
COMMISSIONS
Avec le grand panier d’osier le cheval conduit sur la place du marché
sur la liste de commissions
rien que du soleil respirable à rapporter…
Niala-Loisobleu- 10 Juillet 2022

COMMISSIONS
Avec le grand panier d’osier le cheval conduit sur la place du marché
sur la liste de commissions
rien que du soleil respirable à rapporter…
Niala-Loisobleu- 10 Juillet 2022

ON NE VIDE PAS LES FLEURS
Le soleil attisé par l’erreur de comportement inhumain se perd dans un feu d’enfer tournant autour de l’Arbre de Vie en serpent au venin létal
Si la terre est bien le seul vase qui ne coupe pas les fleurs
du calice utérin
je garderai le dernier mot du pétale dans la bataille pour le toit contre l’arnaqueur.
Niala-Loisobleu 9 Juillet 2022

Quelques cris plus loin
Les arbres du parc gardent aux troncs
Les coeurs gravés dans la pierre
Des rires les ont martelés au burin
A grands coups de je t’aime
Les pleurs les ont transfusés
Aux déchirures de la raison
Du socle de la rue de Varenne
Je t’entends hurler
Camille
Hurler dans l’écoute du silence
qui, largement, dépasse les limites du cloisonné d’un musée de cire cacheté sous le sceau des lâchetés coutumières. Pathétique opéra-soap. Grand bain pour la Diva. Paroxisme de la comédie humaine. Un rat tatouille d’un couloir à l’autre. A la louche, remontent d’écoeurantes odeurs de cuisine des latrines-évêchés, au premier croissant du pétrin qui mue et z’in son obscure menace.
Retourne au bord de ta marée Loiso. Tant qu’il y aura de l’eau ton coeur fera surface. Tire de la coquille de quoi remettre assez de pigment au mortier. Tu n’as pas tout consommé de ta faculté créative. Nous n’avons d’autre besoin que celui de la simplicité de l’authentique. Rien à espérer du clinquant. Plus nus dans le champ de ruines, nous ferons encore cet Autre enfant constructeur de l’Amour. Sans rougir d’être naïfs pour croire qu’en vertu de la force de vivre l’Univers éteindra le barbare entre ses doigts.
Niala-Loisobleu – 30 Juillet 2016

SELS DE PIERRE
Au fronton l’oeil poché
les colonnes s’extraient pierres et marbres des murs salpêtrés en rallumant les feux
Vénus tu as tes quatre membres
Apollon celui qui assurait la transmission
Ceinte du bleu intense que le sel marin garantit, la colline berce l’olivier jusqu’à l’amphore
pendant que poussant mon âme plus loin que moi le ton des dômes s’est accordé à celui qui transporte
la philosophie sur le blanc des temples
Ces fruits d’où les oiseaux noyautaient les lyres
étalés sur les gradins
Théâtre antique
où la voix porte une acoustique que la toge n’a pas assourdie et l’enfant la trace dans les yeux de nuits d’amour répétées
Les lions ont eu l’orgueil en tableau de chasse
un bâton de marche ses rubans d’humilité
le tout sa civilisation
que l’incurie a éborgné en isolant les femmes de la race humaine…
Là au bord du long fleuve où l’eau se rationne pendant que le feu se développe
je m’embrasse le coeur en cherchant comment je pourrais me faire un enfant moi-tout-seul qui prendrait le relais.

A VIE
Plus lumineux que la réalité, le symbole garde tout son sens à titre personnel pour corriger sa défection collective
Tant qu’il y a eu des valeurs, j’ai merveilleusement vécu
Aujourd’hui il faut prendre sur soi pour essayer d’équilibrer les carences en grand nombre
Le positif et les compétences tendent à la rendre douloureuse par un abandon des responsabilités
Un pays qui ne vote qu’à moitié ne peut marcher droit
Pire encore quand l’élu qui en sort est sourd et aveugle…
Niala-Loisobleu – 8 Juillet 2022

VERS MINUIT – PAUL ELUARD
| Des portes s’ouvrent des fenêtres se dévoilent Un feu silencieux s’allume et m’éblouit Tout se décide je rencontre Des créatures que je n’ai pas voulues Voici l’idiot qui recevait des lettres de l’étranger Voici l’anneau précieux qu’il croyait en argent Voici la femme bavarde aux cheveux blancs Voici la fille immatérielle Incomplète et laide baignée de nuit et de misère Fardée de mauves et de pervenches absurdes Sa nudité sa chasteté sensibles de partout Voici la mer et des bateaux sur des tables de jeu Un homme libre un autre homme libre et c’est le même Des animaux enragés devant la peur masquée de boue Des morts des prisonniers des fous tous les absents Mais toi pourquoi n’es-tu pas là pour m’éveiller Paul Eluard |

