MEMOIRE PAR GASTON MIRON


Guglielmo Castelli

MEMOIRE

PAR

GASTON MIRON

 » Même dans l’en-dehors du temps de l’amour

dans l’après-mémoire des corps et du cœur

je ne suis revenu ni de tout ni de rien

je n’ai pas peur de pleurer en d’autres fois

je suis un homme irrigué, irriguant

de nouveau je m’avance vers toi, amour,

je te demande

passage, amour je te demande demeure

.

Le temps mon amour le temps ramage de toi

continûment je te parle à voix de passerelles

beaucoup de gens me soufflent ton nom de bouquet

je sais ainsi que tu es toujours la plus jolie

et naissante comme les beautés de chaque saison

il fait un monde heureux foulé de vols courbes « 

.

Nous partirons de nuit pour l’aube des Mystères

et tu ne verras plus les maisons et les terres

et ne sachant plus rien des anciennes rancoeurs

des détresses d’hier, des jungles de la peur

tu sauras en chemin tout ce que je te donne

tu seras comme moi celle qui s’abandonne

.

nous passerons très haut par-dessus les clameurs

et tu ne vivras plus de perfides rumeurs

or loin des profiteurs, des lieux de pestilence

tu entendras parler les mages du silence

alors tu connaîtras la musique à tes pas

et te revêtiront les neiges des sagas

.

nous ne serons pas seuls à faire le voyage

d’autres nous croiseront parmi les paysages

comme nous, invités à ce jour qui naîtra

nous devons les chérir d’un amour jamais las

eux aussi, révoltés, vivant dans les savanes

répondent à l’appel secret des caravanes

.

quand nous avancerons sur l’étale de mer

je te ferai goûter à la pulpe de l’air

puis nous libérerons nos joies de leur tourmente

de leur perte nos mains, nos regards de leurs pentes

des moissons de fruits mûrs pencheront dans ton coeur

dans ton corps s’épandront d’incessantes douceurs

.

après le temps passé dans l’étrange et l’austère

on nous accueillera les bras dans la lumière

l’espace ayant livré des paumes du sommeil

la place des matins que nourrit le soleil

ô monde insoupçonné, uni, sans dissidence

te faisant échapper des cris d’incontinence

.

nouvelle-née, amour, nous n’aurons pas trahi

nous aurons retrouvé les rites d’aujourd’hui

le bonheur à l’affût dans les jours inventaires

notre maison paisible et les toits de nos frères

le passé, le présent, qui ne se voudront plus

les ennemis dressés que nous aurions connus

.GASTON MIRON

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