BLEUITUDE


je

BLEUITUDE

Tout moussu d’écume atlantique

Dans une trouvaille sous la pierre à maree- basse

L’harpon à bord avec le tuba

Jojo le Mérou peut nager tranquille j’ai bouché la murène au fond du trou. L’anémone respire calmement dans un rêve très érotisé par la couleur

Les algues te font la peau douce et le parfum d’iode pour me laisser te paner au sable blanc.

Un des mes délires Que les mouettes adorent

Niala-Loisobleu – 23 Juillet 2022

LEO FERRE – LA POESIE


LEO FERRE – LA POESIE

J’ai du savon qui lave
Les péchés capitaux
Un stylo-bille qui grave
Le goût d’un apéro
Un soutien-gorge à piles
Qui ne s’allume qu’aux beaux yeux
Un dentifrice habile
A blanchir les aveux
Un buvard facétieux
Qui sèche les chagrins
Un oeil pour lire à deux
Quand le jour s’est éteint
Un violon capital
Voilé de Chambertin
A faire sonner le mal
Plus fort que le tocsin

Si ça ne va pas
Tu peux toujours aller la voir
Tu demanderas
La Poésie
On t’ouvrira
Même si elle n’est pas là
D’ailleurs elle n’est pas là
Mais dans la tête d’un fou
Ou bien chez des voyous
Habillés de chagrin
Qui vont par les chemins
Chercher leur bonne amie
La Poésie

J’ai des bas pour boiteuse
A faire boiter l’ennui
Et des parfums de gueuse
A remplir tout Paris
Des pendules à marquer
Le temps d’un beau silence
Des lassos à lacer
Les garces de la chance
Des machines à souffler
Le vert de l’espérance
Et des vignes à chanter
Les messes de la démence
Des oiseaux-transistors
Qui chantent sur la neige
Garantis plaqués-or
Plaqués par le solfège

Si ça ne va pas
Tu peux toujours aller la voir
Tu demanderas
La Poésie
On t’ouvrira
Même si elle n’est pas là
D’ailleurs elle n’est pas là
Mais dans la tête d’un fou
Qui se prend pour un hibou
A regarder la nuit
Habillée de souris
Comme sa bonne amie
La Poésie

J’ai du cirage blond
Quand les blés vont blêmir
De la glace à façon
Pour glacer les soupirs
Des lèvres pour baiser
Les aubes dévêtues
Quand le givre est passé
Avec ses doigts pointus
J’ai tant d’azur dans l’âme
Qu’on n’y voit que du bleu
Quand le rouge m’enflamme
C’est moi qui suis le feu
J’ai la blancheur du cygne
A blanchir tout Saint-Cyr
Et sur un de mes signes
On meurt pour le plaisir

Si ça ne va pas
Tu peux toujours aller la voir
Tu demanderas
La Poésie
On t’ouvrira
Des fois qu’elle serait là
Elle te recevrait même pas
Elle n’est là pour personne
Elle n’aime pas qu’on la sonne
C’est pas une domestique
Elle sait bouffer des briques
Mais quand elle veut, Elle crie

A barre ça, quoi de neuf ?


A barre ça, quoi de neuf ?

Plus frais par ici, ça porte à faire sourire La Chaume

L’aigrette a l’air ouverte au changement et le tilleul à garder l’infusion au placard

Prendre position attire la main-gauche à rouler adroite

Fleurs nouvelles avec tendresse au grimpé d’un mur cat dégage la mer

La voile soulève la vague au-delà du tropique…

Niala-Loisobleu – 23 Juillet 2022

PLONGEE CONCEPTUELLE


Richard Parkes Bonington

PLONGEE CONCEPTUELLE

Aux thermes d’un bassin mis en exercice chamanique pour un grand-bain, le peintre ouvre l’ô sans s’être couvert selon la recommandation en vigueur qui oblige les pharmacies à avoir un distributeur extérieur ouvert jour et nuit

Trop show, il s’écarte du Cap-d’Agde pour se diriger vers des restes de mosaïques de cité romaine sous l’empire de fresques ayant survécu aux orgies volcaniques du temps jadis