C’est le mien et c’est le vôtre, ce fado,
Destinée qui nous amarre,
Bien qu’il puisse être refusé
Aux cordes d’une guitare
A chaque fois qu’on entend gémir
Le chant d’une guitare
On se sent perdu aussitôt
Avec une envie de pleurer
O Gens de mon Pays
Maintenant je m’en aperçois
Cette tristesse qui m’envahit
C’est de vous que je la reçois.
Et il semblerait que si je me laissais
bercer par cette tendresse,
Plus grande en serait l’amertume
Et moins triste, mon chant.
O Gens de mon Pays
Maintenant je m’en aperçois
Cette tristesse qui m’envahit
C’est de vous que je la reçois.

Au comptoir de ma fenêtre, menthe fraîche, ciboulette, hautes herbes
Semées en d’autres terres avec des grains de folie
Un bout de champ au gré du vent
La queue d’un songe passé trop vite aux premières heures du matin
Au comptoir de ma fenêtre, je prends
A gorgées lentes, un petit bleu
Frais, bouffées de menthe
Le flou de l’air caresse mes cheveux
Derrière mes reins, on joue Cumbia Sobre el mar
Mes talons se soulèvent à peine
Ma jupe ondule, et au poignet des femmes, des foulards
Rouges, qu’emporte la mer
Accoudée au comptoir, je rêve qu’arrive par le ciel
Sous des mouettes en nuées
Une voile blanche et altière
A son bord, un pirate aux cils noirs
L’oeil azur, la peau brûlée
Au bord des lèvres, du sel
Que la cumbia balance sous ses ailes
Larges, amples et souples
Serpent à plumes d’une danse indolente
De ses doigts déroulés
Il m’envoie un baiser
Soudain, dans le lointain, la cuisine à côté
Un bruit de verre cassé
Quelque chose est tombé
J’ouvre les yeux, me retourne, l’air hagard
Là, mon homme, d’os et de chair, je croise ton regard
Qui m’a vu, ailleurs, danser
Et j’entends, dans un coin de ma tête
Le rire du pirate
Parti pour d’autres fêtes
.
.ANNA MARIA CARULINA CELLI

PÉCHÉ DU JOUR
En stationnement le long du trottoir au flan du dessein qui se maintient, je me tourne en cherchant des yeux l’amorce de l’étincelle lumineuse
Les mots se retiennent pour donner bon poids au silence
Trop de creux monte à la une pour une nécrologie suffisante
J’ai envie de garnir le chapeau de fruits et de fleurs d’un voyage loin du vide
Sur le sourire du visage de cette joie pure qui a seule le don de me faire peindre.
Niala-Loisobleu – 7 Juillet 2022

Par delà les dunes et leurs palisses, ce qu’il faut de courage pour ne pas retenir à soi ce qui glisse comme fausses-promesses dans la jointure des doigts. Aux petits tas des châteaux qu’une Espagne à séduit, la vague déborde de la douve et glou et glou et glou. Dans la tribune de l’arène la trompette a sonné la mise amor. Perchée sur la poussière d’un chemin effacé, la roulotte ne tient plus qu’aux six cordes d’un air séfardique dépassé. Dégoulinant par la gueule des lions de la fontaine du palais des rois maures à Grenade en se la jouant Alhambra.
Les trémières grappent leurs torses frêles de seins roses, carmins, rivalisant avec les épanchements de hanches de géraniums faufilés par l’entrejambe des terrasses jusqu’au pied d’un orgasme que la lune plonge au lit clôt des jarres du patio.
Les moulins sont coiffés de vents chauds. L’amer va-et-vient, enfonçant son couteau dans l’utérus d’une jalousie.Ma pensée coureuse dévale les venelles des villages blancs où je poursuis l’Absolu.
Périlleux élan
chutant au bas de tes reins
Sables mouvants
mes doigts se sont agrippés aux oyats
Graminées qui retiennent les parfums
ma langue va au bon vent marin
poussant au loin des amours éteintes
vers la renaissance perpétuelle donnée par le mouvement
La vie n’est qu’au large des eaux stagnantes
J’ai rattrapé mes couleurs d’un naufrage quand les oiseaux m’ont averti du changement de temps. Bien avant que le courage de dire ait trouvé la force de surmonter la lâcheté d’une comédie de présence simulée.
Niala – Loisobleu – 31 Juillet 2016

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