La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
J’ai du savon qui lave Les péchés capitaux Un stylo-bille qui grave Le goût d’un apéro Un soutien-gorge à piles Qui ne s’allume qu’aux beaux yeux Un dentifrice habile A blanchir les aveux Un buvard facétieux Qui sèche les chagrins Un oeil pour lire à deux Quand le jour s’est éteint Un violon capital Voilé de Chambertin A faire sonner le mal Plus fort que le tocsin
Si ça ne va pas Tu peux toujours aller la voir Tu demanderas La Poésie On t’ouvrira Même si elle n’est pas là D’ailleurs elle n’est pas là Mais dans la tête d’un fou Ou bien chez des voyous Habillés de chagrin Qui vont par les chemins Chercher leur bonne amie La Poésie
J’ai des bas pour boiteuse A faire boiter l’ennui Et des parfums de gueuse A remplir tout Paris Des pendules à marquer Le temps d’un beau silence Des lassos à lacer Les garces de la chance Des machines à souffler Le vert de l’espérance Et des vignes à chanter Les messes de la démence Des oiseaux-transistors Qui chantent sur la neige Garantis plaqués-or Plaqués par le solfège
Si ça ne va pas Tu peux toujours aller la voir Tu demanderas La Poésie On t’ouvrira Même si elle n’est pas là D’ailleurs elle n’est pas là Mais dans la tête d’un fou Qui se prend pour un hibou A regarder la nuit Habillée de souris Comme sa bonne amie La Poésie
J’ai du cirage blond Quand les blés vont blêmir De la glace à façon Pour glacer les soupirs Des lèvres pour baiser Les aubes dévêtues Quand le givre est passé Avec ses doigts pointus J’ai tant d’azur dans l’âme Qu’on n’y voit que du bleu Quand le rouge m’enflamme C’est moi qui suis le feu J’ai la blancheur du cygne A blanchir tout Saint-Cyr Et sur un de mes signes On meurt pour le plaisir
Si ça ne va pas Tu peux toujours aller la voir Tu demanderas La Poésie On t’ouvrira Des fois qu’elle serait là Elle te recevrait même pas Elle n’est là pour personne Elle n’aime pas qu’on la sonne C’est pas une domestique Elle sait bouffer des briques Mais quand elle veut, Elle crie
Aux thermes d’un bassin mis en exercice chamanique pour un grand-bain, le peintre ouvre l’ô sans s’être couvert selon la recommandation en vigueur qui oblige les pharmacies à avoir un distributeur extérieur ouvert jour et nuit
Trop show, il s’écarte du Cap-d’Agde pour se diriger vers des restes de mosaïques de cité romaine sous l’empire de fresques ayant survécu aux orgies volcaniques du temps jadis
Le cheval est sorti de l’écurie en disant O.K. pour une balade en forêt-maritime sans rapport avec une manoeuvre de rattrapage présidentiel, les haras des Champs-Elysées et leurs partouzes c’est que du porno professionnel
La nature selon l’haricot qu’on commence par planter dans un pot respecte en tous points mon concept sexuel
Il faut garder ailleurs que dans un éco-musée les lois de la nature à l’usage des enfants
A mon âge je tremble encore de la découverte du point de départ de la Naissance du Monde que m’offrit ma copine de trois ans le jour où elle me dit qu’on peut avoir une différence dans le même petir-bateau
Depuis ce jour je garde un concept de la vie totalement poétique qui m’a toujours détourné de la rue St-Denis pour partir en voyage à la Gare de l’Est lever le soleil.
Et vous connaissez ma préférence, donc ma couleur de genre
Tout ça pour dire que la crise actuelle n’altère pas ma baguette de sourcier quand elle va en quête d’une source à forer.
La vie a toujours eue besoin d’équilibre pour tenir droit le fléau de son histoire, les pestes et choléras aux basques, conquêtes , guerre de 100 ans, siège sans faire d’enfant, dictatures royales-révolution-empire, font partie de son constant..
L’oiseau a toujours gardé son assiette dans la chevauchée non sans y laisser quelques plumes
Quand la mer est transparente je vois où trouver l’éponge pour la débarbouiller du noir et je plonge en apnée
Car tant qu’il y aura des hommes tout s’aggravera, ce qui pourrait expliquer ma préférence bien que la perfection soit une hérésie développée par les dieux
De l’enfant que l’appel a outillé au vieillard à la main-gauche toujours verte
la veine d’un canal creusée du bec
a mis l’oeuf d’oiseau au monde, foin d’un Pâques
L’île était proche
Moêze-Oléron, Front-Populaire, Congés-Payés avant d’aller en guerre de 39 à 45 apprendre à être un homme sur le lé par le sel à travers ses marais
Paris pour temple au rendez-vous des Grands-Hommes
Grindel en étang d’art et Georges Rouault pour Maître
Passé les tourments des Colonies Françaises, leurs privilèges et esclavagismes extrêmes orientaux-africains-magrhebains forcer l’écluse à gagner l’estuaire
par les échelles de Jacob et à poissons trois fils volatilisés dans l’indigence humaine
C’est loin Compostelle ?
Plus loin que le Roman en Saintonge
l’ambre des vignes et les méandres de la Charente
sans que ça coupe l’Ibère des jambes et les quat’coins du monde ouvert
avant que le feu passe le fleuve que de maisons j’aurai construit en villages et en ponts,
d’anémones mis à flot, chantier naval pour herminette, levier du soleil, fil à plomb de lune
sans faillir à l’amour végétal dans ses genres, nichons pleins, tripes au ventre et teinte du poil…
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