SORTI DE LES CRAINT


GIGI MILLS

SORTI DE LES CRAINT

Les zumeurs qu’on m’affublent en l’absence de morale

me laissent froid

ma main a dépassé la lisière des bas

elle sautille à la vue des premiers poils qui s’échappent à la lisière de l’haine

Un violon qui monte au fil du linge de la fenêtre s’apprête à donner plus d’espace à la jardinière

en regardant la luzerne dégeler sous la jupe de la nature

Les minets iront défiler dans la rue, ton toit abrite le brûlant qui t’chat’

Le premier pied que j’ai mis dehors ce matin a glissé sur la canne

la neige fond, le verglas s’installe

je peins du coeur les demains

autour du galbe d’une pensée tournée sur la sellette

terre céramique de la chair

où les doigts poussent du pied ce qui monte à pétrir

Qu’ils traversent le Styx en suivant Charon

la barque qui prend l’ô dérive

Avant de mourir il faut être reçu au voyage de vivre dans son épreuve

les soldes et les vide-greniers

sont des jeunesses gâchées au profit d’occases douteuses

Laisse-moi remonter à la source de la chaîne sans pointer à l’usine de contrefaçons.

Niala-Loisobleu.

21 Janvier 2023

JE M’APPELLE SAUDADE


JE M’APPELLE SAUDADE

Net sur la vague

tel ce qui roule de lin à l’autre

bleu comme un serein libre de cage

je chante mes mots-peints

solitaire comme un vers

rempli au contoir chaque matin.

Niala-Loisobleu.

20 Janvier 2023

MUE TEINT (REPRISE)


« L’ATELIER DU PEINTRE » – Collection de l’Artiste – Oeuvre Mise en vente – @nialaloisobleu

MUE TEINT (REPRISE)

Les couloirs où les pas s’en foncent appellent à plus de clarté sur le pas de porte

il y a la raréfaction d’oxygène  où pourvoir

Je ne cherche pas l’oiseau du regard

un trop d’engrais l’a fait chercher où poser ses ailes ailleurs ou mourir sur place

J’ai contre-peint comme si moi l’imaginatif je me trouvais à reproduire sur le motif. Danger, prendre un jut-box sur hamburger et coca emprisonnent la carte du tendre du déjeuner sur l’herbe d’un entrain de campagne, les vaches pour témoins.

Mets-toi les seins de la Muse pour seul chemin qui vaille. Tu n’as pas à devancer l’appel pour rejoindre la camarde, son sourire est trop peur. Les petites maisons sont là qui te tendent les bras de leurs venelles à l’abri des devantures commerciales, du soleil à vivre et non à estourbir dans l’oeil qui déforme la nature des choses. La voilà ta porte, tu le sais mieux que personne.

Je t’aime tu lui as dit, montre-lui…

Niala-Loisobleu – 12 Août 2018

alaindenefle-dit-niala@wanadoo.fr

le-peintre-niala@orange.fr

SORTIR DU LAS POUR ENTRER DANS LE LA


SORTIR DU LAS

POUR ENTRER DANS LE LA

Comme la poutre mise au cou de la vache pour la tenir dans la clôture, voici une année lourde et plus confinée que dans le virus qui vient de passer. Jamais vu autant le troupeau de moutons s’engager au précipice. C’est inimaginable de se laisser couler sans réagir de la sorte…

Les amours trompés et la nature escroquée, l’imposture politique, une économie de vie jouée à la roulette russe, la grande illusion remise entre les mains les plus malhonnêtes, cette nullité boostée par le camelotage du trottoir à putes, la défense du con sommateur

Non mais ce n’est pas possible

Où va-t-on ?

Je me serais laissé couler, dans l’à quoi bon, à mon âge

Mais je ne suis pas de ce grain à mettre au moulin, l’ART EST UNE ARME, qui veut vivre en guère, doit la trouver en opposition qui tient la route

L’abus qui est fait rejoint l’ignorance qu’on apprend aujourd’hui dans les écoles aux enfants

N’avoir de gueule que pour refuser de travailler plus longtemps, montre vraiment le pitoyable de sa conscience

Ah oui les vacances payées voilà qui ferait l’avenir de la société syndicale

A la tienne et à la vôtre…

Je déplace ma politique de maintenance

j’ai changé le chevalet de place, faut que ça déménage, mais d’abord chez moi, sans compter sur un autre pour le faire

Je peindrai en corps mon dernier baiser, comme sur la bouche de Marthe, me passant du silence de mes enfants

C’est le plus dangereusement vil que je connaisse mais chacun est libre de son choix

A toi tout seul, Alain de te tenir vivant en l’absence de prétextes – y compris ceux de l’âge – gardes-toi, loin du tout fout l’camp

Continue à dire que c’est beau la vie dans la peinture dans ton atelier de pro qui n’a rien confondu du savoir-faire et du bricolage…

Niala-Loisobleu.

