Bras d’eau


Bras d’eau

Un frisson d’air pur est venu quand ouvrant les yeux tu souris

Le bateau glisse en laissant les dauphins lui ouvrir le chemin

Repartis de chaque côté de toi tes seins sont loin des soucis de la tenue rigide

Je tombe d’accord avec le chien noir

La vie c’est que bleu.

Niala-Loisobleu – 13 Juillet 2022

CONTRE PEAU


BO FRANSSON

CONTRE PEAU

Embrasure des cuisses

le silence palpite à dos de chant qu’une certaine religiosité prend en audience

un bénitier pour moi par exemple

j’ignore dieu mais j’y viens sans sacrilège

Mystique signe qui noue l’oiseau à cet éternel retour au sacré

La tête du nuage vu couché sur le dos m’y fait penser

par sa forme imaginaire de grande tolérance que l’herbe facilite

et son lieu de résidence où les coqs chantent

mouvant alignement abécédaire du lit d’une rivière qui va s’écrire

quelques mers en un m’aime océan

des arbres pour vergers spécial compotier

et des fleurs pour effacer les mots durs

surtout ceux mal compris

Arrache-les comme on jette les morpions inopportuns de ce coin-ci

Je peins à distance de la chaleur étouffante, en nageant sous ta chemise

de cette main-gauche bien sûr qui parle quand je me tais.

Niala-Loisobleu – 12 Juillet 2022

Au devant


Au devant

Par les quatre coins je retourne la mer

Le ciel avec

En sortant le tout par ta tête

La nudité dans laquelle tu franchis l’impasse ouvre d’un silence qui cause ô et fore…

Niala-Loisobleu- 12 Juillet 2022

Virement de Bord


Aux pieds du cheval nul reptile ne bloque au contraire un chien qii exorte à poursuivre

Démêlant les embrouilles d’erreurs à la chaîne

Le temps dysfonctionnel envoie ses messagères colombes arroser les terres brûlées et regonfler les rails à plat du réseau de chemin de faire

