Les Gens Qui Doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer
J’aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncerJ’aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J’aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côtéJ’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons
J’aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,
Ceux qui, avec leurs chaînes,
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot
Ceux qui n’auront pas honte
De n’être au bout du compte
Que des ratés du coeur
Pour n’avoir pas su dire
« Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur »
J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons
J’aime les gens qui n’osent
S’approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n’être
Qu’une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants
Ceux qui sans oriflamme,
Les daltoniens de l’âme,
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l’Histoire
Leur rende les honneurs
J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons
J’aime Les Gens Qui Doutent
Et voudraient qu’on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu’on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps
Qu’on leur dise que l’âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu’on les remercie
Qu’on leur dise, on leur crie
« Merci d’avoir vécu
Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu’elles ont pu ».

« Ces tristes culs » vêtent
où vomir le m’as-tu vu…
J’avais un doigt, Barbara
mains tenant, je voiture à bras…
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Le doute est la plus sûre boussole pour avancer sans fléchir dans le chaos du monde… ❤️
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ON NAIT TOUJOURS D’UN DOUTE
On naît toujours d’un doute.
D’une embuscade en coup de fusil au coin d’un lit
Alors que la radio des autres hurle au quartier tranquille perforant le silence tapi aux réverbères.
Sous le regard horrifié des antennes du monde prêtes à rendre compte.
On nait toujours d’un doute.
Sur une marche d’église où la pluie saute-moutonne avec la barbe du sacristain.
Dans la fièvre mal payée des accouchements par ordinateur.
Dans un taxi.
Dont le chauffeur obèse se retourne à chaque mètre l’oeil sur ses coussins parlant de prise en charge, de mauvaise reprise et de licenciement abusif.
Sous les mains inexpertes d’une matrone aux aisselles poilues comme celles d’un Satan.
On nait toujours d’un doute
Sans marraine miracle pour créer l’atmosphère d’un avenir à percer.
Heureux et sans soucis.
A l’hôpital des pauvres parce que la neige est tombée bien plus tôt que prévu.
Dans un commissariat
Dans la pélerine encore chaude des coups d’une manifestation avortée.
Dans un escalier – entre le quatrième et le cinquième – avec pour toujours la trouille des ascenseurs.
On nait toujours d’un doute
Sur le paillasson beige de l’ultime concierge en forme de cordon qu’il faudra bien couper.
Dans un passage obscur où se règlent les comptes quand ils deviennent trop lourds.
A l’armée du salut coincé entre deux cordes pour toute vie vécue.
Sur une barricade comme une petite fleur aux pétales mitraillés.
En prématurément
Une vie en trop
trois siècles en retard
et toujours avant terme.
En couveuse pour grossir.
Les deux pieds dans le vide et la tête fétale trop près des blancs bonnets.
Les yeux sur les orbites des rails pour regarder plus loin que l’âge des sémaphores.
On naît toujours d’un doute.
Dans la sauvette rance des tulipes de Hollande en panne d’effusion.
A la barbe des musettes aux casse-croûte gargantuesques.
Au milieu maléfique de mille marécages qui se referment ensemble autour de votre cou
Dans la lunette d’un carcan.
Sur des chemins de halage rompus à tous les traquenards des berges.
Au milieu des hommes
Pas très loin d’une étoile.
On naît toujours d’un doute.
Jean-Pierre Lesieur
Extrait de: manuel de survie pour un adulte inadapté (Condition humaine)
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Merci pour ce texte magnifique 💙
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Aux serrures des aveugles le j’ton est à prendre….mais dans la gueule, pas dans le gémissement du drap bleu…
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C’est une de mes chansons préférées.
http://celestinetroussecotte.blogspot.fr/2012/03/les-gens-qui-doutent.html
Merci mon zoizo.
¸¸.•¨• ☆
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C’est tendre comme une feuille de salade qui doutant de son goût accueille l’escargot pour en parler…ma Célestine, ne sors pas du jardin.
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Il y a les Tartarin et puis les ours qui gardent leur peau…
Merci Audrey.
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S’asseoir au bord du quai juste au pied du pont, qu’on Gironde ou qu’on Garonne, ça n’empêche de se demander si la Seine joue un double je…
Merci Sophie.
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La docte ignorance n’est-elle pas la clef de l’intelligence par le doute ?
Merci Boris.
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Douces voix, un piano à trois ça n’a rien d’étroit, ça écoute de vouloir comprendre…
Merci Ela_F
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Comme un sourire à la tronche des grimaces…
Merci michema.
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Dégriser le ciel pour griser le coeur, l’amour a tout à y gagner, Elisa !
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Une espèce de caillou, le doute…
Merci tracesdusouffle.
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Il n’y a que les sots pour ne jamais douter…même d’eux-mêmes…
Merci Andréa.
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