18 Janvier 2023

Le bateau Espagnol par Léo Ferre

J’étais un grand bateau descendant la Garonne
Farci de contrebande et bourré d’Espagnols
Les gens qui regardaient saluaient la Madone
Que j’avais attachée en poupe par le col
Un jour je m’en irai très loin en Amérique
Donner des tonnes d’or aux nègres du coton
Je serai le bateau pensant et prophétique
Et Bordeaux croulera sous mes vastes pontons

Qu’il est long le chemin d’Amérique
Qu’il est long le chemin de l’amour
Le bonheur ça vient toujours après la peine
T’en fais pas mon ami je reviendrai
Puisque les voyages forment la jeunesse
T’en fais pas mon ami je vieillirai

Rassasié d’or ancien ployant sous les tropiques
Un jour m’en reviendrai les voiles en avant
Porteur de blés nouveaux avec mes coups de triques
Tout seul mieux qu’un marin je violerai le vent
Harnaché d’Espagnols remontant la Garonne
Je rentrerai chez nous éclatant de lueurs
Le gens s’écarteront saluant la Madone
En poupe par le col et d’une autre couleur

Qu’il est doux le chemin de l’Espagne
Qu’il est doux le chemin du retour
Le bonheur ça vient toujours après la peine
T’en fais pas mon ami je reviendrai
Puis les voyages forment la jeunesse
Je te dirai mon ami à ton tour
A ton tour…

Léo Ferré

UN PONT


UN PONT

Les lèvres du fleuve s’ouvrent et se ferment

l’arche écarte les jambes

Passe une ouïe grande ouverte

le bouchon saute en prononçant le nom qui dormait dans un confluent de garage

ça fait dresser l’aqueux des feuilles d’iris

et combiner un plan aux canards

autour de l’île la navette cesse les balades, les touristes iront en attente se faire voir

plus de monstres de croisière cannibales de Venise

St-Marc lessive

En regardant flotter tes seins

ça fait

comme un sentiment d’enfant drivant son ballon sans qu’un con tende sa jambe

j’ai dit « But », je mourrai pas de fin aujourd’hui

Et laissant les syndicats peaufiner leurs combines

j’ai suivi ton train, comme on se précipite aux sphères pour pu avoir peur du noir

Par le couloir de l’enfilade, cette perspective que les colonnes savent rassemble sans doser l’hier à l’aujourd’hui

La preuve le soleil m’invite à l’atelier, La Chaume est pleine de lumière.

Niala-Loisobleu.

18 Janvier 2023

Léo Ferré – La Solitude


Léo Ferré – La Solitude


Je suis d’un autre pays que le vôtre
D’une autre quartier
D’une autre solitude

Je m’invente aujourd’hui des chemins de traverse
Je ne suis plus de chez vous
J’attends des mutants

Biologiquement
Je m’arrange avec l’idée que je me fais de la biologie
Je pisse, j’éjacule, je pleure
Il est de toute première instance
Que nous façonnions nos idées
Comme s’il s’agissait d’objets manufacturés
Je suis prêt à vous procurer les moules

Mais, la solitude

La solitude

Les moules sont d’une texture nouvelle, je vous avertis
Ils ont été coulés demain matin
Si vous n’avez pas, dès ce jour
Le sentiment relatif de votre durée
Il est inutile de vous transmettre
Il est inutile de regarder devant vous car
Devant c’est derrière
La nuit c’est le jour, et

Ah, ah, ah
Ah, ah, ah, ah, ah, ah

La solitude
La solitude
La solitude

Il est de toute première instance que les laveries automatiques
Au coin des rues, soient aussi imperturbables que les feux d’arrêt
Ou de voie libre
Les flics du détersif
Vous indiqueront la case
Où il vous sera loisible de laver
Ce que vous croyez être votre conscience
Et qui n’est qu’une dépendance de l’ordinateur neurophile
Qui vous sert de cerveau
Et pourtant

La solitude
La solitude

Le désespoir est une forme supérieure de la critique
Pour le moment, nous l’appellerons « bonheur »
Les mots que vous employez n’étant plus « les mots »
Mais une sorte de conduit
À travers lequel les analphabètes se font bonne conscience

Mais, ma solitude
La solitude
La solitude, la solitude, la solitude
La solitude

Le Code Civil, nous en parlerons plus tard
Pour le moment, je voudrais codifier l’incodifiable
Je voudrais mesurer vos danaïdes démocraties
Je voudrais m’insérer dans le vide absolu
Et devenir le non-dit
Le non-avenu, le non-vierge
Par manque de lucidité
La lucidité se tient dans mon froc

