DES CAILLOUX DE MA POCHE 4


DES CAILLOUX

DE

MA POCHE

4

Tirés de mon bateau de nuit par le couteau d’un rayon de lune les pièces du rêve s’approchent de la fenêtre du rivage

Les treilles du ciel détachent avec peine cette impression que le toucher des grappes amène en silhouette

Dans ma mémoire, le patio à l’endroit qu’elles lient d’un bord à l’autre des façades montre son intime recoin, la table n’a pas été débarrassée du tête-à-tête qui a prolongé la soirée et je reconnais le chapeau qui tomba en premier de ton strip-tease sur le rocking-chair en rotin

La fontaine insomniaque n’arrête jamais ce bruit de vie sans heures

Pourquoi parmi les fleurs qui passent alentour j’ai l’image des cosmos montés sur leurs tiges en échasses ? Leur finesse dans le suspendu floral déclenche un processus organique dans ma relation entre toi et la couleur. Ils impriment au tissu des murs blancs la gamme des champs

Je vais noter à l’encre de chine ce que tu ne m’as pas donné, la couleur en écartera toute espèce de manque

Comme cette maison des abeilles ruche mot à mot la peau des figues au centre du jardin…

Niala-Loisobleu – 13 Octobre 2021

2 réflexions sur “DES CAILLOUX DE MA POCHE 4

  1. J’essaie de lire les messages qu’écrivent

    les choses ordinaires d’un matin ordinaire

    Le céleri coupé sur la table de la cuisine m’intrigue

    avec ses feuilles en spirale dans le sens

    préféré de la nature qui pourtant n’a pas de montre

    et bien évidemment n’est ni de gauche ni de droite

    mais choisit en général le sens des aiguilles d’une montre

    Le sens des choses est malheureusement moins clair

    Je n’arrive pas non plus à très bien déchiffrer

    les craquelures de l’écorce du noyer devant la porte

    Elles semblent l’œuvre de plusieurs écrivains

    qui se contredisent et se complètent

    Leurs phrases sur l’écorce se chevauchent comme un palimp-

        seste
    

    et rendent délicate la traduction du texte

    Quant au lait que tu as versé dans l’évier mouillé

    il produit incontestablement des dessins

    qui ressemblent comme deux gouttes de lait

    à la structure des galaxies spirales

    ou à l’explosion sidérale de la nébuleuse du Crabe

    Bien sûr l’évier de la cuisine est tout petit

    alors que le diamètre de la nébuleuse dépasse dix quintillions

    dimension cosmique qu’on a de la peine à concevoir

    N’empêche un matin tout à fait ordinaire

    après le thé et le café du petit déjeuner,

    le cosmos nous écrit avec du lait sur l’évier

    pour nous rappeler (peut-être) que l’Univers est Un

    Mais un quoi? Un comment? Je n’en sais pas

    davantage et tu rinces avec le jet du robinet

    le lait jeté parce qu’il avait tourné

    sous le regard désapprobateur des chats

    de même que l’entropie lentement

    effacera les galaxies sous le regard désapprobateur (et bientôt

        absent) 
    

    des hommes

    Claude Roy

    le Haut Bout

    mercredi 2 novembre 1983

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    • Aux tournures des pages les pièces se séparent en fonctions à vivre et le choix des réponses
      c’est vrai qu’au clair de la lune Pierrot distingue autrement
      Reste l’essence qui n’augmente qu’en pets trolls
      Marcher à pieds sauvera le poète
      Pour ma part de tourte, du poireau fera l’affaire…
      Merci Ma.

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