La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
« L’ATELIER DU PEINTRE » – Collection de l’Artiste – Oeuvre Mise en vente – @nialaloisobleu
MUE TEINT (REPRISE)
Les couloirs où les pas s’en foncent appellent à plus de clarté sur le pas de porte
il y a la raréfaction d’oxygène où pourvoir
Je ne cherche pas l’oiseau du regard
un trop d’engrais l’a fait chercher où poser ses ailes ailleurs ou mourir sur place
J’ai contre-peint comme si moi l’imaginatif je me trouvais à reproduire sur le motif. Danger, prendre un jut-box sur hamburger et coca emprisonnent la carte du tendre du déjeuner sur l’herbe d’un entrain de campagne, les vaches pour témoins.
Mets-toi les seins de la Muse pour seul chemin qui vaille. Tu n’as pas à devancer l’appel pour rejoindre la camarde, son sourire est trop peur. Les petites maisons sont là qui te tendent les bras de leurs venelles à l’abri des devantures commerciales, du soleil à vivre et non à estourbir dans l’oeil qui déforme la nature des choses. La voilà ta porte, tu le sais mieux que personne.
Comme la poutre mise au cou de la vache pour la tenir dans la clôture, voici une année lourde et plus confinée que dans le virus qui vient de passer. Jamais vu autant le troupeau de moutons s’engager au précipice. C’est inimaginable de se laisser couler sans réagir de la sorte…
Les amours trompés et la nature escroquée, l’imposture politique, une économie de vie jouée à la roulette russe, la grande illusion remise entre les mains les plus malhonnêtes, cette nullité boostée par le camelotage du trottoir à putes, la défense du con sommateur
Non mais ce n’est pas possible
Où va-t-on ?
Je me serais laissé couler, dans l’à quoi bon, à mon âge
Mais je ne suis pas de ce grain à mettre au moulin, l’ART EST UNE ARME, qui veut vivre en guère, doit la trouver en opposition qui tient la route
L’abus qui est fait rejoint l’ignorance qu’on apprend aujourd’hui dans les écoles aux enfants
N’avoir de gueule que pour refuser de travailler plus longtemps, montre vraiment le pitoyable de sa conscience
Ah oui les vacances payées voilà qui ferait l’avenir de la société syndicale
A la tienne et à la vôtre…
Je déplace ma politique de maintenance
j’ai changé le chevalet de place, faut que ça déménage, mais d’abord chez moi, sans compter sur un autre pour le faire
Je peindrai en corps mon dernier baiser, comme sur la bouche de Marthe, me passant du silence de mes enfants
C’est le plus dangereusement vil que je connaisse mais chacun est libre de son choix
A toi tout seul, Alain de te tenir vivant en l’absence de prétextes – y compris ceux de l’âge – gardes-toi, loin du tout fout l’camp
Continue à dire que c’est beau la vie dans la peinture dans ton atelier de pro qui n’a rien confondu du savoir-faire et du bricolage…
Niala-Loisobleu.
