CLEMENCE, J’ENTRE TES JE NOUS


CLEMENCE,

J’ENTRE TES JE NOUS

Au bord d’en vie qui s’écarte de la lanterne des morts, je remonte au début de l’histoire quand nue de cessité elle plongeait sans masque aux grottes de ton genre

Niala-Loisobleu – 13 Octobre 2021

MATIN

Le coq égosillé chancelle comme un pitre.

Par grands coups de clarté, le soleil cogne aux vitres

Et, dans un remuement de feuillage et d’oiseaux,

Poursuit l’aube blottie au lit vert des roseaux.

Un volet qu’on entr’ouvre éveille le village.

Voici qu’un jardin bouge, où la poule saccage

La motte que blesse un furtif éraflement.

La coccinelle court et veut obstinément

Contourner du melon la panse lisse et ronde.

Le ciel crève d’été, toute la vie est blonde.

Des dindons hébétés picorent par erreur

Le rayon, sucre d’or. Une haute chaleur,

Lasse d’avoir plané, rabat son aile chaude

Sur les maisons, le sol. La ruche entière rôde.

Sur le sein plus rosé d’un calice mignon,

Comme une bouche, s’attarde le papillon,

Pendant que le soleil, sabot lourd de lumière,

Vient gravir le perron en écrasant le lierre.

Medjé Vézina

DES CAILLOUX DE MA POCHE 4


DES CAILLOUX

DE

MA POCHE

4

Tirés de mon bateau de nuit par le couteau d’un rayon de lune les pièces du rêve s’approchent de la fenêtre du rivage

Les treilles du ciel détachent avec peine cette impression que le toucher des grappes amène en silhouette

Dans ma mémoire, le patio à l’endroit qu’elles lient d’un bord à l’autre des façades montre son intime recoin, la table n’a pas été débarrassée du tête-à-tête qui a prolongé la soirée et je reconnais le chapeau qui tomba en premier de ton strip-tease sur le rocking-chair en rotin

La fontaine insomniaque n’arrête jamais ce bruit de vie sans heures

Pourquoi parmi les fleurs qui passent alentour j’ai l’image des cosmos montés sur leurs tiges en échasses ? Leur finesse dans le suspendu floral déclenche un processus organique dans ma relation entre toi et la couleur. Ils impriment au tissu des murs blancs la gamme des champs

Je vais noter à l’encre de chine ce que tu ne m’as pas donné, la couleur en écartera toute espèce de manque

Comme cette maison des abeilles ruche mot à mot la peau des figues au centre du jardin…

Niala-Loisobleu – 13 Octobre 2021

DES CAILLOUX DE MA POCHE 3


DES CAILLOUX

DE

MA POCHE

3

Dans l’herbe hôte où fleurit la marguerite monte ton accord à la corde lisse

Sol vibrant aux ricochets du coeur

A côté du lavoir les commères se râclent la voie

Le cheval est dressé

Il s’échauffe un retour parallèle sur la Chaume

où le tilleul en perdant sommeil ouvre des doigts l’étui de l’automne

Je t’effeuille vivante à l’appel

Niala-Loisobleu

12 Octobre 2021

DES CAILLOUX DE MA POCHE 2


DES CAILLOUX

DE

MA POCHE

2

Sous le fenestron passe le zinc de la lèvre ouverte de la gouttière

pas n’importe quel soleil y coule

d’aucuns diront « quelle veine »

connaissant Marthe mon aïeule en vécu, bien que l’erreur puisse être humaine, je ne pourrai entrer dans cette façon de vivre livrée à la chance

C’est le faire qui bat qui forge, disait-elle

l’oiseau garde d’aile le pied mouillé de cette émotion du champignon de rosée du matin qui lève

Les petites-maisons blanches s’épaulent aux contreforts des rues qui montent à Paname, prêtent à mettre le Guadalquivir en Seine au pas de danse d’un cheval d’Ecole Royale plus effronté que ton chat qui vient s’étirer sous mes yeux quand j’ai la branche qui gonfle

Oui Xeres avec moi, Ma j’ai la main qui démange de te peindre

Tu vois l’effet du Pommeau ce que ça fait surmoi, les vitraux transpercent sans laisser passer l’ombre

Les fils que j’ai eu en Bretagne ne sauront jamais rien de ce que leur père avait d’esprit de suite. On a passé le tropique sans fête de la mère, ce qui n’a eu aucun effet sur le grand pavois. La marine n’épave que les faux-Capitaines

A l’accordéon d’un couloir de l’amor je pose l’étui d’un autre automne

rue de Siam

Gardant l’image d’un monde dépassant la merveille tronquée tant l’amour qu’il ne cesse de m’inspirer développe le contraire de son extinction

Mords au con.. Sade te dit quête euh chose ?