Le cheval est sorti de l’écurie en disant O.K. pour une balade en forêt-maritime sans rapport avec une manoeuvre de rattrapage présidentiel, les haras des Champs-Elysées et leurs partouzes c’est que du porno professionnel

La nature selon l’haricot qu’on commence par planter dans un pot respecte en tous points mon concept sexuel

Il faut garder ailleurs que dans un éco-musée les lois de la nature à l’usage des enfants

A mon âge je tremble encore de la découverte du point de départ de la Naissance du Monde que m’offrit ma copine de trois ans le jour où elle me dit qu’on peut avoir une différence dans le même petir-bateau

Depuis ce jour je garde un concept de la vie totalement poétique qui m’a toujours détourné de la rue St-Denis pour partir en voyage à la Gare de l’Est lever le soleil.

Et vous connaissez ma préférence, donc ma couleur de genre

Tout ça pour dire que la crise actuelle n’altère pas ma baguette de sourcier quand elle va en quête d’une source à forer.

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2022

DU BON POIDS


DU BON POIDS

La vie a toujours eue besoin d’équilibre pour tenir droit le fléau de son histoire, les pestes et choléras aux basques, conquêtes , guerre de 100 ans, siège sans faire d’enfant, dictatures royales-révolution-empire, font partie de son constant..

L’oiseau a toujours gardé son assiette dans la chevauchée non sans y laisser quelques plumes

Quand la mer est transparente je vois où trouver l’éponge pour la débarbouiller du noir et je plonge en apnée

Car tant qu’il y aura des hommes tout s’aggravera, ce qui pourrait expliquer ma préférence bien que la perfection soit une hérésie développée par les dieux

J’aime le lourd c’est du généreux sur le vide.

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2022

DANS L’IMPATIENCE DU GRENIER


ALBIN BRINOVSKY

DANS L’IMPATIENCE DU GRENIER

Au coeur d’une sécheresse dont les sentiments posent interrogation, j’ai arrosé tes zones érogènes d’une chanson de corps de garde

Bandonéon qui se contorsionne pour rentrer les récoltes des semailles du tant qu’on s’aimait au grenier

La boule jette ses plus intrépides caresses quand tu fléchis à l’entrée de mon genoux entre tes cuisses

et que la plante recroquevillée sous son capuchon décapote un neuf bouton

Venus des villages lointains perchés en montagnes les clochers remontent aux forges

l’oiseau qui fait messager ne veut plus être un pigeon

Quant à lui le cheval est au labour depuis l’aube

l’odeur venue du sillon montre un reste d’ô en profondeur

Mon envie d’ananas repart en voyage.

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2022

TÉNACITÉ


TÉNACITÉ

La lumière va du port de la tête au compas des cuisses où l’arrondi du fessier se fait provocant

Ce noir ambiant est prétexte d’un lancé de bengales des corps végétaux

Sur la piste décolletée la tentation se fait frugale

Tango qui fait rêver le matelas de l’escale

À quai le cargo se passera de ses marins

Enrôlés dans un autre équipage

Les corps surpassent l’odeur des fumées âcres, l’amour sort ses sorciers…

Niala-Loisobleu – 22 Juillet 2022

Reconvexo – Maria Bethaniâ


Je suis la pluie qui jette le sable du Sahara
Eu sou a chuva que lança a areia do Saara

A propos des automobiles de Rome
Sobre os automóveis de Roma

Je suis la sirène dansante, l’intrépide Iara
Eu sou a sereia que dança, a destemida Iara

Eau et feuille d’Amazone
Água e folha da Amazônia

Je suis l’ombre de la voix de la matriarche de la Rome noire
Eu sou a sombra da voz da matriarca da Roma Negra

Tu ne m’attrapes pas, tu ne me vois même pas
Você não me pega, você nem chega a me ver

Mon son t’aveugle, grimace, qui es-tu ?
Meu som te cega, careta, quem é você?

