Pudique couleur


Pudique couleur

Prolongée la tendreté matinale prend plaisir avant les grosses chaleurs

C’est vert tirant bleu comme tu dis

La plume en luit comme un canard qui goûte à l’abri de l’iris

Le sein n’en est que plus tendre et la fraise plus sucrée à l’haleine

Tout se dresse…

Niala-Loisobleu – 10 Mai 2022

La Vie d’Artiste – Léo Ferré


Léo Ferré

La vie d’artiste – Léo Ferré

É

Je t’ai rencontrée par hasard
Ici, ailleurs ou autre part
Il se peut que tu t’en souviennes.
Sans se connaître on s’est aimés
Et même si ce n’est pas vrai
Il faut croire à l’histoire ancienne.

Je t’ai donné ce que j’avais
De quoi chanter, de quoi rêver.
Et tu croyais en ma bohème
Mais si tu pensais à vingt ans
Qu’on peut vivre de l’air du temps
Ton point de vue n’est plus le même.
Cette fameuse fin du mois
Qui depuis qu’on est toi et moi
Nous revient sept fois par semaine
Et nos soirées sans cinéma
Et mon succès qui ne vient pas
Et notre pitance incertaine.
Tu vois je n’ai rien oublié
Dans ce bilan triste à pleurer
Qui constate notre faillite.
 » Il te reste encore de beaux jours
Profites-en mon pauvre amour
Les belles années passent vite. »
Et maintenant tu vas partir
Tous les deux nous allons vieillir
Chacun pour soi, comme c’est triste.
Tu peux remporter le phono
Moi je conserve le piano
Je continue ma vie d’artiste.
Plus tard sans trop savoir pourquoi
Un étranger, un maladroit
Lisant mon nom sur une affiche
Te parlera de mes succès
Mais un peu triste toi qui sais
 » Tu lui diras que je m’en fiche…
que je m’en fiche… »

A TELLE ENSEIGNE


A TELLE ENSEIGNE

Qu’elle ne pouvait venir que contre l’atelier de St-Trojan au départ de celui de la Place Jean-Monnet à Cognac, cette enseigne

Un soleil symbolisant mes mots-peints, renforcé par quelques iris de Vincent et le grand cône-gardien

Immense présence attachante du nombre 12 du Duodénaire mythique.

Niala-Loisobleu – 9 Mai 2022

« L’ART DE FAIRE » (Nouvelle Série: LE PEINTRE 1) – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/ CONTRECOLLE 40X50


NIALA 2022

« L’ART DE FAIRE »

(Nouvelle Série: LE PEINTRE 1)

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/CONTRECOLLE 40X50

Tout ce que j’ai fait en m’ayant mené là où se tient ce soleil qui a réuni toute la recherche de la traversée, regarde l’autre rive du serein de l’abouti d’un absolu réalisé dans la seule forme possible

Mon concept d’amour en refusant la manière de faire le monde sans humanisme, refuse l’irrespect de la connaissance, croissance de toute forme destructive, matérialisme, extrémisme, abandon du sacré laïque, intolérance, bafouement de la beauté

Pérennisant le temporel ainsi voulu au-delà des nuits , comme un humble rêve..

Aujourd’hui montre que j’ai raison de croire.

Niala-Loisobleu

9 Mai 2022

UNE INFINIE TENDRESSE – CATHERINE RIBEIRO


UNE INFINIE TENDRESSE – CATHERINE RIBEIRO

Brisée mais non vaincue
J’observe mes entrailles
Et mon coeur et mon corps
Partout couvert de traces
Par nous ensanglatés
Par nous mes hommes, mes femmes
Par vous mes tant aimées
Par vous mes libertés

Oh, donnez-moi, donnez-moi
Dix hommes desespérés
Oh, donnez-moi, donnez-moi
Dix hommes desespérés
Oh, donnez-moi, donnez-moi
Dix hommes desespérés…