Niala-Loisobleu – 12 Octobre 2021

DES CAILLOUX DE MA POCHE 1


DES CAILLOUX

DE

MA POCHE

1

Du trait de cheval et du tanné de la courroie le harnais soc à taire au triage du grain et de l’ivraie

Soudain l’homme mûr d’une enfance à boutonnière gagne la vue de l’oeil qui grave dans son acide

Eau-Forte sensitive à percer la plaque

Née de l’incision du derme d’un voyage poussé cette fois plus loin

Sur la flèche de chapelles non éparses l’oiseau ne s’est pas posé, il a tendu l’arc pour un décochement vertical

Aux gouttières taiseuses l’ô versant alors son fluide a décapé de l’obscur en veux-tu en voilà

Tas de pois les rochers éperonnent le ciel bas en crachant le fourbe

Les pointes bretonnes banderillent les petits matadors roulant la caisse de leur ignorance sur l’estrade où la lâcheté se donne en scène, brutale et méprisante pour le respect inné

Comme du granit la bruyère trouve à boire à l’âme

La croix du cimetière porte à s’entourer d’une présence humaine

D’où l’envie de sortir mon cul de l’habit des convenances derrière lesquelles cette société inhumaine s’abrite

Là où le banc pour les phoques se passe de ballon rouge la charpente renversée est d’un bleu qui va au levé des retables mis dans la perspective de la puissance des colonnes

Je s’aime autrement

Là c’est une certitude de l’absolu

Niala-Loisobleu – 12 Octobre 2021

QUAND L’EAU DOUCE SE SALE


QUAND L’EAU DOUCE SE SALE

Douloureuse rotule à la recherche du mouvement résolu

les cliquets des vertébrales décoincent dans l’éloignement du quai

sur le lé de côte un vol d’oies sauvages s’est attelé

ça vole gars

le cabestan du bassin ouvre l’écluse des cuisses en estuaire

monte alors du soupirail l’odeur de croissant chaud

que les mains au trottoir chargent dans le tri porteur

nous laisserons les seins de marbre aux carrières pour sentir battre la ligne de vie à la paume

j’amène le soleil pour charger le rayon à cul d’un bord à l’autre des ridelles.

Niala-Loisobleu – 12 Octobre 2021

Le chemin de l’amour – Sabine Sicaud


Le chemin de l’amour

Sabine Sicaud

Amour, mon cher Amour, je te sais près de moi
Avec ton beau visage.
Si tu changes de nom, d’accent, de cœur et d’âge,
Ton visage du moins ne me trompera pas.
Les yeux de ton visage, Amour, ont près de moi
La clarté patiente des étoiles.
De la nuit, de la mer, des îles sans escales,
Je ne crains rien si tu m’as reconnue.
Mon Amour, de bien loin, pour toi, je suis venue
Peut-être. Et nous irons Dieu sait où maintenant ?
Depuis quand cherchais-tu mon ombre évanouie ?
Quand t’avais-je perdu ? Dans quelle vie ?
Et qu’oserait le ciel contre nous maintenant ?

Sabine Sicaud

AH LES VACHES !..


AH LES VACHES !…

Regarder passer les trains

hé voir

à toucher le lointain

sang imprégné des doigts

que ça devient

l’homme

ni bus ni corps billard

Meuh, meuh, meuh

qu’est-ce que ça me traverse de faire le plein de vapeur

à quai de ta gare

ce tunnel qui me fait pas peur

ton pont aven en tamponnoir

quelle galette

me v’là à deux pas d’être la corne qui entraîne l’abondance

à la butée des étoiles

pis allez

parallèles au rail d’Iroise…

Niala-Loisobleu – 11 Octobre 2021

GRATTE-CHAIR


GRATTE-CHAIR

Il ne contait pas les heures de sa marche au confluent du rein, Wagner s’étant chargé de faire les cuivres pour redonner ce brillant à la femme qui manquait par vestale du genre impossible à comprendre et asseoir au char-à-bancs d’un quotidien où la vie de chien est pleine de nuances

Faut-île faire sa croix sans nager ?

Sans doute le fait qu’il venait de démarcher le 3ème rappel boostait son né pôles, le subconscient malmené d’aujourd’hui manque de contacts, serrer la main des yeux dans les yeux de quelqu’un ça est autre chose qu’un like sur le net

Et joyeux de retrouver ses repères, il sentit la couleur prendre de nouveau chair dans sa vie ordinaire, l’amphithéâtre d’apprentissage de l’autopsie c’est bien si la chair ne prend le nom de viande et que le corps demeure ce qu’il faut en connaître d’humanisme

Les doigts vont à la rencontre des toiles

Seins sans laisse comme oiseaux sans cage

Voici l’arbre debout et l’ô live dénoyauté en direct

Un bleu infini partagé.

Niala-Loisobleu – 11 Octobre 2021