DE L’ENNUI A L’AMOUR – PAUL ELUARD


ALBIN BRUNOVSKY

DE L’ENNUI A L’AMOUR – PAUL ELUARD

Est-elle sortie
Elle est chez elle
Sa maison est ouverte
Jusqu’à leur abolition naturelle
Il y a des différences plus séduisantes
Entre un poing et une cloche
Entre une pierre et une rose
Entre la prison et l’air libre
Qu’entre le poisson et la mer
Le cerf et le vent
L’homme et la femme
Mon élément malgré les charmes du dehors
J’entre tout s’assombrit
Buisson des métamorphoses
Le lit teinté d’étoiles s’étend
Comme un automne de brebis
Descendant vers les brumes de ma solitude
J’ai toujours eu peur du silence
Il y naît des rires sans raison
Machines machinales aux roseaux de cambouis aux frissons figés
L’écœurant métal doux
Plus stérile que la cendre
Face aux rideaux apprêtés
Le lit défait vivant et nu
Redoutable oriflamme
Son vol tranchant
Éteint les jours franchit les nuits
Redoutable oriflamme
Contrée presque déserte
Presque
Car taillée de toutes pièces pour le sommeil et l’amour
Tu es debout auprès du lit
Je t’aime et je dors avec toi
Écoute-moi.

Paul Eluard

AUX QUAIS DES TUILERIES


AUX QUAIS DES TUILERIES

Une ronde de chevaux de bois que des cris joyeux d’enfants tournent

un bassin où tremper la forte chaleur sale

Marly qui se profile

rondeurs féminines initiatiques de Maillol

Quelques passages de Molière au Théâtre de Verdure

et plus d’oiseaux qu’un oiseleur attraperait laissés hors des cages du Quai aux Fleurs

Une vie plus curieuse alimentée par une grand-mère exceptionnelle

un père à lui envier ses couilles disaient mes jaloux sans que je grogne

voici en quelques traits de quoi n’y rien comprendre quand on est imperméable à la vie

Alors que je sue

l’anémone de la cheminée me rafraîchit

Je sors des yeux bouchés pour suivre la plage de mon île en grimpant sur les mamelons de mon château loin du sable en poursuivant la balade jusqu’au fond du nombril où tu as commencée

On ne naît que chaque fois qu’un sale con vous vise.

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2022

SA PEUR PONT-PIED…


SA PEUR PONT-PIED

Du rideau de feu tombant sur

dans l’air qui grésille

l’arbre toujours debout pisse sans s’asseoir pour défendre son territoire

Tirant la goutte peinte pour remplir l’arrosoir jusqu’à la paume

à voir l’humble fleur sourire de la chaleur des mots intimes cachés pour elle dans son jardin-secret

Dans la forêt le feu se partage dans l’absurde entre un touriste en vacances et un autochtone guettant le canader seau à la main

Que de mots pour voir le rien gagner défiler dans une parade incapable de faire autre chose qu’une garden-party

J’ai peur pour l’usage de la raison gouvernementale et m’anémone tout entier pour sentir l’amour résister

Une rivière toute simple de ta source branchée…

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2022

MAL AISE


MAL AISE

Des mots trop tôt enthousiastes

l’oeil dans la serrure bloquée

même avant la chaleur folle, je me dis que je marche à côté

j’ai cru entendre ta voix

Le fauteuil en est pour ses frais

j’y loque, bourses dilatées, les mots trop sensibles

dessous le store baissé d’une journéé.

Niala-Loisobleu – 15 Juillet 2022

DE NOTRE CHEVAUCHEE FANTASTIQUE


DE NOTRE CHEVAUCHEE FANTASTIQUE

Combien de crêtes pour une seule vague à l’aurore rose ?

Le grand coq aux bruyères vient chercher de la couleur à son blanc plumage

Un loup a hurlé au passage de la nouvelle-lune du 13

secouant l’étagère où tous les vers viendront défiler le 14

dans cet uniforme que la vie leur a donné

rien d’autre

pas une feuille sur le poil

Chacun son sexe à soi qui se regarde avant partage

alors l’embrun viendra parler sa langue avant de solliciter l’entrée

celle qui creuse les mots au burin pour laisser le silence à l’acte divin

Empan pour l’anse où mouiller en rade de l’île

l’oiseau ne remontera l’ancre que pour tenir la jauge

Quand les grands arbres qui bordent l’estuaire aboient

c’est signe qu’il faut faire reculer le vent contraire

ne pas éteindre le phare.