Je suis dans l’ombre le reflet
De vos vies sacrifiée
Ma liberté dépend
De vous entièrement
Vos mots vos désespoirs
Sont forces vives en moi
Mes craintes, mes angoisses
Vos raisons d’espérer

Oh, donnez-moi donnez-moi
Cinq hommes désespérés…

Je connais nos faiblesses
Déclins crépusculaires
Formidables courages
Que nos vies en survie
Brûlons les abattoirs
Levons nos poings serrés
Craquelons nos carcans
Déchaînons nos enfants

Oh, donnez-moi, donnez-moi
Deux hommes desespérés
Oh, donnez-moi, donnez-moi
Deux hommes desespérés
Oh, donnez-moi, donnez-moi
Deux hommes desespérés…

Donnez-moi, donnez-moi
Des hommes desespérés
J’en ferai des montagnes
Des soleils, des brasiers
Des puissances d’amour
Des infinies tendresses
Des sexes gigantesques
J’en ferai des grands fours

Des aliénés d’amour
Des armures de combat
Des fous de poésies
De grandes symphonies
Nous serons là vivants
Témoignages vivants
D’un amour infini
D’une infinie tendresse

DÉJEUNER DE SOLEIL PAR TRISTAN CORBIÈRE


DÉJEUNER DE SOLEIL

PAR

TRISTAN CORBIÈRE

Bois de Boulogne, 1er mai.

Au Bois, les lauriers sont coupés,
Mais le Persil verdit encore ;
Au Serpolet, petits coupés
Vertueux vont lever l’Aurore…

L’Aurore brossant sa palette :
Kh’ol, carmin et poudre de riz ;
Pour faire dire – la coquette –
Qu’on fait bien les ciels à Paris.

Par ce petit-lever de Mai,
Le Bois se croit à la campagne :
Et, fraîchement trait, le champagne
Semble de la mousse de lait.

Là, j’ai vu les Chère Madame
S’encanailler avec le frais…
Malgré tout prendre un vrai bain d’âme !
– Vous vous engommerez après. –

… La voix à la note expansive :
– Vous comprenez ; voici mon truc :
Je vends mes Memphis, et j’arrive…
– Cent louis !… – Eh, Eh ! Bibi… – Mon duc ?…

On presse de petites mains :
– Tiens… assez pur cet attelage. –
Même les cochers, au dressage,
Redeviennent simples humains.

– Encor toi ! vieille Belle-Impure !
Toujours, les pieds au plat, tu sors,
Dans ce déjeuner de nature,
Fondre un souper à huit ressorts… –

Voici l’école buissonnière :
Quelques maris jaunes de teint,
Et qui rentrent dans la carrière
D’assez bonne heure… le matin.

Le lapin inquiet s’arrête,
Un sergent-de-ville s’assied,
Le sportsman promène sa bête,
Et le rêveur la sienne – à pied. –

Arthur même a presque une tête,
Son faux-col s’ouvre matinal…
Peut-être se sent-il poète,
Tout comme Byron – son cheval.

Diane au petit galop de chasse
Fait galoper les papillons
Et caracoler sur sa trace,
Son Tigre et les vieux beaux Lions.

Naseaux fumants, grand œil en flamme,
Crins d’étalon : cheval et femme
Saillent de l’avant !…
– Peu poli.
– Pardon : maritime… et joli.

Extrait de: 

 Les Amours jaunes (1873)

Tristan Corbiere

BIENVENUE AU JARDIN 2


Photo Niala

BIENVENUE AU JARDIN 2

La rivière est au bout du jardin, là au pied de La Chaume et ce Dimanche un jour à emmener l’atelier s’y tremper les pieds. Il fait si beau et si chaud que c’est plus du printemps mais de l’été arrivé

La peine à Mario c’est pas la peine à trois balles c’est une nouvelle chanson d’amour à peindre. Le nouveau thème à trouver pour pas s’arrêter la main toujours debout

Beaucoup d’oiseaux traversent le jardin en venant se poser sur le jasmin de la véranda

LE PEINTRE

Voilà où renvoyer l’imaginaire dans sa réalité féconde

Merci Mario de m’avoir dis comment faire. Bertin le bon Jacques dans le vers tu sais Le Poids des Roses comme un nez de parfumeur.

