JARDIN VESPERAL


PAUL KLEE

JARDIN VESPERAL

Volets triés les fenêtres descendent se retrouver, un banc par ci , un kiosque là

Bruit du fiacre sur le pavé conduisant les amants au coin du bois

Quelques réverbères se penchent à la sortie des arches pour profiter à quai du courant, tandis que des silhouettes pressées s’étirent avant le dernier métro

Sous les toits où mène l’escalier de service des bonnes rendent leur tablier et des étudiants révisent leur anatomie

Un disque-jokey bouchonne son cheval de bois, c’est du manège au repos que le rêve prend son boulot

Rappelle-toi

quand on descendait dans la cave se mettre à l’abri la guerre finie. Juliette sans aucun tabou montrant nue ses arguments pour l’élection de Miss Vices

Nous en duffel-coat et spartiates, existentialistes pour toujours.

Niala-Loisobleu – 29 Juillet 2022

AUX ROULIS DE MA FENÊTRE


AUX ROULIS DE MA FENÊTRE

Quittant les bords du lit de la rivière

j’arrive aux écluses de mes cataractes

et mange de ma mémoire ce que je n’arrive plus à penser ce que j’ai pu croire

Tu t’es renversée d’un arc de reins de walkyrie

au silence plus sonore qu’un passage de mur du son

Quand le bleu se déchaîne la libération part dans tous les sens

sans que ça trouble le moins du monde les moissons de regains qui en dépit des jambes tiennent ma main-gauche en soc

Ah labour…

Quelque part dans un coin du monde des grands fauves reviennent aux forêts du début, je ne partirai pas sans en avoir tailler ma pirogue

ni m’avoir versé des menthes dans un vert d’ô gazeuse

D’ocres surgissant le cheval aboie et le chien hennie, des tomates grosses comme un cul rougissent sans honte

l’abricotier colle tout autour de ma branche son écorce de velours humide

je vais jouir dans le capiton de ma cellule

Jamais comme depuis longtemps l’en vie de peindre ce besoin de vie ne m’avait coulé des pores, sans doute suis-je cerné par la mort. Ceux que je n’ai pas réussi à quitter bien que partis me rappellent ce type de stigmates qu’on peut sortir du fond de sa poche-restante

Dire que le feu me monte au moment où la canicule se repointe, c’est ma seule angoisse , je voudrai pas être interdit d’atelier sans pouvoir l’exprimer

Entasser mon oeuvre, toile lune contre l’autre, c’est briser la coque de l’indifférence.

NIALA-LOISOBLEU.

29 Juillet 2022

D’UNE LEVRE A L’AUTRE


D’UNE LEVRE A L’AUTRE

Les feuilles se prêtent à entendre dans ce jardin extraordinaire qui pousse dans mon imaginaire

Aux poils des pinceaux mon nez laisse pousser sa moustache en corniche

Je me sors la langue en promenade

elle musarde et finit par rentrer prendre le café chez toi en te disant:

– tire moi l’aventure de tes marcs

Oh quelle surprise de voir le chien sortir de ta boîte à couture en faisant des moulinets de son fouet

pour manifester une fébrilité bien particulière qui lui prend en lui ouvrant ta porte

Puis d’une seule couleur refaire le ciel en avançant réfection de la flèche de Notre-Dame

De la chaleur qui s’apprête à gagner Août, si on brûlait vif les pyromanes en tranchée pare-feu on s’épargnerait de l’arbre pour respirer

Avec l’oiseau perché en guetteur sur la Côte Sauvage les naturistes n’auraient pas d’obligation de porter de tenue ignifuge

Vient pic-niquer sous mon peint…

Niala-Loisobleu

29 Juillet 2022

A part ça ?


Je

A part ça ?

Pendant qu’en dehors on se fout du dedans , je vois plus loin en m’approchant de ma nature esthète

Le poète porte de sa voix son concept

Elle me pénètre sans besoin d’orchestration parallèle

Ce qui me dresse quand mes mains viennent sur toi c’est l’écoute de l’amble naturelle qui en marque le pas

On allie le bon métal aux fontes de Vulcain

Pour que vienne cette ferronnerie d’art en volutes façonnées du jeu des doigts de la bonne main.

Niala-Loisobleu – 29 Juillet 2022