La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Mon royaume, me dit ce prince, est si fatalement voué à la ruine que, le moment viendra, et qui n’est pas lointain, où un mendiant désespéré n’y voudrait mettre les pieds.
Sa perte est sûre. Il y a les ennemis. Ce n’est pas d’eux que je l’attends. Ils n’osent y songer. Cela me sauve, mais ne sauve pas mon royaume, lequel, quoi qu’ils fassent, quoi qu’ils tolèrent, s’engloutit lentement.
C’est ce que plusieurs de nos savants ont dû remarquer également, qui me sont attachés, et qui pour cette raison ne le proclament pas en public et même s’en taisent totalement, voulant à moi seul confier cette vérité, et je les vois souvent qui viennent vers moi avec des mines trop graves pour de simples compliments de cour, les écarte donc, interrompant vivement leurs discours par des remerciements ou sur une parole cordiale qui donne congé et ainsi je les renvoie, les yeux encore chargés d’un message qu’ils n’ont pu délivrer et qui leur perce la tête, la tête et le cœur, je le sais, mais dont je ne veux les délivrer. Moi non plus, je ne peux m’en délivrer.
Le terrain tout entier de ce pays doit céder et bientôt n’être plus, entraînant ses aveugles habitants.
A la porte close le miroir bouge tant de passage que le nu de ton corps perce
les flacons penchent pour la bassine où tes seins sont partis faire tremper tes aisselles
Laisse au porte-manteau la chemise des nuits pour remplir le broc de ton humidité féminine, les oiseaux cherchent un point d’eau pour descendre dans les gorges
(Je ne peux pas obtenir non) Satisfaction – Alice Phoebe Lou
Je ne peux pas obtenir de satisfaction Je ne peux pas obtenir de satisfaction Parce que j’essaie et j’essaie et j’essaie et j’essaie Je ne peux pas obtenir non, je ne peux pas obtenir non Quand je conduis dans ma voiture Et que cet homme passe à la radio Et qu’il m’en dit de plus en plus A propos d’informations inutiles Censées enflammer mon imagination Je n’arrive pas à comprendre non, oh non, non, non ! Hé, hé, hé ! C’est ce que je vais dire !
[Refrain]Je ne peux pas obtenir de satisfaction Je ne peux pas obtenir de satisfaction Parce que j’essaie, et j’essaie, et j’essaie, et j’essaie ,je ne peux pas obtenir non, je ne peux pas obtenir non
Quand je regarde ma télé Et qu’un homme arrive et me dit À quel point mes chemises peuvent être blanches Eh bien, il ne peut pas être un homme parce qu’il ne fume pas Les mêmes cigarettes que moi Je ne peux pas avoir non, oh non, non, non Hé ,hé, hé, c’est ce que je dis Je n’ai pas, je ne peux pas avoir Quand je fais le tour du monde et que je Je fais ceci et je signe cela Et j’essaie de faire en sorte qu’une fille me dise bébé, tu ferais mieux de revenir, peut-être la semaine prochaine hé! C’est ce que je vais dire !Je ne peux pas obtenir non (x3)Je ne peux pas obtenir aucune satisfaction Aucune satisfaction Je ne peux pas obtenir non
Alice Phoebe Lou
AH CASSEZ LES MURAILLES, SACRE NOM DE D’YEUX !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
malgré la pauvreté, la tristesse du langage vulgaire
Aimer jusqu’au bout comme le dernier chien sans laisse !!!
Niala-Loisobleu.
24 Août 2022
ART POÉTIQUE
PAR
ROBERT DESNOS
Par le travers de la gueule
Ramassée dans la boue et la gadoue
Crachée, vomie, rejetée —
Je suis le vers témoin du souffle de mon maître —
Déchet, rebut, ordures
Comme le diamant, la flamme et le bleu de ciel
Pas pure, pas vierge
Mais baisée dans tous les coins
baisée enfilée sucée enculée violée
Je suis le vers témoin du souffle de mon maître
Baiseuse et violatrice
Pas pucelle
Rien de plus sale qu’un pucelage
Ouf! ça y est on en sort
Bonne terre boueuse où je mets le pied
Je suis pour le vent le grand vent et la mer
Je suis le vers témoin du souffle de mon maître
Ça craque ça pète ça chante ça ronfle
Grand vent tempête cœur du monde
Il n’y a plus de sale temps
J’aime tous les temps j’aime le temps
J’aime le grand vent
Le grand vent la pluie les cris la neige le soleil le feu et
tout ce qui est de la terre boueuse ou sèche
Et que ça croule!
