la marée de sable et par une herbe douce aux pieds
Recouverte et tenue par la ligne sans vie des peupliers
Toujours au bord du chemin de retour à l’écurie, le cheval passera par le lavoir se rafraîchir la mémoire
Bientôt 22h30 la peur de se manquer plus forte à cet endroit du ventre où les liaisons nerveuses se rencontrent empressées
un creux d’omoplates prêt à déshabiller la montée de toutes les fragrances de chaque mouvement osseux de la moelle
Le mollet est dans la course derrière le papillon sorti des sacoches en diagonale. La tête qui s’enfonce change de visage au fur et à mesure que la position varie de genre. Et de l’herbe où la menthe approche verdissent de nouvelles contrées.
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