Niala-Loisobleu.

14 Juillet 2022

UNIVERSELLE ENERGIE


ALBIN BRUNOVSKY

UNIVERSELLE ENERGIE

L’herbe frémit

la brise légère laisse en corps porte ouverte

au coeur de la forêt l’ombre se fait lumière

je veux peindre cette énergie là

celle qui montre sans parler

avec la sensibilité sensuelle de l’âme prête à se donner

Force libre qu’aucun robot ne commande

Belle de par la vie méchante

J’aurais chaud

tu respireras difficilement

sans que l’oiseau sois empêché de s’envoler

les vaches resteront bonnes à téter sans boucher la circulation au nom d’un sacré en cornée

Le paysage repousse ses limites au-delà de toute frontière

des lignes d’ifs clouent un lac en collines

sur le clocher les sons d’un Vulcain se forment à l’enclume des heures

A part l’idéal pris en sève au craché de ton souffle, je me nourris de rien qui se trafique

bois de santal imprégnant les cintres du théâtre de tes linges

larges feuilles d’où sort l’harmonie du respirable

Ocres que la terre conduit à ta peau en fonçant l’aréole d’un sein aiguisant mon feu coloré

Je vois des cabanes posées dans les branches d’une mâture hauturière.

Niala-Loisobleu – 14 Juillet 2022

*

« LES DEMAINS NUS » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 60X60


Niala -Les demains nus

« LES DEMAINS NUS »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 60X60

Ecorce pelée le cerisier s’éclaircit la gorge et s’enrôle aux petits chanteurs plumitifs qu’il héberge

c’est dur de vivre dans un four solaire quand la nouvelle-lune ne change pas la température

Au jeu de paumes les bras déversent en se soulevant

la pomme verte, elle, elle bronze plus vite que le serpent arrive à elle

chouette

le jardin se repucèle

révision avant départ estival

Si tu baignes trace-moi en ligne de flottaison

je crois au remora comme pilote il a la confiance de la baleine

sans parapluie

donc l’eau retombera

Sur le chemin où les fleurs ça rose toutes seules j’égoutte les battements de coeur, ça irrigue la sécheresse du monde

Mésange sur la pièce d’appui

et bleu-charrette à pleines meules pour l’amour

Les demains nus tenons et mortaises.

Niala-Loisobleu –1

13 Juillet 2022

RAMBLAS


ALBIN BRUNOVSKY

RAMBLAS

La guitare pavée au trottoir de mon rêve

saute le caniveau d’une pluie battante en pleine canicule

nous brûlons sans avoir vu d’apparition virginale

des mains claquent

un cheval calèche

la grange a rouvert le grenier à sel

D’une mosaïque que les bancs bleuissent autour de la Sagrada

la ferronnerie des balcons des façades me retient sur le devant de la mer

Hier j’étais sur le point de vieillir

la peau épluchée

quand ce matin tu t’es garée quatre-saisons

djelem-djelem

au coin de ma porte cochère

la blancheur du mime renouant son mouvement à la statue

des pigeons pour piedestal dans l’odeur d’huile qui chauffe

j »ai peint demains nus

bain de palmes

l’art qu’à la rue s’étale à même le sol

brut de coeur.

Niala-Loisobleu – 13 Juillet 2022

« LES DEMAINS NUS » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 60X60


Niala -Les demains nus

« LES DEMAINS NUS »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 60X60

Ecorce pelée le cerisier s’éclaircit la gorge et s’enrôle aux petits chanteurs plumitifs qu’il héberge

c’est dur de vivre dans un four solaire quand la nouvelle-lune ne change pas la température

Au jeu de paumes les bras déversent en se soulevant

la pomme verte, elle, elle bronze plus vite que le serpent arrive à elle

chouette

le jardin se repucèle

révision avant départ estival

Si tu baignes trace-moi en ligne de flottaison

je crois au remora comme pilote il a la confiance de la baleine

sans parapluie

donc l’eau retombera

Sur le chemin où les fleurs ça rose toutes seules j’égoutte les battements de coeur, ça irrigue la sécheresse du monde

Mésange sur la pièce d’appui

et bleu-charrette à pleines meules pour l’amour

Les demains nus tenons et mortaises.

Niala-Loisobleu – 13 Juillet 2022