Et que ça pourrisse
Pourrissez vieille chair vieux os
Par le travers de la gueule
Et que ça casse les dents et que ça fasse saigner les gencives
Je suis le vers témoin du souffle de mon maître
L’eau coule avec son absurde chant de colibris
de rossignol et d’alcool brûlant dans une casserole
coule le long de mon corps
Un champignon pourrit au coin de la forêt ténébreuse
dans laquelle s’égare et patauge pieds nus une femme
du tonnerre de dieu Ça pourrit dur au pied des chênes Une médaille d’or n’y résiste pas C’est mou C’est profond Ça cède
Ça pourrit dur au pied des chênes Une lune d’il y a pas mal de temps Se reflète dans cette pourriture Odeur de mort odeur de vie odeur d’étreinte De cocasses créatures d’ombre doivent se rouler et se combattre et s’embrasser ici Ça pourrit dur au pied des chênes Et ça souffle encore plus dur au sommet Nids secoués et les fameux colibris de tout à l’heure Précipités
Rossignols époumonés Feuillage des forêts immenses et palpitantes
Souillé et froissé comme du papier à chiottes
Marées tumultueuses et montantes du sommet
des forêts vos vagues attirent vers le ciel
les collines dodues dans une écume
de clairières et de pâturages veinée de
fleuves et de minerais
Enfin le voilà qui sort de sa bauge
L’écorché sanglant qui chante avec sa gorge à vif
Pas d’ongles au bout de ses doigts
Orphée qu’on l’appelle
Baiseur à froid confident des Sibylles
Bacchus châtré délirant et clairvoyant
Jadis homme de bonne terre issu de bonne graine par
bon vent Parle saigne et crève Dents brisées reins fêles, artères nouées Cœur de rien
Tandis que le fleuve coule roule et saoule de grotesques épaves de péniches d’où coule du charbon Gagne la plaine et gagne la mer Écume roule et s’use Sur le sable le sel et le corail J’entrerai dans tes vagues A la suite du fleuve épuisé Gare à tes flottes!
Gare à tes coraux, à ton sable, à ton sel à tes festins Sorti des murailles à mots de passe Par le travers des gueules Par le travers des dents Beau temps
Pour les hommes dignes de ce nom Beau temps pour les fleuves et les arbres Beau temps pour la mer
Le silence amplifie le miaulement du chat dans l’aube frémissante de l’itinéraire de la première pensée.
Un bouquet prêt à ouvrir laisse venir son désir
Des fenêtres que le raccourcissement du jour allume la façade prend pied avec la vie que le laitier a déjà franchi
C’est l’instant où rien de ce qui distance arrive à prendre pied. Voilà pourquoi l’oeuvre voulue m’a pris e tôt par la main pour le dire depuis l’atelier.
Reconnaître sans confondre l’idée que l’on avait des choses
c’est comme se chausser du pied contraire
Cette maison où habitait les douceurs du climat aurait disparu au cours d’une rixe des saisons
Je cherche la boîte à l’être où déposer la lettre au Père Noël avant qu’ils enlèvent les cahiers de la rentrée pour installer les jouets
Si je retourne à l’atelier je me demande si j’aurai pas honte de ce que j’ai peint, tout change tellement plus vite que ça sèche, que le vert des arbres bourgeonne déjà la chute des feuilles
On allume à peine l’alambic que la grêle vendange la récolte
Les mômes vont revenir à l’école pour perfectionner leur rodéo et la technique du feu de forêt afin de palier aux restrictions de combustible. J’ai pas mis ma vie dans une boule en verre parce qu’elle a jamais été Made in China. C’est l’avantage de la bouteille aujourd’hui
Mais ça va être mission impossible de trouver des Micheline Presles.