Dans mon froc

Léo Ferré

« SYMBIOSE » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE 55X46


« SYMBIOSE »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 55X46

L’oiseau se déplace copié-collé à l’arbre

des terres fendues mendient au passage des migrations

Sur un point non répertorié de l’horizon

que s’agite-t-îles

entre flou et points de repères

il y aurait un espace entre ciel et terre

Pommes de pin tombées
Dans la montagne vide
Tu les entends n’est-ce pas
Là où tu es
En lieu séparé
Mais au même instant

Ces vers nous rappellent, par leur tonalité, un poème de Wang Wei, traduit par François Cheng dans

 L’Écriture poétique chinoise :

François Cheng, L’Écriture poétique chinoiseop. cit., p. 139.

Repos de l’homme. Chute des fleurs du cannelier
Nuit calme, de mars, dans la montagne déserte
Surgit la lune ; effrayé, l’oiseau crie :
Échos des cascades printanières…

Ce qui fait que je me saisis de la manivelle du chevalet

et fouille dans la toile qui monte l’escalier intérieur de mes vertèbres

On dirait que l’âne s’est mis la noria dans le ventre

est-ce un mouvement en résistance

tel l’Arbre de Vie qui s’ébroue ?

Tandis que je finissais ce tableau ce matin sous la verse sans voir que dalle de La Chaume

mes yeux accrochés au dernier souffle de ma main refusaient de s’inscrire à la croisière du Titanic

La chaloupe d’une épopée mise à l’eau et en brassards deux beaux nichons enroulés

j’ai cru z’ô hé qui venait se coller dans cet estuaire d’herbe cressonnière où rien ne végétait

Niala-Loisobleu.

17 Janvier 2023

DE LA DEPENDANCE A L’ATMOSPHERE


DE LA DEPENDANCE

A L’ATMOSPHERE

Les mots-peints qui stagnent su ma langue butent à la camisole de la robe de vent et de pluie monstrueuses qui masquent le corps que la solitude sait présent derrière brouillard glacé qui le retient

Des deux ciels un seul est sien

l’autre n’est qu’un effet fantasmagorique d’un quotidien en grève

Viens à ma main te laisser dévêtir du temps de merde qui cache l’horizon sans modifier ton désir

La solitude est des deux côtés du fleuve

Faute de barque la nage est toujours possible.

Niala-Loisobleu.

17 Janvier 2023

DE L’UNITAIRE A L’AMBLE


DE L’UNITAIRE A L’AMBLE

Au bouchon qui plonge

l’ombre devant la lumière

sont accrochés des pianos du pauvre

qu’un disque dore en l’absence de bretelles

Les deux façades aux flancs de l’entrée principale en arrière-plan

genre vase de Médicis où l’ô stagne

avec au script du film ce qui trame son coup d’état

Un crapeaud-buffle

dépasse de la lucarne, une envie de boeuf en libre-expression

A la fourchette sortir l’oeuf du plat

de la sainte-table

et crever les bulles de ce que nous savons de Marseille

afin de suivre le cerceau qui n’a que l’enfant dans la main

L’oiseau-empaillé enlevé de la cheminée

dans un bouche-à bouche amazonien au fond de ta forêt non-rasée

Regarde sur le haut de la vague tout ce qu’on doit sortir du fond

que ce soit du phare d’Alexandrie comme partout ailleurs

sans concevoir une autre pyramide aux guichets du Louvre.

Niala-Loisobleu.

15 Janvier 2023

SOUS LA DICTEE DE MES MOTS-PEINTS


NIALA – Oeuvre en cours au 15.01.23

SOUS LA DICTEE DE MES MOTS-PEINTS

Il suffit d’un ciel contrarié pour que la main aille se poser au bleu d’emblée

la mer est sous les pieds d’un macareux-moine prêt à plonger

à la pêche du premier poisson-volant qui décollera de sa vague

Ces personnages qui sont attachés à l’arbre sont toujours fruitiers

comme l’herbe a le plus beau vert qu’ailleurs

Mouvements sanguins à l’écluse du coeur

que l’aine ouvre à un amour irréversible

c’est de la vie

je vais à la ligne de la terre brulée

accoster l’île sauvage

mon Amazonie

trouver mon âne

à bord équitable

La couleur parle d’elle-même

sans mentir

sans trahir

la douceur de la chambre d’amour

centre de l’âtre où le feu crépite pour assainir le sens du langage.

Niala-Loisobleu.

15 Janvier 2023