Niala-Loisobleu – 8 MAI 2022

Mario

par Jacques Bertin

sur Poètes & Chansons (1990), La Poids Des Roses (1991)

C’est le cœur qui a mal, je crois, Mario, c’est le cœur simplement

Mais d’une si infiniment infime douleur qu’un violon

Ne saurait, même au plus ténu de son registre, l’apaiser

Mario, à peine comme au loin les jours de pluie une fumée

Comme l’invisible dessin d’un vol d’oiseau dans l’air limpide

Une douleur. Mais tout est calme. Aucun de ces élancements

Du sang. Et point de ces amas au ciel menaçant de nuages

​​Non plus le désespoir violent comme un saccage. 

C’est le cœur

Simplement épinglé, Mario, le cœur cloué comme une image

Sur une vie aux couleurs d’eau, sur un décor aux couleurs mortes

Ou comme une affiche, Mario, séchée sur une porte

Et dont un lambeau bouge à l’ air léger

Le cœur qui dit d’une manière si timide qu’il ne peut

Aller plus loin dans cette vie destinée pourtant au grand large

Or l’univers inflexible grince sous la corne et se charge

De nous, tout comme l’œil implacable des gens

Suis -je si vieux ?

Moi qui parlais au temps qu’il fait comme un prophète

À la religion bonne et gaie, toute bataille m’était fête

Je suis comme si un huissier, portant bien haut le candélabre

En plein jour, dans mon propre cœur, parmi les dunes m’emmenait

Où je m’enfonce à chaque pas, perdant le souffle sous le masque

À moins que ce ne soit mon cœur, mon vieux Mario, là, cette barque

Enfouie dans la marée de sable et par une herbe douce aux pieds

Recouverte et tenue par la ligne sans vie des peupliers

Jacques Bertin

BIENVENUE AU JARDIN 1


BIENVENUE AU JARDIN 1

Toujours au bord du chemin de retour à l’écurie, le cheval passera par le lavoir se rafraîchir la mémoire

Bientôt 22h30 la peur de se manquer plus forte à cet endroit du ventre où les liaisons nerveuses se rencontrent empressées

un creux d’omoplates prêt à déshabiller la montée de toutes les fragrances de chaque mouvement osseux de la moelle

Le mollet est dans la course derrière le papillon sorti des sacoches en diagonale. La tête qui s’enfonce change de visage au fur et à mesure que la position varie de genre. Et de l’herbe où la menthe approche verdissent de nouvelles contrées.

Niala-Loisobleu – 8 Mai 2022

ET MOI DU POITRAIL


ODILON REDON

ET MOI DU POITRAIL

je mesure au symbole le gabarit de ce que ça signifie

ce que l’homme peut avoir à dire dans la métaphore d’une image croissante

Sous la chute de la cascade plus de kilomètres d’eau que de mots ont amenés le volume de la chute

Au point que la force du courant écarte du sens de la saisie

et l’inattention de lecture sépare définitivement du partage

Figure prise entre sol y sombra qu’on devra ôter de la table des matières afin de laisser courir

Ce que le silence a conduit à connaître doit toujours être l’antichambre par où l’on entre.

Niala-Loisobleu – 8 Mai 2022

DOMINICAL BOUQUET


DOMINICAL BOUQUET

Verdoyante couronne autour du chef d’où des papillons bleus sortent avant que sonne la messe

rie, ne s’oppose à se rendre plus avant

La campagne habillée de fleurs sauvages conduit à la mer

sans que j’aperçoive d’épingles à papillon.

Niala-Loisobleu – 8 Mai 2022