du raisin à la jarre je laisserai ma main égrener les cailloux de mon vélo pour refaire le chemin à la source de son rêve sans besoin d’en attendre autre chose
les rues sont des pigeons qui vont d’une fenêtre à l’autre en se tordant comme un accordéon dans les méandres sous les ponts d’un bout à l’autre de la scène. Terre entre mes doigts façonnables tournée par mon imaginaire pédestre à l’amble du cheval. A la santé de la mer…
Niala-Loisobleu – 22 Août 2022
Hindi Zahra – Un Jour
Un jour de pluie, un jour de doute Je vous ai trouvé sur ma route Un amour far un amour doux Un amour plus grand que le jour
J’ai vu vos boucles noires danser Sous le vent du printemps chantaient Des oiseaux du haut de leurs ailes J’ai vu dans vos yeux l’éternel
La promesse écrite de vos mains Disait l’avenir incertain Se plie au désirs des plus fous À ceux qui valent plus que tout
Vous l’étranger, vous l’inconnu Vous avez laissé sous ma plume Des mots amères, des mots perdus Des mots d’une tristesse absolue
Vous l’étranger, vous l’inconnu Vous avez laissé sous ma plume Des mots amères, des mots perdus Des mots d’une tristesse absolue
Nous avons marché sous les ponts Nous avons dansé notre amour Cueillis les fleurs de cette saison À jamais j’aurais vu le jour
Nous sommes le fruit de ces moments De cette lumière et de ces instants Un regard doux venant de vous À mis mon cœur à genoux
Ce jour là je vous ai vu venir Portant en vous le souvenir Le souffle venait à me manquer Votre sourire à ma portée
À vos lettres défendues Je vous ai connu Je vous ai connu
Vous l’étranger, vous l’inconnu Vous avez laissé sous ma plume Des mots amères, des mots perdus Des mots d’une tristesse absolue
Vous l’étranger, vous l’inconnu Vous avez laissé sous ma plume Des mots amères, des mots perdus Des mots d’une tristesse absolue
À vos lettres défendues Je vous ai connu Je vous ai connu
Et le temps passe Et le temps passe Et le passe hélas
Et le temps passe Et le temps passe Et le passe hélas
Sel affleurant ton maillot mouillé je couds un à un les jours où nous v’écumes d’une même sueur. Celle que la canicule ne connaît ni des yeux ni des lèvres. Dans l’anse où s’est tenu le navire, la transparence de l’eau habille mieux qu’une pièce de maillot bi qui nie. Raconterai-je les mots de l’ancre, que ma plume couverte de poils finit par bleuir ?
Debout sur la souche de bois flotté, le père du Cri, pond des remous qui portent à l’orgasme du surf de la haute-vague
Dans l’embouchure du jardin flottant mon genou actionne la rame sur l’Inlé
Plus verte qu’une rizière tu t’étages en terrasse à l’avance du buffle. La joie des enfants colore le tissu de toute la colline d’un parfum vif de jasmin. En demeurant fermés sur le pont mes yeux traversent plus loin que tu n’osais croire à l’existence d’une rive. C’est magique ce que tes pores peuvent offrir au transit poétique. C’est l’éléphant qui déplace le bois mort.
Liaison continue avec l’île , ce point que les cartes méconnaissent où je me rends, voile levé sur les cornes de brume, en suivant la trace que mon coeur a incisé dans les pierres à la base du courant. De temps à autre un remora posté au carrefour montre le chemin à suivre. Toujours à la verticale d’une nuit de noces, il marie la veille au lendemain dans un épisode pris au passage des stimuli du courant marin. Comme si dans le paradoxe du rail d’Ouessant il y avait une voie secondaire pour la navigation à rames. Le phare de soleil à la pointe du corail en germe rougeoie l’amadou qu’il garde en longue mèche près des allumettes d’une inspiration laissée libre de son choix. Les mots ne remplaceront jamais le long silence des cris.. Comme le citron joint à la menthe du mojito a le pas de la rumba comme un vrai va-et-vient du ventre du couple d’amants greffé à la liane balance de son élan.
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