18 Janvier 2023
Le bateau Espagnol par Léo Ferre
J’étais un grand bateau descendant la Garonne Farci de contrebande et bourré d’Espagnols Les gens qui regardaient saluaient la Madone Que j’avais attachée en poupe par le col Un jour je m’en irai très loin en Amérique Donner des tonnes d’or aux nègres du coton Je serai le bateau pensant et prophétique Et Bordeaux croulera sous mes vastes pontons
Qu’il est long le chemin d’Amérique Qu’il est long le chemin de l’amour Le bonheur ça vient toujours après la peine T’en fais pas mon ami je reviendrai Puisque les voyages forment la jeunesse T’en fais pas mon ami je vieillirai
Rassasié d’or ancien ployant sous les tropiques Un jour m’en reviendrai les voiles en avant Porteur de blés nouveaux avec mes coups de triques Tout seul mieux qu’un marin je violerai le vent Harnaché d’Espagnols remontant la Garonne Je rentrerai chez nous éclatant de lueurs Le gens s’écarteront saluant la Madone En poupe par le col et d’une autre couleur
Qu’il est doux le chemin de l’Espagne Qu’il est doux le chemin du retour Le bonheur ça vient toujours après la peine T’en fais pas mon ami je reviendrai Puis les voyages forment la jeunesse Je te dirai mon ami à ton tour A ton tour…
Je suis d’un autre pays que le vôtre D’une autre quartier D’une autre solitude
Je m’invente aujourd’hui des chemins de traverse Je ne suis plus de chez vous J’attends des mutants
Biologiquement Je m’arrange avec l’idée que je me fais de la biologie Je pisse, j’éjacule, je pleure Il est de toute première instance Que nous façonnions nos idées Comme s’il s’agissait d’objets manufacturés Je suis prêt à vous procurer les moules
Mais, la solitude
La solitude
Les moules sont d’une texture nouvelle, je vous avertis Ils ont été coulés demain matin Si vous n’avez pas, dès ce jour Le sentiment relatif de votre durée Il est inutile de vous transmettre Il est inutile de regarder devant vous car Devant c’est derrière La nuit c’est le jour, et
Ah, ah, ah Ah, ah, ah, ah, ah, ah
La solitude La solitude La solitude
Il est de toute première instance que les laveries automatiques Au coin des rues, soient aussi imperturbables que les feux d’arrêt Ou de voie libre Les flics du détersif Vous indiqueront la case Où il vous sera loisible de laver Ce que vous croyez être votre conscience Et qui n’est qu’une dépendance de l’ordinateur neurophile Qui vous sert de cerveau Et pourtant
La solitude La solitude
Le désespoir est une forme supérieure de la critique Pour le moment, nous l’appellerons « bonheur » Les mots que vous employez n’étant plus « les mots » Mais une sorte de conduit À travers lequel les analphabètes se font bonne conscience
Mais, ma solitude La solitude La solitude, la solitude, la solitude La solitude
Le Code Civil, nous en parlerons plus tard Pour le moment, je voudrais codifier l’incodifiable Je voudrais mesurer vos danaïdes démocraties Je voudrais m’insérer dans le vide absolu Et devenir le non-dit Le non-avenu, le non-vierge Par manque de lucidité La lucidité se tient dans mon froc
des terres fendues mendient au passage des migrations
Sur un point non répertorié de l’horizon
que s’agite-t-îles
entre flou et points de repères
il y aurait un espace entre ciel et terre
Pommes de pin tombées Dans la montagne vide Tu les entends n’est-ce pas Là où tu es En lieu séparé Mais au même instant
Ces vers nous rappellent, par leur tonalité, un poème de Wang Wei, traduit par François Cheng dans
L’Écriture poétique chinoise :
François Cheng, L’Écriture poétique chinoise, op. cit., p. 139.
Repos de l’homme. Chute des fleurs du cannelier Nuit calme, de mars, dans la montagne déserte Surgit la lune ; effrayé, l’oiseau crie : Échos des cascades printanières…
Ce qui fait que je me saisis de la manivelle du chevalet
et fouille dans la toile qui monte l’escalier intérieur de mes vertèbres
On dirait que l’âne s’est mis la noria dans le ventre
est-ce un mouvement en résistance
tel l’Arbre de Vie qui s’ébroue ?
Tandis que je finissais ce tableau ce matin sous la verse sans voir que dalle de La Chaume
mes yeux accrochés au dernier souffle de ma main refusaient de s’inscrire à la croisière du Titanic
La chaloupe d’une épopée mise à l’eau et en brassards deux beaux nichons enroulés
j’ai cru z’ô hé qui venait se coller dans cet estuaire d’herbe cressonnière où rien ne végétait
Les mots-peints qui stagnent su ma langue butent à la camisole de la robe de vent et de pluie monstrueuses qui masquent le corps que la solitude sait présent derrière brouillard glacé qui le retient
Des deux ciels un seul est sien
l’autre n’est qu’un effet fantasmagorique d’un quotidien en grève
Viens à ma main te laisser dévêtir du temps de merde qui cache l’horizon sans modifier ton désir
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