Qui n’a pas senti le swing d’Henri Salvador
Que não sentiu o suingue de Henri Salvador

Qui n’a pas suivi Olodum balançant Pelô
Que não seguiu o Olodum balançando o Pelô

Et qui n’a pas ri avec le rire d’Andy Warhol
E que não riu com a risada de Andy Warhol

Non, non, et je n’ai même pas dit non
Que não, que não, e nem disse que não

Je suis le mec américain fort
Eu sou o preto norte-americano forte

Avec une boucle d’oreille en or à l’oreille
Com um brinco de ouro na orelha

Je suis la fleur de la première chanson la plus ancienne
Eu sou a flor da primeira música a mais velha

Nouvelle épée et sa coupe
Mais nova espada e seu corte

Je suis l’odeur des livres désespérés, je suis Gita gogoya
Eu sou o cheiro dos livros desesperados, sou Gitá gogoya

Ton œil me regarde mais il ne peut pas m’atteindre
Seu olho me olha, mas não me pode alcançar

Je n’ai pas le choix, grimace, je vais jeter
Não tenho escolha, careta, vou descartar

Qui n’a pas prié la neuvaine de Dona Canô
Quem não rezou a novena de Dona Canô

Qui n’a pas suivi le mendiant Joãozinho Beija-Flor
Quem não seguiu o mendigo Joãozinho Beija-Flor

Qui n’a pas aimé l’élégance subtile de Bobô
Quem não amou a elegância sutil de Bobô

Qui n’est pas reconcave et ne peut pas être reconvex
Quem não é recôncavo e nem pode ser reconvexo

Je suis le mec américain fort
Eu sou o preto norte-americano forte

Avec une boucle d’oreille en or à l’oreille
Com um brinco de ouro na orelha

Je suis la fleur de la première chanson la plus ancienne
Eu sou a flor da primeira música a mais velha

Nouvelle épée et sa coupe
Mais nova espada e seu corte

Je suis l’odeur des livres désespérés, je suis Gita gogoya
Eu sou o cheiro dos livros desesperados, sou Gitá gogoya

Ton œil me regarde mais il ne peut pas m’atteindre
Seu olho me olha, mas não me pode alcançar

Je n’ai pas le choix, grimace, je vais jeter
Não tenho escolha, careta, vou descartar

Qui n’a pas prié la neuvaine de Dona Canô
Quem não rezou a novena de Dona Canô

Qui n’a pas suivi le mendiant Joãozinho Beija-Flor
Quem não seguiu o mendigo Joãozinho Beija-Flor

Qui n’a pas aimé l’élégance subtile de Bobô
Quem não amou a elegância sutil de Bobô

Qui n’est pas reconcave et ne peut pas être reconvex
Quem não é recôncavo e nem pode ser reconvexo

« Le lé » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


NIALA

« Le lé »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 73X22

De l’enfant que l’appel a outillé au vieillard à la main-gauche toujours verte

la veine d’un canal creusée du bec

a mis l’oeuf d’oiseau au monde, foin d’un Pâques

L’île était proche

Moêze-Oléron, Front-Populaire, Congés-Payés avant d’aller en guerre de 39 à 45 apprendre à être un homme sur le lé par le sel à travers ses marais

Paris pour temple au rendez-vous des Grands-Hommes

Grindel en étang d’art et Georges Rouault pour Maître

Passé les tourments des Colonies Françaises, leurs privilèges et esclavagismes extrêmes orientaux-africains-magrhebains forcer l’écluse à gagner l’estuaire

par les échelles de Jacob et à poissons trois fils volatilisés dans l’indigence humaine

C’est loin Compostelle ?

Plus loin que le Roman en Saintonge

l’ambre des vignes et les méandres de la Charente

sans que ça coupe l’Ibère des jambes et les quat’coins du monde ouvert

avant que le feu passe le fleuve que de maisons j’aurai construit en villages et en ponts,

d’anémones mis à flot, chantier naval pour herminette, levier du soleil, fil à plomb de lune

sans faillir à l’amour végétal dans ses genres, nichons pleins, tripes au ventre et teinte du poil…

Niala-Loisobleu.

21 Juillet 2022

Le ciel c’est toi


Le ciel c’est toi

Du bleu au gris , vert les roses, mauve derrière le convoi du feu

Chaume en palette raconte du poil

Ton cheval d’oiseau

Ça monte lorsque tout descend

Et demeure l’enfant qui buissonne les colles…

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2022