De la couleur fraîche sur le lin donne vie à l’autre…

Niala-Loisobleu – 12 Juillet 2022

CHUVA – MARIZA


Photo Niala – Porto

CHUVA – MARIZA

Les choses vulgaires de la vie
As coisas vulgares que há na vida

ne manquez pas
Não deixam saudades

Seuls les souvenirs qui font mal
Só as lembranças que doem

Ou te faire sourire
Ou fazem sorrir

Il y a des gens qui restent dans l’histoire
Há gente que fica na história

de notre histoire
Da história da gente

Et d’autres dont le nom n’est pas
E outras de quem nem o nome

Nous nous souvenons d’avoir écouté
Lembramos ouvir

Ce sont les émotions qui donnent la vie
São emoções que dão vida

Le désir que j’apporte
À saudade que trago

Ceux que j’ai eu avec toi
Aquelas que tive contigo

Et j’ai fini par perdre
E acabei por perder

Il y a des jours qui marquent l’âme
Há dias que marcam a alma

et la vie des gens
E a vida da gente

Et celui où tu m’as laissé
E aquele em que tu me deixaste

je ne peux pas oublier
Não posso esquecer

La pluie a mouillé mon visage
A chuva molhava-me o rosto

froid et fatigué
Gelado e cansado

Les rues que la ville avait
As ruas que a cidade tinha

j’avais déjà marché
Já eu percorrera

Oh ma fille perdue pleure
Ai meu choro de moça perdida

a crié à la ville
Gritava à cidade

Que le feu de l’amour sous la pluie
Que o fogo do amor sob chuva

il y a quelques instants il est mort
Há instantes morrera

La pluie a entendu et s’est tue
A chuva ouviu e calou

mon secret de la ville
Meu segredo à cidade

Et voici, elle frappe le verre
E eis que ela bate no vidro

apportant le désir
Trazendo a saudade

La pluie a mouillé mon visage
A chuva molhava-me o rosto

froid et fatigué
Gelado e cansado

Les rues que la ville avait
As ruas que a cidade tinha

j’avais déjà marché
Já eu percorrera

Oh ma fille perdue pleure
Ai meu choro de moça perdida

a crié à la ville
Gritava à cidade

Que le feu de l’amour sous la pluie
Que o fogo do amor sob chuva

il y a quelques instants il est mort
Há instantes morrera

La pluie a entendu et s’est tue
A chuva ouviu e calou

mon secret de la ville
Meu segredo à cidade

Et voici, elle frappe le verre
E eis que ela bate no vidro

apportant le désir
Trazendo a saudade

Et voici, elle frappe le verre
E eis que ela bate no vidro

apportant le désir
Trazendo a saudade

NECESSITE – PAUL ELUARD


ODILON REDON

NECESSITE

Sans grande cérémonie à terre
Près de ceux qui gardent leur équilibre
Sur cette misère de tout repos
Tout près de la bonne voie
Dans la poussière du sérieux
J’établis des rapports entre l’homme et la femme
Entre les fontes du soleil et le sac à bourdons
Entre les grottes enchantées et l’avalanche
Entre les yeux cernés et le rire aux abois
Entre la merlette héraldique et l’étoile de l’ail
Entre le fil à plomb et le bruit du vent
Entre la fontaine aux fourmis et la culture des framboises
Entre le fer à cheval et le bout des doigts
Entre la calcédoine et l’hiver en épingles
Entre l’arbre à prunelles et le mimétisme constaté
Entre la carotide et le spectre du sel
Entre l’araucaria et la tête d’un nain
Entre les rails aux embranchements et la colombe rousse
Entre l’homme et la femme
Entre ma solitude et toi.
Paul Eluard

Araucaria ou désespoir des singes, je reverdis la tête d’un géant au promontoire des terres brûlées

par un simple passage venu de très loin

en apprenant qu’à partir de dire à un enfant à propos du cheval qu’il venait de dessiner

et qu’il craignait de devoir le peindre en brun

« le cheval est toujours de la couleur qu’on lui donne, mets la tienne sans aucune autre »

L’amour est pareil d’une couleur si sienne que rien des orages et vents contraires ne saurait lui imposer de disparaître quelque soit le motif

Son symbole est éternel.

Niala-Loisobleu – 11 Juillet 2022

CHAUD RETOUR


CHAUD RETOUR

Au coeur des flammes d’un incendie pyromane l’inattendu passage frais se montre sans prévenir

en la personne d’un visiteur remontant du tant

Il y a 42 ans à la suite d’une énorme perte, j’ouvrais mon atelier à Cognac au coeur de la vile sous l’enseigne : ATELIER DU DUODENAIRE

COURS ET EXPOS

aujourd’hui l’homme qui rentre dans l’atelier me dit, vous ne me reconnaissez pas, je suis un de vos anciens élèves, j’avais 8 ans à l’époque…

J’arrive de Hong-Kong où j’habite depuis 12 ans pour venir vous remercier de m’avoir appris le bonheur par vos cours.

Quelle merde qu’il n’y ait pas que des gens capables de retenir cet enseignement là

C’est tout

on est pas inutilement bon sur cette terre de voyous…

Merci Marthe, c’est à toi que je dois d’être ça.

Niala-Loisobleu – 11 Juillet 2022

Au long cours


Au long cours

La côte a eu dés frères et des sœurs

Un semblant de partage

Beaucoup d’idéaux

Encore plus de déceptions

N’en restera pas moins un homme pour qui la vie passe par-dessus tout.

Niala-Loisobleu – 11 Juillet 2022

GOUTTES PRESSEES


BERTHE MORISOT

GOUTTES PRESSEES

Prises à deux mains au pressé de la fontaine d’un vent tourné

les coulures d’un canal à travers des chants d’oiseaux

lavent ce que les sudations effacent avant essorage

Un enfant au pied du pont de sa mère se chante Avignon

première manifestation de libido du vieux lavoir que les ronces avalent

c’est là que venaient boire les loups avant qu’on mouche les chandelles.

Niala-Loisobleu – 10 Juillet 2022

MONDE SANS-TÊTE


GUSTAVE MOREAU – SANS-TITRE

MONDE SANS-TÊTE

Porte ouverte sur rien

du bout du crayon j’appelle

espérant d’un trait voir venir un bruit d’aile…

Niala-Loisobleu – 10 Juillet 2022